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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 11:04

Thérapie

 

 

L’Archipel ( Psychothrillers) 2008, 278 pages.

 

 

Le docteur Viktor Larhzens, psychiatre, amène chez son confrère allergologue, sa fillette de douze ans, Joséphine atteinte depuis 11 mois d’un mal mystérieux : vomissements, diarrhées, spasmes, maux de tête, qui l’affaiblissent et auxquels on ne trouve aucune cause. Cette enfant  disparaît alors qu’il est parti lui chercher un verre d’eau. Pire : ni le médecin chez qui il l’emmenait, ni son assistante ne se souviennent de l’avoir vue ni de lui avoir donné rendez-vous.

Pour retrouver Joséphine, le docteur change de vie, ferme son cabinet de consultation, perd sa femme …

Quatre ans plus tard, victime de dépression grave, il est interné en psychiatrie.

Son psychiatre décide d’arrêter les médicaments. Viktor revient sur son passé récent et commence à raconter à ce médecin une étrange histoire qu’il a vécue peu après la disparition de sa fille.

Il s’était retiré à Pakum,  dans une île de la mer du nord, où ses parents lui ont laissé une propriété. Une jeune femme s’est introduite chez lui, Anna Spiegel, qui veut qu’il la soigne : elle écrit des romans dont les personnages prennent vie à ses yeux, et se considère comme schizophrène. Elle ne le laisse pas en paix et il comprend que ce qu’elle raconte pourrait concerner Joséphine…

Voilà une rareté : un roman policier allemand ! Je suppose que dans ce pays, on en écrit autant qu’ailleurs, mais ils ne sont pas nombreux à franchir le Rhin.

Dans ce thriller il y a du bon et du mauvais, l’ensemble se lit d’un trait sans déplaisir. J’ai regretté que la femme de Viktor joue un rôle si plat et à la limite, incompréhensible. Du fait qu’elle vivait avec Viktor et Joséphine, elle aurait dû être davantage fouillée en tant que personnage. De même les médecins qui se sont occupés de Joséphine étaient vraiment très bornés.

 Le  personnage d’Anna Spiegel est le point fort de ce récit, il relance l’intrigue au bon moment.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 22:40

La Preuve de sang

Gallimard ( Noire) Evidence of Blood 1991

Traduction  2006, 402 pages.

 

Kinley est de retour à Sequoyah petite ville de Géorgie dans la chaîne des Appalaches.

Un bel endroit rude et englué dans le passé.

C’est là qu’il a passé son enfance et adolescence auprès de sa grand-mère Grannie Dollar qui lui racontait de terribles histoires de meurtres.

 

Devenu adulte, Kinley en a fait son job. Il est devenu écrivain, racontant des romans de meurtriers tortionnaires, psychopathes basés sur des faits réels. Il aime rencontrer les meurtriers et a même assisté à une exécution capitale après avoir suivi un criminel  qui a exécuté toute une famille.Cet itinéraire n’est pas sans rappeler De sang froid et Capote. Ou encore L’Adversaire et Emmanuel Carrère.

 

Lorsque son ami Ray Tindall meurt, Kinley revient sur les lieux de son enfance. Il découvre que Ray ( shériff du lieu) retravaillait une affaire classée. Celle du meurtre vingt cinq ans plus tôt, d'une jeune fille de seize ans, dont le procès a été bâclé. Celui que l’on a envoyé à la chaise électrique était peut-être innocent en dépit de preuves accablantes…

 

Cette enquête va le mener plus loin qu’il ne croit…

 

 

 

Dans l’ensemble je me suis intéressée à ce roman, tout en regrettant que l’esprit de Kinley  occupé essentiellement des psychopathes dont il a eu à s’occuper pour ses livres, se borne à détailler leurs comportements.

 

Le roman présentait en exergue une belle citation de Dylan Thomas

«  la main qui agite la surface de  la mare / Remue la vase ; elle fait se lever le vent/ Battre la voile de mon linceul. Et je suis impuissant à dire à l’homme qui se balance à une corde Combien de mon argile est pétri le bourreau. »

 

J’attendais un roman plus littéraire. Il est bien écrit mais n’a pas de qualités de ce genre. En outre la façon dont Kinley trouve la clé finale de son énigme est plutôt invraisemblable, alors que le reste est très rationnel !

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 13:12

Au malheur des dames

Deux femmes employées au Marché Saint-Pierre, sont kidnappées par un psychopathe qui les torture dans une portion condamnée du bâtiment abritant un magasin de tissus, boutique appartenant aux frères Michel.

Antoine Michel est un patron «  à l’ancienne » qui  a les mêmes employées depuis longtemps, les paie, et se désole de leur disparition !  Le rêve !

 

En même temps les frères Michel reçoivent des lettres de menace, on scotche des poupées vaudous sur leurs murs…

Rebecca Levasseur, une jeune sociologue qui s’ennuie dans son bureau à compulser des statistiques, s’est fait embaucher par des agences d’intérim pour remplacer Violette. Elle aime à honorer de petits contrats pour observer divers groupes sociaux deplus près.

Pour l’heure, elle va mener l’enquête, jouer les détectives… pendant ce temps la police ne fait rien, comme d’habitude. Le lieutenant en chef roule des mécaniques, son adjoint l’admire, le nouveau  Thomas Klein, n'a intégré la police que pour gagner sa vie, et ne pense qu’au suicide...


J’ai bien aimé Antoine Michel le patron à l’ancienne, le personnage du flic suicidaire, Léon Witz qui parle à sa plante carnivore, et son cheminement dans les Catacombes, que j'aurais aimé voir durer plus longtemps. Les autres personnages sont plus conventionnels à peine esquissés parfois. Mais l’ensemble fait l’affaire.


le style est efficace. Prédominance du langage parlé. On s’attend à une description du quartier, à un roman de mœurs à cause de la référence à Zola. Mais c’est un polar tout court, avec  un récit linéaire. Il n’y a pas de retour en arrière significatif. Ni rapide, ni vraiment lent ( pas beaucoup de descriptions du quartier ni du marché Saint-Pierre. Quant on pense que l'auteur est accusée d'avoir sali la réputation d'un quartier dont elle parle si peu, c'est à n'y pas croire!

 

Pas de qualités exceptionnelles, mais Lalie Walker a su éviter les écueils dans lesquels tombent souvent les auteurs de polar. Pas d’incohérence, pas trop d’invraisemblance, pas de longueurs ( sauf un peu les tortures infligées aux deux filles, mais certains aiment ça), rien qui fasse sauter des pages.



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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 13:26

Reflets de sang


Seuil Policiers, 2008.

Emilie vient d’épouser un homme grand fort et riche, ancien prétendant de sa sœur Anne. Elle vit dans un grand manoir proche de Paris,

 où c’est déjà la campagne, avec ses bois et ses parcs…

Elle nage dans le bonheur, certes, mais ce type de natation s’appelle faire la planche.

Pour se distraire, elle fouine dans l’aile gauche du manoir délaissée depuis longtemps, pour y dénicher de quoi faire une brocante ou une vente de charité ; elle va trouver un placard avec une chaise rivée au sol, une ancienne nursery, un vieux piano désaccordé, des lettres anciennes de sa belle-mère qu’elle n’a pas connue, des lettres qui révèlent une situation de famille fort préoccupante… Et bien sûr cette petite porte que son mari lui fait promettre de ne pas ouvrir. Plus sympa que Barbe bleue il dissimule la clé, pour ne pas lui rendre les choses trop faciles…

 

En attendant de la trouver,  Emilie va rendre visite à sa sœur Anne, une femme d’affaire qui officie dans un bureau cossu du seizième arrondissement. Et voilà que deux inspecteur de police débarquent dans le bureau : une femme a été retrouvée poignardée dans l’immeuble d’en face, dont la cour est voisine des bureaux. La sœur Anne n’a vu personne venir, mais Emilie va se passionner pour ce crime. Dommage qu’elle soit mariée, l’inspecteur qui ressemble à un boxeur ne lui déplaît pas. Elle rêve d’aider le Petit Cerdan, comme elle l’appelle, à faire la lumière sur l’affaire.

 

Sur le thème de Barbe Bleue, l’auteur a écrit un roman bien sanglant, où l’on saisit dès le départ qu’il ne faut pas trop la prendre au sérieux.

C’est un roman plaisant, plus humoristique qu’effrayant. Emilie a peur, mais le lecteur sourit et parfois rigole franchement. On se moque un peu de ce qui peut advenir, on goûte la saveur du propos. Les invraisemblances sont rachetées par l’ironie .

 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 23:00

les-liens-du-sang,M29451

Gallimard (Noire) the Cloud Of Unknowing, 2007, 312 pages.

 

David et Diana ont été élevés par un père sérieusement perturbé qu’ils appelaient le Vieux. Il parlait en citations sans oublier de donner  le nom de l’auteur, plutôt que d’utiliser un langage qui lui serait propre.

Victime d’hallucinations verbales, il se comportait avec ses enfants de façon incohérente et violente, et fut interné deux fois.

 

Devenus adultes, Diana et David ont eu la force de fonder  une famille chacun, et David est devenu avocat.

 

Diana a perdu son petit garçon, noyé dans l’étang près de chez eux. Ce garçonnet était considéré comme schizophrène. Même si l’on a conclu à l’accident, Diana soupçonne Thomas son époux dont elle a divorcé depuis lors. Elle fait des recherches sur des crimes anciens non élucidés, entraîne dans sa quête sa nièce Patty.

David est inquiet pour sa fille. Il aime Diana sa sœur, tout autant qu’il la craint. Car son comportement évoque fâcheusement celui du Vieux…

 

 

 

Le récit est présenté sous la forme d’un interrogatoire : David répond à un inspecteur,  plonge dans le passé récent et ancien( son enfance) pour répondre au mieux et ses investigations à la première personne témoignent de l’avancée inexorable de l’histoire.

 

Petit à petit, nous découvrons ce qu’ont déclenché les investigations de Diana, les soupçons de David à propos de sa soeur, le long cheminement vers la vérité,  et le suspense est bien là.

Intéressant au début,  le roman a fini par me décevoir un peu.  J’attendais qu’une voix s’élève pour critiquer le fait que la maladie mentale du Vieux se transmettait par les gènes, mais rien n’est venu remettre les choses en place. Bien au contraire, le « mal » semblait se propager  comme une fatalité…

Nous n’apprenons pas suffisamment de choses ni sur le petit Jason, ni sur l’existence que menait le couple divorcé de Diana et Thomas. Ces personnages m’ont frustrée parce qu’ils ne sont pas assez fouillés.

 

La manie de parler par citations qui fut l’apanage du Vieux,  et qu’il a transmise à Diana, puis à David, révèle une pathologie : on ne peut parler en son nom propre, on est forcé de citer un auteur pour se faire comprendre.

Ces citations, celles choisies par Diana, et dont David se rappelle qu’elles ont rythmé leur enfance, envahissent le récit à certains moments.  C'est le leg que leur a transmis le père, le seul qui garantisse une communication entre le frère et la soeur. Ce propos est intéressant, bien que le lecteur s'y perde quelque peu.    

 

En fin de compte tous les descendants du Vieux s’enfoncent dans la folie, inexorablement. Le narrateur, sain d’esprit au début, finit par entendre une voix  lui intimant de faire certaines choses. La voix a sans doute raison mais on avait compris sans elle ! Il aurait pu le faire sans aide hallucinatoire, c’aurait été tout à fait vraisemblable…

 

Ce roman m’a moins plu que les Feuilles mortes, plus juste et percutant que celui-là. Moins aussi que les Ombres du passé…cependant, il reste très valable, son sujet est plus original que d'ordinaire dans la littérature policière.

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 23:04

Cadres noirs

 

Alain Delambre 57 ans DRH au chômage depuis 4 ans,  en est réduit à faire de la petite manutention  tôt  le matin pour 500 euros le mois. Un échange  plutôt vif avec son chef  le fait mettre à pied, et l’entreprise  lui colle un procès sur le dos, réclame des dommages et intérêts.

 

Heureusement il vient de se présenter à  un entretien d’embauche pour le même emploi qu’il occupa jadis...

 

 Mais pour faire ses preuves, lui annonce Bertrand Lacoste, PDG de l’entreprise consultante, il lui faudra participer à un jeu de rôle un peu curieux ; une simulation de prise d’otages.

Delambre se lance dans l’aventure contre l’avis de sa femme, lance un détective  pour enquêter sur l’affaire, au risque de s’endetter à mort… c’est sa dernière chance !

Il réunit quelques informations : L’employeur est Exxyal une très grosse boîte qui s’occupe de raffineries pétrolières…

C’est  M. Dorfmann, patron de l’entreprise recruteuse qui a eu l'idée de la fausse prise d'otages, pour tester ses propres cadres supérieurs.

 

Il emploie un ancien militaire David Fontana pour organiser le jeu.  Le rôle des candidats sera d’interroger les faux otages pour tenter de leur soutirer des informations sur leur entreprise et tester leur capacité de résistance.

Delambre enquête aussi sur les cadres qu’il lui faudra tester, décidé à se montrer le meilleur. Et voilà qu’on lui révèle une information qui va  le persuader de  jouer un jeu  plus sérieux ….

 

 

 

 

L’auteur  a  construit un ouvrage sur des problèmes de société : le chômage de longue durée des cadres ;  les méthodes de recrutement dans les entreprises ; les jeux de rôles où l’on risque de confondre réalité et fiction.

Ces sujets  sont d’actualité.

L’auteur les traite "façon polar" avec suspense,action,  et semble vouloir dénoncer le cynisme et la cruauté du monde des affaires investi par un libéralisme économique effréné.

Il paraît s’être documenté dans la presse et avoir lu des ouvrages sur la  psychologie du monde des affaires, sur les escroqueries pratiquées couramment… le problème c’est le grand nombre de clichés que l’on répète à propos de ces sujets, et que l'on retrouve ici...


La première partie qui donne l’impression d’un roman « social » ne m'a pas déplu.

Delambre y est crédible dans sa révolte et ses stratégies de survie en milieu hostile.

la seconde partie est basée sur le suspense et l’action ; bien qu’assez longue, elle est prenante.

 

Pourtant, à ce niveau, j'ai déjà regretté que  les personnages  secondaires soient aussi caricaturés, le SDF est trop bon, la  femme de Delambre assez nunuche, les deux filles  complaisantes et sans beaucoup de relief.

 

L’homosexuel  humilié dans la seconde partie me choque : est-ce Delambre ou  l’auteur qui est homophobe ?

Par contre, le narrateur de la seconde partie est agréable, parce que sa relation quasi-clinique des événements sait être précise et efficace.

 

Je n'ai pas du tout aimé la troisième partie.

 

 

Les mêmes personnages que j'avais supportés jusque là deviennent de plus en plus irritants.

Cette partie  est confuse, trop longue, souvent peu vraisemblable,  avec beaucoup de répétitions lassantes. Je présume que Lemaître a voulu traiter son sujet à "l'américaine", avec ces individus qui cherchent à s'intimider les uns les autres,et  se font chanter à l'aide de moyens peu crédibles. La course-poursuite de la fin, qui aurait pu être plaisante dans un film policier américain, se révèle ici fort ennuyeuse.

 

 

L’auteur  tente de trouver des formules frappantes, voire des sentences sur le monde corrompu des affaires ; mais j’ai l’impression de les avoir entendues partout… !

Dans l’ensemble, le registre familier est le préféré de l'auteur,  mais beaucoup de vulgarité dans les situations et la langue nuisent au récit.

 

L'auteur s'est montré plus ambitieux que pour Robe de marié, son précédent roman. A mon sens, il a eu tort,  il accumule les poncifs sur les questions  traitées .

le « bon SDF » ,la femme aimante et paumée, la bonne fille à son papa, le méchant militaire retors, le patron escroc, les cadres dynamiques et fonceurs, l’homosexuel humilié ( J'ai vraiment détesté cette scène ), l’univers carcéral lui  aussi caricaturé, et surtout Delambre, le personnage principal, que l'on aimait bien au départ, devient très "conformiste".

  On pense que l’auteur a voulu se moquer de tout le monde....

S'il ne manquait pas autant de subtilité on aurait pu y croire!

 

Ce roman a toutefois une qualité : il montre bien quels sont les fantasmes de l'opinion vis-à -vis du monde des affaires...


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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 00:37

The Private Patient

  Titre français " Une Mort esthétique"


Penguin 496 pages

 

Rhoda 47 ans, consulte en chirurgie esthétique le docteur Chandler-Powell. Une cicatrice lui défigure le visage, infligée par son père ivre lorsqu'elle avait seize ans.

Pourquoi l'enlever maintenant ? S'enquiert le docteur.

Je n'en ai plus besoin affirme la patiente.

Phrase énigmatique!

Rhoda est aussi une femme énigmatique dont on sait peu de chose. Elle n'a guère de famille et s'en tient à distance. Pas d'enfant ni de relation intime, juste un ami bien plus jeune, Robin, comédien raté, homme d'affaire raté, dont elle apprécie la compagnie, qu'elle aide financièrement, dont elle écoute volontiers les divagations.

 

Nous savons aussi depuis la première phrase que Rhoda sera assassinée juste après son opération dans trois semaines et demie.

Elle a choisi de se faire opérer dans la clinique privée du docteur à Stone Cheverell dans la Dorset. Un de ces endroits magnifiques dont PD James a le secret. Le manoir est flanqué de deux petits cottages où vivent certains des futurs suspects : l’assistant du docteur Marcus aux sentiments ambivalents pour son maître, sa sœur Candace qui n’aime pas que cette  Rhoda  vienne rôder.

par chez eux, l’intendante  Hélène tout aussi mécontente de cette patiente,

Tout autour un champ est planté de pierres tombales en cercle, au milieu une plus grande est celle d'une jeune femme Mary Keytes, brûlée comme sorcière trois siècles plus tôt. Le lieu est quelque peu maudit....la jeune servante Sharon est littéralement fascinée par cette sorcière, on se demande bien pourquoi…

Journaliste d'investigation, Rhoda a soulevé pendant sa carrière brillante quelques lièvres et ne s'est pas fait que des amis...

 

Ce n'est pas le meilleur PD James mais ce roman a des qualités. Il se lit sans ennui. Sauf les affaires de cœur de Dalgliesh ( un mariage rien de moins!) et celles de Kate Miskin ( rupture évidemment) qui m'ont absolument gonflée...!

 

J'ai bien aimé qu'au moment d'être assassinée Rhoda croit voir en son agresseur, (dont elle ne sait rien pas plus que nous…)  le fantôme de son père défunt qui lui reproche d'avoir fait enlever la précieuse cicatrice....

 

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:46
Jack-O-Connell Dans les Limbes

( Rivages/ thriller)

Titre original : The resurrectionnist.

 

Un drame a eu lieu dans la vie de Sweeney pharmacien de son état. Son fils Danny 6 ans a été victime d'un accident qui l'a plongé dans le coma et sa femme Kerry s'est suicidée six mois plus tard.

Il y a un an que cet événement a eu lieu. Profondément déprimé, victime de stress et de crises de rage, Sweeney a quitté son emploi. Il s'est laissé persuader d'emmener Danny à la clinique de Quisiguamond, loin de chez lui. Là-bas, un certain Docteur Speck a réussi à réveiller des comateux, grâce à un traitement miracle. Sweeney emménage dans la clinique où on lui a attribué un appartement de fonction et un emploi quelque peu «  fictif » .

Il ne sait rien du traitement : le docteur, sa fille Alice, et les autres employés restent mystérieux là-dessus et tiennent des propos sibyllins.

Sweeney se dévoue à son fils, principalement en essayant de se rapprocher de lui. Avant son accident, Danny se passionnait pour une bande dessinée «  Limbo » qui relate la destinée d'une troupe de monstres de foire, poursuivis par un docteur maléfique et mystérieux. Le héros de la bande est Chick un garçon né avec un bec et des plumes de poulet. Danny s'identifiait intensément à ce héros, collectionnait une série d'objets vendus sous l'étiquette «  Limbo » et lisait et relisait les albums. A son chevet, Sweeney les lui raconte, et en fait profiter le lecteur. Il espère aussi apprendre quelque chose de plus sur les circonstances de l'accident arrivé à son fils, car nous comprenons qu'il en ignore les détails. La destinée des «  Limbo » semble parallèle à celle des personnages du roman.

Très vite, on se rend compte que le docteur Speck est assez bizarre. Il se livre à des activités illégales, en vue de faire avancer la « science », boit trop, et semble n'entretenir de bons rapports qu'avec une salamandre...

Sweeney rencontre une bande de jeunes gens exclus de la société, qui squatte une usine désaffectée où l'on a jadis fabriqué des prothèses. Cette bande que l'on nomme les «  bikers » ont des relations compliquées avec la clinique par le biais de l'infirmière Nadia...

 

 

Le résurrectionniste ( titre anglais) est originellement un individu qui vole des cadavres pour les revendre à un institut d'anatomie. Ici, ce personnage n'est pas central. Il est surtout question de ranimer le passé, et les presque morts que sont les comateux. «  Limbo » ce sont les limbes, le séjour des âmes des innocents, de celles qui attendent un mouvement de grâce pour cesser d'errer.

Le roman va-t-il se partager entre le commerce des corps et le sauvetage des âmes?

En fait, ce roman est profondément religieux, et de façon assez simpliste, ce qui me gêne quelque peu. Pourquoi Sweeney est-il obsédé par le pardon? A qui en veut-il? Les afficionados comprendront sûrement. Moi, tout ce qui touche à ce concept me laisse froide.

 

La quête de Sweeney pour comprendre son fils est plus intéressante. La manière dont il entre en relation avec l'histoire personnelle de Danny ne me convainc qu'à moitié. Ce processus aurait dû se faire par un travail d'investigation et d'élaboration, et par le biais de rêves à interpréter. D'ailleurs ce travail a lieu d'une certaine manière.... mais débouche dans un irrationnel un peu lourd. Il n'était nul besoin à mon sens de faire avaler à ce pauvre homme je ne sais quelle mixture de sorcière fabriquée par un illuminé.

 

Dans ce roman  l'histoire des Limbos,sonne comme une sorte de fable un peu gothique. Toutefois le récit des limbos manque d'originalité dans le style pour trancher avec le reste de l'histoire. Je veux dire que l'on n'a pas suffisamment l'impression d'un monde à part, d'un monde «  enchanté ».

En tant que "monstre", Quasimodo ou Gwynplaine m'ont, nagère,  fait bien davantage d'effetJack-O-Connell Dans les Limbes!


Les bikers sont des mauvais garçons, qui tentent de se refaire une morale et pourquoi pas, mais là encore, le sentiment religieux est assez primaire.


Le docteur Speck est un charlatan qui   se prend pour un génie. Cela est plutôt bien montré. Ses divagations avec la salamandre sont proches du comique ; quant à ses agissements sur les malades, ils pourraient faire peur...mais ce personnage appartient à une longue tradition de docteurs fous ( un des meillleurs exemples serait Frankenstein) et il est difficile de renouveler le sujet, et de fabriquer un nouveau personnage qui surprenne...


Au final, je trouve  que l'auteur s'est essayé à plusieurs genre ( la fable gothique, le savant fou, le conte onirique, le roman de suspense psychologique) et les a traités avec plus ou moins de bonheur, sans les renouveler sur le plan de la forme. Quant au contenu il reste assez naïf.


l' avis d'  Ys    

 

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:28

Titre français " Tu accoucheras dans la douleur"

 

 

Une enquête de l'inspecteur Wexford. C'est la première fois que j'en lis une,   préférant les romans psychologiques à suspenseEnd in tears de Rendell.

 

 

Une jeune fille de dix-huit ans Amber, est assassinée alors qu'elle revenait d'une boîte de nuit dans une petite ville du Sussex.

Son père est effondré, sa belle-mère Diana s'irrite de devoir s'occuper du bébé d'un an que très jeune mère,Amber laisse derrière elle...

Wexford et Burden enquêtent avec l'aide de deux inspecteurs de la jeune génération ( Bal et Hannah).

Bientôt une amie d'Amber est également assassinée : les inspecteurs les soupçonnent d'avoir cherché à gagner de l'argent en prétendant vouloir porter des enfants pour des couples stériles. Wexford est d'autant plus intéressé que sa propre fille Sylvia est enceinte de Neil son ex-mari et veut donner l'enfant à Naomi la nouvelle amie de Neil. Qu'est-ce qu'elle doit à cette femme? Wexford n'y comprend rien, sa femme non plus.

 

 

L'enquête est correcte et le suspense bon , n'était-ce que certains des criminels qui ont participé aux escroqueries et servi à commanditer les meurtres des jeunes filles ne sont pas très bien campés. Certaines actions sont invraisemblables ( en particulier à propos des frères jumeaux...). Trop de personnages s'enchaînent !

 

La partie concernant la fille de Wexford serait meilleure si elle avait une raison sérieuse de devenir mère porteuse... mais cela reste à mes yeux assez invraisemblable!

 

Rendell reste une bonne observatrice des mœurs de son époque. L'ambiance dans les petites villes nouvelles, la différence entre vieille ville et petits pavillons, est bien rendue.

 

La relation entre les deux jeunes inspecteurs est bien vue et amusante: Hannah est attirée par son confrère et a l'habitude de coucher avec les hommes qui lui plaisent, sans vouloir s'engager. Hannah« ne voulait pas donner l'impression qu'elle avait mené une vie chaste et sans tache... elle parla de ses liaisons passées celles dans lesquelles elle s'était vraiment engagée et celles, plus nombreuses, qui n'avaient pas duré. Il serait désastreux qu'il croie qu'elle n ' aspirait qu'aux relations sérieuses. Ce qu'elle voulait lui mettre en tête c'était l'idée d'une aventure légère mais passionnée ».

Bal cependant lui résiste! Il prétend en avoir marre des histoires sans lendemains et vouloir commencer cette relation à « l'ancienne » : qu'ils apprennent à se connaître, à voir s'ils peuvent s'entendre avant de décider s'ils vont coucher ensemble... est-ce possible alors qu'ils,n'ont connu ces mœurs là que par ouï-dire?

 

 

 

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 00:25
Ténèbres prenez-moi la main


Darkness, Take My Hand, 1996

Rivages/ Noir, 2002.

 

Boston, années 90. Patrick et Angie ont accepté de surveiller Jason, le fils d'une psychiatre, Diandra, qui a reçu des menaces , à cause d'une jeune fille qui est venue lui demander de l'aide...

 

Bientôt Kara une camarade d'enfance des deux détectives est trouvée crucifiée sur une colline loin de la ville. Patrick et Angie craignent que certains de leur congénères du collège, maintenant criminels et membres de la mafia ne soient dans le coup. Ils demandent l'aide du sympathique et néanmoins terrifiant Bubba. Mais le mal semble venir de plus loin. Un crime de crucifixion a eu lieu dans les années 70, et le présumé tueur, Alec Hardiman, sous les verrous depuis vingt ans, demande à rencontrer Patrick qu'il prétend connaître, et vouloir lui parler. Patrick est sûrde ne l'avoir jamais vu...

 

Voilà encore un opus très noir. Elle est moche, la société où Patrick et Angie ont vécu leur difficile enfance, et dans laquelle ils tentent courageusement de faire régner un soupçon de justice. Outre leurs ex-camarades de classe criminalisés de longue date, ils ont à affronter plusieurs tueurs, tous redoutablement perturbés.

L'intrigue est complexe mais très cohérente et son déroulement satisfaisant.

 

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