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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 23:37


le sang des pierres 8

 

Peter vient d’hériter d’une maison sur l’île d’Öland. Il la connaissait bien, et compte s’y installer au printemps et en été. Divorcé, il y emmène ses deux enfants adolescents, Nilla et Jessup pour les vacances de Pâques.  Mais Nilla tombe malade, et Peter reçoit des appels angoissés de son vieux père, Jerry.

Jerry, qui a beaucoup gagné et perdu dans l’industrie du porno, voit son studio incendié avec dedans deux victimes inidentifiables. Il est en danger, et depuis son accident cérébral ne peut plus bien s’exprimer. Peter, que les activités et l’absence de morale de son père dégoûte, a toutefois promis à sa mère, à présent décédée, de s’occuper de lui. Il enquête sur les ennemis possibles de Jerry.

En attendant, sa voisine Vendela, réunit tous ses voisins chez elle, pour faire connaissance. Il y a Max, l’époux de Vendela, investi dans les livres de « développement personnel »( que sa femme écrit pour lui), autoritaire, un personnage antipathique que l’on soupçonne de bien des choses…

Fuyant la maison de retraite trop lugubre, le vieux Gerlof est revenu chez lui pour y finir ses jours au printemps de ses 83 ans. Comme on le comprend !

Mais le soir de la fête, les invités ne s’entendent pas si bien, et le vieux Jerry va faire un scandale…

Bon début. Les deux personnages de Peter et Vendela de retour sur l’île d’Öland qu’ils ont chacun des raisons d’apprécier, plaisent. Les elfes et les trolls auxquels croit Vendela nous font sourire, mais cette femme, à la fois puérile et d’une intelligence aiguë, reste un personnage de bonne envergure. On s’intéresse à son passé malheureux sur l’île, aux sentiments intenses qu’elle lui porte. L’intrigue est bien menée.

La fin est un peu décevante, il me semble. Trop attendue.

 


Suite pour ceux qui ont lu le livre.


Certaines caractéristiques de l’intrigue sont tirées par les cheveux ; La création de Jan-Erik le demi-frère de Vendela, me semble de trop. On n’a pas besoin de ce personnage pour que les offrandes de Vendela disparaissent !! N’importe qui passant par là aurait pu s’emparer de ces bijoux pour les garder ou les revendre, et le lecteur n’a pas vraiment envie de savoir qui et pourquoi.

Peter a suffisamment de malheurs avec les affaires de son père, sans qu’on en rajoute, avec la grave et rare maladie de sa fille. Des problèmes psychologiques, ou une affection plus banale aurait suffi.

L’ensemble reste agréable, j’ai préféré cependant les deux précédents romans.

 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 23:35

Ne les crois pas A300

LP Policier ,2011.

 

J’avais plutôt bien aimé Thérapie du même auteur en dépit de quelques bémols. Il nous mène assez bien en bateau !

Ne les crois pas met en scène un preneur d’otages Yann May, qui séquestre plusieurs invités à une émission de radio de grande écoute dans le studio de la station, à Berlin au 19ème étage d’une grande tour. Deux animateurs font également partie de l’infortuné groupe. Yann May menace de tuer un otage chaque fois qu’il téléphone à un auditeur et que celui-ci ne donne pas la bonne formule (soit «  Libère un otage sur 101.5 »). La prise d’otages se déroule en direct. Mais peu d’auditeurs connaissent la formule magique…

Les policiers appelés : Steuer le chef de la police, gros rondouillard pas commode.  Ira Samin, inspectrice spécialisée dans la négociation de prise d’otages (elle a fait une spécialité psycho). Hélas, elle est alcoolique et déprimée. Justement ce matin-là, elle méditait un suicide pour sa journée. Le voilà remis à plus tard ! Car un autre inspecteur, Götz, son ex-ami, est venu la chercher pour parlementer avec le forcené.

Yann May était psychologue lui aussi. Huit mois auparavant, on lui a annoncé le décès de son amie Leoni, dans un accident de voiture. Il ne veut pas y croire, et, par le moyen de la prise d’otage à la radio, s’adresse à toute la population, car il soupçonne Leoni d’être un agent secret qui a dû disparaître on ne sait pour quelles raisons… ces raisons d’ailleurs il s’en fout ! Il est amoureux, dit-il,  il lui faut Leoni, sinon il exécute tous les otages un à un.

Ira, chargée du contact avec lui , est terrorisée, car sa fille fait partie des animateurs séquestrés.

Pendant la négociation, Le rédacteur en chef de la station, que son côté pyromane a fait surnommer Diesel, est écarté du lieu par la police. Il en profite pour enquêter sur les dires du forcené, et sur  l’accident de voiture d’il y a huit mois qui pourrait ne pas concerner Leoni. Mais qu’est-elle devenue ? Et Yann est-il sincère ? La prise d’otages se déroule d’étrange façon… pire, d’autres personnes impliquées dans l’affaire, sortent de l’ombre, après avoir écouté la radio. Et les flics on ne sait pas trop bien ce qu’ils veulent : ils se méfient tous les uns des autres.

Voilà un polar psychologique où la psychologie est vraiment «  de bazar » ; cela se voit davantage que dans Thérapie… à part cela l’intrigue est plutôt bien conduite, on a des surprises, des rebondissements, l’imbroglio est total, on ne lâche pas le roman, en dépit des bêtises psychologiques et de certains éléments un peu trop romanesques.

Un divertissement correct.

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 19:16

les soldats del'aubeAA300  

Seuil-Policier, 2003. 450  pages.

Titre original : Dead At Day Break


Nous sommes à Johannesburg. Zatopeck Van Heerden, dit «  Zet », est un policier alcoolique et dépressif comme c’est souvent le cas. Son collègue Kemp lui confie une affaire pour tenter de le remettre à flot.

Un certain Johannes Jacobus Smit a été assassiné, torturé à la lampe à souder, et cambriolé car son coffre est vide. Ce coffre devait contenir un testament en faveur de Wilma sa maîtresse, et sans doute des dollars américains reconnus à un emballage oublié par le ou les tueurs.

Van Heerden est mis en relation avec  Hope, avocate de Wilma. Il découvre que Smit était unnom d’emprunt. Le défunt se dissimulait sous une fausse identité depuis des lustres.

Pendant sept jours d’enquête, Zet va de surprise en surprises, car la victime a eu un passé tourmenté qui plonge ses racines dans des faits anciens que d’autres personnes ne veulent pas voir ramenés au grand jour.

Pendant la durée de l’enquête, en alternance, Van Heerden raconte sa vie, en vue d’expliquer pourquoi il est si dépressif. Sa vie c’est trente huit ans, orphelin de père très jeune, proche de sa mère , des aventures amoureuses qui tournent mal, la vocation de policier…

J’ai eu un peu de mal avec ce roman que j’ai failli lâcher à plusieurs reprises. Le côté policier n’est pas en cause. Cette enquête est fort bien menée, conduit à des faits intéressants, en rapport avec l'histoire du pays,  avec ce qu’il faut d’action.

Mais le récit autobiographique de Van Heerden m’a ennuyée, car je l’ai trouvé bien conventionnel dans on traitement, plein de cliché, et trop sentimental. Ce récit n’a rien à voir avec l’affaire en cours ne s’y rattache à aucun moment. Zet est un fils à maman, voilà le bilan, et cela se confirme à la fin du livre : sa nouvelle amie est aussi une amie de sa mère etc.…

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 00:44

le baiser de Judas 8

Gaïa-polar, 397 pages 2012 ( titre original Judas Kysset)

 

Christianssund, petite ville sympathique et tranquille au Danemark.

 

Ursula, professeur d’arts plastiques quinquagénaire divorcée, a gagné à la loterie une belle somme qu’elle n’a investie qu’en partie. En outre, elle entretient depuis plusieurs mois une liaison passionnée, avec un homme de bonne mine, qui pourrait être son fils ! Ferait-elle mentir l’adage heureux en amour, malheureux en affaires ?


Hélas, non ! Son trop jeune fiancé vient de s’envoler après avoir vidé ses comptes en banque pour lesquels elle lui avait donné procuration.

Son élève Laura, est la fille de Dan Sommersdahl, dit "le dététective chauve » ; il n’est pas détective mais a déjà résolu une affaire criminelle. Laura présente son père à Ursula et sa fille, qui l’engagent pour retrouver l’escroc.


Dans le même temps, un hérisson en quête de nourriture, vient de trouver un corps humain ensanglanté, dans une cabane de jardin. Effrayé par l'énormité de cette proie, il s’enfuit. Finalement c’est une femme, collègue de bureau de l’infortuné Mickaël, qui appellera la police. Mickaël  travaillait dans l’informatique et vivait chez sa mère. On dirait que c’est Satan qui a fait le coup… car ils sont membre de « la Communauté du Seigneur » une branche dissidente des Témoins de Jéhovah.  Le commissaire Flemming, ami de Dan, est chargé de l’enquête.

Ils vont se retrouver sur ces deux affaires qui semblent liées…


Deuxième roman traduit de cette auteure danoise, et tout aussi réussi que le premier (Je ne porte pas mon nom) peut-être davantage, car l’humour est au rendez-vous dans celui-ci.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 16:13

La Terreur de vivre

Actes sud Noir, 2011.

Titre original : " The Terror Of Livng".

 

C'est en cherchant " Serena" de Ron Rash dans les rayons de la bibliothèque, et ne le trouvant pas, que je me suis décidée à emprunter ce qui semblait être un autre polar rural dans le même genre, plutôt bien écrit, d'un auteur dont je n'ai encore jamais entendu parler. ’Urban Waite dit s’être inspiré deGraham Greene et Cormac Mc Carthy,  notamment No Country For Old Men.

De fait, il a mis en scène Grady ,un psychopathe crédible et  vraiment terrifiant.

 

Cela se passe dans l’état de Washington au-dessus de Seattle. Un éleveur de chevaux, Phil Hunt, réceptionne de la drogue à la frontière canadienne pour assurer des fins de mois difficiles. Il a passé sa jeunesse en prison pour avoir tué un homme en légitime défense lors d'un petit braquage, et a maintenant 54 ans. Il aime sa femme Nora , et regrette de n’avoir pas eu d’enfant, raison popur laquelle tous deux chérissent profondément leurs chevaux. Lors d’un passage de drogue, Phil et son acolyte se font courser par l’adjoint au shérif, Bobby Drake, très zélé, qui veut se faire une réputation sans tache, car son père est incarcéré.

Cette intervention déclenche la fureur des trafiquants pour qui travaillent non seulement Phil, mais son ami Eddie, un avocat véreux, ainsi que de pauvres jeunes femmes contraintes de transporter de la drogue dans leur estomac… Le tueur fou est lancé à la poursuite des intermédiaires…

Un bon polar avec une intrigue correcte, de stimulantes courses-poursuites, et une atmosphère bien rendue (  la nature, plaines, montagnes, forêts, fleuve…). L’auteur a 30 ans, et franchement il débute très bien !

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 12:13

 ****

A Sleeping Life 1978. étrange créature

 

Le Masque, 256 pages, 23 chapitres.

 

En ouvrant ce roman acheté dans une foire à la brocante, j’ai dit mince c’est une enquête de Wexford ! Je n’aime pas trop ce flic là. De Rendell, je préfère les romans criminels sans police.

Je l’ai lu tout de même, et c’est très bon !


Nous sommes au milieu des années 70, août, et c’est une période  de canicule en Angleterre. Peut-être 1976 ? l’inspecteur est déjà grand-père, il n’a pas l’air plus âgé que dans  End in tears ( 2008)et sa fille Sylvia est déjà mariée, deux enfants . En 2008,trente ans plus tard, elle sera enceinte du troisième…  

je voudrais bien vieillir aussi lentement que cette famille Wexford!


Une femme tuée à coups de couteau est découverte à la sortie de Kingsmarkham ( Sussex) dans un sentier. Elle avait la cinquantaine, était vêtue de vêtements bon marché et tape-à l’œil, très maquillée chaussures hauts talons,  portefeuille coûteux et  bien rempli peu en rapport avec le reste…. Une prostituée grimace Burden, très puritain. Une vierge, constate le légiste….

Elle est identifiée comme Rhoda Comfrey qui venait deux fois par ans voir son vieux papa hospitalisé et sénile. Sa tante Mrs Crown en dit beaucoup de mal, et la vieille Mrs Parker qui a connu tout le quartier, beaucoup de bien. Elle vivait à Londres, mais impossible d’en savoir plus, car on ignore son adresse, et, dans la capitale, en dépit des annonces réitérées, nul ne la  réclame ! On réussit à retrouver le vendeur du portefeuille : las ! L’objet n’appartenait pas à la victime, et on dirait qu’elle l’avait volé à un écrivain parti en vacances...


La conduite de l’intrigue est parfaite. Je n’ai rien compris  jusqu’a ce que l’inspecteur révèle tout à la fin. Rendell est fine mouche, et cette femme  banale en apparence et bizarrement introuvable, pique l’esprit du lecteur au plus haut point…

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 15:53

d'excellents voisins

Thriller néerlandais

Edtions Denoël.

 

 

Peter, Eva, Rebecca, Steef... un quatuor de trentenaires évoluant doucement et inexorablement vers la folie!

Sem :un pauvre bébé jeté dans la tourmente.

Hetty : une psy new age très allumée.

 

le lieu : la banlieue d’Amsterdam, petits pavillons avec jardin sympas mais très artificiels

 

Le sujet : Peter et Eva ont tout essayé pour avoir des enfants ; fécondation in vitro avec micro injection ( plusieurs fois) et finalement insémination avec donneur inconnu. Rien n’a fonctionné.

Peter est partisan de l’adoption, Eva qui n’est pas stérile, bien qu’elle ait fait une fausse couche, voudrait porter encore un enfant en elle. Peter refuse. Pour se venger, elle fait la grève du sexe.

Finalement, ils n’ont plus rien à se dire.

Mais Peter ne pourrait pas supporter de vivre sans Eva, et Eva, en attendant mieux, se livre à un processus de deuil dangereux concernant son bébé mort , photo, bougies, prières et discours à l’enfant défunt, visites incessantes au cimetière… sous l’impulsion d’une psy, Hetty, complètement à l’ouest, dont elle a trouvé l’adresse dans Marie-Claire.


Des voisins de leurs âges viennent courtiser ce couple malheureux et peu enviable. Rebecca et Steef ; ils pratiquent l’échangisme, et le proposent à leur voisins, pour se changer les idées, vivre vraiment etc.… Sans compter l’ecstasy… les voisins ont aussi de gros problèmes qu’on soupçonne, et Peter et Eva n’aiment pas l’idée de l’échangisme, mais…

Eva accepte avec l’idée de se faire mettre enceinte par le voisin,qui a déjà prouvé sa fertilité bien malgré lui,  et Peter accepte parce qu’Eva accepte, et qu’il espère que cela va lui redonner du goût pour le sexe.


On sait dès le départ que cela finira mal.


En dépit de séances de sexe et de drogues,longuettes et pas excitantes (c'est fait exprès), j’ai apprécié la charge de critique sociale contenue dans ce thriller. Les personnages sont tous victimes de clichés divers, auxquels ils croient dur comme fer, jusqu'à sombrer dans la démence, chacun la sienne... Ce serait presque drôle, si ce n’était franchement sinistre…


 Une Dame du crime néerlandaise que je vais suivre!

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 15:40

Mémoire assassine 

Point 2, romans noirs

 

Le 19 novembre 1959, la famille de Steve a  explosé. On a retrouvé morts asssinés sa mère son frère et sa sœur aînés dans leur cottage du Connecticut. Leur père s’était enfui.

Steve avait neuf ans. Etant parti jouer chez un camarade et tardant à rentrer, il n’a pas été tué ni vu le massacre. Mais il sait que son père l’a attendu…avant de s’enfuir.


A quarante ans environ, il rencontre une femme, Rebecca, qui fait une thèse de criminologie sur les hommes ayant assassiné toute leur famille. Le père de Steve fait partie du corpus. Ce qui intéresse Rebecca, c’est que l’on jamais retrouvé ce père, et que Steve est survivant, donc capable de relater la vie de la famille avant les meurtres ( à neuf ans, on a des souvenirs).

Steve croyait n’en avoir aucun mais sa mémoire se révèle très précise, et peu à peu les portraits des protagonistes se dessinent ;l'histoire de la famille se reconstitue.  Steve est également mis au courant de certains  détails qu’il ignorait concernant l’enquête de police.


Le récit progresse, soulevant plus de questions qu’il n’apporte de réponses. On scrute des photos de famille dans leurs moindres détails, ainsi que celles des corps retrouvés, on relate plusieurs fois des scènes clé auxquelles le petit garçon a assisté, et qu’à présent il interprète à sa manière.

Le lecteur devine plus ou moins bien ce qui c’est réellement passé, à mi-parcours. Rebecca aussi sans doute, mais il n’y a aucune preuve. Steve doit aller encore bien plus loin pour savoir. Dans cette quête, il prend des risques…


J‘aime cette enquête très pointilleuse, malgré ses longueurs. Mais je trouve que certaines péripéties concernant la famille que Steve a fondée adulte ne s’imposaient pas, et n’apportent rien à ce livre.


Dans l’ensemble, c’est  intéressant à suivre.


Le format du livre est pratique, si l’on doit partir envoyage et que l’on veut de la lecture ! cinq ou six livres comme celui-là ne prennent presque pas de place…il faut savoir que ce ne sont pas exactement des livres de poche. Cinq de ces livres coûteraient 55 euros.


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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 15:24

Seisho Matsumoto

 

Actes-sud noir.

 

Roman se déroulant au début des années 70.

 

 

Tsuneo Asai, ingénieur commercial dans le secteur agro-alimentaire, dévoué à son métier, vient de perdre sa femme Eiko.

On l’a trouvée morte, dans un magasin de cosmétiques, tenu par une femme de 35/40 ans Mme Tashakashi.  Celle-ci raconte qu’Eiko s’est précipitée dans la boutique, victime d’un malaise, et à l'arrivée du docteur, elle avait succombé à une crise cardiaque. Ce n’était pas sa première crise, mais on ne la savait pas si malade. Elle menait une vie normale, à condition de ne pas faire de gros efforts…

Asai trouve étrange que sa femme soit allée dans ce quartier ( Yoyogi) loin de chez eux, où elle n’avait jamais parlé de se rendre.

Eiko s’adonnait à l’écriture de haïku sous la direction d’un professeur et un certain nombre de ses poèmes avaient été publiés. Asai l’écoutait en parler distraitement, peu intéressé. Elle non plus ne prêtait aucune attention aux activités professionnelles de son époux. Ils vivaient chacun leur vie, même le côté charnel du mariage leur faisait défaut.

 

Cependant, Asai commence à arpenter cette rue, où sa femme a trouvé la mort, persuadé que quelque chose lui a été dissimulé.  Imaginer que son épouse menait une existence assez riche ( promenades culturelles, composition de haïku et probable liaison amoureuse) tandis que lui s’ennuyait au travail, lui déplaît.

Il interviewe le médecin, inspecte les maisons de rendez-vous du quartier, se balade partout. Le quartier regorge de malaises et de non-dits. Les descriptions minutieuses qu'en fait l'auteur  évoquent un tableau de peinture . D'autres séquences dans le roman méritent aussi d'être appelées tableaux.

Les personnages rencontrés sont faux, hypocrites dans leur extrême politesse, mais Asai y est habitué, et, de petits indices en intuitions, d’enquêtes détectives en raisonnements, il parvient à reconstituer plus ou moins les faits…

 

Il lui reste à décider que faire à propos de son rival….

On ne sera pas déçu par la suite !!

 

Asai n’est pas un personnage sympathique.  A parler abondamment de son métier dans l’agro-alimentaire (toutes ces conserves de viandes pleines de produits chimiques...)   il ne passionne pas. Voulant créer une atmosphère de malaise et de mystère autour du quartier Yoyogi et du décès de sa femme, il réussit davantage à plaire, même en  reprenant tout le temps son  raisonnement à zéro pour l’alimenter du supplément d’investigations et de résultats du jour. Ces répétitions lassent, mais j’ai remarqué ces  répétitions de choses qui nous paraissent inutiles à redire et d’accumulations de petits détails chez plusieurs écrivains japonais ( Murakami, voire Ishiguro), et donc cela ne doit pas être pris ni pour une maladresse de traduction,ni pour une faiblesse d’écriture de l’auteur.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 16:35

 

 

 

 

le-mur-le-kabyle-et-le-marin

Viviane Hamy (Chemins nocturnes) 2011. 290 pages.


En 2009, Georges Crozat est boxeur, et flic au bas de l’échelon. Pour se payer une prostituée suffisamment gentille, il accepte de tabasser des  hommes pour le compte d’un Pakistanais. Ce dernier lui dit que ces messieurs ont pour maîtresse des femmes mariées et que les maris trompés sont les clients. Bientôt Georges se doute qu’autre chose est en jeu. Il préférerait ne pas savoir. Pourtant, l’Arabe Bendjema,  sa ixième future victime, est trop âgé pour recevoir des coups sans danger. Georges accepte un entretien avec lui…

En alternance, nous suivons Pascal Verini en 1957. Ce jeune ouvrier que son travail abrutissant fait souffrir,  rêve d’évasion, de voyage, d’une vraie vie. Mais il  y aura pire ! Le service militaire l’envoie en Algérie, combattre le FLN. Avec deux autres appelés, ils tiennent bon contre toutes les menaces, refusent de torturer les prisonniers à la cave, mais sont témoins et complices forcés de toutes sortes d’exactions…

Ces deux récits vont se rejoindre   et Georges jouer un rôle qu’il n’aurait jamais imaginé…

L’écriture est simple, précise, sans fioriture. Pas de longues phrases, l’adoption du présent pour toutes les situations.   Un ton juste et toujours les mots adéquats. Les matches de boxe sont  narrés dans un style coup de poing  et bribes de monologues affolés qui conviennent à l’action.

Un bon polar qui restitue bien la tragédie de la guerre d’Algérie et ses répercussions jusqu’à nos jours. Des personnages vrais et attachants.

Je l’ai lu dans le cadre de la sélection pour le prix du polar de Montigny-lès-Cormeilles qui sera décerné en décembre.  Je ne sais s’il fait partie des finalistes ( ce n’est pas moi qui décide) mais il mérite de l’avoir.  Ainsi que  le Pays oublié du temps, d’ailleurs…

 

Lu aussi par

 

Pierre Faverolles


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