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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 22:41

Métailié, 2009, 335 pages (1ere publication 2005)


          Un garçonnet, Elias, est trouvé mort poignardé en bas de l’immeuble où il vivait avec sa

hiver arctiquemère thaïlandaise. Son frère aîné Niran, a disparu.

L’enquête du trio Erlendur Elinborg et Sigurdur Oli, les mène dans l’établissement scolaire fréquenté par la victime. Ils constatent l’existence d’un racisme important vis-à vis de la population immigrée, de la part de certains professeurs aussi bien que d’élèves.

Mais l’on suspecte aussi un crime de pédophile, car un drôle de type vit dans les environs.

On se demande ce que Niran le frère aîné sait de l’affaire, lui que l’on cache…ce garçon ne s’intégrait pas à ce pays trop froid l’hiver et pas chaud l’été, ce pays où les étrangers comme ailleurs sont fort mal accueillis.

Erlendur est à cheval sur cette affaire et sur une précédente, la disparation trois semaines auparavant d’une femme qui avait tout quitté pour suivre un homme et se remarier avec lui, mais il l’a très vite déçue. Au téléphone, une inconnue l’appelle de temps à autre en parlant d’un malheur qu’elle ne nomme pas et raccroche. 

Et la supérieure d’Erlandur Marion Briem, avec qui il était très lié, est sur le point de mourir et n’a que lui comme «  famille ».  Elle jouait pour Erlendur un rôle complexe de père mère et amie…

C’est l’hiver, le soleil se montre trois heures par jour, souvent sans se laisser voir, et Erlendur, comme à l’ordinaire, lorsqu’il est chez lui, ne pense qu’à son jeune frère disparu dans la neige trente ou quarante ans plus tôt. Il lit et relit des histoires de personnes sinistrées, retrouvés ou mortes. Ne mange jamais rien de bon, ne lit rien d’autre que ces récits, fréquente une femme, cinq minutes par semaine au téléphone, pour lui parler de son obsession, (Pauvre Valdurgur !), passe le reste du temps à regarder par la fenêtre, espérant apercevoir des étoiles. Le lecteur ne croit pas que cette pénitence prendra fin.

Autrefois je me suis imaginée que l’on apprendrait quelque chose sur ce frère disparu.

L’enquête est sérieuse, bien menée, laissant beaucoup de place aux implications sociales.

Ce qui manque, ce serait un peu d’humour.

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 00:56

   Oscar Wilde et le jeu de la mort      10/18( Grands détectives),2008. 461 pages.

 

           Ce titre fait penser à Agatha Christie, et les premières pages ne démentent pas cette filiation. A ceci près que c’est Oscar Wilde, le dramaturge et romancier, qui est mis en scène dans le rôle du détective, et que son humour est un poil supérieur à celui de Poirot.

 

 

 

Un soir dans son club, après un repas bien arrosé comme toujours, il demande à chacun des convives d’écrire sur une feuille le nom d’une personne qu’ils aimeraient assassiner.

Y participent quelques joyeux drilles tels Wat Sickert peintre , le révérend Daubeny, coureur de filles; Charles Brookfield, dramaturge, ennemi de Wilde,  Bosie, étudiant à Oxford, petit ami de Wilde ; Francis Drumlanrig, frère de Bosie ; Bradford Pearse comédien endetté , Edward Heron-Allen qui s’occupe chastement de Constance, femme d’Oscar Wilde et lui tient compagnie; Willie Hornung ami de Conan Doyle; Alphonse Byrd, maître d’hôtel, et illusionniste ; Mc Muirtee boxeur, illusionniste, travaille avec le précédent, un«  semi-gentleman ». Conan Doyle, qui s’adonne à la sculpture; Bram Stoker, futur auteur de Dracula. 

.

Bien sûr, dès le lendemain, les victimes désignées par les participants commencent à décéder de façon suspecte dans l’ordre ou elles furent nommées ce soir fatal.

Robert Sherard, narrateur du roman, jeune homme divorcé, groupie de Wilde, convoite sa femme(ou lui, ou les deux ?) et jouera le rôle du  « Docteur Watson » . Oscar Wilde se désigne comme détective, d’autant plus que sa femme et lui sont sur la liste des victimes.

 

Le petit monde d’Oscar Wilde, ses amis, ses ennemis, ses amants, une existence de noceur invétéré, (critiquée par ses potes sérieux tels Conan Doyle) ,qui commence au petit déjeuner avec du Bourgogne et s’achève à trois heures du mat’ avec du Whisky, ponctuée tout au long de la journée par de nombreuses flûtes de Champagne pour fêter « ça » . Des repas délicieux ( soupe de cresson, turbot grillé, tarte aux pommes avec crème anglaise, qui a dit qu’on mangeait mal en Angleterre ?), des meurtres à élucider, des aphorismes à chaque coin de paragraphe.

 

Le bonheur !

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 23:49

La Maison où je suis mort autrefoisActes-sud Noir 2010. ( 1ere édition originale en 1994).252 pages,  18 euros

 

Le titre absolument irrésistible, m'a fait me précipiter sur cet ouvrage!

 

On a tous une maison où l'on est mort autrefois.

 

Voilà  une variation éprouvante à partir de ce thème.

 

Il y a deux ans, le narrateur de ce récit a  eu des nouvelles de Sakaya , son amie de jeunesse qu’il a fréquentée six ans du Lycée à l’université. Mariée et mère d’un enfant, elle n’assume pas du tout sa condition.  Le narrateur, dans le cadre de son emploi a écrit plusieurs articles sur les femmes qui maltraitent leurs enfants et Sakaya  est justement dans cette situation.

 

En outre, son père vient de décéder, lui  léguant un jeu de clefs et un plan pour se rendre en un  lieu déterminé, où , de son vivant, il se rendait seul, sans explications.

 

Elle veut  y aller, espérant élucider son cas, dominer son mal-être, apprendre quelque chose de sa petite enfance. Elle n’a aucun souvenir avant l’âge de sept ans, et le peu qu’on lui a raconté sonnait faux et ne lui rappelait rien. Cette démarche lui fait peur et elle réclame l’aide de son ancien ami. A vrai dire, elle ne connait personne d’autre…

Le narrateur ne veut pas renouer avec elle, sachant qu’il n’a  aucune chance, mais il accepte finalement de l’accompagner en ce lieu…

 

Le plan les mène à une maison abandonnée près d’un lac, dans la montagne. Une maison que semble-t-il les habitants ont dû quitter très vite sans rien emmener. Les pièces possèdent un certain confort  sauf que l’électricité n’est pas installée, et que l’on ne peut entrer que par la cave ! le frigo est plein, ils pénètrent dans les chambres et cherchent à en identifiera les occupants.

Celle  du jeune garçon de la famille retient vite leur attention. Livres de classe, bureau, vêtements… et même son journal intime à partir de quoi va commencer à s’élaborer le passé.

Tout cela date de 23 ans, et les  pendules sont immobilisées à une certaine heure comme si le temps s’était arrêté.

On se demande comment et par qui  la maison est "hantée..."

 

Les deux protagonistes vont  reconstituer le passé de cette étrange famille avec laquelle Sakaya avait peut-être des liens qu’on a soigneusement occultés pour de mystérieuses raisons.

 

Cette enquête est très bien faite ! On progresse à partir d’indices, et l’on résout l’énigme petit à petit par le raisonnement.  Il est impossible au lecteur de tout deviner d’avance, je le dis aux fins limiers, tout le monde aura des surprises ! La conduite de l’intrigue est rigoureuse et  passionnante.

 

A propos de souvenirs, ceux d’avant sept ans, sont avant tout des souvenirs-écrans mélange de fantasmes et de scènes vécues. La reconstitution de la vérité est possible par l’interprétation des indices livrés par les souvenirs.

 Ici les indices sont les objets trouvés dans la maison, son apparence, l’investigation à partir de ces matériaux.  Grâce à ces indices le passé est reconstitué avec certitude quant à ce qui importe le plus…

 

Mais que Sakaya finisse par se souvenir complètement de ce qu’elle a occulté, voilà qui est fort rare ; et mérite d’être souligné.

 

****

 

Découvrez aussi :

 

A u sud de la frontière à l'ouest du soleil Haruki Murakami

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 16:13

Les chauves souris c'est mignon!

elle est mignonne

Belfond, 2009, 338 pages

 

En 1962 à Berlin est une prostituée Karla est assassinée d’une façon peu ragoûtante....

 

Le docteur Sterz , légiste, étudie aussi les chocs traumatiques chez les enfants, or la femme avait un garçon de dix ans Wolfgang, qui semble avoir vu toute la scène. Le docteur s’attache à lui, cherche à établir un contact, alors que la Stasi qui s’occupe de l’affaire, tient son coupable en la personne d’un américain Fresing et veut éloigner Sterz…

 

 

En alternance nous suivons les pérégrinations d’Andersen, qui vit à Paris en 2006. Il est informaticien pour le compte de Naturalis , une société qui s’occupe de vendre des pesticides soi-disant « propres ».

 Dans ses moments  libres, il se passionne pour les chauves-souris dont il élève une dizaine dans son grenier, et va surveiller la fin de l’hibernation  d’un autre groupe dans un tunnel parisien. Mais voilà qu’un soir les chauves-souris du tunnel sont stressées. Plusieurs d’entre elle sont mortes et l’une d’elle le mord, lui l’ami de ces bêtes !

 

Outre le suspense correct, l’auteur a cherché à créer un climat poétique autour des chauves-souris dans la cathédrale de Bourges, et du personnage un peu punk à l'ancienne d’Ephémère…poésie peu originale, avec tout de même une certaine invention,  et qui place le récit dans une catégorie « assez bon polars »

Malgré tout, on devine très vite voire tout de suite qui est l’assassin de Karla et ce qui a pu se passer dans ce cas précis. Ainsi que le statut du personnage d’Ephémère.

Le récit de Sterz à la recherche des deux enfants et poursuivi par la Stasi, est bien conduit.

 

 

On comprend que le docteur Sterz n’ait pas voulu incriminer Wolfgang alors même qu’il saisit ce qu’il a fait, dans le contexte où il l’a fait, mais n’aurait-il pas dû avoir l’occasion de lui dire  que le crime qu’il a commis n’était pas moral : il aurait peut-être empêché l’autre crime dans l’école…

 

 

Les hommes n’ont guère d’imagination ! Pour eux les femmes continuent d’être soit des saintes soit des putes ( ou encore des « boudins » )Voir mon petit article sur la Maman et la putain in cinéma français...

 

Malgré tout AB***

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 21:51

« Farewell  To My Lovely », 1940.

Disponible en folio-policier.

Mose Malloy, bagnard cambrioleur, deux mètres et cent vingt kilos, recherche Velma, son ancienne amie, chanteuse du cabaret « Le Florian ».  Il vient de purger une peine de huit ans de prison. Le patron du night-club  qui prétend ne pas pouvoir lui donner de renseignements, en perd la vie illico. Philip Marlowe assiste à la scène et prend en sympathie Malloy toujours amoureux de la femme qui l'a vendu à la police afin de s'en débarrasser. Il décide d'aider l'ex-bagnard.  

Le lendemain il  se rend chez la veuve Florian, ne réussit pas à la faire parler. De retour à son agence, il est embauché  par  un certain Lindsay Mariott qui veut racheter moins cher qu'il ne vaut,  un collier de jade volé à son amie. Cet homme a rendez-vous pour la rançon dans une combe, un peu à l'écart de Miramar del Vasto où il loge, et veut se faire accompagner par sécurité. Le rendez-vous est pour ce soir...


Ce roman de Chandler est un grand classique  et il est structuré à la perfection. L'action se déroule sur six jours du 30 mars au  6 avril, les événements y sont savamment distribués, sans temps mort ni ennui. Des personnages  interviennent dans l'action à un rythme soutenu.   Nous ne saisissons pas  immédiatement leur  rôle dans l'intrigue :   Lindsay et son collier, Mrs Grayle la riche héritière, Jules Amthor et son indien officiant dans une fausse clinique, le grand chef Lairde Brunette et son bar flottant...

Le  charme de Chandler est dans sa conception très elliptique de la narration.

L'action se produit, de bonnes descriptions l'accompagnent,  on ne comprend rien...mais tout finit par s'expliquer ... et  ces personnages sont fort bien agencés, y compris les petits rôles : l'indien, les  flics marginaux bien disposés «  Hemingway » et  Red que l'on n'oublie pas.


On aime le moment où avant de se faire tirer comme un lapin, Malloy veut embrasser son ancienne amie et lui lance amoureusement «  J'te préférais en rouquine ».


Des deux films qui en ont été tirés, je n'ai vu que le second avec Charlotte Rampling et Robert Michum en 1975. Il est très bon. 


 
 
 
 
 
 
 


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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 13:03

 

 

 

 

 

 

le PrédicateurCamilla Läckberg Le Prédicateur

Actes-sud Noir

 

Nous sommes en 2003, l’été de la canicule, qui sévit aussi en Suède, dans la petite ville de Fjällbacka, station balnéaire et port de plaisance. 

Erika, jeune femme enceinte de huit mois, attend son terme avec peine. Patrik son ami est inspecteur de police. C’est la première fois qu’il prend la direction d’une affaire qui s’avère pénible. Une jeune femme Tanja qui campait dans les parages est retrouvée morte et torturée dans un lieu de passage. Au dessous d’elle deux autres cadavres de femmes qui ont subi les mêmes sévices en 1979.

 

A cette époque, on avait soupçonné Johannès Hulk, le fils d’un pasteur très apprécié des grenouilles ( et crapauds) de bénitier

 

Le frère de Johannes, Gabriel, avait témoigné l’avoir vu en compagnie d’une des jeunes filles.

Le pasteur Hulk , à présent  décédé, avait  le sens du commerce!  Il mettait en scène ses deux fils censé guérir les malades avec leurs mains !

 

  Johannès le fils n’est plus, s’étant suicidé peu après avoir  découvert qu'il n'était pas guérisseur...

Patrik cherche  à en savoir plus sur les victimes, et son enquête le ramène chez les Hulk restants, les familles des deux frères qui se haïssent…

 

 

Un polar fait de courts paragraphes où l’on passe d’un personnage, ou groupe,  à un autre, en alternance, et il y a six ou sept points de vue différents( Erika, sa sœur Anna, Patrik,  son collègue  Martin, deux autres flics flegmatiques, Linda Hulk et son cousin Johan, Solveig veuve de Johannès et ses fils, Gabriel  et sa femme, Jacob, petit fils aimé du défunt pasteur et sa famille…) et aussi hélas le ressenti des victimes en 1979 insoutenable et répétitif, dont un seul témoignage aurait suffi.

Chaque paragraphe s’achève sur un suspense qui nous conduit à persévérer. L’auteur est donc assez habile.

Son roman n’a rien d’exceptionnel, et pourtant il se laisse lire sans déplaisir.

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 16:06


Gaïa polar 2009 345 pages

 

Un assassin  va mettre à mort Liliana, employée de maison, qui fait le ménage le soir dans une agence de publicité. Dissimulé quelque part, il attend le moment propice...

 

Dan Sommerdahl, occupait un poste  à responsabilité dans cette entreprise, mais il est en congé pour dépression, et n’aime plus ce travail. Flemming, le flic chargé de l’affaire, est son ami et il profite du fait que Dan connaît bien cette entreprise pour l’interroger sur les divers suspects. Dan s’intéresse à l’enquête et y participe. Liliana était employée au noir, portait un autre nom, se cachait ( mais de qui ?) et son entourage est dans le même cas…

 

Ce polar danois s’inspire du suédois Mankell : l’intrigue porte  sur les femmes qui viennent de pays où elles sont maltraitées.  Arrivées  au Danemark, elles  se font cueillir par des proxénètes et doivent changer de nom pour leur échapper. Tout cela  fait penser à Tea-Bag.

 le thème de l’extrême violence conjugale renvoie à La Femme en vert ( mais le roman d’Indridason est meilleur).

C’est dire qu’Anna Grue a bien appris les leçons de ses aînés ! Et son roman est très valable…

 

 

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 23:00

les lieux sombresSonatine, 450 pages

Voilà un roman que j’ai eu envie de lire après  avoir vu une dizaine d’avis positifs sur les blogs que je lis.

 

Début janvier 1985, dans une ferme du Kansas,près de la ville de Kinnakee, deux fillettes et leur mère ont été assassinées. La plus jeune fille Libby, âgée de sept ans, a eu la vie sauve. Son frère aîné Ben,15 ans, a été reconnu coupable de ce forfait et vit en prison.

 

25 ans plus tard, Libby la rescapée, narratrice de, l’histoire, n’a plus de quoi vivre. Elle a gagné de l’argent pendant longtemps, parce que le massacre de sa famille se vendait bien sous la forme de livres, articles, interviews diverses. A présent, le public a cessé de s’intéresser à ces meurtres. Sauf que Libby est encore contactée par un comité de défense de Ben, son frère, que de charitables visiteuses de prison, tiennent pour innocent et veulent faire libérer.

Libby enquête donc, sérieusement, sur ce passé auquel elle ne veut pas penser d’ordinaire. Elle est chargée de convoquer ses souvenirs et d’aller interviewer les amis de l’époque de Ben et le reste de sa famille, notamment son père…

En alternance de cette enquête de Libby, nous suivons deux récits relatant la veille de cette terrible nuit. L’un met en scène Patty, la mère de Libby et Ben. Endettée depuis très longtemps, menacée par un usurier, son mari, des parents d’élèves qui accusent Ben de pédophilie, plus le temps passe, plus les soucis pleuvent sur elle.

L’autre récit se focalise sur Ben et ses amis d’alors. Des adolescents déjantés, drogués, tentés par des actes fous, avec cette différence que Ben étant nécessiteux, ses amis de familles aisées l’humilient en permanence. A l’école, il est mal vu car il doit faire le ménage de l’école, pour gagner quelques sous.

 

Au total, on a un roman réussi surtout par les descriptions très réalistes des problèmes sociaux et psychologiques rencontrés par la famille Day, marginalisée par d'impitoyables voisins . Un aperçu de certaines dérives adolescentes, d’enfants laissés en plan par leurs familles, de diverses façons.  Les personnages de Libby et Ben sont fort bien observés, mais les rôles secondaires sont très intéressants aussi.

 

Pour ce qui est du suspens, puisqu’il s’agit d’une enquête, il est bien mené : la tension s’accroît à mesure que l’on approche du moment crucial, et les événements se précipitent.

 

Il reste que, pour  l’explication finale, certains éléments s’admettent, tandis que d’autres  ne tiennent pas debout.

On trouve aussi peu vraisemblable la facilité avec laquelle Libby retrouve des gens de l’entourage des Day, qu’elle n’a pour ainsi dire jamais vus, qui n’ont plus de contact avec sa famille depuis 25 ans...

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 14:06

Mystères

Titre original «  Mysteries » 2004

Gallimard (Noire)  2007, 387 pages.

 

Mooney’S Gump petite ville de la province canadienne de l’Ontario ; c’est aussi une presqu’île qui donne sur le lac Erié.

 

Un soir de décembre Robert et son amant s’y rendent. Ce dernier lui parle de cette ville rebaptisée «  Sunshine », et de la fête qui s’y déroule pour le solstice d’hiver. «  Des centaines de gens se rassemblent dans le parc animalier  pour sacrifier à un rituel païen ».

 

L’ami de Robert, prend un autostoppeur qu’il semble connaître. Aussitôt arrivés, Robert voit son ami disparaître dans la foule, et l’autostoppeur lui remettre un carnet jaune «  pour Alice Pederson ». avant de se tirer lui aussi.

Robert sent qu’on lui a posé un lapin. Mais il cherche Alice…

 

Six mois plus tôt, au moment du solstice d’été, Susan et Marge, qui occupent un appartement à Sunshine, attendent   Daniel le fils aîné de Marge qui revient d’Angleterre. Il y a six mois qu’Alice a disparu, au moment de la grande fête du solstice d'hiver,  et l’on vient de retrouver ses restes dans le lac.  Qui est responsable de cette mort ?

Son mari Mike, afro-américain que détestaient ses racistes de parents, et  qu’elle laissait s’occuper des enfants? son presqu’amant Daniel? Fremlin Soddart , son collègue dentiste, l’entraîneur de hockey, ou encore Rocket l'ami de Daniel, jeune indien vivant en marge, retiré du monde?...

Alice n’aimait pas son métier de dentiste, n’arrivait pas à s’occuper de ses enfants, se passionnait pour le parc animalier de Cam Usher… avait imaginé un cercle de pierre, avec au centre, deux mégalithe pour symboliser les saisons et le calendrier.

Mais les terres de Cam Usher appartiennent aux Indiens Jibowa parqués dans une réserve.

 

Tour à tour les témoins défilent , se racontent à la troisième personne. L’auteur fait parler les suspects ci-dessus nommés, ainsi que le maire Dany Boon, son frère le chiffonnier, une petite fille  adoptée par Marge et Susan, et même un tigre femelle,Tamar…moi qui n'aime pas trop que l'on fasse parler les bêtes, là j'ai craqué pour Tamar! c'est dire que l'auteur sait s'y prendre...

 

Roman de mœurs, réaliste, psychologique, ésotérique à peine, poétique, et policier aussi car  on cherche inlassablement le meurtrier d’Alice, mais pas "policier " au sens strict, les amateurs du genre pourraient ne pas y trouver leur compte. C'est pourquoi, il est préférable de le proposer en littérature générale.

 

Chaque chapitre porte le nom d’un personnage différent dont on va connaître les pensées et porte un titre énigmatique et poétique «  relations"; « roches errantes »; «  Promenades des ombres »; «  Morilles » …

Une grande qualité d’écriture, un vrai récit polyphonique, et  une intéressante construction, de fréquents retours en arrière, qui d'ailleurs peuvent tromper le lecteur sur les dates.

 

A lire sans tarder !

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 11:17

le silence de la pluie

...Une enquête de l’inspecteur Espinosa.

 

titre original : Silêncio da chuva 1996.

 

Actes sud- Babel ( Noir) , 2004, 288 pages

 

Promenez-vous dans Rio de Janeiro!

Quartier Peixoto ; parc Lage ; parc du Flamengo ;plage du même nom ;  Pain de sucre ; gare et quartier du Méier ; place de la Carioca ; Copacabana ; Ipanema ; place Mauà

 

Ricardo Carvalho, cadre commercial renommé a décidé de se suicider. Sans doute par orgueil, il préfère que cela passe pour un assassinat. Il laisse donc une lettre «  pour la police » ordonnant à celle-ci de diffuser l’information de l’assassinat et de classer l’affaire. Il offre vingt mille dollars en espèces.

 La police ( en l’occurrence l’inspecteur Espinosa) ne trouve rien d’autre dans la voiture que le cadavre. L’enquête va concerner Beatriz Vasconcelos ( «  Bia ») sa veuve dessinatrice dans le design . ils ne vivaient pas l’un avec l’autre et elle est indépendante financièrement et même riche.

Autre suspect : Julio, professeur d’architecture, avec qui Bia pourrait débuter une liaison.

Enfin Rose, secrétaire particulière de Ricardo, probablement sa maîtresse, la seule qui semble attristée de son décès. Elle a voulu passer chez Bia pour lui dire quelque chose d’important et disparaît.

 

L’inspecteur Espinosa ( Spinoza en français) rêveur, amateur de littérature anglophone ( Dickens, Conrad, de Quincey, Melville…) dragueur, ne buvant que trois verres par jour,  travaillant sans guère de contact avec le reste de la bande de flics( corrompus…) s’est trouvé un jeune acolyte encore vierge de  toute délinquance : le jeune inspecteur Welber.

 

L’inspecteur Espinosa est sympathique. Le roman contient sa part de suspense intelligent et de moments forts. Action, méditation, personnages divers et variés de toutes classes sociales, bien campés.

 

J'ai un faible pour Garcia-Roza dont j'ai déjà chroniqué  Bon anniversaire GabrielBon-anniversaire-Gabriel-41135YECH5L._SS500_.jpg

et     Objets trouvés.

 

 

Je n'hésiterai pas à en lire un autre prochainement!

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