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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 14:51

Eilis Lacey jeune fille environ 18 ans vit à Enniscorthy près de Wexford,dans le sud est de l'Irlande. Dans les années 50, le chômage sévit, et elle n’a trouvé que Mme Kelly, une vieille harpie, pour l’employer à temps partiel, dans son épicerie. Sa mère, veuve est dans le besoin, et ses frères ont dû s’exiler en Angleterre pour gagner leur vie.

Rose sa sœur, 30 ans, employée de bureau fait vivre la famille. Indépendante, elle ne se marie pas, pour rester auprès de sa mère, par goût, pour laisser une chance à Eilis de quitter la maison, et pour une autre raison qu’on saura plus tard.

Le père Flood, à qui Rose à parlé d’Eilis, l’envoie Eilis à Brooklyn devenir vendeuse de prêt à porter chez Barocci ; une nouvelle vie va commencer pour Eilis…

Bon roman de mœurs, qui nous plonge dans les problèmes des années 50, le chômage en Irlande qui oblige à s’exiler pour vivre, la condition de la femme dans la communauté catholique de cette époque, la vie à Brooklyn. On aime les petits détails : le grand magasin Barocci, sa manière d’évoluer, les personnages finement croqués, les préjugés de l’époque, le racisme… Un roman qui ne sombre pas dans la guimauve et les grands sentiments : Eilis se plaît dans la compagnie de jeunes gens qu’elle pourrait épouser par convenance, sans être amoureuse, sans que cela lui déplaise non plus… mais le mariage lui fait peur (en principe quelque soit le mari, il ne la laissera pas travailler …) et elle ne voit pourtant rien de mieux pour elle…

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 09:06

L’Olivier, 2015

Le narrateur apprend le décès d’un certain Jean-Michel Laborde, ancien maire de la ville de banlieue où il a grandi, ancien député, ancien ministre, et surtout ex-amant de sa mère.

Il y a vingt ou trente ans de cela, la famille d’Olivier, petite bourgeoisie apparemment sans histoire, a été bouleversée par scandale sexuel impliquant sa mère et ce Laborde. Ils auraient forcé des employées de la mairie à se livrer à des jeux sexuels en les menaçant ou leur promettant on ne sait quel poste bien payé (qu’elles n’obtinrent pas) les jeunes femmes, terrorisées, avaient toutefois fini par porter plainte…

Ce que raconte le narrateur, c’est le vécu et le devenir des enfants de ces familles, (son frère, lui, la fille du maire) livrés à eux-mêmes, alors que leurs parents engagés dans un processus complexe d’amour-haine, passent leur temps à se quereller violemment, piquer des crises échapper aux journalistes, les vies familiales ayant explosé, se réduisent à de perpétuelles tourmentes. A cela, le narrateur réagit par le repli sur soi, la distanciation, la fille du maire, la révolte, le frère aussi, et d’autres enfants choisissent de soutenir leurs parents corrompus, et de nier l’évidence.

Tout cela n’est pas mal vu…

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 18:23
Daphné Du Maurier Ma cousine Rachel

Philip a été élevé par son oncle Ambroise Ashley, de vingt ans plus âgé que lui, qui n’avait pas de famille,lui non plus. Ils ont vécu l’un et l’autre en étroite symbiose, dans la propriété d’Ambroise en Cornouailles. Pas de femme : Ambroise avait embauché une nourrice pour son neveu et l’a chassée très vite la trouvant sadique à son égard.

A 40 ans Ambroise est parti en Italie soigner des rhumatismes : il y passe l’hiver et revient au printemps.

Là-bas, il a rencontré une femme, une cousine éloignée, la fameuse Rachel ; ils se sont si bien entendu… qu’Ambroise annonce par lettre son mariage à Philip ( très jaloux… !)

Il doit revenir avec son épouse mais tarde à le faire « ll y a des trucs à régler ». Et voilà que Philip reçoit une lettre alarmante : Ambroise est saisi de fièvre mystérieuse, et n’est plus lui-même ; il accuse sa femme d’être responsable de son état, appelle au secours.

Ce roman en dépit du caractère complexe de Rachel auquel on ne sait trop quoi attribuer comme vilenie au début, n’offre pas beaucoup de suspense. On hésite simplement : jusqu’où Rachel est-elle prête à aller ? A-t-elle malgré tout des sentiments pour Philip ? En a-t-elle au pour Ambroise ? On n’est pas trop surpris de la tournure des événements.

J’ai découvert que le cytise était vénéneux !

Le début avec le pendu au Quatre-chemins fait froid dans le dos.

Un ensemble assez attrayant, pas exceptionnel pourtant.

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 09:50
Sorj Chalandon Profession du père *****

Grasset, 316 pages.

Le père, c’est André Choulans, le fils c’est Emile, la mère n’est pas nommée.

Nous sommes à Lyon, en 1961, Emile a 12 ans. Il vit avec ses deux parents dans un petit appartement. Le père est délirant et violent : il se dit agent secret, prétend faire partie de l’OAS et travailler dans le plus grand secret à l’élimination du général de Gaulle. Mais il affirme aussi avoir été chanteur ( un des Compagnon de la chanson!), et bien d’autres choses… Il paraît qu’Emile a un parrain américain ( Ted) qu’il n’ a jamais vu, mais il veille sur lui.

La mère ne dément pas. Elle n’y a pas intérêt car le père frappe fort (ceinture, coups de poing…) lorsqu’on le contredit, ou simplement lorsqu’il est de mauvaise humeur, et procède à toutes sortes de punitions (enfermement dans un placard, privation de nourriture…)

Ce qui arrive souvent.

L’essentiel de l’affaire, c’est que le père envoie Emile mettre des lettres d’insultes et de menaces dans la boîte aux lettres d’un député gaulliste qui vit dans un quartier proche du leur. Emile s’acquitte consciencieusement de sa tâche. Il embauche même un camarade de classe …

En réalité le père quitte rarement la maison et reste souvent au lit. On ne sait pas ce qu’il a fait autrefois ni comment il en est arrivé là ; il possède un béret rouge de para et un Mauser en état de marche ; on ne sait pas si ça lui a appartenu ou s’il l’a pris quelque part et fantasme dessus. De la famille de la mère, on n’apprend rien non plus. Apparemment c’est elle qui fait vivre la famille, elle travaille comme employée de bureau.

On peut regretter de ne rien savoir du vécu antérieur de ce couple, de ce qui les a amenés là…

Emile se console au musée des Beaux-arts devant le saint François de Zurbaran qui le fascine ; c’est même là que je découvre qu’on est à Lyon. Jusque là je les croyais à Paris !

Les services sociaux ne devraient-ils pas intervenir? Nul ne se plaint ; la mère est tellement habituée à cette vie, qu’elle est complice du père.Et même un peu dupe..

Emile croit un peu trop facilement ce que son père lui dit (il a 12, puis 13 ans…) mais il n’a connu que ça…et sa façon de jouer le jeu instauré par le père est aussi une manière de se défendre contre lui. En attendant mieux...

Huis clos terrible et plutôt bien rendu, écriture sobre, humour noir.les caractères sont fouillés, nous n'avons pas de personnages transparents ni de manichéisme, et le comportement de la mère, par exemple, est intéressant, en fait assez énigmatique.

La deuxième partie est traitée de façon plus sentimentale, et traîne un peu en longueur.

Je ne suis pas particulièrement intéressée par les écrits de Sorj Chalandon. Ici, c’est le titre du livre et son sujet qui m’ont incitée à le lire ! Je trouve que l’auteur a traité le sujet d’une façon assez convaincante. Je craignais le pathos, le lyrisme, il y en a mais pas trop !

J’ai eu un peu de mal à croire qu’Emile pouvait s’en tirer aussi bien dans sa vie d’adulte.

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 18:26

Quai Voltaire,

     Après avoir vécu une année riche sur le plan de l’amour et du labour, Prue, volontaire agricole à Hallows Farm rentre chez sa mère pour aider au salon de coiffure ; elle s’y ennuie : les galants se font rares… 

    n Prue est coquette et aime plaire ! C’est un quadragénaire pourvu d’une Daimler ( je n’y connais rien en bagnole mais Prue apprécie) qui va la tirer de son ennui. Barry ( numéro 2 ) lui propose de l’épouser et comme il est riche, elle accepte.

       Les premiers temps sont durs, Prue voudrait reprendre le travail agricole et se trouver un amant (Barry N° 2 est vraiment très nul au lit) ; elle ne trouve son voisin Johnny, sympathique mais pas trop excitant non plus… et la gouvernante la maigre Bertha achève de l’attrister.

     Petit à petit la mauvaise fortune de Prue va s’améliorer c’est lent, quelquefois ironique, souvent mélancolique, le rythme se traîne un peu.

       Et pourtant, l’auteur nous offre quelques morceaux de bravoure bien enlevés, tel un accouchement dans une grange au milieu d’un troupeau de porcs énervés, la tentative de séduction d’un pasteur de petite paroisse, la rencontre avec cette charmante vieille dame qui lui fait aimer la lecture.

Mais Je ne suis pas sûre de me souvenir de Prue dans quelques années…

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 06:11
Stella Gibbons le Bois du rossignol ****+

Points, 2014, 501 pages

1ere publication 1938.

Aux Aigles, propriété de la campagne anglaise, dans l’Essex, Mr et Mrs Wither, pas riches mais jouissant d’une certaine aisance, vivent avec leurs deux filles : Madge, 39 ans, et Tina 35 ans, célibataires ; l'aînée rêve d'un chien, la cadette d'un mari.

Tina a étudié, notamment dans une école d’art. La voilà presque trop instruite pour s’intéresser à un homme quelconque.

Aux Aigles tout le monde s’ennuie à mourir …

Le papa est pingre, et leur donne peu d’argent de poche ; ces jeunes femmes déjà mûres souffrent de leur dépendance.

Arrive leur belle sœur Viola, veuve de leur frère aîné. Viola a 21 ans, et avait épousé le fils aîné pour quitter son emploi de vendeuse dans un magasin que tenait son défunt père. Viola n’a encore aimé que son père, et ce magasin. peu instruite, elle n’a pas du tout d’argent. Vivre chez ses beaux-parents la déprime sérieusement. Elle va se promener dans le bois du Rossignol. Au-delà se trouve une somptueuse demeure habitée par Victor, (beau garçon, belle voiture) sa mère, et une cousine orpheline ; un riche mariage se prépare…

Le roman est très agréable à lire, souvent satirique et mordant, plus conventionnel vers la fin, mais les histoires d’amour ne sont pas trop romanesques, et les personnages très bien enlevés.

Sauf que je n’aime pas trop le vilain sort réservé à la pauvre Hetty… qui ressemble à la Mary d’Orgueil et préjugés. Pourquoi décrier tant ces filles qui ont voulu se cultiver, et les ridiculiser ?

Evidemment on a envie de comparer avec Jane Austen. Ce sont les mêmes types de personnages qui sont croqués ici. Mais nous sommes en 1938, les mentalités évoluent, et l’on peut dans certain cas envisager une union dans un autre milieu social que le sien. C’est tout l’intérêt d’un tel roman.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 10:11
 Elena Ferrante l’Amie prodigieuse 2 Le Nouveau Nom

Lila et Lenuccia de 16 à 21 ans. Deux amies véritables que la vie ne cesse de séparer et de réunir, pour des périodes de longueurs inégales.

Lila a épousé Stefano Caracci le fils d’Achille « l’ogre des contes »; Lila s’est mariée à Stefano pour s’enrichir, l’argent signifie aussi l’indépendance. Il dirige une épicerie prospère. Mais elle n’est pas faite pour ce garçon inculte, mal dégrossi, et débiteur des frères Solara déjà très proches de la mafia. Stefano la bat, mais elle se rebelle. La façon dont Lila trouve des expédients , pour se tirer de situations difficiles force l'admiration.

Ses vacances à Ischia avec Lenuccia sont explosives . entre les deux filles, jalousie et amitié se conjuguent. Elle rivalisent pour intéresser Nino, un garçon de leur quartier, seul à faire des études avec Lenuccia .

En effet Lenuccia vise l’équivalent d’une maîtrise de lettres classiques à l’université de Pise qui accueille des étudiants gratuitement sur concours. Outre ses difficultés d’intégration, Lenuccia se sent coupable : selon elle, c’est Lila qui aurait dû faire des études, c’est elle qui est vraiment douée....

Ce deuxième tome est un peu moins bien que le premier, l’amour y tient trop de place, je veux dire que les relations amoureuses sont décrites de façon un peu trop convenues. Par ailleurs le côté « roman social et étude de mœurs » continue de m’intéresser vivement, et les personnages auxquels je suis très attachée, me donnent envie de ne pas les lâcher.

Cette auteure que j’ai découverte avec « Poupée volée » ne laisse pas de me passionner !

Le troisième tome ne semble pas être traduit; si l'on est trop impatient, on peut le lire en anglais...

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 23:03
Wallace Stegner La Vie obstinée

Phébus, 1999, 341 pages

Titre original : All the Little Live Things , 1967

Un couple retraité, Joe et Ruth Allston sont venus s’installer en Californie, dans les environs de San Francisco, au milieu des années 60 , en pleine nature. Joe, le narrateur raconte une année de cette vie plutôt mouvementée et même tragique. Un matin, sa femme et lui tombent sur un jeune motard qui vient d’entrer dans leur propriété et demande le droit de planter sa tente. Il s’appelle Jim Peck ; faux étudiant, adepte des modes de vie beatnik ( et pas loin des hippies ) alors très en vogue parmi les jeunes, il énerve tout de suite Joe, qui n’ose pourtant pas lui refuser le droit de s’installer, sa femme étant d’un avis différent.

Joe et Ruth ont eu un fils Curtis, qu’ils ont perdu après qu’il ait passé sa vie à se livrer à toutes sortes d’excès. Ce Jim à la fois naïf et sans-gêne, rappelle de mauvais souvenirs à Joe.

Dès lors il passe beaucoup de temps à observer l’intrus bricoler, faire des simagrées, recevoir des amis et des filles.

Simultanément, c’est un couple trentenaire avec une petite fille qui emménage dans une propriété contiguë : Marian est une jeune femme fragile, déjà affaiblie par la maladie, et enceinte, voulant très fort que la vie triomphe en elle et autour d’elle.

En arrière plan, s’agitent d’autres personnages, secondaires, mais très bien campé aussi, des voisins insupportables et pourtant précieux, car on ne saurait vivre sans société.

La nature joue aussi un grand rôle, la succession des saisons, les plantes, les animaux, les nuisibles toujours à détruire, comme ceux à protéger.

La prose de l’auteur poétique, belle, très vivante, pleine de verve et d’humour, fait frémir tout ce monde qui foisonne, vit et meurt alentours. Un auteur peu lu en France, recommandé par Keisha, que je suis contente d’avoir abordé.

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 19:14
Honoré de Balzac Eugénie Grandet ****

Librairie Ernest Flammarion, 26 rue Racine Paris ( c’est un vieux livre, date d’impression non précisée) 285 pages.

vous pouvez le trouver en poche évidemment.

Saumur, de 1806 à 1826 environ

En 1806 monsieur Grandet dit aussi le père Grandet ou le Bonhomme a 56 ans s’est enrichi par l’usure et la spéculation, sans compter une existence très chiche à la limite de la pauvreté qu’il impose à sa femme et à sa fille Eugénie ( 10 ans).

Ex-tonnelier, il a fait fortune en achetant des biens du clergé confisqués et vendu pour peu de chose pendant la révolution. En 1806, il acquiert la Légion d’Honneur. Il bénéficie également cette année là de divers héritages lui venant de sa femme et de parents à lui.

Eugénie atteint 20 ans, des prétendants s’amènent : le notaire Cruchot (flanqué de deux de ses parents) laid et bien plus âgé qu’elle. Le fils Grassin, Adolphe dont la mère est coquette et rêve de Paris;. En même temps arrive de la capitale Charles Grandet, son cousin, dont le père s’est fait sauter la cervelle car il avait moult créances qu’il ne pouvait honorer et s’estimait ruiné et déshonoré.

Eugénie n’a jamais encore vu un jeune homme de bonne mine ; elle s’en amourache aussitôt. Charles, lui, a déjà une maîtresse une femme mariée qu’il conservera longtemps d’ailleurs. Eugénie ne lui déplaît pas et il est encore assez agréable, même si le narrateur laisse pointer habilement la canaille qui couve en lui.

Eugénie lui donne son « douzain » un certain nombre de pièces d'or de provenances diverses, un joli petit pécule, que papa lui a »donné » avec plein de guillemets car Le père Grandet ne donne jamais rien, et demande régulièrement à jouir de contempler l'argent dans sa matérialité ! Eugénie vient de braver un interdit…

Variation sur le thème de l’avarice, ce roman ( paru dans « scène de la vie de province » ) nous explique le mécanisme de l’enrichissement par l’usure, et c’est assez complexe ! je me suis souvent perdue dans les chiffres, les termes de finance, et ce qui n’arrange rien, c’est que les diverses monnaies de l’époque ne me sont pas familières. Bref je n’ai pas tout compris. Côté roman, on souffre de l’existence morne de la pauvre Eugénie, ( et encore plus de celle de sa mère) qui n’aura pas connu grand-chose de l’existence et subi bien des désillusions. Pourtant, elle ne cède pas tout, Eugénie… un roman sans concession, très noir, qui nous informe sur la mesquinerie la scélératesse la bêtise aussi, d’un groupe de provinciaux et parisiens ordinaires, extrêmement bien dessinés.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 12:31
Louise Erdrich le Pique-nique des orphelins

Albin Michel, 2016.

Adélaïde a perdu l’amant qui l’entretenait plus ou moins bien, alors qu’elle attendait un troisième enfant de lui. Dès lors une vie d’errance est son lot et celui de Mary, onze ans, Karl quinze, et le petit dernier. Nous sommes dans le Minnesota des années 30, et c’est l’hiver. Une fête foraine organisée pour les orphelins, attire la petite famille désormais vouée à l’indigence. C’est alors qu’Adélaïde, jeune femme fantasque monte dans l’avion d’un saltimbanque qui en a immédiatement pincé pour sa belle chevelure auburn. Ils ne reviennent pas chercher les enfants.

Le bébé resté dans les bras de Mary est très vite dérobé, par un homme dont la femme a perdu le sien. Mary et son frère projettent de se rendre à Argus dans le Dakota, chez La tante Fritzie sœur d’Adélaïde, qui tient un commerce de boucherie. Après un voyage éprouvant en train de marchandise ils parviennent dans cette ville. Mais seule Mary gagnera le logis de la tante et s’y établira ; elle se rend vite indispensable, capable d’aider à la boutique. Par chance, sa cousine Sita ne rêve que de devenir mannequin et séduire le sexe mâle et déteste la boucherie.

De cette histoire, on retiendra surtout Mary, son amie Celestine, d’origine amérindienne, leur descendance Dot, et La cousine Sita, ses frasques et ses malheurs. Les hommes ne jouent qu’un rôle mineur, on exceptera Russell le frère de Celestine, assez bon personnage secondaire.

L’écriture donne la parole en alternance aux femmes précédemment citées, et à Karl que j’ai trouvé sans relief, complètement raté comme personnage, sans compter son ami Wallace. La narration est tantôt rationnelle, tenant du récit d’apprentissage, tantôt complètement loufoque, relatant des épisodes délirants sans grande signification. Le lyrisme dont l'auteur fait preuve ( c'est une écriture travaillée, je ne vais pas le nier!) m'a laissée de marbre, un avis bien sûr totalement subjectif...

L’ensemble ne m’a pas tellement convaincue. Je suis déçue, moi qui avais aimé le "Jeu des ombres" du même auteur.

Merci à Aurore Pelliet et aux éditions Albin Michel pour l'envoi de ce roman.

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