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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 17:11

Byatt Tour de Babel4

 

 

 

1er publication 1996.

Flammarion, 2001, 689 pages.

 

Voici la troisième partie de la saga familiale commencée avec «  la Vierge du jardin », et poursuivie avec « Nature morte ». Il faut bien du talent à Mrs Byatt pour m’avoir entraînée jusqu’au troisième tome, moi, qui, avec l’âge, ai tendance à fuir ces gros romans qui détaillent longuement la vie de nombreux personnages sur des durées variables, en tenant compte du contexte social, bien présent lui  aussi.

Fuir ces romans dans la mesure où ce n’est pas le type de récit que l’on peut lâcher un temps pour le reprendre ensuite. Narratif, explicatif, fluide souvent,exigeant parfois,il demande d'être lu en une seule fois...

 

Bienvenue au club de Coe est la dernière saga que j’ai pu achever, et pour Zola, je n’ai pas dit mon dernier mot…

 

En 1964, soit six ans après Nature morte, Frederica Potter, devenue l’héroïne de l’histoire, tente de se sortir d’un mariage avec un mari odieux (que l’on appellerait à présent un « pervers narcissique » ), mariage qu’elle a contracté un peu comme une maladie, mais dont un enfant est né, Leo, dont elle ne peut faire l’impasse. Grâce à ses anciens amis de Cambridge, elle regagne Londres avec son petit garçon, se fait héberger chez un ami d’Alexander, et commence à gagner sa vie comme enseignante de littérature pour adulte, et lectrice de romans pour un éditeur. Cette partie est fluide, romanesque parfois, plaisante en gros.

Ensuite, nous suivrons sa procédure de divorce contée par le menu : il est intéressant de voir comme, dans les années 60, la femme est blâmée d’avoir des liaisons avant le mariage (ceci s’appelle incontinence prénuptiale !!!  ), De vouloir travailler (car elle doit s’occuper à plein temps de l’enfant et du mari) et même si au foyer, de s’adonner à des activités telles que la lecture…

 Frederica enseignante pour adultes, proposant des lectures de DH Lawrence, Kafka, ou Sartre, cela génère des conversations intéressantes ; quant à ses nouvelles amours, elles seront comme les anciennes, courtes et vite insatisfaisantes, et ses essais d’écriture genre « cut-up » carrément barbantes.

Daniel Orton toujours présent, tente un rapprochement avec ses enfants, et fait « du social » en tenant à l’écoute des malheureux dans une structure de type SOS amitié. Marcus le frère de Frederica, est devenu biologiste et s’occupe d’escargots, ainsi que de génétique. L’auteur y apporte un compte rendu sérieux de l’état des recherches scientifiques de l’époque.

Alexander Wedderburn se trouve dans une impasse en tant que dramaturge : il écrit du théâtre à textes, alors que les nouvelles tendances misent sur la mise en scène, la gestualité, l’interprétation : théâtre de la cruauté, theâtre minimaliste ou carnavalesque…avec peu de mots!! Alexander ne peut pas suivre ; il devient enseignant, et participe à une commission d’enquête sur l’enseignement : faut-il apprendre par cœur ? ou mettre l’élève en situation de « découverte  du savoir et l’y accompagner » (tarte à la crème qui eut de beaux jours devant elle) plus la question sur l’enseignement des langues , l’élève doit-il apprendre la grammaire… cette partie est intéressante , l’on y participe à toutes sorte de discussions et mises en scène sur les « nouvelles » façons d’enseigner, et les conceptions du monde qui prévalent à chaque option.

 

Une histoire dans le roman nous contée sous la forme d’un conte philosophique « la Tour de Babil ».

Il s’agit pour un groupe de personnes fuyant un pays en guerre civile, de gagner « laTour Bruyarde » par delà les Alpes et d’y former une communauté, où, selon Culvert, qui veut en être le programmateur, tout le monde pourra (et devra) satisfaire ses désirs et ceux des autres dans un monde où il n’y aura plus ni maître ni serviteur. Je vous laisse deviner l’issue.

Cette Tour, n'est pas sans faire écho au domaine de Bran House dans laquelle nous avons trouvé Frederica littéralement séquestrée, et l'on se demande ce que deviendront les éventuels fuyard...

J’ai aimé ce récit, mais moins son auteur, personnage suicidaire, arrogant, désabusé, qui parasite littéralement le récit principal par sa présence.

Il y aura d’autres récits dans le récit, notamment un conte dans le goût de l’héroïc fantasy , narrée par une amie de Frederica, à de jeunes enfants. Et des poèmes, certains très bons, d’autres carrément nuls,  ainsi que des documents à lire, pour se plonger dans le vécu socio-intellectuel de l’époque. L’élection d’Harold Wilson premier ministre, la crainte de la guerre atomique… et tant d’autres événements.  

 

Au total un roman bien touffu, très documenté, écrit dans une langue soutenue, souvent intéressant, parfois passionnant.

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 12:52

Très mauvaises nouvelles

Phébus, (D’aujourd’hui étranger) 2001. 250 pages

 


J’ai apprécié quatre nouvelles sur les  dix que comporte le recueil et trois en particulier. Ce n'est pas beaucoup pour un auteur que j'aime vraiment.

Je commence à saturer avec les nouvelles de Trevor ! Rien de très neuf dans ce recueil. j'avais lu et aimé«  Mauvaises nouvelles "( en 2007)  et plus encore « Hôtel de la lune oisive ».(  en 2010), ainsi que deux de ses romans( également chroniqués sur ce blog).


Ces nouvelles sont bien écrites, correctement amenées, l’intrigue se développe astucieusement, et la chute (ou l’absence de) sont parfaitement étudiées. D’où vient alors le sentiment de lassitude ?

 


Les meilleures nouvelles :


«  Veuves temporaires (The Grass widows) met en scène deux femmes , Mrs Angusthorpe,  la cinquantaine, et Daphné Jackson vingt ans. Toutes deux sont arrivées dans l’hôtel où elles vont passer une quinzaine de jours avec leurs maris. Un hôtel situé en pleine campagne dans un « petit trou perdu ». Mrs Angusthorpe et son mari y vont tous les ans depuis belle lurette, elle a l’habitude de cet enterrement de première classe que sont les vacances, sauf que de la 1ere classe on est passé à la dernière ! A présent tenu par des alcooliques vulgaires, L’hôtel est devenu exécrable à tous point de vue !  Pour Daphné, c’est sa lune de miel… et ce pourrit bien être sa lune de fiel. Les époux sont liés par leur appartenance au même collège dont Mrs Angusthorpe est le directeur, et Jackson, fraîchement marié fut son élève préféré. Ils passent leurs journées à la pêche, tandis que les épouses s’ennuient. Mrs Angusthorpe commence à se révolter et tente de faire partager son ire à la jeune Daphné…


Ô fat white Woman ( la grosse femme blanche ) et «  A Complicated Nature «  reprennent un thème d’En attendant Tourgueniev, celui de l’homme impuissant, marié ou non( pervers dans le cas de cette grosse femme blanche), un thème récurrent chez Trevor. La femme ici a fermé les yeux sur l’anomalie de son mariage ainsi que sur tout se qui pouvait gêner son petit train-train (gourmandise, sieste, lecture de romans faciles) et voilà la tragédie qui la frappe de plein fouet, coup d’éclat subtilement amené, et désespoir que l’on partage.


L’homme « à la nature compliqué» ex-époux défaillant, vieux garçon puritain, amateur d’objets anciens, se trouve placé dans une situation de vaudeville ou de tragédie : Mrs Matara, sa voisine, fait irruption chez lui, éperdue : son amant vient de décéder dans le lit conjugal, il faut l’aider à le rhabiller et le mener dans l’ascenseur pour sauver son couple et celui de l’infortuné… c’est finalement une comédie réussie.


« Les péchés originels d’Edward Tripp » le vieil Edward découpe son jambon en imaginant le porc vivant devant lui, pendant que sa sœur Emily vient lui raconter avec fièvre, que la voisine d’en face Mrs Mayben, a été assassinée. Mais non, dit Edward elle est à la messe… Edward regarde Mrs Mayben de sa fenêtre depuis X années ; il la trouve gentille, il est sûr qu’elle ignore la mauvaise réputation dont il se dit affublé, et voulait la connaître.

Edward et Emily sont deux vieux célibataires un peu dingues, complices et ennemis depuis toujours. Que s’est-il réellement passé avec cette vieille dame ? A quel jeu jouent le frère et la sœur ? L’intrigue de cette comédie noire ironique est remarquablement menée…

 

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 11:15

Bloody Tales

d’E. Wharton, HP Lovecraft et F. Brown Folio-bilingue.

 

On est attiré par la belle couverture représentant une image du film « La Marque du vampire « de Tod Browning. 

 

La première histoire «  Bewitched »d’Edith Wharton ne pose pas de problèmes de compréhension. Elle met en scène un couple Les Rutledge  qui vit dans une maison isolée loin de tout, isolement encore renforcé par l’abondance de neige de l’hiver rude. Ce couple ne fréquente personne, mais ce soir là ils sont trois à avoir été invités par Mrs Rutledge : le diacre Hibben, Sylvester Brand, paysan veuf, qui vit avec sa plus jeune fille, et Orrin Borthsworth, autre paysan du coin. Mrs Rutledge annonce que son mari a été ensorcelé par la défunte fille de Brand, qu’ils se fréquentent, qu’elle les a vus, et qu’il faut y mettre fin, n’est-ce pas que c’est un péché ? Mr Rutledge apparaît blanc et hagard et confirme qu’il voit la défunte, que d’ailleurs, il fréquentait avant d’être marié. Son père l’a envoyée au loin; de retour au pays, elle est morte après avoir prévenu Rutledge qu’après sa mort, elle lui reviendrait.

Plus tard, les trois témoins s’approchent de Lamer Pond où les deux amants maudits se rencontrent....

Le récit ressemble à Ethan Frome du même auteur : même maison isolée sous la neige, même femme tyranne domestique, même mari recherchant une autre femme pour se consoler de son funeste mariage, même tentative de vengeance. Sauf que dans Ethan Frome il n’y a pas de motif « vampire ».

 

 

Suite uniquement pour ceux qui ont lu la nouvelle

Orrin, témoin principal de l’histoire, voit Sylvester tirer avec son arme dans l’obscurité d’une maison à côté de la mare, et croit voir du sang. Le diacre est présent.

Deux jours plus tard, on enterre la seconde fille de Brand, qui, jusque là était bien vivante, mais «  retournée à l’état sauvage ».

Ce qui est suggéré, c’est que Rutledge fréquentait la fille vivante de Brand, qui devait ressembler à sa  défunte sœur, et que Mrs Rutledge demande à Brand de s’en débarrasser. Ce qu’il fait ; le « vampirisme » n’est qu’un prétexte à assouvir la vengeance de cette femme. M Rutledge est stupide ou craint son épouse. Ou les deux. Le diacre comprend ce qui est arrivé et se tait hypocritement. On ne sait ce qu’Orrin a compris car il ne commente pas.

Dans cette histoire, le surnaturel s’explique de façon rationnelle à la fin, et l’âme humaine est bien noire…en dépit des hésitations du témoin Orrin, je n’ai pas cru une seconde à un monde surnaturel…

 

 

La seconde histoire The shunning House de Lovecraft est très longue et m’a posé beaucoup de problèmes de compréhension ; j’ai parfois carrément lâché le texte anglais pour aller plus vite. Déjà, dans le titre, apparaît shunned dont j’ignorais la signification. Je connaissais curse damned, star-crossed, bloody et blasted bref je n’étais pas à cours, mais non ! C’est encore autre chose !!!

 Le narrateur raconte l’histoire d’une vieille maison décrépite  de son quartier,à Providence, dont il avait peur étant enfant, pour y avoir vu des substances jaunâtres une sorte de rayon mortifère phosphorescent, des moisissures de champignons, des odeurs puantes, des arbres aux branches sinueuses et tourmentées…

 Les habitants y mouraient tous ou presque à petit feu, d’anémie, de consomption, ou d’on ne sait quoi. Une présence maléfique leur pompait «  la vie ». Après plusieurs générations, le narrateur devenu adulte et soncle un homme âgé, font des recherches, apprennent quels furent les premiers occupants ( des français, tenez-vous bien !!!) pas bien nets, et qui seraient à l’origine de … de quoi ? De la présence d’une substance mortifère qui se nourrit au profit des vivants.

Avec l’approbation du descendant de la maison qui n’y réside pas, il va passer une nuit dans la cave avec son oncle et emporter des armes neutralisatrices (pompe servant à injecter de l’éther, et machine pouvant neutraliser aux rayons X…

Comme souvent, il s’agit d’une » chose » indicible, horrible, effrayante, d’un composé chimique, mais qui aurait quelque caractéristique humaine, un peu dans la forme qu’elle peut prendre de temps à autre, un peu dans les intentions ( cela me rappelle « la couleur tombée du ciel » sauf que la substance diabolique en cause ici n’a rien de fascinant contrairement à la fameuse « couleur »…

Ce récit est fort ennuyeux et pas tellement effrayant en dépit des efforts du narrateur pour le rendre tel. On ne s’attache pas aux personnages, trop nombreux et pas suffisamment mis en scène.

 

A l’opposé de la première histoire, le surnaturel semble admis.

 

La 3ème histoire  de Fredric Brown est courte et humoristique à propos d’un couple de vampire dans une machine à remonter le temps qui cherche un lieu et temps pour vivre, et un peuple qui ne saurait rien des vampires…dommage que cette amusante nouvelle soit si courte !

En relisant ce texte, je m'aperçois que cette histoire a été mise en scène par Jim Jarmusch sous le titre " Only Lovers left alive" tout en y introduisant des problèmes contemporains tels que le Sida et la ruine de la ville de Detroit, en particulier...

 

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 23:48

  Nature morte9

 

 

 

Flammarion, 2000. 550 pages environ

 

Suite de La Vierge dans le jardin


Titre :  Still Life... le roman cherche à appréhender l’être humain en vie dans son rapport à la mort, et de façon générales les diverses manières dont les organismes vivants s’acheminent vers la mort, ( il sera question d’Au delà du principe de plaisir et d’autres travaux sur le sujet) sur la façon de rendre par le langage les « choses » que les peintres traduisent dans leurs toiles, choses mortes, inanimées, vivantes.  Interrogations littéraires et philosophiques qui s’entremêlent assez habilement avec l’intrigue : Nous partageons l’existence  des trois enfants Potter et du dramaturge Alexander de 1954 à 1956.


Stéphanie  est restée à Blesford. Epouse de Daniel Orton, pasteur de la paroisse (le mariage a eu lieu dans le premier tome), elle est maintenant enceinte et doit quitter son emploi d’enseignante. Dans les années 50 une femme même instruite ( et licenciée de Cambridge tout de même !!!) peut ( et doit ?) devenir une femme au foyer à 25 ans. Cependant, Stephanie a l’impression d’avoir choisi et elle aime Daniel. Les pages consacrées à la grossesse et à la naissance de son premier bébé sont d’une grande justesse. « J’ai sombré dans le biologique » aime-t-elle à se répéter. Frustration, humiliation, mais aussi grand bonheur, lumière (voire davantage : le bébé corps glorieux…) et vie quotidienne décevante. La belle-mère odieuse, un personnage secondaire fort bien rendu qui nous fait rire (jaune) et nous horrifie, le frère Marcus et ses troubles psychologiques à la maison, et cette façon qu’a Stéphanie pour se défendre de cette peste, d’accueillir chez elle toute la misère du monde de Blesford …. Avec Daniel des hauts et des bas, ce jeune couple a quelquefois l’air d’avoir quarante ans ! Le combat de Stephanie pour pouvoir encore lire et penser… un nouveau pasteur Giddeon un  peu trop zélé …


Marcus. Si pour Steph ça va de plus en plus mal, pour Marcus ça semble s’arranger un peu. Il fréquente le camp de jeunes chrétiens de Giddeon, et si Giddeon est nocif pour certains adolescents, comme Marcus sait prendre ses distances, il en tire profit. Il se fait deux amies, s’intéresse aux mœurs des fourmis et autres petits animaux. Chez lui le fantasme, le sérieux scientifique, et le goût de l’investigation font bon ménage. Chez Stéphanie, il endure des moments pénibles et s’en tire…


Frederica se positionne de plus en plus comme la véritable héroïne du roman. D’abord jeune fille au pair en Camargue, elle y rencontre Alexander, qui, au mas Cabestainh écrit une nouvelle pièce sur les amours contrariées et tragiques d’une dame du Moyen Age pour le seigneur de Cabestan, son amant dont le cœur lui est servi sur un plateau… en même temps Alexander travaille sur la correspondance de Théo et Van Gogh, et prépare une pièce sur le conflit entre Gauguin et Van Gogh «  La Chaise jaune ». Il s’interroge : comment rendre les choses en peinture et par le langage quelle est la différence ? Frederica l’écoute parler de ses recherches. Elle voudrait bien qu’il arrive autre chose...

Bientôt la voilà étudiante à Cambridge, assistant à la vie intellectuelle de l’époque, s’en imprégnant : reviennent comme leitmotivs : La Chaise jaune d’Alexander, La racine de marronnier que Sartre n’arrive pas à mettre en mots dans la Nausée, la mouvement des « jeunes gens en colère » de Kingsley Amis son « Jim la chance », le Van Gogh des mangeurs de pommes de terre et celui du Faucheur le traitement de la lumière, l’absente mallarméenne de tout bouquet  … Frederica fait des rencontres : un  étudiant, Alan, qu’elle appelle le Caméléon, trop sympathique pour être autre chose qu’un ami, Alexander avec qui toujours rien n’arrive, un professeur spécialiste de Mallarmé, juif austère, dont elle est amoureuse, il est intelligent et tellement beau ! Mais au toucher, elle a comme des surprises, et finalement sort avec Nigel Shreiver, dont on ne sait trop quoi penser sinon qu’il danse assez bien.  On aime assez le hollandais « polymathe ». En même temps Frederica s’interroge sur son avenir : elle ne veut pas enseigner somme son père et Stephanie, elle pense que se marier sera inévitable. Le moins pire serait d’épouser un professeur d’université…

 


Pour ceux qui ont lu le roman :

Je trouve que Byatt se débarrasse un peu cavalièrement de Stephanie. N’avait-elle plus rien à en dire ? Je m’étais attachée à elle, et suis fâchée que Daniel reste seul en scène, ce personnage m’ennuie, ses pérégrinations de la fin ne m’intéressent pas, je les ai lues en diagonales.

Néanmoins, je lirai le livre suivant…

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 23:20


Gallimard, 298 pages.


J’ai déjà chroniqué la première nouvelle «  Gibier d’élevage » lue en Folio 2. Une œuvre de jeunesse de l’auteur, très classique, facile à lire, bien qu’extrêmement perturbante. Je ne vais pas la publier à nouveau, il suffira de cliquer sur le lien. Dans ce premier récit, où un jeune garçon, est fasciné par un prisonnier noir capturé pendant « la guerre », par les gens de son village, ou plutôt de sa tribu, car ils vivent de façon très archaïque, il y avait déjà de la brutalité et une sauvagerie sans concession…

Le second récit «  Dites-nous comment survivre à notre folie » est encore plus éprouvant à la lecture.

C’est l’histoire d’un homme qui vient d’être père pour la première fois, et son enfant souffre  de graves  handicaps mentaux et physiques. Sa réaction est de se rapprocher de cet être, en profonde empathie, réussir à éprouver ce qu’il éprouve, bien qu’il ne le sache pas réellement, car le petit à quatre ans, ne réussit qu’à répéter les phrases qu’on lui adresse, sans rien manifester de personnel. Au moins le père parvient-il à éprouver en partie les mêmes souffrances physiques, notamment lors d’un funeste examen ophtalmologique destiné à mesurer l’acuité visuelle de l’enfant. « Destiné… », en principe, car il est vécu par le père et le fils, comme une grave persécution.Je vous recommande tout spécialement ce docteur à face de mante religieuse, qui sort l'oeil de l'orbite....

Le père éprouve aussi le besoin de jouer un rôle protecteur ; maintenant il fait chambre à part avec sa femme, pour pouvoir tenir la main de l’enfant bien serrée dans la sienne toute la nuit. Il l’emmène, tous les jours, manger un bol de bouillon d’os avec des nouilles et un Pepsi-cola. Père et enfant sont devenus obèses ensemble, se promènent ensemble, ne se quittent pas.  L’homme feint la complicité avec le petit, lui parle beaucoup, avec l’idée que feindre cette complicité et faire comme si le petit comprenait, provoquera un éveil chez lui.

Cependant il se demande si c’est son fils qui a besoin de lui ou l’inverse ? «  La menotte de l’enfant lui servait de défense contre les autres gens ; et lui, qui, lorsqu’il sortait seul, devait prendre des tranquillisants s’en trouvait métamorphosé en ce type d’extraverti. Il lui suffisait de serrer dans sa main celle de son fils pour se sentir délivré, même au milieu de la foule… »

Cependant l'homme se fait agresser avec son fils et se reconnaît impuissant .Il devra se résigner à moins s’occuper de cet enfant. Alors, il reprend ses travaux d’écriture, une biographie de son père. Il voudrait éclaircir certaines zones d’ombre de la vie de ce géniteur, et entre en conflit avec sa mère…. Là aussi, il devra se résigner à perdre ses illusions…  La nouvelle montre un cheminement vers la lucidité et une plus grande indépendance d’esprit.


On apprécie que le récit soit à la fois très réaliste, très précis dans les descriptions, comportant un grand nombre de sensations physiques, d’expériences concrètes, de la vie quotidienne, dans ce qu’elle a de cruel surtout, et d’un niveau de pensée très élaboré.  Les conflits présentés sont abordés avec une grande justesse.


Dans « Agwîî le monstre des nuages », un autre homme jeune a aussi eu un bébé présentant une anomalie mais le père l’a fait euthanasier, et a fui le foyer conjugal. Il a donc  agi d’une façon très différente  du premier. Mais, peu après, il est victime d’une hallucination : un énorme bébé venu du ciel vient se poser près de lui dès qu’il sort dans la rue ou se tient près d’une fenêtre, et avec qui il discute. Il l’appelle Agwîî, parce que ce son est le seul que le bébé ait eu le temps de prononcer. Il correspond sans doute à notre «  arheu », sinon à l’expression d’un cri. En somme, la victime s’est vengée, et le fantôme le hante.

Le narrateur du récit, un jeune étudiant, est rémunéré pour accompagner dans ses sorties l’homme devenu partiellement fou. Le récit balance entre hyperréalisme et poésie : l’homme tourmenté par le bébé fantôme explique son point de vue à l’étudiant : le ciel est peuplé des créatures que nous avons perdues, de sorte que l’étudiant en vient à aimer le « monstre » et presque à ressentir son existence, alors même qu’il se demande si l’homme ne joue pas la folie…

La quatrième nouvelle "le jour où il daignera essuyer nos larmes" porte également sur les relations père-fils dans ce qu’elles ont de plus dramatiques et primitives. Mais il ne s'agit pas seulement du père biologique, mais d'une autorité supérieure...

Le héros de l’histoire est encore plus tourmenté que les précédents. Il ne quitte plus son lit, se croyant atteint d’un cancer du foie. Il en ressent les effets avec terreur mais hélas, non sans jouissance, de sorte qu’il n’en sort pas.

Les affections du foie sont relatives à la bile noire, soit la mélancolie, et c’est peut-être là le mal véritable de cet homme. Quoi qu’il en soit, il se prépare à la mort, appareillé de lunettes de plongées vertes, servant à altérer sa vue. Les mêmes lunettes que portait l’Autre…

  Il fait à une infirmière censée être son exécutrice testamentaire, le récit de sa vie, cherchant à se souvenir des « happy days ». Hélas les réminiscences qui lui viennent, qu’il s’arrache devrait-on dire, avec l’aide de l’infirmière qui le questionne, sont tout sauf heureuses.   Le narrateur mêle les sensations actuelles du héros et ses réminiscences, cris et narrations, scènes dramatiques, tout s’enchevêtre, de sorte qu’il parfois difficile de saisir ce qui est arrivé dans le passé.

Au bout d’un moment, on se rend compte que celui-là qui, dans le récit est désigné sous le nom de l’Autre, est le père. On saura que le héros a perdu son père à la guerre, tué devant ses yeux, que ce même père avait fait assassiner un autre fils, déserteur, et que la mère n’est pas innocente aux yeux du malade.

 

Ces relations affolantes d’amour-haine entre père et fils font penser à Kafka : fils blessé physiquement et moralement, mutilé, rendu à l’état d’animal, tué même, victime du père bestial et cruel, lutte à mort entre les deux, fausses réconciliations, étrangeté des situations, déréliction à toutes les pages, tendance à la claustration, les deux univers sont assez proches.  

Après lectures des nouvelles, on prendra connaissance de la préface, qui replace les nouvelles dans leur contexte historique elles furent écrites à des époques différentes et correspondent à des moments particuliers de l’histoire personnelle de l’auteur. Mais ne pas s’attendre non plus à de grands éclaircissements.

Et si vous êtes comme moi, vous ferez des cauchemars….

 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 23:52

Une année studieuse 159194

C’est l’année 66-67 ; Anne a 19 ans, elle doit passer son oral de bac en septembre 66 et persuade Francis Jeanson de lui donner des cours de philo, pendant les vacances. Elle a aussi écrit à Godard aux Cahiers pour lui dire qu’elle aimait ses films «  et l’homme qui les avait tournés ». Elle a déjà tourné elle-même avec Bresson «  Au hasard Balthasar », l’an passé.

Godard et elle se sont croisés sans se rencontrer vraiment. Ils sont chacun tombés amoureux d’une image, d’une représentation fantasmatique de l’autre…

Cela ne va pas nuire à la rencontre réelle.  La réalité rejoint la fiction.

On assiste alors à cette idylle, pendant un an, une année qui sera bien peu studieuse, en fait !

Anne a des problèmes avec sa mère et son grand-père (François Mauriac) pour faire accepter sa liaison avec Godard, se faire procurer la pilule etc.…

La famille finira par accepter le cinéaste et la différence d’âge (16 ans) avec Anne, car même s’il est très différent d’eux comme famille de pensée, il est de la même classe sociale, ce qui est très important. Ils ont aussi vécu dans des lieux identiques, durant leur enfance (notamment la Suisse).

On aime cette lecture qui se fait rapidement (le récit est simple, sans apprêt, agréable, souvent humoristique) mais dans la seconde partie, Anne et Jean-Luc attaquent une existence très mondaine, tourbillonnante, moins intéressante qu’au début. Ils se sont mariés, ce qu’Anne ne voulait pas, car elle n’a que vingt ans, et ne compte pas passer toute son existence avec cet homme.

A propos du tournage de la Chinoise, Anne ne comprend vraiment pas l’engouement de Godard pour Mao (non plus que les autres jeunes gens qui tournent avec elle), ni la signification du maoïsme.  Ils trouvent les préceptes de Mao assez tartes. Mais cela semble n’avoir qu’une importance moindre. L’important est de tourner !! Le Godard que l’on découvre est complètement immature, facétieux, sentimental, utopique, bien que son intelligence et sa culture (disons son habitude de parler par citations, son sens de la formule brillante,  et son art de mêler littérature et cinéma à la vie courante) soit fort séduisante pour une jeune fille, de 19-20 ans, encore scolarisée et avide d’apprendre. Et l’on comprend qu’Anne s’en laisse conter.

On est bien loin du Godard des « Histoires du cinéma », mais assez proche d’un personnage comme celui de Ferdinand -Pierrot le fou.

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 23:39

Justine-0

 

 

LP, 1959, 417 pages.


1er tome du célèbre «  Quatuor d’Alexandrie ». Livre trouvé dans le studio, à Rome, alors que je n’avais plus de lectures. Un vieux « poche », édition de 1959. Je l’ai emporté, d'autant plus que je voulais lire cette oeuvre un jour ou l'autre.

 

Dans l'ensemble, c'est une déception...

 

Le narrateur, Darley, originaire d’Irlande, se trouve vivre seul avec « l’enfant de Melissa » qui est morte.

Il va nous raconter son passé tourmenté à Alexandrie, avec Mélissa, qui fut sa maîtresse. C’était une chanteuse de cabaret gentille et jolie qui lui a plu parce qu’un vieux protecteur la poursuivait, et que, de toute manière, elle vivait plus ou moins de ses charmes. Bien obligée d’ailleurs… Les autres personnages principaux sont Nessim, un homme d’affaires très riche, qui fait de l’argent sans trop se fatiguer, un homme vraiment très doué, qui intrigue aussi en politique ( mais Darley ne sait trop ce qu'il cherche à faire...) et Justine, une jeune juive égyptienne, maîtresse de Nessim, qui va bientôt devenir aussi celle du narrateur. On dit qu’elle est nymphomane et plus ou moins frigide, ayant beaucoup pâti des hommes dans sa prime jeunesse. Un autre personnage important est  Balthasar, qui dirige une secte gnostique. Justine s’intéresse beaucoup à la cabbale.

Justine fascine un peu tout le monde, même les femmes. Pour le narrateur, «  c’est l’incarnation de la Femme ». Mais après avoir brillé de mille feux, dit une amie de Darley,« elle est partie en Israël vivre dans un kibboutz … « et est devenue« cette petite paysanne boulotte, qui se coupe les cheveux elle-même car elle a plein de queues de rats dans le cou ».

A mon avis, c’est ce qui pouvait arriver de mieux à cette pauvre femme fatale. Etre enfin délivrée de la séduction...


l'auteur est un fameux écrivain. Son inspiration est quelquefois proche de Baudelaire. Cependant, c’est à Constantin Cavafy, son poète préféré, qu’il se réfère. Descriptions urbaines et maritimes sont très valables quoique souvent un peu trop «  lyriques «  à mon goût.


Pour raconter ce difficile passé dont aucun personnage ne sort indemne, Darley rapporte des conversations, des lettres, des récits de réceptions, de courses-poursuites, des agonies (car on meurt beaucoup et on souffre), dans un apparent désordre, au gré de ses souvenirs. Les récits longs alternent avec les flashes intenses mais qui ne font qu'épaissir la part de mystère de ces êtres.  

Le narrateur veut comprendre Justine, et cite longuement «  Mœurs », le roman d’un autre écrivain que lui, qui fut l’amant de Justine et a décrit leur relation dans cette œuvre. Il cite aussi « le journal « de Justine. Lorsqu’un écrivain utilise le procédé de faire citer à son narrateur des documents d’autres que lui, il devrait s’arranger pour que ces autres voix soient différentes de celles du narrateur. Et ce n’est pas le cas ici…


 L’intrigue consiste en rivalités amoureuses diverses, souvent dramatiques. Mais Darley soupçonne Nessim et Justine d’agir pour d’autres buts, qu’il ne saisit pas vraiment. Justine, qui collectionne les amants, on ne sait pas trop ce qu’elle veut, et bien certainement, elle n’aime aucun d’entre eux. D’autres révélations devraient venir du livre suivant, mais je n’irai pas  jusque là.

En dépit du talent de l’écrivain, je me suis ennuyée à lire ce livre. Les personnages ne m’ont pas plu, et je n’ai pas été non plus sensible à la magie de la ville d’Alexandrie…

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 15:49

Le Voyage à Rome Arléa

(Il viaggio a Roma, 1988).

Arléa, 2010, 298 pages.

 

Mario un jeune homme de 20 ans prend l’avion pour Rome. Il y est invité par son père qu’il n’a pas vu depuis sa prime enfance. Quinze ans auparavant, ses parents se sont séparés, et la mère est venue vivre à Paris avec son fils. Elle est morte peu après, et Mario est allé vivre avec son oncle.

Désormais, le père veut que Mario  partage son existence.

Dans l’avion, Mario s’endort sur l’épaule d’une femme et fait un rêve érotique la concernant. Aussitôt réveillé, il fait sa connaissance et celle de sa fille de 13 ans,Alda, une adolescente plutôt mal élevée, qui appelle sa mère par son prénom, et semble vouloir intervenir dans sa vie. Jeanne, la femme mûre, est enseignante, et Mario aime la poésie, surtout celle d’Apollinaire, qu’il voudrait imiter, et va citer abondamment pendant tout le récit… qui n’a rien de poétique.

Il note le numéro de téléphone de ce couple mère-fille, sans vraiment savoir si il et elles veulent se revoir et pourquoi…

l'accueil exubérant et affecté de son père gêne Mario, qui le ressent comme un mauvais acteur, pourtant sincère dans son incessant cabotinage.

L’intrigue se met en place : la mère de Mario était nymphomane ; son père le savait depuis toujours, il souffrait et se délectait de la situation, la faisant suivre, cherchant à la surprendre, puis essayant de jouer les maquereaux en lui présentant des hommes avec qui elle aurait forcément une aventure… jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive de la supercherie, et s’enfuie avec Mario encore petit.

A la vue du salon où sa mère se tenait, Mario a une vision ; il se revoit surprenant sa mère en pleine action avec un amant. Ce n’est sans doute qu’un « souvenir-écran » mais l’image le poursuit. Pour l’effacer, il faudrait pense-t-il, rejouer la scène au même endroit, avec lui dans le rôle de l’amant. Ce serait une sorte de catharsis.

Cette envie de répéter le passé, avec des variantes, hélas, il la partage avec son père… et lorsque, voulant respirer un autre air, il retrouve Jeanne et sa petite peste d’Alda, il a l’impression  qu’une sorte de piège l’attend…


Grâce à cette éducation sentimentale, Mario va apprendre que les gens autour de lui (et lui-même pour l’instant) ne sont pas attirés sexuellement par des partenaires qu’ils trouvent désirables. Non ! Ils sont attirés par celui ou celle qui leur est interdit(e),  ils jouissent de la sensation d’être manipulateurs, de tendre des pièges, de faire des mises en scènes, et c’est le sentiment d’être en effraction qui les excite. Dès lors que c’est permis et légitime, ils se détournent. De sorte que le charme ou la beauté supposée d’un être qui leur plaît, ne joue aucun rôle dans leur choix «  amoureux ».


C’est là le dernier ouvrage publié du vivant de Moravia, et aussi son ultime roman. Il était déjà octogénaire. Ce n’est pas l’un de ses livres considérés comme les meilleurs. 

Et l’on a raison de le dire, car ce roman psychologique, où Moravia veut utiliser ce qu’il a retenu de psychanalyse, se révèle trop explicatif.  Les causes des agissements et troubles des personnages se devinent aisément, sans que l’on ait besoin des nombreuses interprétations et hypothèses que se formule le narrateur. Pour ne pas dire ses radotages. Et si quelque chose devait rester ambigu, tant mieux ! Mais là, il n’y a vraiment aucune chance ! On nous mâche trop les mots, on prolonge inconsidérément les dialogues, et on détaille trop les situations.

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 00:37

 

Gallimard, collectionRoth blanche et noire.


 

Qui vivra, verra, dit le proverbe. Eh bien, avec Roth, c'est Qui vivra , mourra. Bien plus logique...

 

Obsèques. Discours de sa fille Nancy, de son frère aîné Howie. Fils d’un diamantaire, une vie de bourgeois normale, ( Everyman c’est l’homme en général mais d’une classe sociale précise forcément) avec ce qu’il faut d’inventivité (sans génie ) d’adaptation à la société ( sans occulter les conflits),de conscience professionnelle,  d’investissements affectifs ( trois mariages sérieux ), et de souci de transmettre ses gènes et son patrimoine à plusieurs descendants.

Les discours de Nancy et Howie sont  ennuyeux (j'ai failli lâcher la livre).  Mais  on est content de savoir que certains défunts ont inspiré suffisamment deux personnes de leur famille au moins, pour produire d’aussi longs panégyriques, qu’on sent sincères…


  Le principal de la vie de cet homme (donc de l’homme en général) est aussi et surtout le problème de son corps, et plus précisément de son corps souffrant et périssable (c’est là qu’il est universel). Donc de ses maladies, abondamment décrites jusqu’à sa mort : hernie à neuf ans ; appendicite + péritonite à 35 ; quintuple pontage coronarien à 56( il ne ne buvait ni ne fumait!! ). Opération de la carotide à 72 environ, puis de l’autre carotide à 77, qui l’emporte.Sans compter les morts et maladies de ses proches, qui lui font resssentir ses propres maux.

Comment il supporte tout cela. Sans religion consciente, et avec un minimum de rituels.

Après les discours au cimetière, un peu longuets, le roman se révèle intéressant. Il y a même des pages très bien tournées.

 

Philippe Roth a 79 ans aujourd'hui.Il a deux ans de plus que son personnage. Bonne continuation!


Maintenant, on veut lire Un homme, façon classe laborieuse, mais aussi Une femme. Vous avez sûrement quelque chose à proposer ?

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 00:35

3 lumieres

 

 

Sabine Wespieser, 2011, 100 pages.


Une petite fille dans le comté de Wexford en Irlande. Je ne sais à quelle époque, peut-être les années 50 ou 60 ? Sa mère tient une ferme et a trop de responsabilités : un nouveau bébé tous les deux ans , la cuisine, le potager, le ménage, le champ de blé… le père ne fait pas grand-chose, à ce que l’on comprend. La narratrice, sans doute l’aînée, est envoyée au début d’un été, chez les Kinsella, des lointains parents, propriétaires d’une autre ferme.

Elle ne sait combien de temps, elle va rester : » gardez-là autant que vous voudrez » dit son père.

Elle se sent abandonnée, mais se plaît avec les Kinsella, qui sont très attentionnés envers elles, travaillent mieux, sans se presser, jouissent d’un niveau de vie supérieur à celui de ses parents, lui donnent une meilleure éducation.

En même temps, la fillette se pose des questions. On la fait dormir dans une chambre avec un papier peint à motif de trains sur les murs, et son père ayant oublié de laisser sa valise, Mrs Kinsella (« la femme ») l’habille avec des vêtements de garçon. Jusqu’au jour, où Mr Kinsella, qui donné à la fillette le joli surnom de « Pétale », intervient pour insister qu’on lui achète une garde-robe. Ce à quoi sa femme acquiesce, car Kinsella est de ces rares hommes qui méritent qu'on  les  écoute, même leur femme….


Un récit court et simple, plein de délicatesse, d’un monde dur, de personnages marqués par la vie, de conflits douloureux.

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