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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 23:41

 crépuscule irlandais

 

 

 

Sabine Wespieser, 2006, 442 pages.

 

Le récit  s’articule autour de deux personnages : la mère et la fille ; et témoigne de leur fort attachement l’une pour l’autre ; toutefois elles  ne peuvent se le communiquer.  

Dilly a 78 ans au début des années 70, vit dans la campagne irlandaise, d’une exploitation qu’elle et son mari n’arrivent plus à tenir. Cornelius est un bon à rien, ancien alcoolique et complètement attardé en comparaison de son épouse.

Hospitalisée, la vieille dame soupçonne n’en avoir plus pour longtemps. Elle revit son histoire prenant pour confidente une infirmière devenue amie, et attend la visite de sa fille Eleonora, écrivain, vivant à l’étranger, divorcée avec deux enfants,  dont la notoriété n’est pas passée inaperçue dans le village. Cette population de paysans empêtrés dans la superstition et la religion prise au premier degré, dénigre beaucoup sa fille. Dilly, elle,  n’a que sa fille à aimer. Son fils est comme le père, cupide, violent ,sans la moindre humanité.

Le récit est pris en charge tantôt par Dilly tantôt par Eleonora.

Dilly vit ses derniers jours à la maison et son hospitalisation. Les chapitres où elle raconte sa vie passée sont à la première personne.  Ses espoirs l'ont menée très jeune aux Etats Unis où elle espérait une vie meilleure…. D’autres récits d’elle (peut-être les plus nombreux) consistent en longues lettres qu’elle écrit à sa fille, et que souvent, elle n’envoie pas.

Ces lettres sont originales et on peut les préférer aux autres récits : la narratrice s’y exprime à bâtons rompus, passant d’un sujet à l’autre, sans démarrer pour autant un nouveau paragraphe. Des soucis domestiques( élevage des animaux, problèmes de climats, appareils qui fonctionnent mal) voisinent avec son ressenti sur pleins de choses, sa santé bien mauvaise… et  des considérations sur les envois d’Eleonora, et ce qu’elle en fait : on se rend compte que la fille, à l’aise financièrement, aide beaucoup sa mère, mais reste chiche de sa présence à ses côtés.

Enfin le reste du récit nous livre le point de vue de Leonora : ces chapitres , où le récit va de la troisième à la première personne, s’intitulent scènes de la vie conjugale : avant de s’émanciper, Leonora a subi un mari …nous avons aussi un fragment du journal intime de Leonora,des lettres de la fille  à sa mère, qu’elle n’envoya pas plus que Dilly ne lui envoyait les siennes. On sent qu’elles les écrivaient chacune pour leur propre compte, sous le prétexte de s’adresser à l’autre.

La narration est donc variée, relativement complexe, et le style très travaillé, foisonne de belles descriptions et de formulations élaborées. De citations aussi, de la part de Leonora passionnée de littérature.

Ce qu’on aime particulièrement ce sont ces lettres dont je parlais, non envoyées… J’aurais préféré un récit uniquement constitué de ces lettres. Mais il eût été difficile d’y faire passer toute l’intrigue !

Par ailleurs la conclusion n’est guère originale : il s’agit de démontrer que l’amour d’une mère pour son enfant est le seul valable. Dans cette optique plusieurs femmes sont très bien ( des rôles secondaires en plus de Dilly et Leonora) tandis que les hommes ne valent rien. C’est dommage, même si cela n’est pas rare non plus dans la vie.

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 23:43

le chapeau de Mitterrand

 

 

 

 

Flammarion, 2012 

 

1986, première cohabitation.  Dans la brasserie où il dîne, pour une fois au-dessus de ses moyens, Daniel Mercier se trouve être par hasard le voisin de table de François Mitterrand. Le voilà tout chose et pénétré d’importance ! Lorsque le chef de l’Etat oublie son feutre noir sur la banquette, il s’en saisit, et part avec !

Sans que personne ne lui dise rien… étrange !

Mieux encore, le chapeau lui porte bonheur. Il ne tarde pas à monter en grade dans la société où il travaille. Perdant son chapeau ce dernier se retrouve sur la tête d’une jeune fille ( Fanny Marquant) qui elle aussi va prendre confiance en elle. Un troisième puis un quatrième quidam vont à leur tour bénéficier momentanément de la magie du chapeau…

Cela se veut une fable espiègle sans doute, mais je ne vois pas très bien quelle en est la morale.  Daniel Mercier est un pauvre type, naïf et idéaliste au premier degré.  Les dîners mondains de droite comme de gauche agacent, et l’on ne saisit pas très bien la différence entre le bourgeois de droite et celui de gauche pour parler du quatrième qui se coiffe de ce couvre chef. Puis le style est incroyablement plat, comme si on avait  marché sur le chapeau !  Ça se lit (à partir du milieu on passe des pages…).

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 17:40

Editions le Monde de Simenon N° 20 Solitudes

175 pages.

Jonas Milk se voit soupçonner d’avoir fait disparaître sa femme, Gina.

Hier soir, elle est partie chez son amie Clémence pour garder le bébé pendant que le couple se rendait au cinéma. C’est ce qu’elle a dit à Jonas. Mais le soir tard, elle n’était pas rentrée, et Jonas a bien vu que rien n’était allumé chez Clémence. Le lendemain, Gina n’ayant pas reparu, il a compris qu’elle avait fait une fugue, été retrouver un homme. Mais lorsque le Bouc chez qui il va prendre son café lui a demandé pourquoi on ne voyait pas Gina dehors un jour de marché, il a répondu « elle est allée à Bourges ».

Mensonge, mais Jonas n’avait pas envie de dire ce qu’il pensait de l’absence de Gina. Même si tout le monde sait qu’elle a la cuisse légère.

Gina ne revient décidément pas, et Jonas se rend compte qu’elle lui a dérobé quelques timbres d’une grande valeur. Il s’obstine à dire lorsqu’on lui en parle qu’elle est allée à Bourges voir une amie. Mais dans cette petite ville où tout le monde se connait et s’observe, on a tôt fait de comprendre que cette histoire de Bourges est fausse. De là à déposer une plainte contre Jonas pour disparition et le faire convoquer au commissariat… !

Jonas revient alors sur son mariage et sur son passé : Arrivé tout enfant avec ses père et mère dans cette petite ville du Berry, après qu’ils aient fui la révolution russe, il n’a pas connu ses sœurs restées là-bas, et , jeune encore, a été privé de ses parents, repartis en Union soviétique à la recherche de leur progéniture. Aucune nouvelle de derrière le rideau de fer. De retour dans la petite ville de son enfance, Jonas s’est établi comme bouquiniste, s’est passionné pour la philatélie, a vécu de façon effacée, routinière, trouvant un fragile équilibre à vivre dans le quartier animé de son enfance. Cependant, il ne fréquente personne, ses contacts se bornant à discuter de la pluie et du beau temps avec les commerçants de la place, et les clients de sa boutique. Son mariage arrangé et à peine consommé, avec Gina à quarante ans alors qu’elle en avait seize de moins, est la chose la plus triste qui soit, et pourtant, dans son extrême solitude, il en était content.

Lorsque le commissaire, détaillant le passé de Jonas, lui demande pourquoi il ne portait pas l’étoile jaune pendant l’occupation, puisqu’il était juif, on atteint des sommets d’ignominie ; mais ce qui affecte le plus Jonas c’est qu’on lui révèle que Gina avait déclaré à tout le monde craindre qu’il ne la tue. Là où le lecteur ne voit qu’une ruse, une excuse, que s’était trouvé cette femme qui préparait son départ, Jonas s’interroge sérieusement sur ce qui aurait pu choquer Gina dans son comportement.

L’auteur nous fait pénétrer dans le monde de Jonas, révélant petit à petit son statut d’étranger, à peine toléré par les habitants de cette petite ville, une population hypocrite, conformiste, grégaire, en attente de bouc émissaire. L’on voit Jonas, resté naïf, malgré son esprit rationnel, perdre ses maigres illusions et s’effondrer son peu de certitudes. Un récit lucide, terrible, effrayant, parfaitement juste.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 23:51

choplin guernica

 

 

Rouergue, la Brune, 2011, 159 pages.

 

Dans cette petite ville du pays Basque espagnol, non loin de Bilbao, fin avril 1937, au moment du tristement célèbre bombardement de la ville par l’aviation nazie. Un jeune homme Basilio, peintre autodidacte, s’éloigne de la ville pour aller dans les marais non loin des rives de la Mundaca. Il tente de peindre le paysage et surtout un héron cendré qui vient fréquemment pêcher dans le coin. L’oiseau représente pour lui tout ce qui est important sur terre. «  Comme chaque fois il s’émerveille de la dignité de sa posture… c’est d’abord ça qu’il voudrait rendre par la peinture. Cette sorte de dignité qui tient aussi du vulnérable , du frêle, de la possibilité du chancelant… le regard du héron. Ça aussi Basilio voudrait en témoigner.. rendre quelque chose de cette inquisition pure de ce miroir aux énigmes du monde.


En dehors de sa peinture, Basilio n’a pas grand-chose dans la vie. Ilest logé au couvent, par Maria,  travaille dans une ferme, on le paie en nature : un cochon et un sac de haricots qu’il réussit à vendre au Marché avec l’aide de son vieil oncle boiteux, doté d’un bon sens commercial. Il s’intéresse à Celestina et promet de lui peindre un héron !

Le jour du bombardement, Basilio était au marais pour peindre le héron. Sa façon de regarder les choses témoigne d’un véritable artiste. Lorsqu’il retourne ne ville, il photographie le massacre à l’aide de l’appareil de son ami l’encadreur, qui lui aussi peint depuis longtemps. Comme le héron dans le marais, le raid aérien, la  ville bombardée, la détresse et la peur des visitâmes, sont  décrite simplement avec de belles phrases justes.

Pourtant, on a le sentiment que l’auteur ne sait quoi faire de son personnage de peintre. Basilio se rend à Paris, aidé en cela par ses amis l’encadreur et le prêtre Eusébio : tous deux ont entendu dire que Picasso avait peint le massacre de Guernica (sans le voir) «  les artistes savent faire ces choses –là » dit Eusebio. Ils lui paient le voyage ; il faut que Basilio voit la toile de Picasso, montrée à l’exposition universelle, et tente d’entrer en contact avec lui.

Mais Basilio, très timide , n’a pas son oncle à ses côtés comme lorsqu’il cherchait vainement à vendre le cochon au marché de Guernica… il nava pas s’adresser au peintre, et bien qu’il reste fasciné devant le tableau de Guernica , on ne saura même pas ce qu’il en pense ! Elégamment, on va dire que c’est une « fin ouverte »; vulgairement, que cela ne termine en queue de poisson. Ou en plumes de héron, si l’on veut.

Il reste quelques magnifiques paragraphes…

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 09:30

kuperman nous étions des etres vivants

 

Gallimard, 2010, 203 pages.

 

Mercandier-presse, édition de livres et albums pour la jeunesse, est victime d’un « plan social » et d’une « restructuration ». Un repreneur Paul Cathéter va s’occuper de rentabiliser la petite maison d’édition en déshérence. Pour commencer, il monte les employés les uns contre les autres, promettant à certains un bon poste, s’ils lui indiquent qui devrait être licencié.

Il ya aura beaucoup de licenciements, mais ceux des employés dont nous entendons les voix particulières, sont les premiers touchés et ils le savent. Agathe Rougier ne vit que pour son travail et une collection de poupées datant de son enfance auxquelles elle pense souvent dans ses moments de solitude. Déjà à l'époque, entre les poupées, il était question de compétitivité.

Ariane Stein, divorcée avec deux enfants,  s’effraie à l’idée qu’elle devra dire «  je n’ai plus de travail » à ses enfants, qui alors risquent de lui échapper complètement pour vivre avec la nouvelle amie de son ex-mari.  Ariane nous inquiète avec sa façon de dire "je ne bouge pas".Patrick Sabaroff est décidé à faire  de son mieux pour plaire au nouveau patron… en vain ! Muriel, nommée directrice générale ne supporte pas de devoir dénoncer ses collègues… Dominique, nommée directrice adjointe, se demande sur quel pied danser.

Il y a aussi le  chœur comme dans les tragédies grecques, ( le "nous" du titre) qui représente les salariés de l'entreprise et nous informe du contexte, pour exprimer les angoisses, et la colère des   employés tous condamnés au chômage au  à plus ou moins longue échéance, et sinon à ramper devant Cathéter qu’on appelle « le gros porc ». Le repreneur  n'est pas un personnage, c'est l'anonymat de l'ultra-libéralisme inhumain et uniquement préoccupé de rentablilité. 

Des romans comme celui-là, décrivant le naufrage des entreprises, broyées par le monde moderne, il s'en écrit beaucoup depuis plusieurs années. Je n'ai pas le courage de les lire, d'ordinaire, mais j'aime beaucoup Nathalie Kuperman...


Son choix de l'oralité, est comme toujours parfaitement maîtrisé, en rapport avec la situation.

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 00:10

garp

Points-romans, 648 pages.


En 1942 Jenny Fields fille unique du roi de la Chaussure est envoyée à l’université Wellersley, non pour y faire des études mais pour y trouver un mari. Outrée, elle quitte l’établissement et suit une formation d’infirmière pour gagner sa vie. Elle aime ce métier : la guerre lui amène toute sorte d’hommes blessés , estropiés, dont elle s’occupe avec zèle. Les hommes valides, elle les tient à distance, car elle ne veut pas se mettre au service de l’un d’entre eux. Jenny n’a pas lu le «  Deuxième sexe » de Simone de Beauvoir, non encore paru en librairie, mais elle en approuve les principaux arguments…

Jenny voudrait avoir un enfant mais sans en payer le prix ( «  partager son corps et sa vie ») un prix qu’elle juge très élevé. Elle se fait mettre enceinte  par un soldat mourant, Garp. Son fils s’appellera Garp TS ( un nom, et deux initiales pour un prénom). Elle va tenir l’infirmerie de Steering une école de garçon très bien, où Garp pourra faire ses études  plus tard.

 

C’est un roman-fleuve qui prend sa source aux circonstances de la conception de Garp et progresse vers l’ultime rejeton de sa descendance.  A coups de péripéties loufoques, tragiques aussi, mais que l’on ne prend pas vraiment au sérieux, car les personnages sont plus ou moins des caricatures ou des parodies . Irving exploite une veine comique (geste, situation, langage)pour raconter une histoire empreinte d’un fort potentiel de dérision.  Les personnages ont moins d’importance que les événements et  si au début, je me suis intéressée à Jenny , par la suite, je me suis sentie assez loin d’elle et des péripéties engendrées par l’auteur, tout en admirant la maîtrise dont il fait preuve dans le genre burlesque.

La narration, dans ce roman est par trop explicite. Je n’y ai pas trouvé d’ambigüité, de zones d’ombre, de subtilité.

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 00:35

Nagasaki

 

 

2010, Stock, 108 pages.

 

Un homme de cinquante ans Shimura qui vit seul depuis toujours, soupçonne quelqu’un de s’introduire dans sa maison en son absence. Ila remarqué que le niveau de la bouteille de jus de fruit avait baissé, au frigo. Qu’un yaourt manquait sur le nombre stocké.

Rien d’autre, mais il n’en faut pas plus pour qu’une présence invisible l’obsède. Il inspecte tout chez lui ; s’endort tard et difficilement. «  Un sommeil en simili, lourd et gris comme un nuage obèse, a eu raison de ces pensées ».Le logis a pris une tournure inquiétante.  L’homme est troublé, mais rationnel.  S’étant muni d’une webcam, il observe sa cuisine à distance du bureau où il travaille comme météorologue : bientôt cela se confirme, une ombre traverse la cuisine. C’est une femme ! bien sûr qu’elle mange et qu’elle boit…

Indigné et curieux à la fois, Shimura contemple l’intruse. Des sentiments complexes le travaillent. Il appelle la police, puis téléphone chez lui pour prévenir la femme…trop tard.

La passagère clandestine va donc être appréhendée ; Elle vivait dans un grand placard inutilisé, depuis près d’un an ! Shimura ne se sentira plus jamais chez lui, où qu’il aille.

Shimura vivait seul. L’autre s’est dévoilé à lui sous la forme d’une personne qui s’est introduite dans sa maison, sans qu’il le sache consciemment ; une personne et une femme.

Pendant ce court récit, l’intruse va aussi prendre la parole, raconter son vécu, le pourquoi de son squat incognito dans cette maison, et la vie qu’elle mena par la suite.  Il se pourrait qu’elle veuille communiquer avec Shimura. Mais comment apparaître autrement que comme celle qui troubla définitivement son intimité, qui lui rendit impossible le sentiment du « chez-soi » ? 

Le récit est tiré d’un fait divers qui eu lieu au Japon. L’auteur est français, et le Japon est ici davantage une métaphore qu’un pays  

«  Il m’apparaissait que Nagasaki était longtemps restée comme un placard tout au bout du vaste appartement Japon avec ses quatre pièces principales en enfilade- Hokkaido , Honshu,  Shikoku et Kyushu ; et l’empire, tout au long de ces 25 ans, avait pour ainsi dire feint d’ignorer qu’un passager clandestin, l’Europe, s’était installé dans cette penderie ». C’est plus ou moins la clef de cette histoire dérangeante, écrite dans une langue de grande qualité, une histoire sur laquelle on n’a pas fini de méditer, un récit où l'on se pose des questions philosophiques. Et un auteur que l'on ne manquera pas de lire encore à l'occasion.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 00:30

j'ai renvoyé Marta

 

 

Gallimard, 2007.


Sandra vient d’embaucher une femme de ménage, Marta, qui porte le même nom que sa grand-mère, et qui est d’origine polonaise aussi.  Sa grand-mère l’a élevée après quelques années désastreuses passées auprès de sa mère alcoolique et atteinte de psychose. Marta, c’est aussi l’enfant de Sandra, sa petite fille de 14 mois. Dans cette histoire, il y a aussi son mari, plus les deux fils de celui-ci, qui vivent avec eux en garde alternée.

On ne sait si Marta est ou non bonne ménagère. Apparemment correcte et gentille, elle trouble énormément son employeuse. Toutes sortes d’idées délirantes lui viennent. Faire le ménage avant que Marta n’arrive, pour que celle-ci n’ait pas l’occasion de juger une maison négligée ! Mettre des objets dans des endroits spéciaux pour voir si Marta ne va pas les voler. Inspecter jalousement tous les endroits où elle est censée nettoyer. Et bien d’autres choses qui donnent des épisodes parfois drôles, parfois absurdes, sinon inquiétants. Rapport à son enfance traumatisante que Marta a fait remonter, Sandra déraisonne.  

Monologue, comme dans son dernier roman  ( les raisons de mon crime) ,monologue de la narratrice ; mais pas ce genre de monologue pénible où l’on se sent enfermé dans l’univers étriqué de l’autre. A travers les pensées de Sandra, les faits et gestes qu’elle relate, et les scènes familiales, nous connaissons les autres qui vivent autour d’elle, et avons l’impression de les accompagner.  

Nous connaissons l’univers de Sandra mais devinons les autres points de vue. Un monologue « ouvert ». Une fin ouverte aussi.

Un bon livre. Sans que l’auteur cède le moins du monde au compassionnel, les personnages nous sont tous sympathiques.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 00:32

froid mortel

 

 

Albin Michel, 450 pages.

 

L’auteur a quitté le domaine du roman policier ; enfin plus ou moins ! Il s’agit encore d’un roman criminel. Mais pas dans une collection noire.

Quitté aussi l’île d’Öland, pour Valla une petite localité de la région de Göteborg.


Jan Hauger se présente à la Clairière, une école maternelle. Les enfants qui la fréquentent, ont des parents internés dans l’hôpital Sainte-Barbe, contiguë. Une structure assez particulière ; les enfants vivent à mi-temps, ou un peu plus, dans des familles d’accueil, et le reste du temps à La Clairière. Ils vont visiter leur parent interné une fois la semaine.

Jan veut se fait embaucher comme assistant ; il a de bonnes références mais  espère qu’on ne va pas téléphoner à l’école du Lynx où il a travaillé autrefois. Il y avait fait quelque chose de vraiment moche….

Ici, il espère retrouver Alice Rami. Rami tout court. Enfermée à Ste Barbe. Elle avait enregistré un disque. Un seul, qu’il connaît par cœur. Rami est  même la seule personne qui compte vraiment pour lui, en dehors des enfants avec qui il se sent bien. Il compte pouvoir s’introduire dans l'asile et communiquer avec elle.

Mais d’autres employés semblent aussi intéressés par Ste Barbe, les assistantes maternelles,  un chanteur de cabaret également employé là-bas comme agent de sécurité. Tous semblent avoir quelque chose à cacher. Sainte-Barge , comme on l’appelle en catimini, a pour patients quelques individus réputés dangereux…

Jan accepte de faire le facteur ; il s’introduit dans l’enceinte de l’asile et y ramasse du courrier interdit adressé à certains patients, pour le poster, et dépose les réponses. Il veut y glisser un message pour Rami…


Voilà un roman d’atmosphère, un roman psychologique aussi, où le suspense bien réel, se distille par petites touches. On s’interroge sur le passé de Jan, pas clair au début (dans quelle mesure connaît-il cette « Rami » ? Quel genre de connerie a-t-il faite autrefois ?) Sur les motivations réelles des autres employés, sur l’identité de certains patients… Chaque pas dans l’intrigue apporte des éléments neufs, non sans opacifier le reste en même temps, ce qui est assez habile. le style de l’auteur est très personnel, sur le mode mineur, petits détails, petits faits et gestes de tous les jours, révélateurs d’ambiance ou d’autre chose , humour discret mais constamment présent : les fameuse séances de motivation de chaque matin, orchestrées par une certaine Marie-Louise. «  Tout va bien, aujourd’hui ? », lorsqu’à l’évidence tout va au plus mal pour les différents protagonistes, qui ne peuvent que le masquer.

La fin de l’histoire  s’avère assez conventionnelle, par rapport à ce que j’espérais. L’ensemble est cependant intéressant. 

Johann Theorin écrit un peu comme une romancière anglaise, dans ce livre. Désormais son style plaît davantage aux femmes.


Yv s’est ennuyé à cette lecture.

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 00:55

 Le-Locataire-4.jpg

 

 

 

 

1934


Un jeune Turc,  Elie Nagéar, a quitté son pays natal pour faire affaire dans les tapis ; il est accompagné de Sylvie Baron, aventurière belge qui passe d’homme en homme, pour les plumer.

Arrivé à Bruxelles, Elie a la grippe et presque plus d’argent. Il est tombé de haut et se sent minable. Sylvie part dans sa famille à Charleroi où sa mère tient une pension de famille et son père travaille aux chemins de fer. Pendant ce temps Elie écoute les conversations de son  voisin de chambre, un hollandais «  Van der chose », parler d’une coquette somme en liquide, qu’il emmène en France par le train. Elie va prendre ce train, décidé à tuer "van der Chose" et pour ce faire, il achète une clef anglaise, comme au cluedo.

Mais Elie est novice dans le crime ! Comment va-t-il se débrouiller dans ce train de nuit presque vide? Et le magot est-il vraiment exploitable?


Lorsque Elie retrouve  Sylvie, sa situation n'est point trop brillante! Il se terre dans la pension de famille de Charleroi. Mme Baron la maman de Sylvie l’aime bien, les autres pensionnaires le détestent, y compris Antoinette la sœur de Sylvie, et Monsieur Moïse, pourtant juif comme lui. Moïse et Antoinette comprennent vite de quoi il retourne…


C’est un bon roman, les caractères bien étudiés, le suspense intéressant, le savoir-faire de Simenon nous plonge tout de suite dans l’affaire. Pourtant je suspecte l'auteur d’antisémitisme. Et ce n’est pas la première fois (Piotr le Letton était pire dans le cliché…!)

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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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