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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 23:03

Stock-Cosmopolite, 2019, 434 pages.

(Titre néerlandais : Wil )

Anvers, en 1940 : Wilfried Wils se rêve poète, (et écrit de mauvais vers dont il nous laisse parfois, profiter,) mais ne trouvant pas d'emploi, devient policier un peu par hasard,  et l’occupation allemande rend encore plus pénible cette situation qu’il jugeait indigne de lui.

 Il a sympathisé  avec Lode, un collègue dont la sœur le courtise. Lode et son père  cachent un juif mais moins par conviction morale que pour l’argent qu’il leur donne semble-t-il…quant à Wilfried il n’a pas de sens moral. Il aide Lode car c’est ce qui est le moins dangereux pour lui.

 Il fréquente aussi  Barbiche Teigneuse son prof de français, nazi convaincu. Ce personnage est fort bien campé : il nous ferait rire s’il n’était tellement sinistre et (heureusement pour Wilfried pas très futé…)

Wils et son prof  citent Rimbaud à tout propos, et pour Barbiche Teigneuse il ne fait aucun doute que  Rimbaud eût été son allié dans la détestation des Juifs et l’urgence de s’en débarrasser !

Le double jeu de Wilfried,  lui a permis de rester en vie  et d’y garder Lode qui sera loin d’être reconnaissant.  Très âgé à présent, ayant enterré tout le monde, il revit cette période , s’adressant à un arrière petit fils qu’il n’a jamais vu, non sans relater son existence actuelle.

Le nonagénaire  n’a pour toute compagnie qu’une infirmière d’ailleurs sympathique et intelligente, et le passé, cette guerre qui mina complètement Anvers, la détruisit, et où l’on déportait les Juifs (comme ailleurs).

Le récit est très dur, sans concession pour les descriptions et cette survie «  sans foi ni loi ». long et pénible, en dépit du sujet bien traité, des personnages qui font mouche, de phrases bien tournées.

Pourquoi ces restrictions ?

Parce que le narrateur est bavard : il cherche à se justifier de son attitude qui lui a été souvent reprochée (parce qu’ouvertement ambiguë) s’apitoie pas mal sur lui-même. Son histoire d’ »amour » avec Yvette,  la sœur de Lode est relatée de façon assez cynique, comme tous ses rapports avec les gens. Elle est sensuelle et très sentimentale, il est hésitant, reste à distance, comme pour le reste.

Je le classerai pourtant dans les "bons crus " de cette mi-année...

 

 

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16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 23:57

In scènes de la vie parisienne

période 1845-1850 environ

Lisbeth Fisher roturière de province,hébergée  chez les Hulot, veut se venger de cette famille spécialement  de sa sœur  Adeline, baronne Hulot, dont elle est très jalouse. Adeline a fait un mariage d’amour et d’argent, en épousant  Hector, le  baron Hulot ! Lisbeth en a profité un peu en tant que sœur de la belle et vertueuse Adeline ; elle vit dans cette famille mais est restée célibataire : on dit qu’elle a un physique spécial, grande maigre, brune, osseuse,  rien selon le narrateur qu’une parisienne n’eût su arranger à son avantage, mais Lisbeth est restée provinciale… et doit faire des travaux de couture pour améliorer sa condition.

En attendant, Le baron Hulot ruine sa famille , à dépenser à tout va pour ses maîtresses. Adeline reçoit la visite de Célestin Crevel, un amateur de chair fraîche lui aussi ; on l’appelle « l’ancien parfumeur » . Voulant se venger de Hulot, qui lui  avait ravi une maîtresse, il vient proposer ses vieux charmes à La baronne en échange d’une grosse somme d’argent qui la tirerait d’affaire. Adeline a 48 ans ; c’est beaucoup mais « la baronne aurait pu être préférée à sa fille par les amateurs de couchers de soleil » ; or la fille est tout à fait charmante. Bien sûr Adeline, très honnête refuse de se prostituer. Ça viendra, préconise l’affreux Crevel… l’affaire n’est pas mûre…

Après cette pénible scène, Lisbeth court voir son protégé : Wenceslas compte Steinbock, jeune polonais, sculpteur à ses heures, qu’elle entretient chichement, dans un méchant garni, sous les combles. Wenceslas c’est le même genre que Lucien de Rubembré , il est hésitant, charmant, langoureux, doué mais rêveur, paresseux. Lisbeth en est amoureuse à sa façon : il est sa chose….

Et puis, les choses évoluent : il arrive que Wenceslas sorte de sa soupente...

Lisbeth va s'associer avec Valérie Marneffe, une bourgeoise dont le mari veut devenir chef de bureau ;  Valérie est apprentie courtisane et séduit tous les messieurs et les mène à la baguette,  rien ne lui résiste ! Il faut dire que Lisbeth l’aide à sa manière. Toujours dans un esprit de vengeance…

D’amusantes réflexions, beaucoup de verve... des scènes de théâtre nuancées diversement,  comédie, drame, burlesque! Balzac en très grande forme! le contexte politique est très présent aussi.

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 17:16

Gallimard, 1925, 360 pages

 

Gide l’appelle «  son faux premier roman » ; il a été précédé de plusieurs récits  qu’on peut tenir pour des romans ou de longues nouvelles et qui n’ont que peu de personnages : par exemple la Symphonie pastorale ; d’autres livres tenant plus de l’essai : les Nourritures terrestres et des récits burlesques : les Caves du Vatican que Gide appelle « une sotie ».  Je n’ai pas relu ces livres,je le ferai peut-être.

 


 

C’est bien son premier roman dans la mesure où il est assez long et comporte un grand nombre de personnages ;  la genèse du roman, de nombreuses scènes  devant servir à ce roman, et des réflexions sur le genre romanesque, sont relatée dans un texte parallèle «  le journal d’Edouard » , réalité supposée qui jouxte la fiction du roman. Romancier en herbe, auteur du journal, personnage du roman, essayiste à ses heures,  Edouard est la figure principale des Faux monnayeurs. 

Le roman en tant que fiction,  débute avec Bernard, jeune homme qui achève ses années de lycée ; il découvre que son père légitime n’est pas son père biologique. Et quitte la maison après avoir écrit une très méchante lettre à ce «  faux « père qui n’a d’autres défaut que de porter un nom ridicule ( Profitendieu) ; Bernard va se réfugier chez son ami Olivier, autre futur bachelier : ils sont très proches, mais leurs orientations sexuelles sont différentes (on le devine facilement, ce n’est pas dit en toutes lettres,  nous sommes au début du 20eme siècle). C’est un début extrêmement traditionnel : le bâtard est un personnage de roman classique qui part à l’aventure, libéré de ses attaches familiales. Un narrateur omniscient s’adresse au lecteur avec un « nous » un peu ironique, et nous donne de temps à autre, quelques détails sur l’avancement de l’action ou sur ce que nous saurons(ou pas) concernant l’intrigue. Cela aussi est très classique…  Le « journal d’Edouard » n’intervient qu’après quelques chapitres. Nous avons déjà entendu parler d’Edouard par Olivier  qui espère bientôt le revoir.

les récits que narre Edouard dans son journal  à propos des personnages qu’il rencontre et dont il rapporte et commente le comportement, et le roman proprement dit (celui de l’auteur ?) ne différent pas pour ce qui est de l’intrigue et des personnages.

L’intérêt est de montrer un roman en train de se faire et un roman  achevé. De passer  ironiquement d’une réalité supposée ( le journal d’Edouard) à une fiction (le roman) de sorte que nous ne savons pas toujours ce qui ressort de la fiction ou de la réalité supposée.

On aime les notes que prend Edouard  pour s’interroger sur le genre «  roman ». Ces interrogations sont parfois mises en scène. Lorsque Edouard parle de son futur roman avec certains des personnages, ils  entreprennent   une  discussion sur «  faut-il partir de la réalité ou d’une idée pour composer un roman ». Edouard ne veut surtout pas de réalisme, les autres se moquent de lui : si l’on ne part pas de la réalité, rien ne peut advenir !

En accord avec Edouard,  l’auteur fuit le réalisme, en évitant les notations trop concrètes : il ne décrit pas les personnages, seulement leurs pensées et leurs propos ; pour les paysages et les lieux de vie, rien que le strict minimum.

Le titre « faux monnayeurs «  se réfère à un véritable trafic de fausse monnaie perpétré par quelques uns des personnages, mais aussi et surtout à la fausseté des apparences : chacun joue un rôle et triche sur ses pensées et intentions véritables. Certains personnages sont plus faux que d’autres : le comte de Passavent est un romancier à la mode, superficiel, vain, mondain, détestable.

On a dit que les « Faux monnayeurs » préfiguraient le Nouveau roman, je n’y vois rien d’autre qu’un roman classique ; le fait que l’un des personnages tienne un journal de ses rapports avec les autres et s’interroge sur les techniques du roman est un ajout  qui ne détruit nullement  l’illusion romanesque ; je dirai même que parfois ça la renforce ! Quelquefois,  au contraire, les dissertations d’Edouard sont un peu longuettes… le choix de refuser le réalisme conduit à multiplier des notations  psychologiques à présent vieillies.

Le ton des différents récits est assez alerte, l’atmosphère change vite, l’humour le dispute au tragique. Les préoccupations culturelles de l’époque sont mises en scène ; nous y croisons Alfred Jarry, des artistes surréalistes, des réflexions sur la psychologie, bien datées de mon point de vue (mais de nos jours avec le succès du « développement personnel » pourquoi pas )  , et sur la musique moderne. Les jeunes gens du roman sont exaltés, tentés par le suicide, cela ne change pas avec les époques, mais certaines considérations sur le corps et l’âme, le désir de pureté… ne passent plus très bien !

Le principal  défaut du roman c’est  la présence d’un grand nombre de personnages secondaires qui ont l’air prometteurs à leur apparition,  et dont l’auteur ne fait finalement pas grand-chose.  Parmi les personnages principaux, Edouard et Bernard ne vieillissent pas trop mal ; Olivier par contre est plutôt agaçant…  bref ! Les Faux Monnayeurs tiennent-ils encore la route près d’un siècle après ? Plus ou moins…

 

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17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 13:52

Folio-bilingue, 1993, 320 pages.

C’est le premier roman publié de Böll, en 1949, dans lequel il témoigne de son expérience car lui-même fut soldat de la Wehrmacht et déserta plusieurs fois…

Un  jeune soldat allemand, Andreas,  pendant la seconde guerre mondiale. Il est persuadé qu’il mourra dans peu de temps sans être retourné au front, pendant son voyage en train pour rejoindre le lieu des combats. C’est une obsession : il se voit encore vivant à Lemberg, mais pas à Czernowitz… que va-t-il se passer entre ces deux villes ?

Nous sommes en 1943, le train qui emmène les conscrits, est en territoire polonais, occupés par les Allemands, et la population juive y est impitoyablement déportée. A Lemberg, il y a toutefois un noyau de résistance. Andreas n’ignore rien de tout cela.

Le soldat fait connaissance deux deux autres jeunes hommes, traumatisés et désespérés comme lui ; il les surnomme «  le blond « et » le mal rasé, en attendant de savoir leurs noms. Ils parlent de mourir eux aussi, mais de leur part, c’est un souhait plus qu’une certitude délirante …. Notre narrateur, lui ne leur confie rien, ses pensées cahotent du bombardement d’Amiens où il fut blessé, à son incapacité à se représenter  l’avenir : son être est désormais inscrit dans l’espace des stations de train qui défilent, dans son livre de prière, et une carte de Galicie orientale où il cherche le lieu exact où il va trouver la mort…

Il partage cependant le vécu de ses compagnons : tous trois  se saoulent sans arrêt au schnaps et à la vodka ; chacun raconte sa déjà terrible expérience de la guerre. Puis à Lemberg, le «  mal rasé » les entraîne dans la ville, conduits par une voiture avec chauffeur….

Ce récit témoigne des horreurs de la guerre, du sacrifice d’une génération de jeunes gens, vu du côté allemand (ce qui ne change pas grand-chose, ces trois malheureux ne sont pas nazis, ils n’ont aucune idéologie, ils ne tiennent même plus à survivre).

Toutefois, dans le train, d'autres jeunes gens crient leur adhésion au führer, et se sentent chez eux, en territoire conquis!

 Le narrateur est malgré tout catholique, son meilleur ami qu’il a laissé derrière lui est aumônier, il prie beaucoup,  sans le faire savoir, en particulier pour les Juifs …

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5 mai 2019 7 05 /05 /mai /2019 23:51

L’Olivier,  2019, 280 pages ( titre original Warlight )

Rachel et Nathaniel, deux adolescents à Londres, juste après la guerre. Leurs parents disent partir pour Singapour et les laissent sous la surveillance de deux hommes que le narrateur ( Nathaniel) a surnommé « le Papillon de nuit «  et «  le Dard de Pimlico « !

Leurs parents sont partis « faire des affaires «  ( du commerce ? Du renseignement ? ) et les protecteurs, que font-ils dans leurs vies personnelles ?

Un jour, ils s’aperçoivent, les jeunes, que la malle que leur mère avait préparée avec soin , et dont elle avait commenté  certains objets devant les enfants, non sans leur raconter un souvenir de son enfance dans le Suffolk à propos d’un garçon couvreur « tombé du toit de leur maison », donc cette malle est restée à la maison remplie.

Leur mère n’est pas partie !  Où est-elle ? Les enfants se sentent trahis. Ils demandent des explications à leurs « protecteurs » Qui ne leur en donnent pas…Qui ne révèlent rien sur eux-mêmes, et restent « des personnages mystérieux «  par ailleurs plutôt bienveillants ; d’autres personnes deviennent des habitués de cet appartement londonien. Bientôt Rachel se prend de sympathie pour le Papillon de nuit , devenu en fait son éducateur , tandis que Nathaniel prend l’habitude de suivre le « Dard «  dans ses équipées clandestines sur la Tamise, faisant le trafic de lévriers qu’il introduit en Angleterre et conduit à des courses. Tout en sachant que ce n’est pas légal, et qu’il faut se dissimuler, Le narrateur prend plaisir à ces équipées ; il apprend nombre de choses et goûte l’atmosphère insolite et pleine de charme  : en même temps, il occupe un certain nombre de petits boulots et fait la connaissance d’Agnes une jeune fille originale et très délurée avec qui il passe des nuits dans des appartements où ils s’introduisent par effraction . Bientôt Agnes fera connaissance des lévriers et participera aussi aux expéditions sur la Tamise…

Dans une seconde partie, nous sommes transportés dans la campagne du Suffolk, Nathaniel, devenu adulte travaille au Foreign Office et recherche des dossiers pouvant le renseigner sur les occupations de sa mère ; il reste fasciné et traumatisé par son adolescence insolite et hasardeuse, et la vie à la campagne lui convient… à vrai dire cette seconde partie m’a plutôt déçue. L’action s’y traîne  en longueur, l’excitation induite dans la première partie retombe lentement.

Un roman crépusculaire (même si pas mal de scène très réussies ont lieu de jour, ou à l’aube…) qui devient diurne dans la seconde partie, sans éclairer davantage…

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 23:16

POL, 2019

Farah vit depuis l’âge de  6 ans   à « Liberty House « ;  un domaine situé en zone blanche et habité par une communauté plus ou moins hippie ( c’est ce mot qui me semble convenir le mieux, tant pis s’il est tombé en désuétude) . Sa mère allergique aux ondes électriques, y a trouvé refuge. Son père, qui n’avait jamais occupé d’emploi lui convenant, s’est épanoui à s’occuper de la serre. Séduite par  le naturisme, La grand-mère les a suivis.

« Liberty House » n’est pas le type de communauté dont on parle dans les journaux pour cause de scandale.  Il y a un bien un gourou, connu sous le nom d’ »Arcady »  la cinquantaine très babacoole, son personnage est celui d’un homme mûr, porté sur le sexe, adepte des théories millénaristes courante . Il est plutôt soft comme gourou ; il sollicite la fortune de certains nantis, des vieilles dames, mais elles peuvent se rétracter comme bon leur semblent. Il ne force personne à rien, mais professe que lorsqu’on est sollicité pour une relation sexuelle ( on dit « amour »)il est généreux d’accepter l’offre .  Les enfants de la secte sont scolarisés normalement, et connaissent les façons de vivre  de la vie au dehors.

Farah comme les autres enfants de la communauté,  vit depuis son plus jeune âge avec des adultes rarement vêtus devant les enfants, et pratiquant le sexe quand ça les chante, à deux ou plus, sans se dissimuler. Au dehors on appelle cela exhibitionnisme ; Les pulsions érotiques des enfants, dont Farah, sont donc sollicitées. Cela pourrait les émousser ou les exacerber : c’est le deuxième cas pour Farah. A l’approche de ses Quinze ans elle rêve d’être initiée sexuellement par Arcady . Ses parents ne s’occupent pas trop d’elle, c’est lui son éducateur. Après une visite chez le gynéco, Farah apprend qu’elle est malformée sexuellement :. ses organes génitaux sont distribués anarchiquement : des ovaires, mais pas d’utérus, un vagin réduit à une « cupule » , un développement de testicules nains, une musculature de garçon. Dans ce cas, on opte généralement pour le sexe qui paraît le plus probable  dans l’apparence extérieure du sujet.

Farah, elle, après s’être interrogée longuement, s’enthousiasme pour un troisième sexe le sexe de l’avenir…

La narratrice ( Farah) décrit son expérience de vie : cela m’a  semblé au départ empreint d’une fine ironie, montrant qu’elle s’est détachée de Liberty House, tout en gardant une profonde nostalgie de cette existence qui l’a façonnée.   

L’écriture est assez élégante, parfois belle,  mais on se lasse des nombreuses descriptions sexuelles, y compris des rêveries dans la belle nature préservée, rien de très neuf dans tout cela. Ni de très surprenant.  Les personnages ne sont pas tout à fait plausibles, certains à la limite de la caricature, je suis restée à distance, sans me  sentir  très concernée.

Exception faite  des interrogations de Farah, qu’est ce que ce corps  qui est le mien, que vais-je en faire? Qui sont communes à tous les adolescents, normalement sexués  ou pas, et  ces interrogations sont bien exprimées.

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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 23:35

10 / 18 , 356 pages

A  Trondheim , petite localité de Norvège, une ferme, où vit Tor, quinquagénaire qui élève des porcs ou plutôt des truies. Il les aime, et s'en occupe de façon touchante. Il aime aussi sa mère mais voilà qu’elle ne se lève plus.

Tor ne voulait pas aller chercher le médecin. Il se raconte n'importe quoi pour ne pas voir que sa mère va mal ... et elle ne dément pas. La situation de déni est bien observée!

...le reste de la famille arrive pour les derniers instants, et les funérailles : Margido le second frère entrepreneur de pompes funèbres, vieux garçon sans doute puceau et passionné par les rites funéraires ( le temps passé avec lui dans le roman , je veux dire où il est narrateur m’a semblé long ) ; puis vient Erlend le petit dernier qui vit à Copenhague avec son compagnon et travaille comme décorateur de vitrines. Un portrait sympathique, mais tout de même assez chargé : Erlend est un grand enfant, obsédé par sa collection de figurines en verre (figurez-vous que la licorne a perdu sa corne, c’est un drame..)  et c’est un peu exagéré ...

enfin Torunn, la fille que Tor eut dans sa jeunesse ; ils sont restés éloignés.   Elle travaille  dans une clinique vétérinaire. (lui c’est les porcs, elle les chiens, …)

Tout ce monde va se retrouver pour l’enterrement . Elle avait un mari  qu’on appelle « le père » : il ne parle  pas beaucoup, ne se lave plus, et paraît indifférent à tout. Il aura quelque chose à dire au repas de Noël. Et ce «  secret » dont on se doutait un peu, ne devrait pas changer grand-chose.

Un roman qui se laisse lire en dépit de longueurs déjà mentionnées. J'ai trouvé de bons passages : en fait, ces bons moments concernent Tor et Torunn sa fille, les autres personnages m'ennuient. Le secret révélé du papa me déçoit. C'est tellement convenu!

Ce vieux monsieur est plus intéressant quand il ne dit rien, et se comporte de façon asociale et  irrévérencieuse.

Il y a une suite, et même deux, mais je ne vais pas continuer à suivre ces personnages.

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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 23:01

LP, 403 pages Prix Pulitzer 2009

13 chapitres qui sont comme des nouvelles avec  des titres autour du personnage d’Olive, sur une période de 30 ans environ ( 40 à 70 ans) ; cette femme difficile à vivre et pourtant sympathique, est ( et fut) professeur de mathématique du collège de Crosby, petite ville côtière du Maine. Souvent elle est le personnage principal du chapitre, sinon il s’agit d’un de ses proches ( Henry, le mari, Christopher le fils) d’un ou d’une ami ou ennemie , d’une voisine, d’un ancien élève , d’un personne de passage. Avec un style vif et enlevé, où l’humour, les situations cocasses  sont fréquentes qui tempèrent la mélancolie. la vie s’écoule, des drames des joies, des conflits ; la construction est excellente : le changement de personnage central à chaque chapitre relance l’intérêt, le changement de ton aussi !  On attend la suite des problèmes d’Olive, et parfois elle n’est citée que dans un vague souvenir d’un ancien élève engagé dans un processus personnel  qui ne la concerne pas toujours !

On aime ce personnage autoritaire, susceptible, qu’on n’aimerait pas rencontrer mais qui dans la fiction fait merveille : on rit lorsque voulant punir sa belle-fille dont elle a surpris des propos peu flatteurs sur elle, Olive se venge comme une gamine en sabotant une partie de sa garde –robe… elle aura lieu de le regretter d’ailleurs !

Il y a aussi des pages joliment lyriques sur les états d’âme de certains personnages et la mer toute proche…  des situations tragiques comme la jeune anorexique de passage dont Henry ( le mari d’Olive) tombe amoureux, quand ce n’est pas de sa préparatrice en pharmacie…. Le chapitre d’un braquage dans un hôpital ( Une autre route) dont les protagonistes ressortent différents après s’être  lâchés dans tous les sens su terme.

Un régal ! un auteur que je lirai encore…

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24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 23:49

Phébus( Libretto) 275 pages. 1987 ( 1 ère publication  originale 1936)

Au début du 18 eme siècle , en plein hiver dans les plaines de Silésie, deux hommes souffrent du froid et de la faim. L’un est un jeune noble Christian de Tornefeld, qui a déserté l’armée dans laquelle il était censé servir : il voudrait traverser la frontière et rejoindre l’armée suédoise, qui est celle de sa patrie. L’autre homme est un voleur connu sous le nom de Piège-à-poules : rusé, intelligent, mais nomade et vivant dans une extrême précarité depuis toujours. Tous deux sont recherchés et risquent le gibet…  Ils trouvent refuge dans un moulin des environs. Mais leur hôte est un être étrange,  le fantôme de l’ancien meunier, se dit le voleur.  Ce fantôme lui propose un emploi dans les forges de l’évêque pour le tirer d’affaire.

Avant cela,  le voleur  accepte  cependant d’aller quérir un uniforme  des armes et de l’argent pour Christian, chez son cousin qui vit quelques kilomètres plus loin.

Arrivé chez le cousin, il s’introduit par effraction, comme il en a l’habitude : le domaine est spolié par les différents serviteurs, l’intendant, et  d’autres gens tout aussi corrompus. Le cousin de Christian est mort, sa jeune fille, maîtresse du domaine, et promise à Christian,  est dans de mauvais draps…

 

C’est un roman très agréable à lire, bourré de péripéties, dont la langue est raffinée, stylée, souvent humoristique, volontiers moyenâgeuse,  parfois proche des poésies de « Gaspard de la nuit », voire de l’univers du conte, mâtiné d’éléments fantastiques.   Toutefois, il s’agit d’un roman picaresque, puisque le héros, parti de rien, s’élève progressivement dans la hiérarchie, et frauduleusement aussi, nous le savons dès le départ.

Léo Pérutz le désignait comme « son roman le plus parfait ». Reste à en essayer un autre pour vérifier…

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 10:39

Phébus, 403 pages.

"Après avoir accompli ses études, Grace Melbury est de retour dans son village natal Little Hintock. Elle est destinée à Giles Winterbone, en raison d'une promesse conclue entre son père et celui de Giles. Mais le séjour de Grace loin de la vie campagnarde l'a transformée, et son mariage avec Giles n'est plus aussi évident qu'autrefois... Quand de surcroît elle rencontre le nouveau médecin de la région, Edred Fitzpiers, ses certitudes et celles de son père vacillent.

Grace est une jeune fille indécise, perdue entre ses sentiments profonds et les rêves de son père, tellement fier de sa fille unique et de son éducation, aveuglé par son amour pour elle. Il fait peser un poids sur les épaules de sa fille, souhaitant le meilleur pour elle, sans évidemment savoir quel pourra être ce meilleur. Il pense que les études fournissent un bagage solide pour une jeune fille de l'époque, lui permettant de s'extraire de sa condition sociale de paysanne. Mais sait-on vraiment ce qui forge l'identité d'un être ? Les études peuvent-elles transformer profondément Grace ? Les valeurs des personnes cultivées valent-elles celles des gens simples et travailleurs de la camp"

( in le blog Lecturissime )que je vous invite à consulter.

 

Agréable au début, les Forestiers se révèlent vite un pensum plutôt ennuyeux. Les personnages finissent par lasser. Hardy met dans la bouche du médecin quelques citations philosophiques, puis dès qu’il s’éprend de Grace, puis de Felice, ce vernis disparaît, et on le trouve assez commun, semblable à tous les amoureux indécis et volages. De même Grace a de l’éducation et des manières, on lui a fait lire quelques pièces de Shakespeare, mais cela ne suffit pas à lui donner de la personnalité. Le personnage de Giles va se révéler christique. Cela ne me plait guère… Le vrai personnage c’est la forêt, la nature ( pour sa beauté et ses productions ).

On remarque les superstitions des gens de la campagne : un homme se croit menacé par l’arbre qui jouxte sa fenêtre ; on abat l’arbre, cause de l’obsession et  l’homme meurt au lieu d’abandonner ses craintes ! Son symptôme le maintenait en vie…

Une vieille dame a légué son crâne au docteur Fitzpiers (il le trouve spécialement grand et voudrait l’étudier après sa mort) contre une certaine somme ; mais elle en tombe malade. Tout cela est bien observé, mais ce roman vieillit plutôt mal. Le problème, c’est d’avoir trop mis l’accent sur les sentiments amoureux, de façon mélodramatique…

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