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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 23:01


Seuil-Policier 474 pages.


Afrique du sud, près du Cap.


En alternance nous suivons les parcours de trois personnages, dont on constate petit à petit qu'ils sont embarqués dans la même galère, et vont se rencontrer pour le meilleur et pour le pire.


Une jeune femme en détresse, Christine : elle vient chez le pasteur de sa paroisse pour se confesser. Pauvre et seule, elle est devenue prostituée ( «  travailleuse du sexe » dit-elle) pour élever sa petite fille, ne comptait pas le rester longtemps, mais est tombée sur un client problématique et péruvien, Carlos, qui la voulait pour elle seule, et lorgnait sur sa fillette. Carlos n'est pas seulement casse-pied et pervers, il a aussi une famille redoutable de dealers et d'assassins...


Mpayipheli, Thobela, un enfant du pays : au terme d'une brillante carrière d'espion au service du KGB, il s'est retiré des affaires, a eu une femme et un enfant adoptif. La femme est morte et le garçonnet a succombé à une balle perdue au cours d'une rixe à une station d'essence. N'ayant plus de raison «  raisonnable » de vivre, Thobela se fait justicier : mais il ne retrouve pas les responsables;en revanche il va s'attaquer à tous les délinquants assassins d'enfants dont la presse annonce qu'ils ont été relâchés...



Benny Griessel, inspecteur de police : alcoolique notoire, il s'est fait jeter du domicile conjugal. Il tente de devenir sobre, et se trouve heureusement entraîné dans une enquête difficile qui ne lui laisse plus guère le temps de boire. Un genre de tueur de tueur en série assassine des pédophiles en liberté ou supposés tels. Une fillette a été enlevée ...


Le pic du Diable est un sommet escarpé, que l'inspecteur Grissel peut contempler tous les matins à présent qu'il n'est plus saoul.  Cette contemplation journalière compte parmi les privilèges que lui vaut la sobriété.



Ce récit est aussi intéressant que le précédent «  Lemmer l'invisible ». A travers une intrigue serrée et bien conduite, il nous fait partager le quotidien d'une femme seule pour protéger sa fillette, l'existence tragique d'un indigène nostalgique du passé ( personnage récurrent), et le problème de l'alcoolisme du policier en période de manque.


Un bon exposé de divers problèmes sociaux, une intrigue remarquable, une fin excellente.

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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 23:23


Seuil-Policiers, 2007, 362 pages.

Edition originale Echo Park, 2006


Harry Bausch n'a cessé de penser à cette jeune fille Marie Gusto qui a disparu treize ans plus tôt, en sortant d'un centre commercial à Los Angeles. Ses achats et ses vêtements soigneusement repliés en un petit tas sur la banquette arrière n'ont cessé de le hanter. Il croit connaître l'assassin et le turlupine depuis cette époque, mais le type (colérique, caractériel, dont d'autres femmes se sont plaint) a un père influent et riche.

Et voilà que deux policiers L'inspecteur Oliver Dous et son patron O'Shea (qui fait campagne pour être élu district Attorney), l'informent qu'un criminel en série Rainhardt Waits a été appréhendé dans son fourgon de laveur de vitre, avec des sacs poubelles plein de cadavres de femmes. Il a reconnu aussi le meurtre de Marie Gusto et accepte de mener les policiers à sa tombe en échange d'une commutation de sa peine de mort en perpétuité.

Harry Bausch flaire une arnaque mais doit se soumettre.


Dans cet opus Bausch se bat contre la corruption à tous les niveaux : dans la police, dans la magistrature surtout (une de ses cibles préférées), et chez les riches propriétaires.

Il lutte contre deux tueurs : l'un, n'est parti de rien (l'Assistance publique), pour devenir serial-killer d'une envergure rarement égalée, l'autre est un fils à papa que le luxe a rendu sadique.

Le bas et le haut de l'échelle se rejoignent dans le crime mais d'une façon fort différente.


Beaucoup d'action, de rebondissements, tout est bien dosé, on ne s'ennuie pas. Rien de neuf pour autant....

 

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 23:08

 

 

Point-Policiers, 2001; Titre original «  Meglio Morti » 1994.



Nuoro en Sardaigne, au mois de février. Il fait très froid, la tram souffle violemment.

Trois chasseurs découvrent dans un sous-bois le corps d'une fillette disparue depuis 1 an. Ines Ledda.

Avant elle, trois fillettes entre neuf et douze ans ont disparu en moins de deux ans et et l'une d'ellea été trouvée morte, une autre dans un état inconscient.

Le juge Corona enquête avec l'aide d'une policière italienne Danila Comestri. L'entourage des fillettes s'avère suspect. Une vieille dame Salvatora Vena se livre à des activités de sorcelleries sur certaines enfants, fabrique des potions dit des incantations; elle vit avec son neveu Paolo, alcoolique et chômeur chronique, qui ne se remet pas de la disparition de la fillette Ines, avec qui il a eu des relations intimes. Il s'en souvient avec tristesse et émotion, mais la décrit comme une allumeuse! On sait que c'est toujours la faute des femmes...!

Dans l'enceinte de l'établissement carcéral, Lina, une femme agitée, sujette à des crises de nerfs spectaculaires, purge une longue peine de prison pour avoir tué son époux Cosimo, à coups de marteau, vingt ans plus tôt. Le psychiatre qui s'occupe d'elle, Eugénio, est persuadé qu'elle ne dit pas ce qu'elle sait,soit amnésie soit crainte de parler, et tente de l'aider à voir plus clair dans son passé. Il est aidé par Giuseppina, son amie, une jeune journaliste.

Le brigadier Lippi qui a trouvé le corps pense à sa propre fille tuée à douze ans dans un accident de voiture, et veut agir pour le bien des ces jeunes victimes-là.

La corruption règne sur la ville, des entrepreneurs se disputent le privilège de construire un parking. Toutes ces histoires finissent par converger en un même point où s'éclaircissent les différents mystères.

Bien conduit, riche en rebondissements, un policier de qualité.

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 23:03
 

 

Gallimard (Noire) 2007. 524pages.


La maman de Jonas a disparu en pleine nuit d'automne, un jour de neige de 2004.

l' écharpe rose que le garçonnet lui avait offerte est nouée au cou du bonhomme de neige. Un curieux citoyen que  Jonas n'a pas confectionné. Ni personne que l'on sache. Il semble être apparu comme par enchantement. Il a le regard tourné vers la maison, et son oeil de charbon semble observer l'enfant. Une évidence s'impose, que Jonas confie à l'inspecteur Harry Hole qui partage sa peine : la bonhomme de neige lui a pris sa mère...


l'inspecteur Harry Hole, ancien alcoolique prédisposé aux fréquentes rechutes, se sent interpellé par celui qu'on appelle maintenant le « Bonhomme de neige », et qui lui a écrit personnellement pour le mettre au défi de l'arrêter. Dans son équipe, la nouvelle inspectrice Katrine, aussi belle que futée, ne passe pas inaperçue.


Et le bonhomme fait des petits ! bientôt c'est un tueur en série, sévissant dans Oslo et ses environ, que Harry et son équipe traquent : il attaque des femmes mariées avec enfants, qu'il sait avoir eu des relations sexuelles extra-conjugales ( même si c'est contre leur gré). Car le tueur jouit d'une moralité tout aussi exemplaire que son efficacité redoutable.

A la première neige de novembre, il fait disparaître la victime choisie, construit un bonhomme de neige, tout près de la demeure familiale, et recommence à la première neige de décembre...


Voilà donc un thriller de facture classique, bien construit. Les exactions du Bonhomme et les fausses pistes suivies par Harry se succèdent à une cadence régulière jusqu'au bouquet final.


Cette idée d'un tueur qui se dissimule derrière un  Bonhomme de neige fait signe aux légendes de l'abominable homme des neiges et elle est  fort séduisante. Elle inspire et angoisse les enfants, qui sont très présents dans le texte et génère de bonnes pages. Mais ironie du sort, ce sont les mères qu'il emporte...

 

Le prologue est excellent, et je n'ai pas deviné (pas osé peut-être...) ce qu'il signifiait réellement,  jusqu'à la fin...


On a aussi des fausses pistes qui ne sont pas toujours vraisemblables, et un tueur dont on devine l'identité à mi-parcours, ces petits défauts venant du fait que l'action s'étire en longueur, l'auteur ne résistant pas à coller des personnages secondaires insignifiants et pas toujours utiles, et des scènes supplémentaires redondantes.

On a l'impression d'une cinquantaine de pages en trop. C'était aussi le défaut de Stieg Larsson, le célèbre auteur de Millénium.


Mais on ne trouvera pas ici de critique sociale ni de superwoman telle que Lisbeth Salander. Rien qu'un bon gros bonhomme de polar à la neige, que l'on déguste comme une grosse crème glacée... italienne, jusqu'à la fin, sans rien laisser couler, parce qu'elle est bonne et que l'on est gourmand.

 

 

 

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 21:46
Amoz-caveau-G.jpgClaude Amoz : le Caveau . Editions Hors Commerce, 1997
 
 En renvoyant un coupon publicitaire par la poste, Antoine Worbe a gagné un séjour viticole dans un petit village en Saône et Loire.
C’est un chômeur qu’on a viré d‘un emploi de petite comptabilité parce qu’il s’ennuyait et buvait un peu trop. Son frère chez qui il loge en attendant mieux, se réjouit de s’en débarrasser pour une semaine. Aussitôt rendu chez les Renaison qui l’hébergent, Antoine repère des anomalies : le maître de maison, Georges, qui se veut séducteur et déclame de la mauvaise poésie, son fils Bernard qui semble le craindre, la jeune femme de ce dernier, Line, une « grosse rousse à l’air renfrogné », son bébé qu’elle « regarde bizarrement », leur façon de l’observer avec insistance. Ne voulant pas révéler son état de chômeur, Antoine, sans l’avoir prémédité, se présente comme un policier, ce qui paraît inquiéter tout le monde.
La nuit, il entend des gémissements de femme : quelqu’un serait-il séquestré dans la cave  à vin, sinistrement dénommée caveau par Georges qui la lui fait visiter ?
Quel est le rôle joué par Jean, le plus jeune des deux fils, handicapé mental ?
Un an et demi auparavant, une jeune fille Marine, venue faire les vendanges, a disparu après la fête. C’est pour Antoine, une situation inédite. D’habitude, il ne rencontre d’énigmes que dans son propre passé qu’il ressasse avec obstination. A l’âge de huit ans, il fur envoyé dans le Massif Central, alors que ses parents partaient précipitamment pour L’Afrique avec son jeune frère.
1) Le « caveau de famille »( cavere : creuser ; cavus : creux [et vide]) est une métaphore de l’inconscient censé représenter dans l’imaginaire collectif les puissances d’en bas, le lien obscur, dissimulé et la tombe dans quoi l’on trouvera des cadavres sous prétexte d’y chercher du vin. C’est ce que pense Antoine, enquêteur malgré lui : cette grande cave qui lui cause des frayeur, il va y découvrir une sculpture effrayante, des fresques dessinées sur les murs , mêlant littérature et mythologie. Qui sont ces jeunes filles dont on lui montre les photos qui ont participé aux dernières vendanges, et  semblent s’être intéressées au maître de maison, Georges, plutôt qu’à son fils ? Le grand-père «  le bâtisseur » est lui aussi une figure forte et encombrante, et la jeune génération est écrasée par ces modèles de réussite.
Exclu de la société depuis son plus jeune âge, Antoine interprète ainsi la situation familiale des Renaison. C’est qu’il enquête aussi bien sur son propre passé que sur les mystères de la famille qui l’héberge et nous doutons qu’il puisse résoudre l’un ou l’autre…
Par la faute de sa grande timidité et de son esprit confus, hanté périodiquement par Le souvenir des sermons de son Pasteur de père, accumulant les gaffes, Antoine, le faux policier, entraîne le lecteur dans une série d’interprétations erronées ou incomplètes des situations ; ces quiproquos vont entretenir le mystère et les rebondissements.
 
2) la présentation des différents personnages ressemble à ce qu’ils pourront faire de leurs destinées. Marine, qui ouvre le roman, est un être en action : « une tresse, trois lourdes mèches de cheveux blonds. Ils sont tout propres, le peigne crépite en les griffant. Marine les tord ; elle serre bien fort l’élastique… elle ramasse son sac, sa guitare, se glisse dans l’escalier, pousse la porte …je m’en vais… » un être qui résiste, vit et monologue en son nom propre.
Antoine, le personnage opposé, est presque toujours « in abstentia ». Le jour de l’enterrement de son père, il est absent et tous feignent de douter de son existence.
3) le récit est tout entier écrit au présent de l’indicatif. Ce chois implique de piétinement, ressassements, et accentue l’intensité des scènes empruntées à plusieurs époques qui s’entremêlent et se contrarient mutuellement.
 
Une très belle réussite.
 
 
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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 23:43

 Métailié   

Une jeune femme esseulée, Sunna, ingénieur hydraulique, fait des observations à propos d'un lac dont le niveau ne cesse de baisser.


Elle y découvre un squelette humain attaché à un émetteur radio obsolète. Cette curieuse et macabre apparition fait l'objet d'une enquête à laquelle se trouve mêlé l'inspecteur Erlendur ; cela ne va pas réellement le distraire de ses ennuis familiaux et de son obsession de retrouver les restes d'un autre mort qui lui importe depuis toujours.


Mais toute l'équipe  cherche avec zèle quel disparu du début des années 70 pourrait correspondre à ce squelette, ce qui va les entraîner d'abord chez diverses femmes dont les compagnons ont disparu trente ans plus tôt, et qui espèrent ou craignent d'en avoir des nouvelles.

Puis Erlendur voit réapparaître... son fils qu'il ne voyait plus depuis belle lurette!


Dans le même temps, un vieil homme désabusé, Tomas, averti de la funeste découverte, se souvient de ses années d'étude à l'université de Leipzig.  Jeune socialiste plein d'espoir, il s'est trouvé enrôlé dans des expéditions sportives obligatoires qui n'avaient rien à voir avec les études poursuivies, et ont fini par dévoiler leur caractère éminemment contraignant. Plus grave, lors de sa liaison amoureuse avec une jeune hongroise, on leur a fait subir de violentes représailles .

 

Cette enquête  nous mène  en Allemagne de l'est, dans les années 50, les illusions des jeunes gens, la  résistance des étudiants hongrois, et la  répression qui s'en suivit. Cette plongée dans l'histoire récente, montre un Berlin Est totalitaire, truffé de mouchards et  d'espions.

Les étudiants islandais jouèrent un rôle décisif, le pays d'où ils venaient n'étant pas communiste

Comme à l'ordinaire, on trouve chez Indridason, beaucoup de choses enfouies à ramener au grand jour, au sens propre comme au figuré.

On s'ennuie un peu...

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 23:15

 

 

 

Joséphine Tey La Fille du temps

 

10/18, 2003, 218 pages

 

Auteur Joséphine Tey( 1896-1952)historienne écossaise et romancière,  est de la même génération qu'Agatha Christie. Le seul de ses roman qui soit encore vraiment lu est celui-là, paru en 1951.

 

L'inspecteur Alan Grant, blessé au cours d'une poursuite doit rester en observation à l'hôpital. Ses infirmières (l'Amazone et la Moucheronne) ne lui plaisent pas et les livres que l'on a déposé sur sa table da chevet l'ennuient.

Marta Hallard, une actrice amie, lui apporte des estampes de grands personnages historiques. Grant apprécie particulièrement l'un de ces portraits : l'homme représenté a un visage intéressant et mélancolique.

 

Hélas ! il s'agit de Richard III, (1477-85) souverain célèbre pour sa tyrannie, accusé d'avoir fait assassiner ses neveux, pour s'emparer d'un trône qu'il garda deux ans. Immortalisé comme un des rois les plus vils et les plus sanguinaires selon Shakespeare et Thomas More ( auteur d'une vie ce roi).

 

Grant est troublé : le visage de Richard lui inspire confiance ! Or, notre inspecteur se targue d'avoir étudié la psychologie, et de savoir reconnaître un criminel à son allure et à sa physionomie...bien que nous ne sachons rien de l'auteur du portrait, et qu'il n'ait pas été exécuté en présence du roi.

On sait que Richard III fut abondamment caricaturé, représenté comme un nabot vil et malfaisant. Le voilà en "sexy man" ! il fallait y penser...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grant se fait apporter des livres d'histoire traitant de la période en question : Le Tanners, le Gairdmer, La Rose de Raby( biographie romancée de la mère du souverain) ... et même des manuels scolaires.

Et le voilà capable d'argumenter pour la défense de Richard

-         D'abord on ne sait quand exactement les enfants d'Edouard IV sont morts, mais seulement qu'ils furent emmenés à la Tour de Londres, et y vécurent... un certain temps. Furent trouvés morts bien plus tard.

 

-    On les déclara publiquement bâtards, suite à quoi Richard accéda au trône.

 

-    Il n'y aurait contre Richard que des présomptions.

 

Avec l'aide d'un étudiant en histoire, Grant va s'efforcer de prouver l'innocence de Richard III.

 

 

Contrairement à une véritable procédure policière, celle-ci, on s'en doute, n'apportera pas au lecteur la certitude de la vérité.

 

Même si Brant Carradine, l'étudiant embauché par Grant, consulte pour l'occasion «  les livres de comptes » plutôt que «  les contes de livres ».

 

Grant et Carradine fondent leur théorie sur le fait qu'Henri VIIII, successeur de Richard, déclara fausse la déclaration selon laquelle les neveux  de Richard étaient des bâtards.

 Cette déclaration avait été faite par l'évêque de Stillington en 1483, et agréée par le Parlement, ce qui permit à Richard d'accéder au trône.

Henri avait épousé Elizabeth Woodville la sœur des neveux et il ne fallait pas qu'elle fût bâtarde, lui-même n'étant qu'un cousin éloigné.

Grant et Carradine admettent aussi que Richard n'avait pas besoin de faire assassiner ses neveux qui, bâtards reconnus, ne constituaient plus un danger pour lui.

Leur second argument est que la Tour de Londres n'était pas seulement à l'époque une prison, mais une résidence royale.

Nous ne saisissons pas cependant à quel moment précis ces pauvres enfants moururent : l'état de leur squelette ne permettait pas d'établir la date du décès.

Il faut reconnaître que les princes peints par Edward Millais au 19eme siècle ont de quoi arracher les larmes...

 

A qui profite le crime ? Aussi bien à Richard qu'à Henri. La bâtardise pouvait facilement être remise en question.

La suspicion jetée sur le livre de Thomas More est à considérer en fonction du personnage (il n'aurait fait que recopier l'ouvrage d'un certain Morton, traître envers Richard...)

La réhabilitation de Richard III se base aussi sur des défenseurs du passé : Horace Walpole par exemple, ne croit pas non plus qu'il soit un criminel.

 

L'on comprend que Joséphine Tey ait eu envie qu'il ne soit pas cette brute sanguinaire ! Et calculatrice de surcroît...

 

 

 

 

 

Cette enquête est  passionnante et permet de se plonger dans un chapitre d'histoire ; Même si l'on est nullement convaincu de l'innocence de Richard, on adhère volontiers à cette recherche....

 

 

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 10:00

Folio-Policier, 1998.


Les derniers jours de septembre. Léonard  est parti dans le Gard, à côté du célèbre pont, dans la commune de Remoulins. Sa femme s'y  était rendue en mai, pour diriger un stage d'informatique, n'est rentrée qu'un mois plus tard, et  a été en août victime d'un accident de voiture ressemblant à un suicide.  Maintenant il veut savoir ce qui lui est arrivé...


Pendant presque 80 pages,  l'action est très lente, au point qu'il ne se passe rien. L'auteur prend le temps de nous promener sur les lieux, dans les petits villages du coin, la campagne, la rivière, les vieilles bâtisses, les commerces, les supermarchés, les hôtels...de détailler les problèmes de pollution et de classe sociale. Dans les descriptions, mélange de clichés  et de tournures heureuses ; phrases courtes et précises.  Une atmosphère s'installe, inquiétante.

Ensuite, le drame se précise...

L'histoire est somme  toute banale, mais bien conduite, le style réussit à emporter l'adhésion. Beaucoup de citations implicites et explicites, bien amenées, de l'humour noir, de la tragédie... le personnage principal est tantôt Léonard tantôt «  je », qui sont une seule et même personne.

Un polar de qualité.

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 19:20


 

Seuil-Policiers, 2008, 429 pages.

 


Titre original Onsigbaar ( 2007).

L'action  se passe en Afrique du sud dans la région du Cap, province de Mpumalanga, de nos jours.

Martin Lemmer est garde du corps. Il travaille pour Jeannette, qui gère une agence privée, le Body Armour, œuvrant pour la sécurité des personnes célèbres ou menacées.

S'il est « invisible » c'est qu'il est de ces protecteurs qui se servent de leurs neurones avant de montrer leurs muscles.

Lemmer a fait cinq ans de prison pour homicide involontaire après une enfance difficile. Son emploi lui semble convenable mais un peu routinier jusqu'à ce qu'il se mette au service d'Emma Le Roux, une jolie jeune femme «  riche » cadre commerciale émérite. Emma a cru reconnaître son frère Jacobus dans le portrait diffusé à la télévision, de Cobie de Villiers,  l'homme qui a tué cinq braconniers s'attaquant à des vautours. Son frère a disparu longtemps auparavant dans de mystérieuses conditions, alors qu'il effectuait  une mission   «  défense de l'environnement « pour le compte de l'armée... depuis qu'elle a cru reconnaître son frère, Emma a reçu un mystérieux coup de fil inintelligible, son logis a été envahi par des malfaiteurs masqué, et elle n'a dû son salut qu'à l'intervention énergique d'un voisin.

Lemmer est chargé d'escorter Emma qui veut retrouver son frère, et élucider le mystère. La police du Cap  semble vouloir leur compliquer les choses, au Centre de rééducation de Mogale où Cobie avait travaillé jadis, les défenseurs de l'environnement Frank et Donnie semblent cacher de lourds secrets, ainsi que chez Stef Moller, qui fut son dernier employeur.

Emma et Lemmer semblent être suivis, et une nuit, voilà qu'un mamba fait irruption dans le bungalow...

 

L'histoire est racontée à la première personne par Lemmer qui alterne le récit au passé simple de ses aventures au service d'Emma, et ses pensées monologuées dans ou en dehors de l'action avec des phrases plus courtes, souvent sans verbe. Cette manière de raconter est agréable. Le  roman traite  d'écologie et de criminalité à dimension  historique. Nous apprenons à  quoi servent les vautours pour  l'équilibre naturel, comment des riches propriétaires blancs bien intentionnés peuvent s'opposer à des noirs que la pauvreté contraint à des séditions. Un peu du passé politique de l'Afrique du sud se révèle.  

Le récit  est classiquement pourvu de suspense, intrigue solide, progression bien menée, et course-poursuite, tient la route (même lorsque tous les pneus de la voiture éclatent...!).

Il y a cependant une bonne trentaine de pages où le narrateur discourt sans fin de la fraternité trop rare, et de la méchanceté de l'âme humaine, des pages totalement inutiles, et quelques épanchements sentimentaux un peu longuets. En dépit de ces défauts, ce roman est valable, et se lit avec intérêt.    

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 11:52


10/18 (Grands détectives) 381 pages.

Titre original : The Cater Street Hangman, 1979).

 

C'est là le premier tome de la série «  Charlotte et Thomas Pitt » détectives anglais dont j'ai beaucoup entendu parler.

Ayant un faible pour le polar féminin anglais, il était inévitable que j'aille faire un tour du côté de Cater Street ;;;

Nous voilà en 1881, dans un quartier londonien à priori tranquille et bien fréquenté.

Charlotte Ellison,  âgée de vingt ans, vit en famille : parents, deux sœurs, un beau-frère séduisant, et une grand-mère détestable. Bourgeois aisés, ils ont quelques domestiques, un majordome, et beaucoup de préjugés. Les jeune femmes restent à la maison, font des travaux d'aiguilles, sortent pour visiter les pauvres, aller à l'église, et supporter d'autres sermons chez le Pasteur et sa femme, résolument intégristes ; elles vont aussi au bal mais c'est pour y chercher des maris !

Une existence plus que pénible ! Charlotte se cache pour lire les journaux, qui lui sont interdits par son père. La société l'intéresse, la politique, et bien sûr les faits divers. Un tueur fou sévit dans Cater Street tout près de chez elle. Il s'en prend à des jeunes femmes de toutes conditions, et de mœurs légères aussi bien que sérieuses... c'est avec intérêt que Charlotte est amenée à connaître l'inspecteur Pitt chargé de l'enquête, qui est issu d'un milieu modeste, et l'attire davantage que les jeunes gens de son rang. Elle le trouve plus franc et espère qu'il sera fidèle en amour. D'autre part, il lui fait découvrir des milieux sociaux qu'elle  ne connaît pas.

 

C'est un roman très ancré dans le 19eme siècle. L'influence de Dickens est très présente, mais pas son souffle narratif.

le style est un peu lourd, et on comprend vite ( à moitié) qui est le coupable, en tout cas d'où vient le crime, car les « fausses pistes » ne tiennent pas la route. Les personnages sont sympathiques mais guère originaux... !

 

Si vous avez aimé cet étrangleur et Anne Perry en général, manifestez vous pour le/ la défendre !

 

 

 

 

 

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