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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 09:54

 

Lettre à mon juge 1ere publication 1947

LP, 2001. 190 pages.

 

 

Le narrateur Charles Alavoine s’exprime à la première personne.

je n’avais pas encore lu de Simenon en »je ».

Ce doit être assez rare...

Charles s’adresse à son juge d’instruction pour tenter de se faire comprendre.

Le lecteur prend connaissance de la lettre, ce sera lui le juge.

 

Va-t-on comprendre Charles, condamné pour avoir tué sa maîtresse, crime considéré comme passionnel, et qu’il déclare, lui, être prémédité ( ce qui n’exclut pas le geste passionnel).

 

Pour expliquer son geste, que nul n’a compris, Charles entreprend de raconter sa vie. Il a été élevé par sa mère, qui a toujours été à ses côtés, même lorsqu’il se maria avec Jeanne, puis avec Armande. Elle lui a donné le choix entre deux professions : curé ou médecin, il a choisi la seconde option. 

Venu d’un milieu modeste, il est mal à l’aise avec ses collègues. Sa seconde femme Armande s’occupe si bien du foyer, qu’il sent  sa position aléatoire, et se désintéresse de ses enfants.

Un  jour, à Nantes où  l’appelait son travail, il rencontre Martine, laquelle vient vivre à La Roche sur-Yon pour y être la secrétaire de Boquel, un magistrat alcoolique.

Ils passent la nuit ensemble dans un hôtel minable, saouls tous les deux.

«  Tandis que je lui tendais le verre en lui soutenant la tête, j’ai vu sur son ventre, une couture encore fraîche, une cicatrice d’un vilain rose qui le traversait verticalement »

«  Voyez-vous cette cicatrice-là pour moi médecin , c’était un peu ce qu’est pour vous, juge, un extrait de casier judiciaire ».

Mais Charles ne la plaint pas, ni ne lui demande ce qui est arrivé. Il estime avoir là une prostituée qu’il doit amener en quelque sorte sur le chemin de la Rédemption.

Peu attiré par Martine, il s’engage néanmoins avec elle dans une relation sadomasochiste, et ne tarde pas à quitter son domicile conjugal, s’installer ailleurs avec sa victime.

Pendant la première partie Charles m’est presque sympathique, on imagine que son crime va s’expliquer, qu'il a découvert que sa maîtresse le trompait... que sais-je? j'étais prête à l'absoudre...mais dès qu’il commence à relater les souffrances qu’il fait endurer à la pauvre Martine (il la prétend consentante, mais elle n’est pas là pour confirmer, et nous n’avons qu’un seul point de vue), on  peine à le suivre..

 

Ses protestations d’amour envers la victime, et ses manières de dire  je l’ai tué pour tuer la mauvaise Martine (la pécheresse) font vraiment horreur. Charles, contrairement à ce qu’il dit, est atteint de pathologie mentale. Il serait dangereux de le laisser sortir.

L'écriture de Simenon sèche et précise, sans fioritures, nous laisse éprouver toute l'indignation possible.

Charles lui non plus n'a pas réussi à se convaincre que son crime était dicté par l'amour, d'où son geste final.

Car le juge, c'est lui aussi.

 

 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 23:45

 

Rivages poche ( Bibliothèque étrangère) 2001.

Titre original Open Secrets date 1995.

 

 

Huit nouvelles, consacrée à la relations de destins de femmes ( comme dans le précédent recueil)

 

Emportés

Louisa bibliothécaire dans la petite ville de Carstairs ( assez loin de Toronto, la grande ville la plus proche) pendant la Grande Guerre, reçoit des lettres d’un soldat qui fréquentait la bibliothèque avant de partir au front. Il aime lire, et aimait Louisa ; comme il est loin et ne reviendra pas il le lui dit… une correspondance débute. Fin de la guerre, Le soldat n’est pas porté parmi les morts, donc Louisa  attend avec impatience cet homme dont elle ne sait à quoi il ressemble physiquement..

Toute sa vie sera hantée par ce fantôme d’homme, d’une façon très particulière…

 

Une vraie vie

Dorrie, une femme d’âge mûr, est seule dans la grande maison,  Albert est mort. Ils s’occupaient d’agriculture et d’élevage, et elle trimballe encore dans sa tête un récit mythique concernant Albert et son frère en héros explorateurs. Dorrie chasse, pêche,  fabrique des pièges, fait pousser les plantes, vit très bien. Cependant sa voisine Millicent songe à la marier ( Dorrie est célibataire, Albert était son frère) . De quoi se mêle-t-elle Millicent?

 

La Vierge albanaise

Une jeune fille s’est aventurée dans la montagne aux confins du  Monténégro et de l’Albanie. Cette randonnée touristique à travers de superbes paysages, s’est achevée en cauchemar, elle est capturée par une tribu, et pour survivre doit épouser leurs mœurs, leur obéir, et même s’attacher à sa nouvelle vie…  jusqu’à un certain point, car le prêtre franciscain des environs cherche à la protéger.

Cette histoire racontée par Charlotte une femme âgée fascine Claire, narratrice du récit et de celui de Charlotte. Claire tient une librairie, elle est indépendante mais seule et vend peu…  l’excentrique Charlotte est sa seule amie.  Que va devenir la jeune fille aux mains de la tribu? Et Claire qui veut renouer avec un ancien amant ?

 

Secrets  de polichinelle

Heather Bell, une adolescente a disparu au cours d’une randonnée aux chutes de Pérégrine, conduite par Miss Johnstone, une cheftaine scoute, plus habituée aux conversations avec le Messie, qu’à la vigilance envers ses ouailles. La police cherche la jeune fille, ainsi que ses camarades. Dans le coin il y a de drôles de gens, c’est du moins ce que pense Maureen, ancienne habituée de ce type de randonnées, dont les qualités d’observations  pourraient faire merveille…

 

Dans le désert

C’est à travers un récit totalement épistolaire, à plusieurs voix,  que nous prenons connaissance de la façon remarquable dont se tire d’affaire une jeune orpheline abandonnée dans un milieu hostile tant du point de vue géographique qu’humain…

 

Toutes ces huit nouvelles sont admirables, d’autant plus que les héroïnes d’Alice Munro sont astucieuses et vaillantes, sachant tirer parti du plus petit avantage de situations difficiles, parfois critiques.

Alice Munro joue avec les genres littéraires et les détourne; telle nouvelle qui promet un récit sentimental d’amoureuse éplorée se transforme vite en destinée hors-norme ; tel récit appartenant au genre «  aventure » bifurque dans le réalisme, et celle qui reçoit le récit de l’aventure est appelée à jouer un rôle déterminant ; tel récit qui semble promettre une intrigue policière ne mène surtout pas à un résultat

Les récits sont moins achronologiques, que dans le recueil « Fugitives » pourtant certains commencent par le milieu de l’histoire. Les narrations ne sont jamais ennuyeuses, l’auteur alternant récits, dialogues, lettres, pensées, brusques  flash-back, rêves et descriptions,  parfois de manière déconcertantes ;  on se plaît à revenir en arrière pour retrouver le fil de l’intrigue.

Enfin et surtout l’abondance de petits détails apparemment insignifiants, inquiétants, étranges, relevés par les narratrices achèvent de nous plonger dans un monde vraiment « autre ».

 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 23:54


balconJosé Corti 1958

 

C’est le quatrième roman de Julien Gracq et le dernier qu’il publie.

On a pu le rapprocher du précédent le Rivage des Syrtes ( 1951). Gracq y avait imaginé un lieu et des fictionnel entre deux pays (également de fiction) en guerre depuis longtemps sans que des hostilités soient encore déployées. L’attente que la guerre reprenne , attente pleine d’ennui, de charme mortifère, de frayeur, jusqu’à provoquer l’incident  de reprise du combat, en était l’argument.

Ici l’on attend également le commencement des combats, mais il s’agit d’une situation réelle : les lieux décrits existent( et sont à peu près repérables sur une carte) et le conflit  aussi .

L’action débute en octobre 1939. La seconde guerre mondiale vient d’être déclarée et  Grange, appelé en tant que capitaine d’infanterie, arrive à Moriarmé ( Monthermet, qu’il a rebaptisée) dans les Ardennes. Huit mois vont s’écouler entre la déclaration et l’attaque proprement dite, cette gestation qu’on appelle la « drôle de guerre » ou « la fausse guerre » pour dire comme les anglais.

Grange prend le commandement d’une unité de quatre hommes en pleine forêt. Les soldats habitent une maison forte, surplombant le hameau des Falizes. A première vue, elle ressemble à un chalet alpin. Le premier étage est une habitation tout à fait normale, le rez de chaussée est un blockhaus équipés d’armes e combat prêtes à l’emploi et muni d’un boyau d’évacuation.

Dans ce lieux qu’il trouve magnifiques, il domine toute la vallée et l’appellera le Toit( comme le Toit du monde, on ne peut aller plus haut…ce qui donne l’idée d’un accomplissement), Grange se sent tellement loin de tout, dans un lieu magique et enchanté, que la guerre semble impossible.  En même temps , il sait bien être en première ligne  si l’armée ennemie attaquait ; Les Hautes Falizes sont toute proches de la frontière belge. En outre, si sa visibilité du côté français est bonne, il ne verrait rien arriver de l’autre côté, semble-t-il.

Le chef hiérarchique de Grange lui signifie qu’ici c’est un piège à cons et qu’à la première attaque, vous serez faits comme des rats » Il propose à Grange de le muter dans une unité de réserve à la compagnie « hors-rang »mais ce dernier refuse «  Je me plais ici » dit-il , ce constat n’ayant rien à voir avec le désir de combattre, qui ne l’habite pas, mais l’idée que  quelque chose de fatal se produira est important pour apprécier son séjour. Il est souvent saisi d’anxiété, imagine l’attaque future, sans laquelle la félicité de son séjour n’aurait aucun sens.

Pendant plusieurs mois longs et courts à la fois, Grange va vivre des moments particuliers, à la fois banals et enchanteurs. Les événements météorologiques  tiennent une place importante, pluie, neige, froid, chaleur, sont ressentis comme exceptionnels ainsi que le retour du matin et la tombée du jour. Les végétaux et la forêt sont magnifiés, le moindre petit détail prend une signification comme de croiser deux pies sur un chemin.

Des souvenirs lui viennent en comparaison se sa situation, qui sont toutes liées à l’enfance, à ces moments où il partait en vacances, découvrait la mer…

D’autre part, il guette la progression de l’attaque future….

 Grange découvre aussi le génie du lieu, une curieuse jeune femme sortie de nulle part, si gaie si légère, avec qui il entretient une liaison.

La prose de Julien Gracq est toute faite de suggestion, évocation, implicite, elle installe un décor une atmosphère, troublante inquiétante, bien des phrases restent en suspens.

 

 

boucle de la Meuse à Monthermé 2boucle de la Meuse à Monthermé

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 23:21

 

Livre de poche, 1971, 435 pages.

C’est le 17 eme volume des Rougon-Macquart

 

 

 

la bête humaine

 

      Il met en scène en particulier Jacques Lantier, troisième fils de Gervaise, qui est devenu mécanicien, conducteur de locomotive. Il pilote sa « Lison »du Havre jusqu’à Paris Saint-Lazare et retour tous les jours. Excellent travailleur, amoureux de son engin, il est dans la vie privée rongée par une obsession , étrangler une femme. Il craint énormément le passage à l’acte, et ne les approche pas de peur de céder à la tentation. Zola semble croire au gène du meurtre ou à l’hérédité de l’alcoolisme.

Mais le problème de Jacques vient de plus loin ; il a l ‘impression confuse de devoir venger toute une lignée d’ancêtres…

Le roman débute par la violence. Un autre homme, Roubaud, apprend que Séverine sa femme, orpheline de bonne heure, recueillie, élevée et dotée par un protecteur ami de la famille, couchait avec lui en échange de ses faveurs depuis fort longtemps. Roubaud est d’autant plus furieux qu’il a lui-même bénéficié des largesses de cet homme, grâce à qui il est devenu chef de gare. Après avoir battu Séverine comme plâtre, il ne se calme qu'en décidant de tuer le gredin.Séverine est contrainte de lui servir de complice.

C’est ainsi que pour son plus grand malheur, et celui des époux maudits , Jacques Lantier va se rapprocher de Séverine. Il a vu le meurtre dans un wagon de train, et recueilli le cadavre jeté sur la voie.

 

Voilà un Zola très noir, peut-être le plus sombre de toute la série. Car le meurtre de Grandmorin ne sera pas le seul, il s’en faut… il n’y a que des crimes dans ce roman. Empoisonnement, suicide, déraillement volontaire de train, crime de jalousie… ce roman de Zola est souvent dénommé un thriller, et c’est vrai que de ce point de vue l’action est rondement menée avec beaucoup de suspens et se lit sans souffler, et que les crimes y sont d’une grande variété et fort bien décrits : un vrai plaisir !

Zola a créé u lieu maudit la Croix de Mauffat, propriété sise à côté de la voie ferrée entre le Havre et Paris, et ses environs, dont  la maison du garde-barrière. , un lieu qui attire le mal.

Ce récit de crimes, n’en est pas moins un roman de mœurs avec beaucoup de documentation sur les développements du chemin de fer en 1870, et les conditions de travail des ouvriers extrêmement dures.

La locomotive, seul vrai amour de Jacques, est humanisée et magnifiée. Les hommes et les femmes, qui ont su créer d’aussi belles et utiles choses se conduisent comme de vraies bêtes… humaines car les humains tuent pour d’autres raisons que les animaux.

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 23:11


l'amour harcelantGallimard 1995, 280 pages

 

 

C’est  le premier roman de cette auteure  et j’ai commencé par le troisième Poupée volée, suivi par le second Les jours de mon abandon pour finir donc, complètement à l’envers, par son premier opus.

 

Delia, 45 ans,  a perdu sa mère : Amalia s’est noyée dans la baie de Naples, vêtue de son seul soutien-gorge, un modèle aguicheur dont elle n’usait pas d’ordinaire.

Ces derniers temps, Amalia téléphonait à sa fille sans raison précise en riant de façon étrange et  obscène ;

Delia s’installe dans l’appartement de sa mère découvre qu’elle avait repris contact avec son ancien amant, un associé de son père. Le passé revient.

Lorsque Delia était petite, sa mère le retrouvait dans le sous-sol d’une confiserie. Des déboires conjugaux s’en suivirent et Delia, n’y était pas pour rien, mais elle avait ses raisons. Mal remise d’une enfance perturbée, elle tient à son célibat.

La femme fait une enquête : l’ancien amant de plus en plus allumé et hardceleur , avec un beau brin de sénilité en plus, inquiétait même son  entourage.

L’histoire est sordide les personnages vulgaires, fuyants, et à la fin du roman on n’a guère d’espoir pour Delia toujours plus proche de la défunte, amour et haine mêlés.

Dans ses trois roman Elena Ferrante s’emploi à créer une atmosphère déstabilisante avec succès. Sauf qu’ici le malaise est vraiment très fort, et à l’opposé des deux autres romans, la crise ne se résout pas, les personnages n’évoluent pas, le récit  ne sort pas de la glauquerie.

Même si ce roman comme les deux autres, possède une grande qualité d’écriture, de belles métaphores, un langage cru maîtrisé, je ne suis pas sûre que j’aurais lu les deux suivants, si j’avais commencé par l’ordre chronologique ….

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 11:02

 


Gallimard ( l’Imaginaire)1986, 255 pages.


Publié en 1935, c’est un de ses premiers romans.

Bowen

 

 

                    Deux enfant anglais se rencontrent rue Sylvestre Bonnard dans la maison qu’habitent  Miss Naomi Fisher et sa vieille mère souffrante. Deux enfants  qui vont partager quelques désarrois,  pas toujours enfantins.

Henriette, onze ans, orpheline de mère, a perdu sa gouvernante.  Son père l’envoie chez sa grand-mère à Menton car il ne sait qu’en  faire. Elle va passer la journée chez les Fisher entre deux trains.

Léopold, neuf ans,  arrive d’Italie ; sa famille adoptive l’envoie chez  les Fisher pour rencontrer sa mère qu’il n’a pratiquement jamais vue.

Cette première partie se joue entre les adultes, dont on devine certains émois, mais les enfants en sont les figures principales. Léopold  intercepte du courrier et apprend sur sa famille des précisions plutôt bouleversantes. Pendant ce temps Henriette va faire à Mrs Fisher une visite de courtoisie. Quoique proche de la tombe, la vieille dame reste énergique. On comprend que c’est une tyranne domestique, et que sa fille est plus ou moins sa victime… Si ce n’était qu’elle !!

La deuxième partie nous mène dix ans plus tôt, lorsque Karen 20 ans, attend le jour de son mariage, après avoir étudié la peinture à Paris. Elle était pensionnaire chez les Fisher comme d’autres étudiants. Sa jeunesse est déjà presque finie !

La troisième partie, courte, offre le dénouement de l’histoire… 

 

 

J’ai apprécié les descriptions aussi bien de paysages que de gestes, faits et pensées. Comme souvent avec Bowen, c’est subtil, et plein d’arrière- plans implicites, une manière d’écrire que j’adore.

Mrs Fisher est un personnage redoutable, les autres plus ou moins victimes sont bien dessinés. Les enfants sont très attachants; le récit  devient légèrement ennuyeux lors de rencontres secrètes entre deux amoureux,  bien longuettes alors qu’aucun d’entre eux ne sait ce qu’il veut.

Il faut reconnaître qu’Elizabeth Bowen est bien plus anglaise qu’irlandaise !  Lorsqu’elle campe un personnage de femme irlandaise, elle  utilise le cliché : la femme est rousse, gironde, exubérante, provocante, boit  beaucoup et rit tout haut.

En dépit de ces petits défauts, le roman ne manque pas d’intérêt.

 

 

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 23:17

 

 

 

la Femme d'en face roman USA ; Joëlle Losfeld, 2001.

Titre original : The Divining Road., 1998.  ****


Est-ce la route du divin, de la divination, ou de la devinette? Ce roman est il vraiment religieux ?

En tout cas il raconte de façon assez captivante l’éternelle histoire de l’adultère.  Alternance de narration : tantôt l’auteur, tantôt le personnage Simon Bell, à l’état de fantôme mais qui raconte une histoire bien réelle. On est ému par la transformation de Simon Bell prenant conscience qu’il est réellement amoureux. L’auteur conduit l’histoire à la tragédie tout en évitant le mélodrame. Le ménage à trois est campé sobrement efficacement. Simon Bell-Sam Holloway-Délia.

Et aussi la vieille Betty Fowley qui cherche le trésor de son défunt mari avec une baguette de coudrier dans le terrain de golf. Et la petite Maddie Robinson. Le roman se clôt sur elle et Bob Robinson ( le père) qui veulent montrer que la vie continue,  pour Delia en tout cas.

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 23:31


Yvette 2Après le téléfilm enregistré  que j'ai regardé récemment, j’ai eu envie de lire cette nouvelle de Maupassant ( d’environ 100 pages) sur Yvette jeune fille de 18 ans qui doit se faire à l’idée qu’elle devra être comme sa mère une « fille entretenue ; »( une courtisane) l’évolution de son caractère est intéressant. D’abord complètement innocente, ou voulant bien fermer les yeux, elle dit à son soupirant  le duc de Servigny, de la demander en mariage à sa mère, car elle ne veut pas lui céder avant. C’est le duc qui lui apprend son  infortune. Je ne peux pas vous épouser c’est impossible… et que sa mère ( Octavie Bardin obligeamment nommée marquise Obardi) n’est pas du tout marquise. Sa mère confirme. Elle était ouvrière et a pu vivre de ses charmes, c’est-à dire dans l’aisance, mais en marge de la société.

Yvette passe par toute une  gamme de sentiments divers. Elle a honte, essaie d’imaginer sa vie en femme honnête, se rend compte qu’elle ne voudrait être ni ouvrière ni religieuse, rêve d’être la fille naturelle d’un roi ( elle a lu beaucoup de romans…)  cherche à se venger de ses soupirants en les ridiculisant ( n’y parvient guère) veut se tuer avec du chloroforme, ne réussit qu’à se droguer, fait la morte…


Contrairement au téléfilm, le personnage principal après elle, n’est pas sa mère, mais le duc de Servigny, plus amoureux d’elle que dans le téléfilm,  d'une personnalité plus complexe, et prêt à l’entretenir sérieusement.

Pour le film on a voulu créer un duo mère-fille assez réussi, (les actrices sont remarquables !) qui n’existe pas dans la nouvelle. Bien que ce soit une nouvelle assez intéressante, j’ai éprouvé un peu  d’ennui à la lire, (mais j’ai eu les larmes aux yeux). Un  peu d’ennui car il n’y a pas tellement d’enjeu ! Yvette devra accepter son destin, rien de plus. 


Le téléfilm nous laisse espérer mieux… on peut le préférer.

 

Anne Parillaud et Ana Girardot Yvette

Anne Parillaud et Ana Girardot ( Yvette)


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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 13:13

le cri du poisson rouge

Eden( Folies d’encre), 2001,  130 pages.

 

Ce récit est écrit à la troisième personne en focalisation interne mais on sent la forte présence du narrateur qui ricane dans la conscience d’un personnage plutôt ridicule.

 

Un écrivain qui n’écrit pas.

Entretenu par sa mère qui occupe nombre de ses pensées, il passe toutes ses journées  devant la page blanche, avec quelques diversions sexuelles ( Claire … Phlippine… Nattacha…) alimentaires (éclairs à la vanille…Pim’s…Nutella) des obsessions (ce bouton sur la joue, un cancer ?... cette alopécie naissante ?) des projets (j’écrirai un jour comme Duras… après avoir lu Moderato Cantabile .Des polars… j’ai toujours eu la fibre populaire . Comme Céline… je suis révolté, et comment !)

Il décide que tous les matins à 7 heures il se mettra à sa table de travail comme Paul Valéry. Ce coup lui est fatal… il se lève de plus en plus tard… et de moins en moins.

 

Le récit est découpée en petites séquences plutôt que chapitres, parfois réduites à une, cinq dix phrases, voire vingt ou trente.  On pense à un autre premier roman «  Un certain regard » de Dick Arnegarn, dont le sujet est le même, mais celui-ci me plaît davantage.


On y dénonce la vision du monde étriquée d’un homme qui tourne en rond dans son appartement comme le poisson dans le bocal, animal auquel il finit par s’identifier....


Ce récit  arrache souvent des fous-rires au lecteur. Mais  plus que de l’humour noir , c’est de l’ironie cruelle et destructrice. L'auteur a de la verve, mais sombre un peu trop dans l'autodérision.

 

 

 

 


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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 23:00

la Ballade de l'impossible1987 ; Belfond, 390 pages.

 

Ce roman ayant été adapté au cinéma, cela m’a donné l’idée de me replonger dans une œuvre de Murakami. J’avais aimé «  A l’est de la frontière, à l’Ouest du soleil »,et  les Amants du Spoutnik,( fort déconcertant par ailleurs !),  mais

 

moins « Kafka sur le rivage ».

 

 

 

Ce roman, l’un de ses premiers, est un récit de formation traité sur le mode romantique, tout autant qu’une longue méditation nostalgique.

A l’âge de 37 ans, Watanabe, le narrateur, entend la chanson des Beatles « Norvegian Wood », et sombre dans la tristesse.

Cette chanson était la préférée  de Naoko, son amour de jeunesse, dix-huit ans plus tôt.

Watanabe s’immerge dans les souvenirs. Il venait d’intégrer l’université en 1968, pour étudier le théâtre  occidental, dans sa dimension littéraire.  Le suicide de son ami Kizuki l’affecta profondément. Il commença à sortir avec Naoko, l’amie de cet ami, pour la consoler, et aussi tenter sa chance auprès d’elle.  La jeune fille ne tarda pas à sombrer dans la dépression, fut admise dans une maison de santé d’inspiration antipsychiatrique, où elle se fit une amie Reiko, qui met un peu d’animation et d’allégresse dans le  sinistre parcours de Naoko , que Watanabe s’efforce de partager.

Watanabe nous raconte sa relation avec Naoko, pendant deux ans, l’attente de sa guérison, sans véritable espoir, ses rencontres avec une autre jeune femme Midori, et un étudiant plus âgé, tout deux  plein d’énergie, qui l’aident à survivre. Il éprouve l’ennui fréquemment, le bonheur de temps à autre, la confusion surtout.

L’étudiant nous conte aussi son intégration sociale difficile:  il ne s’intéresse pas beaucoup à ses études, bien que passionné par la lecture. Il reste étranger à l’agitation politique en vigueur à l’université, et s’efforce d’être hors-norme, en lisant les auteurs qui ne sont surtout pas à la mode. Le Gatsby de Fiztgerald revient plus d’une fois dans le récit. Il devient conscient des différences de classes sociales…

Ce roman contient de belles pages : la promenade mortifère avec Naoko dans une plaine, où se trouve un puits sans fond est d’une grande beauté poétique. Certaines évocations de Midori ou de son camarade de chambre, sont empreintes d’un comique bienvenu.

Mais la plupart du temps, le récit se noie dans la répétition de petits détails fastidieux, qui n’apportent rien à l’ensemble. Pourquoi les repas, et les actes sexuels, les plus significatifs comme les plus insignifiants, sont-ils décrits par le menu, avec autant de répétitions peu variées ?

 

 

Après la page 150 le récit a commencé à m’ennuyer, mais je l’ai poursuivi néanmoins jusqu’à son terme.

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