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14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 10:28

LP 2017, 415 pages  (1ere édition française Stock)

Titre original : Swimming Lessons

Une petite île au large de la côte du Dorset, environs de l’île de Wight

récits en alternance : 1)Ingrid, épouse de Gil Coleman, romancier à succès d’un roman salace «  Lhomme de plaisir » imaginé par elle et rédigé par lui.

Dans des lettres disséminées  à l’intérieur de quelques uns de leurs nombreux livres , elle lui écrit en 1992 pour lui relater l’histoire de leur mariage de son point de vue à  elle. Une histoire qui débute en 1976 et va s’achever avec la disparition d’Ingrid annoncée dans l’ultime lettre.

2 ) Flora fille cadette d’Ingrid en 2003 ; elle a un peu plus de vingt ans , et se réveille brusquement du lit où elle dormait avec son copain Richard ; sa sœur Nan vient de l’appeler pour lui dire que son père a fait une chute dans les rochers et qu’il est hospitalisé.  Les quelques semaines qui suivront verront la dispersion de cette famille...

On comprend que les lettres d’Ingrid , qui a disparu onze ans plus tôt, annoncent une mise en scène : elle laisse entendre  son prochain suicide ( son plaisir est de nager et d’aller plus loin qu’il ne faudrait) dit au revoir dans son ultime lettre et s’arrange pour qu’on la voit partir comme si elle allait nager, seule .

Gil ne s’y laisse prendre qu’à moitié mais ...

On est surpris qu’en 1976, un professeur d’université londonienne et son étudiante se voient virés pour avoir eu une liaison et s’être mariés. On n’est pas aux USA tout de même…

Le récit se lit bien mais il est hyper-romanesque, très convenu…

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29 mars 2019 5 29 /03 /mars /2019 13:06

Belfond, 250 pages, (titre original : I am, I am, I am,  Seventeen Brushes with Death)

J’avais déjà feuilleté L’Etrange disparition d’Esmé Lennox et avais conclu que c’était trop exubérant et pas très crédible…

Pourtant me voilà de nouveau avec un livre de l’auteur, autobiographique cette fois, et je l’ai lu en entier.

En 17 chapitres l’auteur nous relate donc des moments où elle a échappé de peu à la mort : 16 chapitres en fait, l’ultime étant le récit du combat permanent pour sauver sa propre fille victime d’une faiblesse du système immunitaire depuis la naissance, se manifestant par des allergies sévères en particulier.

Mais bien sûr la narratrice a elle-même beaucoup souffert : principalement à l’âge de huit ans, d’une encéphalite qui l’a sévèrement handicapée pendant plusieurs années ; elle se présente comme un cas très particulier : elle aurait dû mourir, elle a survécu, elle aurait dû rester handicapée moteur grave, elle vit presque normalement avec des séquelles ennuyeuses mais gérables. Autrement dit c’est ce type de femme qui met en défaut les meilleurs spécialistes … une hystérique à grand spectacle, avec de grosses pathologies, une hystérie un peu à l’ancienne ?

Les points forts impressionnants de son récit, outre cette encéphalite, c’est son terrible accouchement : elle avait dit à un toubib très bien coté, que les séquelles de son mal ne lui permettaient pas d’accoucher normalement et qu’il lui fallait une césarienne. Qu’il ne voulut pas programmer : d’où une césarienne tardive « chaotique » et sanglante, où le bébé et elles manquèrent y rester.

Les autres chapitres témoignent d’un tempérament de rébellion chez l’auteur, du goût de se mettre en danger, d’autant plus tentant que ses « déficiences neurologiques «  entrent en jeu. Accident manqué en se jetant devant les voitures, agressions de la part d’hommes voleurs, voire criminels, même en présence de son compagnon  qui ne peut rien faire… chaque chapitre est précédé d’un schéma précis d’un ou de plusieurs organes du corps humain, celui qui va être en danger, ou attaqué par la maladie ; des maladies qui sont très bien expliquées avec de nombreux détails. Une écriture oralisée, précise, le sens de la mise en scène,  des comparaison inédites, parfois poétiques ( le délire de la fillette atteinte d’encéphalite… Le verbe est exubérant, comme je l’avais déjà remarqué. Il y a de temps à autre des trouvailles (le récit du voyage scolaire à Rome…).

Plusieurs accidents se produisent dans l’eau, dans la mer : la narratrice a plusieurs fois manqué se noyer ( une fois avec son fils ! ) elle ne cache pas qu’elle est attirée par les profondeurs ce goudron noir et fascinant

Vu tout ce qu’elle a vécu, on a envie de féliciter l’auteur d’être toujours en vie (ainsi que sa fille) et, inévitablement elle est une héroïne dans le sens de « phénomène rare», ainsi que « incroyablement courageuse «. 

Tout cela est un peu agaçant.

Les  pages sur la fausse couche sont assez intéressantes, il y a des questions pertinentes «  est-on  encore enceinte lorsque le fœtus est mort ? « comment traiter ce type de situation…

 

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 11:40

 

 

Je lis julien green pour la première fois ! C’est accablant ! Un romancier qu’on ne lit plus guère. Impossible de trouver un article genre «  actualité de Julien Green » ! Même Jeanneney ne s’y est point frotté ! Il me reste à fouiller dans mes archives du Magazine littéraire ( le vieux modèle) voir si je trouve quelque chose.

J’appelle cela incursion dans ma vieille PAL celle qui n’est pas forcément la mienne… qui passa dans d’autres mains avant la mienne !

Challenge « incursion dans de vieilles PAL :

  • Le livre doit dater d’au moins vingt ans révolus (achevé d’imprimer)  et ne pas avoir été lu
  • Il  est dans votre bibliothèque depuis vingt ans au moins et bien plus si possible.
  •  

C’est Daté ? Pas l’histoire en tout cas … Adrienne a dix-huit ans, et elle est tenue enfermée par un père tyrannique. Le matin, elle fait un peu de ménage ( sous la surveillance de sa sœur malade) , l’après midi elle cueille les fleurs au jardin pour en faire des bouquets. Elle a droit de temps à autre à une petite promenade dans la campagne. Elle ne rencontre jamais personne. C’est la domestique qui fait les courses, ce serait l’occasion de parler avec d’autres gens ( nous sommes en 1907, il n’y a pas de  supermarchés) . S’il y a une sortie ( un bal de printemps) elle y  va avec son père. Cet homme ne bouge pas de la journée : la sœur aînée Germaine a déjà dépassé la trentaine : elle ne sort pas non plus ; elle souffre d’une maladie qui n’est pas traitée. Sans doute une tuberculose ( on ne saura pas) ; son père fait mine de ne s’apercevoir de rien. Elle n’a jamais vu un docteur.

Adrienne  jeune et en bonne santé, est attirée par le sexe opposé.  Sa seule distraction c'est de regarder par sa fenêtre. Les fenêtres jouent un grand rôle dans le roman.

Un jour elle aperçoit un homme dans une de ces voitures à cheval, leurs regards se croisent. Rien que de très ordinaire, mais Adrienne a le coup de foudre ; elle voit un homme pour la première fois dirait-on. Il est bien plus âgé qu’elle, n’a rien de particulier, mais… il est plus ou moins son voisin. Sa sœur se rend compte qu’elle commence à se promener le soir, après le couvre-feu maison… elle est jalouse et va cafter…

L’écriture est classique, mais le roman est fort bien écrit, les personnages parfaitement campés, l’intrigue bien menée, et l’on se promène dans la tête d’Adrienne, et ça va de plus en plus mal… C’est complètement déprimant mais tellement bien observé.

 

 

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 21:14

 

 

Livre de Poche folio, 2006 , 437 pages (1ere publication en 1966).

Les années 60, la vie dans un kibboutz, dans les environs de Tel Aviv, dont témoigne l’un de ses membres. Ce narrateur c’est « nous », il parle au nom des membres de la communauté, et, pour le roman, des personnages secondaires, peu ou pas connus du lecteur.

Les habitants du kibboutz s’observent les uns les autres, bavardent, se jugent, commentent les comportements de leurs comparses.

Nous faisons connaissance avec deux familles à problèmes : les Renouven et les Berger : Harich enseigne l’ hébreu dans la  communauté, et la littérature générale ; il a aussi l’habitude de composer des vers avec les événements (plus ou moins ordinaires) qui ponctuent ou secouent sa vie et / ou celles de ses comparses. Sa femme Eva, a quitté la communauté, et son époux aussi par conséquent, pour un destin tout différent en Allemagne. Elle a laissé au kibboutz deux enfants, dont la charmante Noga, trop intelligente pour s’intéresser aux garçons de son âge,  qu’un admirateur très empressé baptise joliment «  petite Turquoise ». Renouven privé de femme s’est rapproché d’une certaine Bronka. Ils sont très malheureux…

Personne , au kibboutz n’est content de son sort ; même si certains sont résignés. Ils sont proches d’une zone ennemie et les Palestiniens ne se font pas oublier. D’un côté comme de l’autre, on est sur le qui-vive, prêt à un conflit armé. Les jeunes garçons de la communauté ne rêvent que d’engagement et d’héroïsme, les petits garçons jouent à la guerre, très sérieusement…

C’est un récit très vivant, l’on s’attache à tous les personnages, on participe à leur vie communautaire, et ce qu’elle implique de contraintes assumées, à leurs craintes d’une guerre proche, aux problèmes de couple,  de certains d’entre eux.

D’Amos Oz , récemment disparu,  j’avais lu son dernier  roman «  Judas » ; il me tardait de le lire encore.

 

 

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 12:51

LP, 2004, 412 pages.

Titre original : Case Histories

 

D’abord, nous avons les exposés de trois cas de disparition et/ ou assassinats à des époques et dans des familles très différentes  qui ne se connaissaient pas.

Les Land : une nuit de canicule, Olivia trois ans , benjamine d’une famille de 4 fillettes, disparaît pendant une nuit qu’elle passait sous une tente dans le jardin familial avec sa sœur Amelia.

Elle a disparu avec son doudou  la fameuse « souris bleue » ; nous sommes en 1970, et ces quelques pages nous brossent un tableau rapide d’une famille perturbée, avec des parents «  toxiques «  comme on dit à présent. Le père, toujours enfermé dans son bureau, à faire des maths (mais pas seulement devine-t-on…) , la mère , ex-infirmière, enceinte de son cinquième enfant, elle aussi retirée dans un monde à part, s’occupe des gosses… pour leur donner une aspirine tous les matins !! La fille aînée, Sylvia , entend des voix, celle de dieu précisément , et l’a dit à sa mère que ça n’a pas troublé, et qui a répondu «  c’est gentil »…

En 1994, un avocat Théo, a perdu sa fille de 18 ans , Laura. Un individu s’est présenté au bureau du père , l’a demandé et a abattu la jeune fille, qui y travaillait… on ne l’a aps retrouvé…

En 1979, c’est à la campagne dans une ferme, que Michelle a fendu le crâne de son époux ; elle était en colère, d’avoir dû lâcher ses études pour devenir épouse et mère…

En 2004, Jackson, détective, fait une filature ( une femme soupçonnée d’infidélité). Il s’ennuie, mais bientôt, il va avoir un vrai travail. Les deux sœurs  les moins perturbées de la petite Olivia , vident la maison après le décès de leur père. Elles retrouvent « la souris bleue » dans son secrétaire fermé à clef. Elles veulent aussi retrouver la petite fille… où ce qui en reste… Jackson va devoir chercher ce qui lui est arrivé…

Mais Théo vient aussi consulter le détective, pour qu’il enquête sur l’assassinat de sa fille. Inconsolable, Théo a pris beaucoup de poids, mauvaise santé, grosse déprime… Cependant, il  s’intéresse à une SDF «  aux cheveux jaune canari «  qui a plus ou moins l’âge que sa  fille aurait…

Enfin, voilà une certaine Caroline, qui a refait sa vie,  mais est prête à sauter encore le pas, avec  le pasteur de la paroisse, qui est vraiment irrésistible…

Les enquêtes se croisent et se complexifient, car Jackson est lui aussi poursuivi par un drôle de type… et doit s’occuper de sa fille, Marlee, huit ans.

On parle de ce roman comme d’un récit humoristique, mais j’ai trouvé personnellement que c’était l le côté sombre qui prévalait largement.  La mort est omniprésente, même Jackson  souffre de plusieurs deuils ( mère sœur frère tous disparus lorsqu’il était jeune… il passe aussi beaucoup de temps au cimetière…) ; il est vrai que fort heureusement, les survivants ont droit, après maintes souffrances à  des happys-ends relatifs mais réels et qui surviennent un peu comme des cheveux sur la soupe.

Il y a beaucoup de personnages ; l’auteure les multiplie comme les pains ! on finit par les confondre : qui est Emma ? se demande-t-on avant de revenir en arrière pour retrouver le petit passage où elle nous est rapidement présentée comme une amie de lycée de l’infortunée Laura. Les chats et chiens qui sont assez nombreux on les confond aussi ; Poppy , c’est un chien ou un chat ? Et qui donc est son maître ? Ou sa maîtresse ?  Les personnages principaux ont une psychologie assez banale , ils ne surprennent pas.  Le nombre de mauvaises rencontres qu’ils font, évidemment, c’est la fiction qui veut ça mais de mon point de vue, ce n’est pas amené de façon très futée. 

Les moments amusants sont en fait rares : le duo des deux femmes ( Julia et Amelia) amené comme un des morceaux de choix du roman, m’a plu pendant vingt ou trente pages, ensuite ça se répète.   La pauvre pécheresse schizophrène, abusée et maltraitée pendant l’enfance, qui  se réfugie dans un couvent, c’est très convenu… Le destin de cette pauvre Laura est d’une banalité absolue.  Michelle était plus intéressante, mais il lui aurait fallu un roman pour elle toute seule !

Marlee la fillette de Jackson est pratiquement la seule qui m’ait fait rire, et qui a fait des réflexions surprenantes.

Entrecroiser plusieurs intrigues n’est pas facile : l’auteure les a bien structurées, mais le suspens n’est pas au rendez-vous, car on sait bien avant Jackson de quoi il retourne ou à peu près.

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 13:34

2019, 223 pages

D’après sa documentation, et son imagination personnelle, l’écrivaine narre une biographie du dictateur Pol Pot ( de son vrai nom Saloth Sâr  qui signifie « l’homme-nuit ») .

Elle arrête le récit lorsque les Khmers rouges envahissent Phnom-Penh et vident la ville, massacrant tout le monde sur leur passage et détruisant tout ce qui a trait à la civilisation et à la culture , y compris l’argent.

Cette première partie campe un garçon méprisé par sa famille, humilié par ses comparses,  envoyé tôt dans un pensionnat rigide , où l’on passe beaucoup de temps à réciter des formules sacrées , des mantras  et répéter à l’infini des gestes stéréotypés ( qui ont beaucoup d’importance pour tenir le coup).  A Paris, envoyé par un oncle comme étudiant, alors qu’il est singulièrement ignorant, il va s’initier à la lutte armée, entrevoir une possibilité d’être quelqu’un.

Un apprentissage  lamentable, mais pas si rare, et tous les ratés ne deviennent pas des Pol Pot…

Le portrait qu’elle dresse de Sâr est celui d’un garçon sans doute schizophrène.  Il est mort sans avoir été jugé.

Nous voilà à la deuxième partie, L’auteure raconte sa propre histoire , sous le pseudo «  Dorritt «  ( je n’ai pas lu le roman de Dickens malheureusement, donc je n’en déduis rien pour l’instant).

Curieusement elle pense avoir quelque chose de commun avec Pol Pot. Il faut oser ! Et rédige quelques leitmotivs en parallèle .

Nous voilà au titre : les "lèvres de pierre sont celles du Bouddha : un sourire lisse, un sourire à tout faire, qui ne révèle rien de la personne. Elle l'a pratiqué ce sourire. Et lui aussi.

On a du mal à y croire… Dorritt c’est plutôt une hystérique très douée. Elle a eu des liaisons avec tous ses profs de fac, certaines  lui ont laissé un assez bon souvenir ; elle a épousé un homme de son choix. En dépit de ses autres malheurs, le bilan se révèle plutôt positif… je me sens nulle à côté d’elle.

Elle se pose pourtant des questions intéressantes ; Pourquoi ses amis  et elle ont-il soutenu des   dictateurs dans les années 70 ( celui là dont elle a déjà parlé mas aussi Mao et l’on pense à Foucauld fasciné par l’ayatollah Khomeiny etc.) ?

 Comme tous les écrits de Nancy Huston, celui-là non plus, en dépit de ses bizarreries ne laisse pas indifférent.

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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 18:11

POL, La collection, 1992,

Une très jolie collection, belle couverture, beau papier solide etc… dont je possède plusieurs titres ( dont les Grandes espérances) ; et qui a hélas duré très peu de temps…

1885 : Dans un café londonien le « Divan fumoir bohémien » trois amis désargentés et au chômage, se retrouvent : l’un d’eux Paul Somerset, voyant dans les annonces du Standard  qu’un individu louche est recherché dont on donne la description, propose de se faire détective pour toucher la récompense ; ses deux comparses Chaloner, et Desborough y sont peu enclins. Chacun d’eux promet pourtant de se jeter dans la première aventure qui leur échouera.

Chaloner va aider une jeune fille qui vient de s’échapper d’une demeure après une forte explosion : elle va lui demander son aide, et lui raconter une histoire incroyable mais fort dramatique à propos de sa jeunesse dans l’Utah aux prises avec de terribles Mormons qui auraient fait tuer ses parents et l’exécuteur auquel elle tente de se soustraire…

Paul Somerset, sera lui approché par une vieille dame fantasque qui lui confie son hôtel particulier dans lequel il ne se contente pas de loger mais qu’il va louer à un individu étrange et dangereux avec lequel il se lie pourtant d’amitié…

Desborough  a pour voisine une belle jeune femme, qui lui raconte être née à Cuba d’une mère esclave et d’un père poursuivi ; narre sa fuite éperdue au milieu de grands dangers (jungle, serpents venimeux, maître impitoyable, sorciers sacrificateurs…) avant d’être devenue réfugiée à Londres ; elle est en possession d’une boîte contenant paraît-il tous ses bijoux…

Ce roman est d’une lecture agréable, pleine de fantaisie et d’aventures ; il est à prendre au second degré ! En dépit de récits horrifiques, l’humour domine, et  si le lecteur prenait tout au sérieux,  il trouverait que les anarchistes ne sont de vrais gamins et les Mormons extrêmement dangereux !

D’après Wikipeadia , Stevenson aurait écrit ce roman avec son épouse Fanny, ce qui explique la présence de trois femmes comme personnages principaux.

On peut aussi lire la préface de Dominique Fernandez, mais après lecture du roman, car cette préface suppose la lecture complète.

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 13:02

 

Gallmeister, 2017.

Un coin isolé du Minnesota entre bois marécageux et lacs gelés à une cinquantaine de kilomètres de Duluth

Linda  une jeune fille de 15 ans  plutôt farouche, livrée à elle-même par des parents négligents, vit d’une façon minimaliste. Elle dort dans un grenier dans  un sac de couchage, fait six kms à pieds  aller et retour «  dans les sumacs « pour aller en classe. La plupart de temps, elle ne semble pas manger à sa  faim. Dans la cabane où vit cette famille, on allume peu la lumière, on a souvent froid.

La vie de cette adolescente tourne autour du bois qu'il faut couper, des poissons pêchés par le père,  qu’il faut vider, du lycée et des devoirs à faire , elle fait un exposé sur les loups et la nature, est attirée par son professeur M Grierson, plus ou moins pédophile. Pas d’amies au lycée : son mode de vie est trop spécial : on dit que ses parents sont d’ »anciens hippies » .  , elle fait des balades en canoë sur le lac, et s’ennuie profondément.
Un jour, une famille qu'elle observait à travers ses jumelles emménage sur la rive opposée du lac ; une très jeune femme , son mari bien plus âgé, un petit enfant.
Une belle maison. La vie aisée de ce couple et de leur enfant dont l'existence semble si différente de la sienne lui fait envie.

Elle devient la Baby- Sitter de Paul, quatre ans ........elle lui fait découvrir le bois , la cabane en liberté

On sait dès le départ, que Paul va mourir  trois ou quatre mois après que Linda l’ait connu.  On découvre progressivement  l’horreur de sa situation : Paul a des problèmes de santé  que Linda a perçu mais qu’elle ne sait pas interpréter ;  Patra et Léo son mari appartiennent à une secte « la science chrétienne » selon leur croyance, l’esprit doit absolument contrôler et dominer le corps : ils font comme si Paul allait bien  et lui interdisent implicitement de se plaindre ; ils se conduisent à peu près comme les Témoins de Jéhovah.  Linda est aussi priée (ostensiblement) de faire comme eux. Linda aurait sans doute parlé à ses parents de ce qu’elle constatait… si ses parents n’avaient pas été eux aussi un peu semblables aux Gardner … d’ailleurs elle-même se souvient lorsqu’elle vivait dans la communauté d’avoir été longtemps malade (au même âge que Paul pense-t-elle) et de n’avoir reçu aucun soin, n’ayant comme compagnie qu’une autre petite file malade elle aussi.   Ce qui explique qu’elle ne puisse pas venir au secours de Paul.  Et n’éprouve pas l’empathie qu’une adolescente élevée dans des conditions normales aurait pu concevoir.

En dehors de ce récit très éprouvant pour le lecteur du calvaire de Paul, que rien ne vient sauver,  Linda raconte sa vie lors de cette fin d’hiver, et ce printemps  si terrible,  mais elle nous relate aussi des bribes de son futur ( à 26 ans, à 37ans l’âge qu’elle a maintenant) et ce récit là  n’est pas intéressant.  La plume de l’auteure : elle s’efforce à l’originalité des métaphores et à un certain onirisme ( le soir et la nuit sur le lac, les bois) et transcrit plutôt bien le calvaire de Paul, et  l’effroi de Linda et Patra recouverts par une sorte de déni forcé. Les pages sur sa vie après «  le drame » sont de trop. Elle aurait dû se contenter d’un épilogue ;

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 12:54

(Abandon aux quatre cinquième)

5 petits opus sur une famille ou plutôt deux familles perturbées par le fait que deux enfants Yuki et Yukiko sont demi-frère et sœur ; et se fréquentent et sont amoureux. Elle l’apprend et va tuer son père le matin même où la bombe atomique enflammait Nagasaki. On a donc attribué la mort de son père à l’action de la bombe. Heureusement pour Yukiko !

C’est elle qui prend en charge le premier opus. On trouve dans le livre des réflexions sur la politique des USA et de l’Urss, des raisons qui ont pu motiver l’envoi des bombes. C’est la mère de Yukiko, qui, deux jours avant de mourir se livre à une analyse de la complexe situation politique  du Japon en 1945, objet de chantage et de litige entre deux grandes puissances. Et ce n’est pas mal observé.

  Le récit de la terrible journée du 9 août 1945 par Yukio et de celles qui suivirent intéresse moins. J’en ai lu de plus fouillées.

Quant à son idylle avec son demi-frère, elle est narrée de façon très sentimentale.

 Le second opus a pour narratrice  la maîtresse du père de Yukiko , une jeune coréenne , enfant naturelle d’un prêtre, qui veilla sur elle alors qu’elle était devenue orpheline. La difficulté d’être coréen au Japon, et l’impossibilité de revenir dans son pays.

 Le troisième opus est de Yuki, le demi-frère, fils de cette femme coréenne. Ensuite vient le tour du père nourricier (mais non biologique) de Yuki.

Ensuite j’en ai eu assez et n’ai pas lu le dernier opus ( de la petite fille de Yuki, Tsubaki, soit «  Camélia » ).

L’écriture est agaçante,  d’un lyrisme enfantin, même si les propos sont  parfois lucides et intelligents.

Les points de vue des protagonistes sont différents, certes, mais le style ne change pas, selon qu’on suppose devoir être dans la peau de Yukiko, Yuki, sa mère, ou son père… ce problème c’est que la même voix se glisse dans un personnage différent à chaque fois. Et je n’y crois pas ! Trop de personnage pour une seule voix … ET uns style très fleur bleue, pour ne  pas dire «  camélia » puisque cette fleur plaît beaucoup…moi aussi j’aime les camélias… mais cette série de romans dont on disait le plus grand bien m’a déçue.

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 16:30

Buchet-châstel, 1957

Nous voici déjà fin janvier, il est temps que je réalimente ce blog!  j'ai fouiné comme une souris dans les plus anciens titres d'une PAL qui ne fut pas toujours la mienne!

Ce roman, presque en ruine,  dont les pages n’étaient pas coupées,   traîne dans mes étagères depuis toujours.  J’ignore qui l’avait acheté et dans quelles circonstances. l'année d'achever d'imprimer est 1957.

Nous sommes en 1944 dans le milieu de la Résistance, à Paris, et pour quelques chapitres , en province dans la Bresse,, où il s’agit d’organiser un accident ferroviaire ayant pour but de supprimer un certain Von X…

Le narrateur, François Lamballe, Marat de son pseudonyme, a rejoint La Résistance depuis peu ; il   joue à ce « drôle de jeu » comme le qualifiera Annie, une jeune femme qu’il va rencontrer et qui après avoir formulé bien des réticences, jouera elle aussi ce jeu.  Selon  elle, ils ne le joueraient pas s’ils n’y prenaient un plaisir qu’elle qualifie d’enfantin et qu’amplifie la conscience du danger.

 Son récit nous met dans le bain : la vie quotidienne de jeunes intellectuels résistants (Marat est le plus âgé, à 36 ans ) qui organisent la lutte, se déplacent incessamment, toujours sur le qui vive , passent des nuits blanches à imaginer la Gestapo qui arrive et comment ils vont agir ; et tentent de vivre, font de longues dissertations sur la vie,  la mort, la lutte des classes, les raisons de s’engager. Des raisons très diverses suivant les cas : plusieurs d’entre eux étaient communistes avant la guerre, mais « Caracalla » (on reconnaît Daniel Cordier sous ce nom) soutenait l’Action Française , d’autres encore ont des motivations  différentes.

Ses aventures avec les femmes ( qui tiennent souvent du rêve à cause de la situation, mais il y a aussi un peu de passage à l’acte) occupent une place non négligeable. 

Comment préserver son individualité, et bien servir la collectivité, dans une telle situation ?

Malgré la différence de contexte,  les  propos ont encore leur intérêt, même les monologues de « Marat » (encore que ceux-ci soient un peu longs parfois) restent valables et les questions posées sont, pour la plupart, toujours d’actualité. En dépit des monologues un peu lourds, le récit est enlevé, parfois même assez léger compte tenu du sujet...

j'ai fait connaissance avec Roger Vailland ; le relirai-je? Sans doute que oui...

Un roman qui vieillit plutôt bien… actuellement , il est édité chez Phébus. 

 

 

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