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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 14:05

Phébus, 403 pages.

Après avoir accompli ses études, Grace Melbury est de retour dans son village natal Little Hintock. Elle est destinée à Giles Winterbone, en raison d'une promesse conclue entre son père et celui de Giles. Mais le séjour de Grace loin de la vie campagnarde l'a transformée, et son mariage avec Giles n'est plus aussi évident qu'autrefois... Quand de surcroît elle rencontre le nouveau médecin de la région, Edred Fitzpiers, ses certitudes et celles de son père vacillent.
Grace est une jeune fille indécise, perdue entre ses sentiments profonds et les rêves de son père, tellement fier de sa fille unique et de son éducation, aveuglé par son amour pour elle. Il fait peser un poids sur les épaules de sa fille, souhaitant le meilleur pour elle, sans évidemment savoir quel pourra être ce meilleur. Il pense que les études fournissent un bagage solide pour une jeune fille de l'époque, lui permettant de s'extraire de sa condition sociale de paysanne. Mais sait-on vraiment ce qui forge l'identité d'un être ? Les études peuvent-elles transformer profondément Grace ? Les valeurs des personnes cultivées valent-elles celles des gens simples et travailleurs de la camp( in le blog Lecturissime )
Agréable au début, les Forestiers se révèlent vite un pensum plutôt ennuyeux. Les personnages finissent par lasser. Hardy met dans la bouche du médecin quelques citations philosophiques, puis dès qu’il s’éprend de Grace, puis de Felice, ce vernis disparaît, et on le trouve assez commun, semblable à tous les amoureux indécis et volages. De même Grace a de l’éducation et des manières, on lui a fait lire quelques pièces de Shakespeare, mais cela ne suffit pas à lui donner de la personnalité. Le personnage de Giles va se révéler christique. Cela ne me plait guère… Le vrai personnage c’est la forêt, la nature ( pour sa beauté et ses productions ).
On remarque les superstitions des gens de la campagne : un homme se croit menacé par l’arbre qui jouxte sa fenêtre ; on abat l’arbre, cause de l’obsession et  l’homme meurt au lieu d’abandonner ses craintes ! Son symptôme le maintenait en vie…
Une vieille dame a légué son crâne au docteur Fitzpiers (il le trouve spécialement grand et voudrait l’étudier après sa mort) contre une certaine somme ; mais elle en tombe malade. Tout cela est bien observé, mais ce roman vieillit plutôt mal. Le problème, c’est d’avoir

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12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 21:14

 

Tripode, 2019

D’après des fouilles archéologiques, l’auteur a voulu retracer la destinée d’une femme inuit, vivant de façon précaire sur la banquise l’hiver, sur la toundra l’été. De chasse, pêche et cueillette.

Ça se passe en une période non datée… il y a sûrement très longtemps. Les groupes inuit sont nomades, ils se déplacent en fonction de ce que semble leur promettre l’environnement, construisent tous les hivers des maisons en pierre et peau, des igloos, vivent sous des tentes l’été.

Séparée de sa famille d’origine, la narratrice Uksuralik , va d’un groupe à l’autre, des « cousins » de diverses générations, avec qui elle va s’entendre plus ou moins. Dans le premier groupe qu'elle rejoint Le Vieux est à craindre, lorsqu'il en veut à quelqu'un, il n'hésite pas à le tuer!

Plus tard elle va sympathiser avec Sigaun , qui devient  sa mère d’adoption et sa plus fidèle alliée , des liens forts s’établissent avec elle. Uksuralik aura un enfant d’un des fils du Vieux, puis, rencontrera un étranger « Naja » un chaman, et elle devient chamane elle aussi.

Ces tribus sont extrêmement superstitieuses, et les chants-poèmes qui rythment le récit fourmillent de légendes animistes. On ne sait trop comment procèdent la narratrice et son ami pour entrer dans des états particuliers, des transes ??? Bien que très pragmatiques pour assurer leur survie, les Inuits vivent dans un univers peuplé d’esprits, de bons et mauvais sorts ; animaux et humains ont des pouvoirs bénéfiques ou maléfiques et les rites pour les appeler ou les éviter sont nombreux et complexes. Par exemple, Il faut, lorsqu’on a tué un animal, le remercier de s’être laissé prendre… sinon son esprit se vengera du chasseur.

L’auteur a choisi le présent, et des phrases simples et précises ; les chants-poèmes eux, d'abord agréables à lire, relevant d'une geste poétique réelle, finissent par lasser, et ne sont pas toujours compréhensibles, surtout lorsqu’ils sont retracés dans la langue Inuit.

C’est un récit très documenté, avec des qualités de narration, une certaine poésie;   je me suis sentie proche des personnages, dans leur vie de tous les jours, mais je suis restée étrangère au chamanisme...

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 15:17

 

Flammarion, 2019

190 pages

Je croyais qu’il s’agissait d’un adolescent homosexuel en Allemagne nazie.

Et ses problèmes… pas du tout ! C’est Livio, un adolescent, de nos jours, qui se sent homo et ne peux en parler à personne car il vit dans un environnement fruste,  où nul n’a la moindre compréhension ni même tolérance pour cette orientation sexuelle. Même sa petite amie Camille lui en veut, car elle est amoureuse de lui, et il ne peut être qu’un ami pour elle.

Dans sa classe de Terminale, un matin, il fait un exposé en histoire, sur l’autodafé et prend pour exemple Un certain Hirschfeld, Médecin homosexuel ayant ouvert un centre « de sexologie » à Berlin, qui fut détruit par les nazis en 1933, avec toute sa bibliothèque.

Je ne connaissais pas ce Hirschfeld : ce n’est ni un scientifique de haut niveau, ni un philosophe, ni un psychanalyste. Je ne pense pas que ses livres (il a pas mal écrit) soient d’un grand  intérêt. Ni sa théorie du « troisième sexe ».

 L’exemple est pourtant bien choisi puisqu’il y a eu réellement autodafé, et qu’il  témoigne de la persécution des Juifs et des homosexuels en Allemagne nazie. Après une période relativement tolérante à Berlin, le troisième Reich sème l'épouvante parmi les marginaux. 

  Le récit est bien conduit dans la mesure où il met correctement en scène une classe de terminale dans un lycée public d’une cité défavorisée, et les  réactions très vraisemblables face à l’exposé d’un camarade décidé à faire son coming-out par le biais d’un exposé où il sera question de répression policière : Livio se sent menacé comme sous le régime nazi et   Dans le milieu où il se trouve, il pense que personne ne lui viendra en aide…c’est terrible !

On sait depuis le départ qu'après ces événements, il a disparu. On interprète cette disparition comme on le sent...

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 10:35

Minuit, 190 pages, 2019.

La narratrice et son compagnon ont décidé de s’installer dans une petite localité proche de Paris et préservée de la pollution et des nuisances des grands ensembles. Architecte, elle a conçu un projet de maisons mitoyennes dans une impasse. Les habitants seraient autonomes en gaz et électricité grâce à des panneaux solaires et un retraitement des eaux usées.

L’installation faite, Eva ( son prénom sera mentionné deux fois dans le récit) a  beaucoup de soucis : son compagnon soigné pour une psychose maniaco-dépressive, ne peut travailler et passe beaucoup de temps sans sortir. Ses voisins de droite l’horrible Annabelle Lecoq son bébé et son infâme mari Arnaud. Cette Annabelle devient tout de suite son ennemie ! les autres voisins sont un peu plus accommodants mais il ne faut aps le dire trop vite ! Tout ce petit monde est férocement croqué…

Le goût de la narratrice pour le jardinage est avéré mais elle ne  cultive que les soucis !. Oui, l’humour est parfois un peu lourd… Au milieu du récit on a une parodie de roman policier. Comme souvent chez « Minuit » .

Une comédie sociale très pince-sans rire, portée par une ironie féroce et un humour plutôt noir.

Dans l’ensemble, on sourit assez souvent , parfois un éclat de rire . Un auteur que j’ai plaisir à suivre pour le moment.

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 11:28

Gallmeister, 2019, 311 pages. ( The Wild Inside)

L’ Alaska, de nos jours, mais tout de même assez loin de tout…

Tracy est une jeune fille d’une vingtaine d’années mais elle ne se soucie plus guère de son âge et vit au jour le jour dans la nature sauvage, comme l’indique le titre.

C’est sa vie qu’elle évoque dans le récit, et tout particulièrement l’année qui précéda ses dix-huit ans.

Année riche en événements dramatiques. Il faut dire que Tracy était depuis toujours une fille assez spéciale. Elle chasse les  animaux ( petits et l’habitude aidant un peu plus gros) et les saigne : selon sa conviction , le fait de boire le sang animal lui fait du bien, lui donne de l’énergie, et lui permet de partager les pensées intimes de l’être dont elle s’est ainsi nourrie ; Quand je dis l’être, c’est que, en dépit des interdictions de sa mère, Tracy ne s’est pas limitée aux animaux ! Dès qu’elle a fréquenté l’école elle mordait certains camarades pour goûter leur sang ; son frère Scott , un garçon fort paisible, y est passé aussi… «  Partager ce qu’il y a dans le sang, y’a pas moyen d’être plus proche d’une autre personne ». Sauf qu’elle ne donne son sang à personne, c’est celui d’autrui ( et le sien éventuellement) qu’il lui faut.

 D’où une solitude revendiquée, de Tracy, peu de goût pour la parole, les repas pris en commun, les activités que les humains apprécient  en groupe…

L’autre passion de Tracy , c’était de gagner une course en traîneaux et elle en a couru déjà plusieurs en catégorie « junior » avec de bons résultats. Elle  dresse efficacement les chiens, seuls personnage avec qui elle s’entend bien… sans leur faire de mal…

Un jour que Tracy vagabondait dans la forêt sans permission, ( elle était punie renvoyée de l’école, on sait pourquoi) un homme de forte carrure lui tombe dessus et elle s’évanouit ; Reprenant conscience , elle trouve du sang et son couteau sorti. A-t-elle blessé l’homme ?

A partir de ce fait, les événements vont s’enchaîner…

C’est un premier roman , comme toujours chez cet éditeur, bien écrit, bien traduit, et sans fautes d’orthographe ou de grammaire , ce qui est devenu rare dans l’édition. Certes , il est un peu difficile de se mettre dans la peau du personnage, mais l’intrigue est intéressante, et on apprend les diverses techniques de la course en traîneaux et du dressage de chiens. En principe, je n’ai pas de goût particulier pour toutes les pratiques ici décrites, et pourtant… la narration vive et nerveuse,  la véracité des personnages, l’habileté de l’intrigue  font leur effet.

A l’opposé de ce que dit la quatrième de couverture, il n’y pas ici de « flirt avec le fantastique » ni « facultés hors du commun «  chez l’héroïne. Eh, non,  Tracy n'est pas un vampire!

 

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 23:32

Arléa (la Rencontre) 2019.

La narratrice va passer un dimanche dans cette ville résidentielle de la région parisienne.  Elle est venue voir sa seour Claire-Marie qui vit «  à l’ancienne » quasiment femme au foyer , un mari médecin, une fille adolescente, un pavillon de banlieue cossu, près des étangs immortalisés par Corot , et du bois de Fausses-Reposes dont l’énigmatique nom suscite bien des interprétations toutes en rapport avec le mensonge, l’apparence trompeuse, mais aussi la mort…

A Ville-d’Avray, la narratrice est dans un autre monde ; pas seulement parce que la localité vit au ralenti loin de l’agitation et du fourmillement  de la capitale ;c’est un peu un lieu hors du temps. La vie semble s’y être figée. On devrait y être heureux, aisance matérielle, sécurité, beaux paysages, temps libre… et on s’y ennuie…

Claire-Marie doit s’ennuyer pense sa sœur ; enfants, elles s’inventaient une existence aventureuse inspirée de Jane Eyre et d’un Rochester qu’elles adoraient mettre en scène. Claire-Marie est restée une incorrigible rêveuse ; la réalité lui offre sa routine sécurisante et peu d’activités intéressantes.

Cet après-midi à l’approche du crépuscule, Claire-Marie fait une confidence à sa sœur : Autrefois, il y a environ dix ans, elle a fait une rencontre dérangeante, décevante, déconcertante, guère romantique (non rien à voir avec Rochester…) l’histoire est inachevée : la narratrice soupçonne que Claire-Marie lui tait quelque chose. Mais elle n’en saura pas plus.

Et peut-être n’y a-t-il rien d’autre ?

Rien d’autre que le deuil impossible à faire de Rochester ?

«  Qui nous connaît vraiment ? Nous disons si peu de choses, et nous mentons presque sur tout » « une salle d’attente où l’on attendrait  toute sa vie. Aucun bruit de l’autre côté. Aucun signe. « 

Un récit d’atmosphère, où l’on campe un lieu nimbé de mélancolie, de mystère, de clair-obscur, et de leurre aussi. Ce n’est pas seulement les étangs, le bois, l’automne, et le crépuscule qui offrent à Claire-Marie un espace de rêverie supplémentaire : il sera aussi question de rideau de fer, fuite éperdue, activités mystérieuses et contemplations de lieux clos qui ne livrent pas leurs secrets. Cette banale ville de la région parisienne devient, sous la plume de Dominique Babéris, un espace onirique.

Dommage que ce récit soit si bref, plus longue nouvelle que roman ! une auteure que je découvre avec ce titre, et que j’ai eu plaisir à lire.  

 

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 20:20

Sabine Wespieser , 2019

L’auteur s’est inspirée de l’histoire des lycéennes enlevées par Boko Haram en avril  2014 à Chibok dans le nord ouest du Nigéria ; elle s’est documentée, sur place, a interviewée des rescapées. En est sorti un récit déchirant et fort bien conduit.  

Maryam a environ 16 ans, est enlevée dans le dortoir où elle dormait avec ses congénères. Elles sont conduites dans le repaire des jihadistes dans une immense forêt réduites en esclavage, malnutries, et violées régulièrement par les soldats.

Lorsqu’on la marie avec Mahmoud, soldat pour le compte de la secte, elle ne sera plus violée : Lui aussi s’est fait avoir : on lui a promis de l’argent pour aider sa mère miséreuse s’il s’engageait. Ensuite, il n’a pu fausser compagnie au groupe de criminels. Le couple engendre un enfant, et Maryam donne naissance à Babby une petite fille qu’elle peine à nourrir. Mahmoud revient d’un combat, blessé, et au lieu de le soigner on l’ampute, et on lui donne le rôle de sentinelle. Lorsqu’un groupe armé attaque le campement de Boko Haram, il aidera Maryam à s’enfuir.

Dans la forêt, avec son bébé et Buki une compagne d’infortune, elles sont perdues affamées altérées, mangent et boivent ce qu’elles trouvent sur leur chemin, se cachent…

Nous suivons cette éprouvante errance. Car Maryam n’en est pas à la fin de ses malheurs.  Si, plus tard elle parvient à retrouver sa mère, elle est très mal accueillie : quoique chrétienne, sa famille est très influencée par des croyances archaïques : on la rejette, on ne veut pas du bébé « car il est de leur sang » et on veut « exorciser » l’adolescente encore choquée !   La mère de Maryam est sous la coupe d’un oncle et les agissements de ces villageois arriérés est à peine plus supportable que ceux du groupe de criminels tortionnaires. Le sort d’autres jeunes filles est évoqué : certaines ont été vendues à des hommes riches, une s’est sauvée du camion où on les emportait mais a perdu la raison. Nul n'est sorti indemme de l'histoire.

 

 

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 16:30

Actes sud, 2013, 445 pages.

 

Partie du village de son enfance « le Val des seuls » en Savoie, près de la frontière italienne, Carole a fait sa vie à Saint-Étienne et ailleurs, loin. Elle voit rarement son frère et sa sœur ; elle est revenue en ce début de décembre, sous un prétexte un peu futile. Leur père leur a envoyé à chacun une boule à neige : c’est sa façon de dire qu’il va peut-être venir les voir. Mais son téléphone sonne dans le vide.

Carole va passer quarante jours dans ce  village, à ressasser un drame survenu pendant son enfance ; un incendie survenu alors que sa mère était seule avec ses trois enfants au grenier de la maison familiale. Elle est sortie avec Philippe dans les bras et la narratrice, et Gaby a dû attendre les pompiers. Pourquoi Gaby fut-elle la victime ?

Gaby en a gardé des séquelles  des difficultés respiratoires et doit régulièrement se ressourcer avec de l’oxygène… Gaby vit de peu dans un bungalow avec « la Môme » une fille de 17 ans qu’elle a recueillie tout bébé dans des circonstances qui restent obscures à Carole. Philippe est garde forestier et recherche  le tracé exact suivi par Hannibal et son armée franchissant les Alpes . Pendant que Carole attend elle ne sait plus trop quoi, elle renoue avec son frère et sa sœur, avec  les gens du village qu’elle connaît plus ou moins : Jean le séducteur, la Baronne et ses chiens ; Diego le cuisinier, Franky, sa serveuse, le vieux Sam un peu mystique…

Le style de l’auteure, des phrases courtes concrètes et en suspens , décrivant des actes simples et courants avec du non-dit en dessous.  Les mêmes séquences se répètent de chapitres en chapitres avec des variations ténues. Comme ces photos que Carole prend tous les matins entre onze heures et midi de la serveuse à Franky secouant les draps par la fenêtre.

Parfois survient une révélation…

Elle installe une atmosphère qui enveloppe le lecteur.   Ici, je dirais que ça fonctionne en dépit de certaines longueurs ; c’est mon troisième «  Claudie Gallay » : j’ai aimé moyennement l’Or du temps, abandonné les Déferlantes … cette part de ciel est de loin ma  préférée pour l’instant… 

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 22:41

Gallmeister 2019, 227 pages ( « Country Dark »)

Tucker dix-huit ans et déjà vétéran : il revient de la guerre de Corée en 1954 ; il est dans son pays l’Ohio et sauve Rhonda une jeune fille de 15 ans que son oncle cherche à violer.

Tous deux se marient et s’installent dans une maison  en ruines qu’ils rebâtissent eux-mêmes. Tucker trouve un travail : vendre de l’alcool en contrebande. Rhonda et lui ont cinq enfants dont quatre sont handicapés de diverses façons : le premier né est hydrocéphale, , suivent trois autres filles handicapées mentales. Jo âgée de 9 ans à peine , est la seule normale et s’occupe bravement de ses petites sœurs.

Rhonda est encore enceinte. Nous sommes en 1964. Les services sociaux font leurs apparitions : Hattie Johnson, assistante sociale et son chef, le « docteur Miller » : ce dernier veut qu’on place les enfants anormaux. Rhonda et Tucker y sont opposés ; Tucker tient souvent de longs discours à son fils hydrocéphale… L’encore jeune couple est  également horrifié qu’on leur dise d’éviter les rapports sexuels pour ne plus avoir d’enfants.

Tucker va se venger : Marvin Miller ne verra pas le jour suivant se lever ! Et Hattie qu’il courtisait désagréablement est contente d’en être débarrassée et ne parlera pas. Malgré tout, Tucker a des ennuis et doit faire de la prison.

Un roman assez court, sur un couple de gens simples très attachants

qui ont leur propre morale et sauront en dépit de l’adversité se construire une vie qui leur convient.  

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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 12:03

 

Vicente, jeune polonais juif, a émigré en Argentine, à Buenos Aires en 1928. Il y a fait sa vie, épousé une femme aimante qui se résigne à rester ménagère car elle ne parvient pas à reprendre ses études.

Vicente tient un magasin de meubles que possède son beau-père. Il a eu trois enfants. Tout irait bien si sa mère et son frère n’étaient pas restés en Pologne, et si son autre sœur ne se trouvait en Union soviétique.

Après l’invasion de la Pologne, Vicente s’inquiète pour les siens qui sont bientôt isolés et maltraités dans le ghetto de Varsovie. Les nouvelles inquiétantes, il les apprend par les journaux et reçoit de temps à autre une lettre qui ne le rassure pas.

Lui, qui n’était ni croyant ni pratiquant, commence à se sentir juif par la force des choses. Ce sont les nazis qui les y  contraignent, et Vicente n’y trouve aucun avantage : dans les premiers temps de sa réflexion, il ne sait même pas, si, se définissant maintenant comme juif, il doit se considérer comme faisant partie d’un peuple, ou seulement d’une religion ? Ou les deux…

Il se sent coupable d’avoir laissé  là-bas sa mère (et son frère) même s’il lui a plusieurs fois au cours des années précédentes demandé de venir le rejoindre (tout en souhaitant qu’elle ne vienne pas).

A présent,  il sombre dans la dépression et fait toujours le même cauchemar : il est entouré d’un mur qui se resserre autour de lui, et ce mur c’est sa propre chair : en voulant abattre ce mur avec une hache, c’est lui-même qu’il attaque.

Même si Vicente n’a qu’une vague idée de ce qu’est la » solution finale «  mise en acte par les nazis et dont quelques journaux parlent parfois  dans un entrefilet en énième page, il se doute que sa mère ( et de nombreux autres juifs ) souffrent en Europe . Vicente ne se sent pas le droit de vivre normalement ; il délaisse femme et enfant pour s’enfermer dans un silence dont il ne sortira pas.

L’auteur et narrateur du récit est  le petit fils de Vicente. A cet ancêtre dévoré de culpabilité,  Il a voulu donner une voix et restituer son propos, bien après sa mort. Il a réussi à reconstituer son tourment et nous le faire partager.

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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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