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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 23:31


Yvette 2Après le téléfilm enregistré  que j'ai regardé récemment, j’ai eu envie de lire cette nouvelle de Maupassant ( d’environ 100 pages) sur Yvette jeune fille de 18 ans qui doit se faire à l’idée qu’elle devra être comme sa mère une « fille entretenue ; »( une courtisane) l’évolution de son caractère est intéressant. D’abord complètement innocente, ou voulant bien fermer les yeux, elle dit à son soupirant  le duc de Servigny, de la demander en mariage à sa mère, car elle ne veut pas lui céder avant. C’est le duc qui lui apprend son  infortune. Je ne peux pas vous épouser c’est impossible… et que sa mère ( Octavie Bardin obligeamment nommée marquise Obardi) n’est pas du tout marquise. Sa mère confirme. Elle était ouvrière et a pu vivre de ses charmes, c’est-à dire dans l’aisance, mais en marge de la société.

Yvette passe par toute une  gamme de sentiments divers. Elle a honte, essaie d’imaginer sa vie en femme honnête, se rend compte qu’elle ne voudrait être ni ouvrière ni religieuse, rêve d’être la fille naturelle d’un roi ( elle a lu beaucoup de romans…)  cherche à se venger de ses soupirants en les ridiculisant ( n’y parvient guère) veut se tuer avec du chloroforme, ne réussit qu’à se droguer, fait la morte…


Contrairement au téléfilm, le personnage principal après elle, n’est pas sa mère, mais le duc de Servigny, plus amoureux d’elle que dans le téléfilm,  d'une personnalité plus complexe, et prêt à l’entretenir sérieusement.

Pour le film on a voulu créer un duo mère-fille assez réussi, (les actrices sont remarquables !) qui n’existe pas dans la nouvelle. Bien que ce soit une nouvelle assez intéressante, j’ai éprouvé un peu  d’ennui à la lire, (mais j’ai eu les larmes aux yeux). Un  peu d’ennui car il n’y a pas tellement d’enjeu ! Yvette devra accepter son destin, rien de plus. 


Le téléfilm nous laisse espérer mieux… on peut le préférer.

 

Anne Parillaud et Ana Girardot Yvette

Anne Parillaud et Ana Girardot ( Yvette)


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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 13:13

le cri du poisson rouge

Eden( Folies d’encre), 2001,  130 pages.

 

Ce récit est écrit à la troisième personne en focalisation interne mais on sent la forte présence du narrateur qui ricane dans la conscience d’un personnage plutôt ridicule.

 

Un écrivain qui n’écrit pas.

Entretenu par sa mère qui occupe nombre de ses pensées, il passe toutes ses journées  devant la page blanche, avec quelques diversions sexuelles ( Claire … Phlippine… Nattacha…) alimentaires (éclairs à la vanille…Pim’s…Nutella) des obsessions (ce bouton sur la joue, un cancer ?... cette alopécie naissante ?) des projets (j’écrirai un jour comme Duras… après avoir lu Moderato Cantabile .Des polars… j’ai toujours eu la fibre populaire . Comme Céline… je suis révolté, et comment !)

Il décide que tous les matins à 7 heures il se mettra à sa table de travail comme Paul Valéry. Ce coup lui est fatal… il se lève de plus en plus tard… et de moins en moins.

 

Le récit est découpée en petites séquences plutôt que chapitres, parfois réduites à une, cinq dix phrases, voire vingt ou trente.  On pense à un autre premier roman «  Un certain regard » de Dick Arnegarn, dont le sujet est le même, mais celui-ci me plaît davantage.


On y dénonce la vision du monde étriquée d’un homme qui tourne en rond dans son appartement comme le poisson dans le bocal, animal auquel il finit par s’identifier....


Ce récit  arrache souvent des fous-rires au lecteur. Mais  plus que de l’humour noir , c’est de l’ironie cruelle et destructrice. L'auteur a de la verve, mais sombre un peu trop dans l'autodérision.

 

 

 

 


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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 23:42

le quai des brumesTexte de 1927.


Paris, un soir d’hiver vraiment rude.  Jean Rabe entre à l’auberge du «  Lapin agile » à Montmartre. Il a vingt ans, bachelier mais tout de même SDF, a tenté plusieurs fois de travailler mais s’est toujours fait jeter, n’a pas de famille, et cherche la chaleur un peu de nourriture et un endroit  où dormir.

Le patron Frédéric lui donne du café. Bientôt arrivent d’autres personnages également en situation de grande précarité : un déserteur de la Légion, une jeune fille de 17 ans, Nelly, un peintre allemand Michel  Krause , qui souffre de visions et d’obsessions, un boucher qui  est poursuivi par de mystérieux  ennemis et a perdu un important « paquet gris ». Après une soirée beine arrosée , la compagnie sort dans le froid, chacun pour soi, et nous suivons les destinées désespérantes, souvent tragiques , de ces personnages.


Je ne vous dis rien de la suite.

 

D’après mes souvenirs, le récit de Mc Orlan est très différent du film que Marcel Carné  en a tiré. Ce dernier a  fait vivre les différents personnages en tissant entre eux des liens qui n’existent pas dans le texte original.  Dans ce récit, il n’y a par exemple aucune histoire d’amour : les personnages en question ne peuvent se permettre un tel luxe, ils  cherchent à survivre, quitte à succomber. S’il y a meurtre comme dans le film, les motivations en sont bien différentes. Bref il y a peu d’intrigue, et  l’accent porte sur l’atmosphère de froidure, de frayeur, de cauchemar éveillé, émaillé de détails cruellement réaslistes…

 


Le roman  est pas moins baigné d’une atroce poésie, urbaine, lugubre.  On adit que Mc Orlan avait dépeint le Paris de l’entre-deux guerre.  On se rend compte que cette période est vraiment terrible. Il est frappant que les dernières  pensées de ceux qui  succombent sont pour leurs animaux domestiques, seuls à leur avoir donné un peu de chaleur humaine.

 

 

Un auteur que je lis pour la première fois! Ce ne sera pas la dernière...

 


 

 

Découvrez aussi:


Vies Minuscules et refus majuscule

 

Alain-Fournier Le Grand Meaulnes

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 18:07

 

la peine du menuisier

   Marie-Yvonne  subit un choc le jour où son petit voisin de deux ans décède d’une chute de vélo.

   Elle a déjà quatre ans  et ressent ce qu’est la mort.

 

     D’autant que dans sa propre famille, la mort est omniprésente, ainsi que la maladie, la souffrance, la solitude, et l’absence de communication. On parle peu et jamais de l’essentiel !

 

      Marie-Yvonne est née d’un couple déjà âgé, qui ne voulait plus d’enfants.

la sœur aînée de la fillette, Jeanne souffre de psychose, ou de retard mental ( on ne saura pas…) , plusieurs personnes de sa famille ( oncles, tantes, cousins …) sont morts en bas âge, ou jeunes. Sa mère Louise semble avoir des problèmes de surdité précoce.

 

Les drames se sont succédés, la famille semble frappée par le malheur «  l’Ankou «  en breton.

 

 Car cela  se passe en Bretagne, dans le Finistère ;  mais je n'ai pas ressenti  l’atmosphère de la Bretagne, je n'ai pas vu la mer, ni deviné  le Menez Hom, pourtant nommé. C’est bien dommage !

Il y a beaucoup de termes bretons et je n’ai pas trouvé, bizarrement, que ce fait nous enracinait… en Bretagne.

Ni ailleurs…

 

La narratrice passe son temps dans les cimetières, les albums photos des disparus, les greniers, à scruter des regards fermés, terrifiés, morts, à entendre des femmes en deuil prier interminablement.

Comme dirait Jacques Brel «  chez ces gens là on ne parle pas… on prie ».

 

Mais  c’est le Menuisier qui est surtout porteur d’un pénible secret.

 

Le Menuisier est en fait ouvrier à l’Arsenal, C’est à ses moments libres qu’il travaille le bois.

Marie-Yvonne la narratrice ne l’appelle que de ce nom, qui ne rend pas compte de leur filiation. Sa mère c’est « Louise », pas très proche non plus. Marie-Yvonne a le tort d’être née, et encore plus semble-t-il de ressembler à sa grand-mère paternelle.

 

Devenue adulte, elle enquête auprès de sa famille, des personnes âgées encore vivantes,  et finit par savoir …cette révélation me fait comprendre que cette famille, extrêmement superstitieuse, s’est crue maudite à jamais, et je crois aussi saisir pourquoi le père de Marie-Yvonne père craignait le contact avec elle.

 

A propos de l’événement traumatisant, dont elle prend connaissance, j’aurais bien voulu savoir ce qu’elle en pensait, ce qu’elle pensait de l’attitude des acteurs du drame,  et des autres priés de  se taire.

 

Je pense que tout cela manque de réflexion, de questionnement, de mise à distance, n’est pas approfondi, ni suffisamment mis en valeur.

 

Je n’ai pas aimé l’écriture et j’ai passé des pages pour savoir la fin. Une écriture sans coloration même pas «  blanche » qui ne réussit pas à créer une atmosphère.

 

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 23:49

Pauline

Douzième tome des Rougon-Macquart, publié en 1884 juste après «  Nana » ,  Pauline est tout son contraire…

 

La famille Chanteau recueille Pauline Quenu 10 ans, orpheline d’un couple de charcutiers déjà connus des lecteurs du Bonheur des dames. Mme Chanteau présente cela comme une bonne action. En réalité, Pauline dispose d’une bonne fortune qui tranquillise cette dame, bien qu’elle n’ait pas l’intention d’y toucher : les Chanteau sont ruinés. Le mari est handicapé précocement par la goutte et n’a fait que de mauvaises affaires.

 

Pauline a pour compagnon son cousin Lazare déjà jeune homme. Comme elle est gaie de nature elle le distrait de ses tristes pensées. En effet Lazare est tourmenté par l’angoisse de mort, lecteur de Schopenhauer, souvent nihiliste, de caractère instable.

Les Chanteau vivent à Bonneville un petit village perdu sur la côte normande, souvent battu par les tempêtes.

Le temps passe et Lazare se lance touts les trois mois dans une occupation différente, vite abandonnée. Tour à tour il veut devenir médecin, puis compose de la musique, enfin exploite chimiquement le varech, fait construire un barrage pour retenir la mer lors des tempêtes… ces dernières occupations avec l’argent de sa cousine.

On prend l’habitude de  puiser dans la fortune de Pauline, même pour les dépenses courantes.

En grandissant, elle a l’espoir d’épouser son cousin qui lui plaît. Mais survient Louise, une voisine qui se révèle être  une rivale….

 

 

Ce roman est particulièrement éprouvant, et, je partage l’opinion de ceux qui ont vu dans le titre « la joie de vivre » un sous-entendu ironique. En effet, ce n’est que malheur et misère que l’auteur nous décrit : le père Chanteau ne fait que souffrir abominablement de la goutte du début à la fin du roman, et comme il survit à tout, cette souffrance rappelée à chaque page nous accompagne sans relâche. Lazare souffre moralement et gâche tout ce qu’il entreprend, la maîtresse de maison meurt dans d’horrible souffrance ; nous avons encore la maladie de Pauline, un accouchement difficile et fort long, la misère des villageois abondamment décrite, leurs maisons périodiquement détruite par la mer, sans compter le suicide de la servante… et le médecin Cazenove, qui assiste à tous ces malheurs en déclarant qu’il ne peut rien faire.

Et nous avons  Pauline, l’incorrigible optimiste qui semble être la bonté même, abandonne ses rentes à tout le monde, la famille, les miséreux du village, et sacrifie son bonheur à Lazare.

En y regardant de plus près, on voit que Pauline, recueillie par Mme Chanteau par intérêt et n’y pouvant rien, en donnant son bien ne fait qu’anticiper une spoliation qui aurait lieu de toute manière. Lorsqu’elle a grandi et pourrait quitter la famille, que le docteur Cazenove lui propose un établissement plus prudent, il est déjà trop tard. Elle s’est engagée dans un processus, et surtout fabriqué une identité de femme généreuse et sublime dans ses sacrifices à laquelle elle ne peut renoncer sans danger pour sa propre image d’elle-même.

Sa manière de sacrifier son bonheur en mariant Lazare avec sa rivale, n’est là encore qu’une façon de sauver son honneur, car elle se rend bien compte que le jeune homme lui a échappé, et que s’il l’épousait elle, il ne renoncerait pas à l’autre…

Bref, à mes yeux, Pauline ne fait que se tirer d’affaire au mieux, dans  une situation fort délicate.

Zola a décrit plutôt bien ses manœuvres avisées, la cupidité et l’hypocrisie effrayante de sa tante, le personnage ombrageux de Lazare, l’omniprésence de la mer, même les animaux sont bien observés, le chien fidèle qui ressemble à Pauline et la chatte maniérée,  version animale de Louise.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 09:15

Zola page d'amour

 Le Livre de poche, 1961 

 

 


 

 

Huitième volume de la série des Rougon-Macquart, publié en 1878, Une Page d’amour est sans doute le moins connu.

Mérite-t-il ce passage aux oubliettes ?

 

Hélène Grandjean, l’héroïne est la fille d’Ursule Macquart ( pour ceux qui ont lu la Fortune des Rougon).

En 1853, c’est une jeune veuve de trente ans elle vit à Paris dans le quartier de Passy, un appartement spacieux, avec Jeanne sa fillette de presque douze ans.

Le récit s’ouvre sur Jeanne atteinte de convulsions en pleine nuit ; sa mère fait alors connaissance avec le docteur Henri Deberle venu pour soigner l’enfant. Ce docteur est le premier homme pour lequel Hélène va éprouver le sentiment amoureux. Son époux n’était pas désagréable, mais elle ne le prenait guère au sérieux. Jeanne, qui a eu le temps de connaître son père n’y fera jamais allusion.

 

En fait,  Hélène et sa fille vivent une relation fusionnelle, ne se quittent jamais, vivent cloîtrés, ne rencontrent que l’abbé et son frère qui viennent diner une fois la semaine. Elles n’ont d’autres occupations que les travaux d’aiguille, et la contemplation de Paris par la fenêtre de leur pièce principale. La fillette ne fréquente pas d’école, n’étudie rien, parce qu’elle est en mauvaise santé, et cette oisiveté ainsi que l’enfermement, aggravent son état.

 

On la dit atteinte d’une névrose chloro-anémique, soit un état mélancolique avec un cortège de symptôme physiques variés et inquiétants, bien ciblés pour attirer le docteur, que Jeanne pourtant hait, car elle devine qu’il intéresse sa mère.

 

Hélène et elle vont se risquer dehors, dans le jardin du docteur. L’auteur a enfin l’occasion de faire un peu de critique sociale à l’encontre de Juliette Deberle la femme du docteur, frivole très enfant, qui donne des réceptions court les bonnes œuvres, bavarde à propos d’articles de mode, s’entiche mollement d’un jeune homme fat le « petit Malignon » , toujours flanquée de Pauline sa jeune sœur godiche à marier.  Tout ce monde ne divertit guère Hélène et sa fille qui retournent à leur fenêtre assister aux coucher levers de soleil( flamboyants) à la pluie et aux brumes qui embellissent les monuments parisiens, dans le meilleur goût impressionniste.

Aujourd’hui, elles contempleraient d’autres fenêtres, la télé, en ouvriraient mille autres sur Internet, et Jeanne serait accro aux jeux vidéo… ce qui ne changerait sûrement pas grand-chose à leur mal de vivre…

 

J’ai presque tout dit. Le sentiment amoureux ne va pas s’épanouir, on le sent, chez Hélène, et une situation quasi vaudevillesque est créée qui ressemble peu à cette héroïne si timide.

Zola n’explore aucun milieu socio-économique dans ce roman. Le portrait de Jeanne est celui d’une fillette qui dépérit, par absence de socialisation,  et d’acquisitions culturelles, coincée qu’elle est toujours dans l’attente de sa mère. Un personnage pitoyable et qui rend triste.

Les portrait des personnages secondaires sont assez bien enlevés, on peut citer celui de la mère Fétu, une vieille dame miséreuse, qui voudrait intriguer.

Sur 435 pages, j’en ai passé au moins cinquante…

 

Un Zola en tout cas très très noir, une situation qui va toujours vers le pire, sans évolution…

 

mon exemplaire  est vieux, vous trouverez plus sûrement ces couvertures :

 


Page d'amour 3Page d'amour 4

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 09:44

Un brillant avenir


Folio, 366 pages.

 

L’auteur nous raconte la vie d’Elena Tiberescu, née vers 1938 en Bessarabie ;elle a le souvenir d’une vie calme a la campagne et d’une belle jeune femme qui aurait été sa mère… peu après, elle doit émigrer chez sa tante et sa grand-mère en Roumanie ; sa vie ne sera qu’une longue suite de déracinements.

 

Même après son établissement aux USA, l’instabilité et la crainte demeurent. Elena , devenue Helen aux Etats Unis, reste marqué par plusieurs traumatismes. Elle ne saura jamais vraiment qui sont ses parents biologiques. Sa vie en Roumanie sous le régime de Ceausescu, ayant choisi un compagnon juif, est une épreuve.  

 

Le brillant avenir est un titre à la fois grave et  ironique, concernant une femme pas très heureuse en dépit de réussites spectaculaires ( ses études brillantes, son poste prestigieux, la réussite remarquable de son fils, la descendance pleine de promesse, la belle-fille idem…réussite qui se confirme d’un point de vue conjugal ( chacune trouve et épouse l’homme de sa vie !)

 

 

La vie de cette femme nous est racontée en trois récits alternés suivant trois périodes de sa vie.

 

1 Le troisième âge avec un événement dramatique qui ouvre le livre : cette ouverture est bien réussie et accroche le lecteur.

 

2 la jeunesse et une partie de l’âge mûr, couvrant les déménagements et arrachements successifs d’Elena,  jusqu’à son départ pour les USA , avec un mari et un fils.

 

3 Le troisième  récit est consacré aux  relations conflictuelles et enrichissantes qu’Elena (devenue Helen en s’américanisant) entretient avec sa belle fille française, Marie, deuxième personnage important du roman. Cette partie est la meilleure, les confrontations entre les deux femmes dynamise un récit qui, ailleurs, quoique bien conduit, reste un peu conformiste.

 

Certains passages sont excellents notamment la visite faite à ses grands-parents roumains par Alex et son amie Marie, le point de vue de la jeune française et celui des personnes âgées sur la  Roumanie est intéressant.

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 12:52

Qui comme Ulysse

Edtions  Anne Carrière

 

 

J’ai lu “Un éléphant de Pattaya” ; “une incartade” ; “ Qui comme Ulysse” ; “ Le Voyage vers le frère”; “ La Marche dans le désert” ;  “ La Route de la soie” ; “ Confiteria Ideal”;  “ La Partie des petits saints”; et la première nouvelle ( j’ai oublié le titre) donc j’en  ai  lu 9 c’est suffisant pour se faire une idée c’est plus que la moitié.

 

Flipo connaît les ficelles du métier : il réussit à entraîner son lecteur  à sa suite même lorsque celui-ci trouve le propos un peu agaçant. Mais le savoir-faire n’est pas tout. 

 

La Marche dans le désert souffre d' invraisemblances : l’atmosphère d’inquiétude que l’on devrait éprouver n’a pas le temps de s’installer. Le patron de l’entreprise d’accessoires de table s’éloigne du groupe pour aller pisser, c’est bien trop vite qu’il conclut l’avoir fait exprès pour se suicider, et qu’il veut rédiger un testament et se résigne à la mort. On n’y croit pas. Parce qu’il y a trop de grands mots, trop de renseignements sur ce monsieur. On y croirait davantage si aucune indication n’était donnée sur sa vie antérieure et sur son état d’esprit.

 

Le Voyage vers le frère :cet homme part dans la montagne enterrer son  supposé frère jumeau qu'il ne connaissait pas avant d'apprendre  son décès. Il va s'enliser dans la neige et s'allonger dans le cercueil qu'il trouve vide. 

Le propos est ambitieux!  Mais je n'ai pas ressenti d'angoisse, ni même d'anxiété. Je n'ai pas eu froid !

Finalement, " Les Neiges du Kilimandjaro", petit tube sans prétention, est beaucoup plus réussi.

 

Confiteria ideal : c’est l’histoire d’un garçon qui veut épater des jeunes filles lesquelles veulent aussi le bluffer ; seules, elles  y réussissent. L’histoire est banale, elle l’est d’autant plus que c’est présenté sans mystère.

 

Dans la Partie des petits saints,  l'auteur tente de filer une métaphore d’une façon appliquée :comparer le temps à un câble, que l’on perçoit diversement selon les cas. C’est un peu lourd…. On s’attend à ce qui va arriver ; il va perdre aux échecs contre un modeste cafetier mystique… les mots non plus n’étonnent ni ne ravissent.

 

J’ai cité les meilleures des nouvelles , il y a aussi la Route de la soie, peut-être la meilleure .

 

un Eléphant de Pattaya "tout comme  "Une incartade" cèdent à une critique sociale grossière et caricaturale. J'ai pensé à un écrivain tel que Lydie Salvayre. Elle aussi,cède à la caricature dès son deuxième roman, et  je ne la lis plus.

 

Plusieurs nouvelles sont situées en Amérique latine mais on n’arrive pas à croire que l’on y est vraiment ! l'auteur nous transporte dans divers endroits et nous en retire trop vite pour que l’on y croie. L’homme qui cuisine des empenadas, au lieu d’écrire, nous met l’eau à la bouche, mais son problème d’écriture n’est pas bien exposé.

 

La Route de la soie est une nouvelle plus convaincante. Parce que l’homme ne voyage pas justement !  Et l’on ne se dit pas « nous sommes dans tel pays sans ressentir de dépaysement ».Derrière son ordinateur, on ne ressent rien de spécial et cela n'étonne pas...

 

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 23:44

la petite cloche au son grêle

 

Un premier roman très apprécié dans la blogosphère.

 

 

Je l’ai donc emprunté par curiosité, comme Sukwann Island. Je savais que c’était l’histoire d’un jeune garçon qui se met à lire Proust, et en voit son existence bouleversée.

 

 

   Seulement la "Recherche" ne s’intitule pas « la petite madeleine au goût  suave » ou quelque chose de ce genre….

 

Il s’agit d’un petit roman d’apprentissage. Le narrateur a treize ans, il  vit dans un petit patelin dans le nord de la France. Son père tient un café-bar sur la Nationale. Sa mère s’ennuie, et le soir elle lit des livres à son fils unique, regrettant qu’il ne lise pas lui-même et qu’il fasse tellement de fautes dans ses rédacs. Elle voudrait que son fils soit un poète ou un écrivain, pas un cafetier.

Le père sait cela, mais il ne se fâche même pas de ce mépris !

Ce qui est invraisemblable....

Tout le monde s’aime dans ce récit…aucun conflit sérieux n'est mis en scène.

 

Le garçon va bientôt se mettre à lire : Une femme qui lui plaît et qu’il contemple tapi dans un buisson près de son jardin, a oublié son livre dans l’herbe. Il s’en saisit et commence à lire. C’est la Recherche, donc il lira la Recherche…

Sa mère s’y met, son père aussi. Tout le village va être au courant, et jouer du Proust…

 

Ce récit n’évoque pas du tout Proust, mais plutôt la Petite gorgée de bière de Philippe Delerm.

 

Ces nouvelles semblables à des rédacs de collège, étaient du même tonneau, avec la même tonalité mièvre, rendait le même son désuet d’une France profonde improbable et dépourvue de connexion d’avec le monde réel. Ce roman ressemble à une image d’Epinal, ou à une image pieuse…

 

Honnêtement,  je ne comprends pas que ce roman ait charmé  tant de lecteurs...

 

 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 23:35

le Renoncement

Année de publication :2002

Edition :Gallimard, 2002


Le narrateur évoque et relate une liaison qu'il a eue huit ans auparavant pendant neuf mois environ. Il était étudiant en lettres,  venait de la province, y avait laissé un père alcoolique, un milieu social modeste. Auprès de ses condisciples, il passait pour naïf et un peu démodé.

C'est dans ces conditions qu'il commence à fréquenter Catherine, vendeuse dans un grand magasin, divorcée, isolée elle aussi. âgée de 47 ans (Il en a 22.).   Ce couple n'ose  pas s'afficher réellement à cause de la différence d'âge.

Il consent à cette liaison plutôt qu'il ne la goûte. Catherine lui paraît l'initiation obligée avec la femme mûre, et elle «  fait jeune ».Le rassure parce qu'elle n'a pas de culture (« Ma littérature l'impressionnait »).L'ennuie aussi («  le plus souvent, nous restions assis l'un en face de l'autre sans rien avoir à nous dire »).


Progressivement, il s'aperçoit qu'il sort avec Catherine parce qu'il se sent une dette envers ses parents pauvres et laissés en province, et qu'il ne s'autorise pas de relation  avec une femme jeune et plus proche de ses goûts intellectuels.

Pourtant cette dette ne fait que grandir : En effet, Catherine se croit enceinte mais  ce sont les premiers effets de la  ménopause.  Bientôt, elle tombe en dépression, veut rompre  et il ne la retient pas.

D'autre part son père meurt  avec lequel il n'avait jamais eu beaucoup de contacts...

Il prend un travail en province dans un bureau, abandonnant toute prétention intellectuelle, et sort avec une femme de son âge, et de son milieu universitaire, se met en ménage avec elle....


C'est un récit qui parle essentiellement de la culpabilité et de l'insatisfaction qu'elle engendre. Le narrateur n'est pas très heureux avec Catherine. Lorsque la liaison cesse, il se reproche son attitude envers elle (qui, aux yeux du lecteur n'a rien de répréhensible).

Au lieu de se consacrer à la littérature qu'il aime, il s'en dégoûte, et va travailler dans un bureau se faire humilier des années durant par un petit chef.

Quand à sa nouvelle amie, il la supporte avec beaucoup de réserves. Leur rencontre : «  Une attirance physique, l'envie de rompre ma solitude, le besoin de changer de vie. Il n'est pas rare de voir des célibataires, lassés des aventures ou de l'abstinence, prêts à prostituer leurs goûts, leurs convictions, et à troquer leur solitude contre une compagnie médiocre ».Il est mécontent de son bonheur, de son confort matériel, de l'enfant à venir, tout cela l'écoeure.

Timidement pourtant, il renoue avec la littérature, pour écrire sur Catherine, certes et s'accuser, mais pour écrire tout de même.

Moraliste : c'est un roman d'analyse psychologique. L'auteur se réfère à  «  Adolphe «  et Benjamin Constant.  Il croit avoir vécu à peu près la même histoire. De nombreuses sentences parsèment le texte :

«  Le bonheur montré et cette sorte de suffisance béate qui l ‘accompagne, m'a toujours semblé de loin, plus que n'importe quel aveu, impudique, parce que cette joie, surtout, démesurée à mon sens, exprimait le vide de sa vie, son absence de projets personnels, son incapacité à profiter d'une certaine liberté ».

 Cependant, le malheureux narrateur  souffre du même vide que ceux qui affichent leur bonheur d'une façon obscène.

Une telle sentence signe surtout le choix d'un style d'écriture, qui peut sembler désuet mais ne manque pas de qualités.

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