Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 23:46

le tiroir à cheveux 


POL, 2005, 135 pages.

 

La narratrice dont on ignore le nom a vingt ans, et vit dans un petit studio avec ses deux petits garçons Pierre et Titouan.  Au début, nous croyons que Pierre est le bébé, et Titouan l’aîné, puis nous découvrons lentement que Pierre est lourdement handicapé : il a cinq ans, ne parle ni ne marche ne tient pas droit et elle le nourrit avec une pipette.

Cette très jeune femme l’a eu à quinze ans, et n’a rien dit à personne. L’environnement hostile ( son père, un gendarme despote, le père de l’enfant, un ado irresponsable) l’ont forcée à  dissimuler si bien sa grossesse et le début du travail d’accouchement que la naissance difficile n’a laissé aucune chance à Pierre. Sinon d’avoir une mère aimante, qui guette le moindre signe d’intelligence ou de satisfaction chez son enfant.

La jeune femme travaille dans un salon de coiffure, et c’est une véritable vocation car elle nourrit une passion pour les cheveux et l’art du coiffage. 

Il y a là comme un symbole du tissage et du filage. La narration est elle-même admirablement tissée, de façon à nous imprégner de cette atmosphère douloureuse et pleine de vie.


Petit à petit, nous apprenons son passé d’enfant et d'adolescente, à la fois malmenée et  laissée pour compte, dans un village où l’on vit de façon rude et frustre. La mère de la narratrice veut sans doute se racheter en cherchant à faire admettre le petit Pierre dans un centre pour handicapé, mais la jeune femme s’y oppose, en vain, bien qu’elle ait au moins une amie, sa voisine qui lit tout le temps « une intello »…sa voisine qui l'admire " d'avoir eu cet enfant défendu" d'oser vivre cette vie difficile, comme si elle l'avait choisie, avec autant de passion que de pragmatisme.

 


Cette histoire éprouvante, est racontée dans une langue magnifique, poétique, des métaphores simples et éclairantes, on est tout de suite très ému, dès les premières lignes,   mais l'auteur a  un sens profond de la retenue, évite tout sentimentalisme,  et conserve l'émotion entière.


Je voulais mettre des extraits, mais je m'aperçois que j'ai déjà rendu le livre...

 

Ce récit est aussi bon que «  les mains gamines » ( 2008) et supérieur encore aux «  Adolescents troglodytes ».

 

Emmanuelle Pagano est un écrivain majeur révélé  en ce début de 21eme siècle. Elle rencontre davantage qu'un succès d'estime, mais n'est pourtant pas assez lue à mon avis.


En mars, elle  a publié un recueil de nouvelles que je chroniquerais plus tard.

Partager cet article
Repost0
31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 13:14

  Des corps

 

 

 

 

Gallimard, 2010, 142 pages.

 

Deux monologues à la troisième personne du singulier, pour faire parler deux femmes en pleine crise conjugale à un siècle de distance : Claire et Henriette. Leurs propos sont alternés et l’on passe de l’un à l’autre sans transition, le monologue de l’une s’interrompt au milieu d’une phrase pour reprendre et s’achever dans la narration de l’autre.

Cet effet de style devrait nous faire sentir que les deux femmes sont semblables même si leurs histoires sont très différentes. D’autres correspondances viennent rendre ces femmes solidaires : le rôle positif joué par le piano, la tendresse et la crainte pour leurs petites filles, une panne de voiture, et leurs hommes, qui sont vraiment minables, dans un cas comme dans l’autre.

De nos jours, Claire vient de rentrer de vacances avec sa petite fille de 5 ans et ne veut pas regagner le domicile conjugal. Elle s’est rendu compte, depuis un moment déjà, qu’elle "n’aime" plus son mari. Plus exactement : elle ne le désire plus. Un matin, au petit déjeuner, il lui est apparu comme « un petit garçon » et l’homme en lui, elle ne l’a plus perçu. En psychanalyse on dirait « son mari n’a plus le phallus ». Non seulement il n'a plus le phallus, mais il n'a pas le statut d'homme à ses yeux. Elle a commencé à s’ennuyer à son côté, et à détester les amis qu’ils fréquentent.

La séparation est inévitable, car Claire a de bons revenus qui vont lui permettre de vivre seule, probablement avec la garde de son enfant.

C’est tout pour l’intrigue. Claire se retrouve en panne de voiture, abandonne cette voiture, trouve sa valise trop lourde, l’abandonne aussi, erre un moment avec sa petite fille, se saoule pour se retrouver dans une chambre d’hôtel extrêmement confortable, et se souvenir de son métier, rare et difficile, elle fabrique des pianos de concert.

Le mérite de l’auteur, c’est d’avoir montré une femme qui ne quitte pas son mari « parce qu’elle a rencontré quelqu’un d’autre », comme c’est trop souvent le cas dans les fictions, mais une femme qui se rend compte qu’elle aspire à vivre seule, et qu’elle est prête à « s’aimer ».

Henriette, l’autre femme, en 1914, désire encore Joseph, son second mari, homme politique embarqué dans une situation difficile, mais lui s’est trouvé une maîtresse, qu’il partage avec un journaliste. Henriette est à la fois déprimée désespérée et folle de rage. Dans cette situation périlleuse, elle manque de se perdre mais choisit la vie… l’histoire est inspirée de celle d’Henriette Caillaud, dont l’aventure  est bien connue.

Tout cela est rendu dans une narration «  à fleur de peau », vive, exubérante, bien rythmée, de façon à nous faire éprouver les sentiments les sensations le chagrin, au cours d’évocations, d’énumérations, et de détails réalistes ; certaines phrases sont bien trouvées, d’autres un peu convenues. Certaines situations bien rendues, restent dans l’esprit du lecteur : le mari devenu stupide aux yeux de la femme au petit déjeuner, la petite fille jouant du piano tandis que sa mère observe à la fois cette enfant et son père tourné vers sa maîtresse.

 

 

l'avis d'Anis

Partager cet article
Repost0
15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 23:38

Oates Little Bird of the Heaven BO2,204,203,200 PIsitb-stic

 

 

 

Zoé Kruller chanteuse de country tendance Blue Grass (son tube est Little Bird of the Heaven, cette chanson existe réellement) et employée dans une laiterie, est  assassinée en Février 1983. On a suspecté son mari Delray, métis, réparateur de voiture, et Eddie Diehl son amant de longue date. Ils ont été relâchés sans preuves.

La première narratrice est Krista Diehl, fille d’Eddie. Elle avait onze ans lorsque son père fut accusé de meurtre. Eddie était mécanicien, alcoolique, imprévisible, vulgaire, menteur et fêtard. Il ne s’entendait plus depuis longtemps avec Lucille son épouse (présentée comme terne, creuse, stricte, désagréable, par sa fille).

A partir du moment où Eddie est suspecté du meurtre de sa maîtresse, Lucille engage une procédure de divorce ; bientôt Eddie n’a plus le droit de s’approcher de ses enfants (Krista a un frère). Il continue à venir chercher Krissie en voiture de temps à autre, et à la conduire dans un bar qu’il connaissait. Krissie aime toujours son père, même si elle n’a pas trop confiance en lui. Elle le suit dans ce bar  mal famé, se demandant avec angoisse et plaisir s’il ne va pas la kidnapper…

Un flash back nous ramène peu après l’assassinat, Krissie se rend au domicile de feue Zoé, et y rencontre sa colocataire Jackie De Lucca. S’en suit un long monologue alcoolisé de Jackie (quinze pages de larmoiements). Cependant Krissie n’apprend rien sur le meurtre. Jackie sait des choses mais si elle les dit, la police ne pourra la protéger.

Krissie aimait et admirait Zoé presque autant que son père; elle les a surpris chez elle, son père et Zoé, quelque temps avant le meurtre. Trop jeune pour en déduire l’adultère.

Krissie perd son père à l’âge de quinze ans ; il est tué par les flics dans une embuscade. On pense qu’il n’avait plus envie de vivre.

Krissie tombe amoureuse d’Aaron le fils de la victime.

La narration est achronologique, les évocations de Krissie concernent plusieurs scènes de sa vie, avant ou après l’assassinat, de onze à quinze ans.

Et Aaron devient narrateur à la 3 eme personne, autre point de vue, un pauvre garçon qui a trouvé le cadavre de sa mère ( un beau passage terrible et émouvant) et  dont le père est suspecté comme celui de Krissie. Le garçon veut lui aussi innocenter son père, et lui founit carrément un alibi.

Une situation qui finira par  rapprocher les deux jeunes gens de façon violente.

 

Le maître mot du roman c'est la violence dans les rapports humains. Des personnages confrontés bien jeunes à des situations extrêmes. C'est aussi un récit qui oscille entre tragédie et mélodrame...personnellement je n'aime pas trop l'aspect mélo.

 

Il y a un épilogue assez long et que j'ai trouvé décevant. Parce que le roman a un côté enquête criminelle,et que la fin ne correspond pas à ce que l'on espérait.

 

Je suis arrivée au bout, j'en reviens pas! non que le style ou la langue soit difficile à comprendre. Mais Jackie De Lucca m'a presque tuée...

 

 

Franchement, Oates en fait trop dans ce roman. Si je devais le traduire, je n’aurais pas envie de garder tout des interminables monologues de Jackie !! Et je souhaiterais couper d’autres passages aussi.Il ya de tout, du pire et du meilleur...mais dans l'ensemble ça se veut lyrique et c'est souvent ennuyeux.

On aime le personnage de Krissie on aime sa façon de ressentir les événements qui ont gâché sa vie. On comprend sa fascination d’enfant pour son père et Zoé, pour ce milieu marginal de petite délinquance, alcool, drogue…   mais Krissie n’évolue pas assez. Et tout cela est bien trop long et trop bavard ! Je serais curieuse de savoir ce que donne la traduction (non parue encore).

Krissie ressemble  à deux autres héroïnes celles de «  Fille noire, fille blanche » très attachées à leurs pères aussi, ce qui leur pose des problèmes… ainsi qu’aux «  Mulvaney » à cause d’un drame qui disloque la famille.

 

A écouter

Partager cet article
Repost0
8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 23:22

dans-le-cafe-de-la-jeunesse  

Folio, 2007, 148 pages.

Dans un café du quartier de l’Odéon se réunissent tous les jours quelques hommes d’âges divers portant des noms comme des pseudonymes : La Houppa, Zacharias, le docteur Vala, Bowing… l’un d’eux (Adamov) est célèbre. Tous sont bohèmes, un peu perdus, autrefois délinquants, à se réinventer une vie, alcoolisés.


Parmi ces hommes, il y a une femme, Louki.


C’est l’existence de cette femme, sa trajectoire, que vont évoquer tour à tour quatre narrateurs ; Le premier, est étudiant à l’Ecole des Mines. Attiré par Louki, il la trouve mystérieuse, peu causante, et se pose des questions sur son compte. Lui-même bien timide, n’ose s’adresser à elle, non plus qu’aux autres. Il se sent différent.

Grâce à un agenda tenu par l’un des participants, il retrace les passages de Louki dans le café, le jour où elle est venue pour la première fois, les heures où elle vient, le livre qu’elle lit »horizon perdu » ,l’homme qui l’accompagne… et cette enquête si elle fait surgir des êtres et des lieux, ne fait , d’abord, qu’épaissir le mystère de Louki.


Le second narrateur, Caisley, est bien plus doué. Détective privé, autrefois espion, il enquête sur Louki à la demande de son mari ; elle a déserté un soir le foyer conjugal et n’a jamais reparu.

Caisley découvre l’enfance errante de Jacqueline (prénommée Louki) seule sans un petit appartement de Montmartre alors que sa mère « travaille «  au Moulin Rouge, ses fugues, le manque d'argent, sa fréquentation de Guy de Vere, spécialisé dans les sciences occultes… et l’ayant repérée, décide de n’en rien dire à son mari. Il est sous le charme de Louki.


C’est Louki elle-même qui est en charge du troisième récit. Elle évoque le quartier où elle a vécu (Montmartre) ses escapades d’abord timides puis plus enhardies pour aller plus loin, plus haut ( Montmartre pour moi c’était le Tibet), ses lectures de science fiction, puis d’ésotérisme, la quête éperdue d’un sens à donner à l’existence. « Je n’étais vraiment moi-même qu’à l’instant où je m’enfuyais. Mes seuls bons souvenirs sont des souvenirs de fuite et de fugue ».

Personnage modianesque typique, elle cherche ardemment à transcender cette vie de jeune fille pauvre, sans perspective d'avenir. En éprouvant l’exaltation des fugues, de couper les ponts, d’être dans ce moment de transition où l’on quitte une vie pour commencer autre chose.

Mais cela va plus loin...

« J’attendrais bientôt le bord de la falaise et je me jetterais dans le vide. Quel bonheur de flotter dans l’air et de connaître enfin cette sensation d’apesanteur que je recherchais depuis toujours ».


Le dernier témoin c’est Roland. L’amant de Louki, est comme elle, un nomade vivant un temps dans une chambre d’hôtel puis dans un autre; ils arpentent Paris, fuyant certains quartiers qui leur rappellent de mauvais souvenirs, cherchant des repères dans d’autres, marchant inlassablement jusqu’au Condé ou ailleurs ; Roland tente d’écrire sur » les zones neutres » : « Il existait à Paris, des zones intermédiaires, des no man’s land où l’on était à la lisière de tout, en transit, ou même en suspens ». En fait, ce sont des endroits où l’on éprouve l’absence, où nul ne pourrait venir vous chercher, où l’on peut se cacher. Roland tente d’énumérer tous ces lieux… peine perdue ! A mon avis, tout ce qui prend vie sous la plume de Modiano est zone neutre, no man’s land, où l’on se cache, où l’on vit incognito.

 Epris de philosophie, c’est surtout l’Eternel retour qui fascine Roland. Son « éternel retour »  à lui, c’est revivre certaines choses du passé, les magnifier pour les réécrire. Et ces choses ce sont Louki, la femme qu’il aime, et tout ce qui l’entourait.


Patrick Modiano a composé là un itinéraire parisien poétique, où les lieux comptent autant que les êtres, un récit dont l’action réside dans les incessantes déambulations de personnages dans les rues le jour, la nuit…On n’a jamais évoqué Montmartre comme il le fait ! Ce fameux " château des Brouillards" qui,dans la réalité , n'a que son nom pour lui... Sans compter les autres quartiers.

C’est une extraordinaire recréation de lieux où l’on vit « comme en suspens ».

 

 

Partager cet article
Repost0
5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 14:23

les-separees,M67679

Sabine Wespieser 2012, 181 pages.

 

C’est un roman à deux voix. Celle de Cécile, tombée dans le coma à la suite d’un accident, et qui s’adresse silencieusement à Alice. Car elle est toujours consciente mais ne peut se manifester.

L’autre à la troisième personne livre le point de vue d’Alice plus distancié.

Elles se connaissent depuis l’enfance et on été longtemps amies, même mariées et mères.

Alice vient d’une famille d’origine arménienne (comme l’auteur ?) aux moyens modestes, très soudée. La mère de Cécile, indépendante, a divorcé peu après sa naissance. Elle a été libérée de son mari plus ou moins tyran domestique, mais Cécile en a pâti. Elle comptait sur Philippe son demi-frère, mais lui aussi vit mal dans cette famille décomposée, puis recomposée plusieurs fois.

L’histoire est celle de l’amitié forte mais plusieurs fois remise en question de Cécile et Alice.  Elles se sont jalousé, aimées, ont tout partagé, et tout rejeté, ont été complices puis rivales,  La situation actuelle montre Cécile dépendante d’Alice, et le déroulement du récit  égrène les moments heureux et difficiles de cette amitié.

 Un récit psychologique avant tout, écrit de façon simple et sans beaucoup de surprises ni dans la forme ni dans le contenu.

Les trois personnages principaux (Alice Cécile et Philippe) sont campés, quoique assez conventionnels. La relation de Philippe et d’Alice est assez bien vue.

J’ai noté certaines incohérences dans le récit ; puisqu’Alice a déjà pris un amant ( en même temps que son mari une maîtresse semble-t-il) pourquoi est-elle si choquée lorsqu’il s’en va ? De plus, c’est elle qui le lui a demandé !  Je ne suis pas arrivée à comprendre quelle était réellement l’activité professionnelle de Cécile. Je n’ai pas compris pourquoi elle s’était séparée de son mari. Peut-être n’ai-je pas été attentive, parce que le récit m’ennuyait ??

Pire… je n’ai pas vraiment compris pourquoi les deux femmes se sont si violemment fâchées. Leur réel sujet de discorde, Alice ne l’apprend qu’à la fin, alors qu’elles sont séparées depuis longtemps !

Lorsque le récit se fait narration pour informer de la vie des filles, c’est banal : «  Alice croisa Thierry. Il fut le premier, ils couchèrent ensemble aussi simplement qu’ils s’étaient embrassés. Elle ne ressentait pas ce qu’elle avait éprouvé avec Philippe mais n’en avait pas conscience. Ses parents la laissaient dormir chez Thierry dont la famille de commerçants travaillait à l’extérieur … »

Voilà  le début d’un passage qui nuit au récit. Ce Thierry n’a absolument aucune importance dans l’histoire, de même qu’un certain Patrick, rencontré encore plus tard, et même le mari d’Alice est inconsistant. C’est dommage car il a un rôle à jouer, mais n’ayant pas de personnalité, on a peine à y croire.

Pourquoi ne pas se focaliser sur les deux ou trois êtres qui ont vraiment de l’importance pour Alice ? Le problème des personnages secondaires dans tout récit est difficile à gérer : On doit les faire exister. Ici, les maris des deux femmes apparaissent interchangeables, le père de Cécile odieux, le père d’Alice si chaleureux sont des figures attendues, pas creusées. Les deux sœurs d’Alice n’existent que par leurs prénoms. Elles ne servent à rien dans l’intrigue !

 

Pour ce qui est des sentiments, on reste dans un flou, un bavardage peu convaincant. »

«  La colère qui affleurait lorsque je pensais à toi ne gronde plus. Un flux sourd et violent qui avait pris insidieusement ta place. Je m’adresse à toi sans rien ressentir. La rage a-t-elle fini par se retourner ? J’ai souhaité qu’un désastre s’abatte sur ta vie, terrifiée par la force de mes pulsions…

Pas très éclairant…

Partager cet article
Repost0
1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 09:29

l'Invitation à la vie conjugale. SL500 AA300

 

 

Invitation to the Married Life 1991

Folio 2006, 441 pages.

 

Frances Farthingoe a décidé d’organiser une somptueuse soirée dansante pour le mois de septembre dans cette grande et sombre maison où elle vit près d’Oxford, avec son mari Toby et sa fillette Fiona. Il y aura environ trois cent invités, et les invitations sont envoyées quatre mois à l’avance.

Nous suivons le quotidien de quatre couples et deux personnes seules pendant ces mois et, dans une seconde partie plus courte, tout au long de la fameuse soirée.

Frances organise une réception grandiose, parce qu’elle s’ennuie chez elle.  Ne travaillant pas, elle a besoin de projets à réaliser sur le long terme. Analyste programmeur, son époux passe ses journées sur un ordinateur, et ses nuits  à camper dans  la forêt toute proche et à observer la vie des bêtes nocturnes. Les centres d’intérêt des deux époux sont fort éloignés…Frances aime encore Ralph Cottingham, avec qui elle a été liée autrefois.

Il en est de même pour Rachel et Thomas, deux de leurs invités comptant parmi les amis proches.

Thomas passe toutes ses journées dehors à s’occuper d’import-export, et de sa maîtresse du moment. Rachel ne fait pas grand-chose de ses journées. Elle a pris l’habitude de se coucher le jour pour dormir de longues heures dans leur belle chambre à coucher. Dormir, rêver peut-être ? Non ! Même pas… Ces époux craignent de se retrouver ensemble, car « il faudrait trouver un sujet de conversation ».

En revanche, Mary et Bill, couple septuagénaire vivant à la campagne, s’entendent bien : Mary cuisine et Bill coupe du bois. Tous deux adorent leur jardin. Ils font de longues promenades sur la plage avec le chien.

Ursula leur fille et Martin leur gendre sont un autre couple parfait, toujours amoureux. Elle est architecte paysagiste, lui professeur d’économie. La seule ombre au tableau c’est Ralph, leur ami amoureux sans espoir d’Ursula.  

Que va-t-il se passer pendant ces quatre mois ? Pas grand-chose, sauf que Thomas, amateur d’aquarelles du 19 eme siècle représentant des paysages, ne va trouver des toiles vraiment belles, et tomber amoureux du peintre, Rosie, une femme qui pourrait être sa mère…

 

C’est la vie quotidienne que nous partageons, les petits bonheurs, les craintes, les déceptions, les affolements passagers, de ces personnes. De lentes évolutions se préparent, qui trouveront leurs accomplissements dans la fameuse soirée…

L’art de l’auteur est dans la description réaliste, minutieuse et détaillée de ces quatre mois de vie de personnages qu’on peut trouver un peu trop « normaux ». Le ton est ironique, souvent, féroce quand il le faut, et il y a quelques scènes amusantes. L’auteur, cependant, a de l’empathie pour ses personnages. Les portraits ne sont pas « au vitriol », et il n’y a ni drames, ni fortes intrigues, comme chez d’autres romancières anglaises. C’est avant tout un roman d’atmosphère, et comme tel, il est réussi.

 

C'est une lecture commune avec Anis et j'ai hâte de connaître son avis

 

Partager cet article
Repost0
23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:39

le premier amour

Livre de Poche, 2009 280 pages.

 

Véronique Olmi j’avais lu d’elle Bord de mer, histoire courte d’une mère désespérée et de ses enfants réduits à une extrême pauvreté. Sans être originale, elle écrit correctement, avec un peu de mélo mais ça passe, et a le sens de l’intrigue. C’était là mon souvenir d’elle. En parcourant sa bibliographie, je me suis aperçue qu’elle s’était nettement orientée vers le roman d’amour.


Une femme d’âge mur, lit les annonces de Libé ces fameuses annonces romantiques où l’on donne des rendez-vous d’amour urgents, à moins qu’on ne rappelle à quelqu’autre une passion d’autrefois. Elle les lit le jour même où elle doit fêter ses 25 ans de mariage. D’habitude, elle ne les lisait pas. Et, incroyable, c’est elle qu’on recherche !


J’étais curieuse de savoir ce que l’on pouvait faire d’un tel sujet !


 «  Emilie, Aix 1976. Rejoins-moi au plus vite à Gênes. Dario. »


Emilie a connu l’amour. Avec Dario et à l’âge de seize ans. Elle s’en rappelle si bien qu’aussitôt elle fonce en voiture à Gênes, où elle n’est encore jamais allée. Laissant un petit mot à Marc son mari.  A propos d’Italie, elle se souvient de cette médiocre lune de miel avec lui, à Venise, un hôtel minable (t’aurais préféré rester à la maison ???).


En route, elle rencontre des gens un peu bizarres et elle se sent bien. Elle a pris l’autoroute du soleil, et on est en été. Elle évoque Dario et leurs amours adolescentes. Ça commence bien «  la première fois que j’ai vu Dario, il en embrassait une autre ». Mais, fine mouche, elle se rend compte que Dario embrasse beaucoup de filles, et son regard dit qu’à cet exercice, il s’ennuie poliment.

Son regard.

Car l’évocation que nous livre Emilie, ce sont des regards, des gestes, des mimiques, des attitudes. On sait à quoi ressemble Dario, mais pas ce qu’il dit, ni ce qu’il fait, ni à quoi il joue. Un certain nombre de personnages sont mis en scène dans le roman, aux quels sont attribués des phrases de dialogue, des pensées, des activités concrètes. Tous, sauf Dario. De sorte que ce personnage reste évanescent, inconsistant. On apprend même que lorsqu’il est parti pour Gênes, avec ses parents et un sanglot dans la voix, il n’a donné pas de nouvelles jusqu’à la fameuse petite annonce. » Nous nous sommes dit au revoir un peu pressés, un peu gênés, tristes à en crever… et puis bien sûr sa mère l’a appelé, avec des mots gentils, des mots que je ne lui dirais jamais « mon cœur » «  mon petit ange » » Dario mon chéri, tu es où ? » En effet, c’est la question ! Pour le lecteur, Dario n’est jamais nulle part…il se délite dans des phrases sans vraies significations.

 On ne sait pas si Emilie a écrit des lettres restées sans réponse ??? (Il semble que non). Bref, on saisit de moins en moins ce qui la pousse vers Gênes ; en route, elle rencontre sa sœur Christine, trisomique(le personnage le plus intéressant) et sa fille aînée, cela met un peu d’animation. J’ai tout de même voulu savoir la fin.

A la fin, c’est comme au début…

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 18:01

Une existence tranquille A300

 

 

 

 

1990 édition originale

1995 Gallimard, 289 pages.

 

C’est le récit de Mâ âgée de vingt ans, elle dit avoir atteint sa majorité depuis peu.  Elle  relate sept mois passés à s’occuper de son frère handicapé Oeyore, avec l’aide épisodique d’autres personnes, en l’absence de ses parents. Son père est parti en Californie, comme écrivain en résidence, et sa femme l’a accompagné, car il avait besoin de son soutien moral.

 

Ce garçon handicapé âgé de 24 ans dans le roman, les lecteurs d’Ôé  le connaissent déjà, car il est au centre de son œuvre, à l’exception des premiers récits de l’auteur.  Aucun des membres de cette famille n’est un personnage fictif, même si l’on se doute que des détails ont été modifiés. Cela fait  bizarre  d’imaginer l’auteur en train de se mettre dans la peau d’une fille de vingt ans ( la sienne très probablement) pour écrire le récit.

 

Mâ aime énormément son frère, mais  à l’annonce du départ de ses parents, elle évoque son avenir où à son avis, elle devra se charger d’Eoyore, y compris lorsque ses parents ne pourront plus le faire, ce qui ne lui permettra pas de se marier… ces sept mois seront donc un avant-goût de son avenir.

Nous allons découvrir la personnalité riche et complexe de cette jeune fille.  Elle s’est sentie quelque peu handicapée comme son frère, et souffre d’un symptôme curieux qu’elle appelle «  la métamorphose en automate » lorsqu’elle est très contrariée. Cela ne l’empêche pas d’étudier la littérature française à l’université et de préparer un mémoire sur «  Rigodon » de Céline. Ce choix, on le verra, est relié au handicap de son frère.

 

A vrai dire, nous découvrons les efforts faits par les membre de cette famille pour résister à la situation "handicapante " générée par la vie (pas tranquille du tout, bien sûr!) aux côtés d'Eoyore,  tout en maintenant une forte empathie à son endroit.

 

Cette expérience de chef de famille est un vrai récit d’apprentissage. Au fur et à mesure des problèmes qui se posent, Mâ cherche des solutions dans la littérature, la théologie, le cinéma,  dans la fréquentation du professeur de musique d’Eoyore (le frère handicapé est également mélomane et compositeur) et de sa femme. Ses parents sont loin, mais elle communique d’autant mieux avec eux, par courrier essentiellement.J'ai bien aimé que le père et la fille se racontent leurs rêves, et se les interprètent.

 Ses relations avec son entourage évoluent, et certains épisodes difficiles de ces mois-là, notamment un enterrement au village de son père, de mauvaises rencontres, les crises de son frère, lui permettent de vivre mieux.

Ce roman ne possède pas réellement d’intrigue, mais il est vivant, intelligent, souvent humoristique, et l’on s’attache vraiment aux personnages. On est ému de "rencontrer", si j'ose dire, une famille dont les membres cherchent sincèrement à communiquer les uns avec les autres, et conquis par la richesse de leurs échanges. On est effrayé aussi d'imaginer la vie avec une personne handicapée, si bien , si concrètement rendue.

Partager cet article
Repost0
18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 10:33

les-raisons-de-mon-crime,M67235

Gallimard, 232 pages, 2012.

 

 Marianne, la narratrice, a décidé d’écrire un roman sur sa cousine Martine.

Elle la connaît peu.

Lors de vacances chez leur grand-mère maternelle, Pépée la Guenon, Martine fascinait et terrifiait Marianne, plus jeune et mieux élevée, jusqu’à une conclusion inattendue, où la cadette prit le dessus grâce aux fourmis... A l’âge adulte,  la mère de Marianne a su échapper à sa famille d’alcooliques dégénérés… on ne se voyait que pour les enterrements.  Les deux cousines ont perdu tôt leurs mères.

Lorsqu’elles se revoient par hasard, bien des années ont passé. Les cousines flirtent avec la cinquantaine.  Graphiste au chômage, Marianne a du temps, s’intéresse à sa cousine qui vit dans une grande précarité, veut profiter de son temps d’inactivité pour explorer, à travers Martine, sa famille Martine est d’accord « Il y aura des mensonges, des inventions, tu m’en voudras, forcément, parce que je ne vais pas être tendre. Je m’en balance, de ta tendresse, ce que je veux, c’est la vérité, que tu dises toute la vérité. Je te raconterais tout, même quand le père de ma fille m’a tiré dessus avec un fusil. Et Jacques, mon frère, tu sais quoi ? Quand les pompiers sont venus, ses organes étaient noyés dans du liquide. Il flottait dans l’alcool, et son foie est revenu par sa bouche. »

C’est parti pour l’enfer ! Martine a un compte à régler avec sa cousine depuis l’enfance, sa vérité ne va pas la laisser indemne. Petit à petit, au fil des rencontres dans le studio de quinze mètres carrés où vit Martine, avec Lucien, Radio-Nostalgie, l’alcool, et des kilomètres de Sopalin et de souvenirs tragi-comiques à dérouler, Marianne entre dans le jeu «  Elle vit avec moi désormais, et je vis avec elle. Je ne pense plus qu’à elle, je parle d’elle à mes amis, je fais des rêves inédits, je dors moins, je me suis mise à boire. Je me rapproche d’elle. » . Martine est devenue le personnage du roman.  

Dans les premières pages, je me sentais à mi-chemin entre Annie Saumont et Régis Jauffret. Puis, très vite, L’écriture de Nathalie Kuperman devient unique en son genre, très prenante, une grande maîtrise de l'oralité écrite, et on ne peut plus se passer de cette famille Maillard! On se sent boire, rire, pleurer, se taper dessus, agoniser, mourir et revivre avec eux.  


 Une belle réussite!

Partager cet article
Repost0
8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 09:25

Oe-Kenzaburo-Le-Faste-Des-Morts-Livre-896640863 ML

 

 

Gallimard, nouvelles

 

 

Ces récits sont contemporains de «  Gibier d’élevage »,( 1958-62) et la toute première Le Faste des morts lança la carrière de l’auteur.

Un étudiant en Lettres se présente à la morgue de l’Institut médico-légal, où il s’est fait embaucher pour une journée. Il s’agit de transférer les vieux cadavres impropres à la dissection, d’une cuve où le liquide de conservation s’est détérioré, à une nouvelle cuve, mieux aseptisée. Chaque cadavre doit recevoir une nouvelle étiquette numérotée autour de sa cheville.

L’étudiant fait ce travail à cause de la rémunération censée être bonne. L’étudiante qui est également embauchée, espère se payer un avortement avec la somme gagnée.

Le récit relate cette journée pas comme les autres. Manipuler des cadavres et être en tête-à tête avec eux, toute une journée, c’est une expérience particulière éprouvante. Le faste est un titre qui paraît cynique. En fait, c’est lorsque un employé négligeant, laisse tomber un corps à terre, et que le gardien de l’Institut médico-légal le morigène de traiter ainsi ses pensionnaires, que l’employé négligent lâche «  Quel luxe pour les morts ! », reprenant ainsi le curieux adjectif du titre.

L’étudiant tente de se faire une représentation neuve, plus exacte, débarrassée des poncifs, du cadavre, et bien sûr de la mort ; après tout la mort est ce qui nous importe dans la vie. A l’aube de sa carrière, Oe vise déjà l’essentiel… pour ce faire, il décrit minutieusement ce qu’il voit, et ressent. L’hyperréalisme, les petits détails concrets de l’opération, voire du quotidien, se mêlent à un lyrisme étrange, à la limite du fantastique «  les morts murmuraient d’une voix lourde et grave dont les échos, multiples et entremêlés, étaient difficiles à distinguer. »

Bien sûr il s’agit d’une danse macabre : dans la cuve, les cadavres bougent, se touchent , se frottent, s’entrelacent » un des morts pivotant lentement plongea au fond du liquide, plongea au fond du liquide, l’épaule la première. Seul, son bras raidi émergea un moment, puis de nouveau le reste du corps remonta doucement à la surface. « 

La matérialité du cadavre, son poids, lui donne la dimension de « chose » que le vivant masque. Puis l’étudiant se met à dialoguer avec les morts ( en fait, il monologue et on le sait) ; il aborde aussi le sujet de la sexualité. Une très jeune morte, qui vient d’arriver sur la table de dissection, lui provoque des sensations…

Un texte d’une grande richesse, et d’une beauté singulière.

 

 

Le Ramier

Dans une maison de redressement, le narrateur est un adolescent délinquant parmi d’autres, enfermé pour expier des actes illégaux dont on ignore la teneur. «  Mais nous qui avions été arrêtés et fondus dans le moule criminel, avant même que notre forfait ne se retourne contre nous-mêmes avec le poids de l’événement, de quel crime pouvions-nous nous repentir ? … nous n’avions pas envie de nous approprier nos crimes comme un bien, au même titre que nos pantalons et nos chaussures »  Solidaires entre eux et pourtant soumis à l’autorité des aînés, notamment « le Marin »qui commande à toute la chambrée et s’est choisi un favori. Le soir au crépuscule, les jeunes ont le droit à un moment de liberté . Il leur arrive d’épier « le métis » fils adoptif du directeur, garçon plus jeune qu’eux, blanc et pâle aux yeux bleus.  Le métis va au collège, joue avec une chienne de race, a des activités personnelles. Cela leur rappelle qu’ils n’ont pas d’avenir «  déviés de la trajectoire de la croissance, isolé du reste des enfants qui eux grandissaient à l’extérieur, dépossédés de toute volonté de grandir… nous étions de jeunes vieillards qui n’avaient besoin d’aucun projet, qui ne souhaitaient devenir personne. »

Mais le narrateur va faire l’expérience de la culpabilité, à travers une série d’événements mineurs en apparence mais qui, pour ces garçons incarcérés, prend de l’importance, et va tourner mal.  Un chien bâtard va copuler avec la chienne racée du « métis » et se faire tuer par un des éducateurs. Les garçons répliquent en tuant la chienne, qu’ils balancent dans un canal qui court le long du mur et sert de décharge municipale. Ce canal, paysage peu ragoûtant, qu’ils contemplent si souvent… Une nuit, le narrateur escalade quelques murs, dans l’intention de s’emparer d’un pigeon ramier, élevé par le gardien du Centre. Arrivé à la cage, il trouve le « métis «  qui l’a devancé…

Une histoire qui peut paraître banale mais racontée de façon si juste, et aussi tellement désespérée que l’on s’y attarde longtemps. Cela tient à l’atmosphère bien rendue, la description soigneuse de ces lieux de désolation, les sentiments ambigus des garçons à l’égard du « métis » et la façon dont ce même garçon est à son tour affecté par la présence et les actes des jeunes détenus, et entraîné dans un processus qui le dépasse autant qu’eux…

 

 

Seventeen

Cette nouvelle met en scène un narrateur qui vient d’avoir ses dix-sept ans. Il se sent « mal dans sa peau » comme on dit et n’a pas de bonnes relations avec sa famille. Seule sa sœur se souvent de son anniversaire, mais c’est pour le railler. S’il reste si longtemps dans la salle de bain, c’est qu’ »il se saisit de sa propre chair ». Il n’a pas d’appui. Son frère aîné avec qui il partageait autrefois des activités, semble avoir sombré dans une sorte de dépression. Père et mère n’interviennent pas, on ne saura pas pourquoi. La sœur seule , semble avoir des idées politiques conservatrices, mais sans plus.

Le jeune homme est obnubilé par la masturbation. Sachant que cette pratique n’a rien d’inquiétant, il reste persuadé que c’est une tare, et  qu’il souffre de maladie.

Lorsque débute le récit, il est déjà violent au point de blesser sa sœur ; mais cela va empirer. Se sentant humilié par ses camarades de classe, et vulnérable, le garçon, dans le monologue qui nous est présenté, va se faire recruter par un organisme d’extrême-droite, l’Armée Impériale et en devenir l’un des membres les plus zélés et les plus dangereux. Au début du récit ce garçon n’est pas bête, et il a même assimilé des connaissances scolaires. Tout cela pour finir!! Ce récit dénonce la sottise et l’infantilisation de pensées voire le délire, qui caractérisent l’extrême-droite. La famille du garçon ne lui est d’aucune aide. Rien de neuf sur ces basculements adolescents dans une délinquance hélas autorisée , mais beaucoup de justesse dans la description du processus.

 

Ce serait intéressant de comparer ce récit avec l'"Enfance d'un chef"; le sujet est le même, et Oe a étudié la littérature française et fait une thèse sur Sartre.

 

Seventeen est paru dans la collection "Folio-deux euros" , vous pourriez le lire séparément. Personnellement je préfère les deux premiers récits...

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Nuagesetvent
  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
  • Contact

Rechercher

Archives Récentes