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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 05:51

Dorrenstein-Coeur-de-pierre.jpgRenate Dorrenstein «  Un cœur de pierre » Belfond (néerlandais). 1998.

 

Une famille repliée sur elle-même, père, mère, quatre enfants dont la narratrice qui est la troisième née. Ils vivent d’une agence de presse, collectionnent les coupures de journaux ayant trait à certaines personnalités, les classent, les donnent à un éditeur.

 Les enfants y travaillent autant que les parents et font aussi la cuisine, l’âge venu. La narratrice, 12 ans, commence à s’y mettre quand le drame se produit.

C’est une communauté. Tout le monde fait la même chose. On ne sait pas trop qui joue le rôle de père mère enfant.

Après un cinquième  accouchement, la mère reste au lit ne s’occupe pas d’Ida qui vomit tous ses biberons. Mais lorsque ce bébé, finalement reconnu atteint d’une atrésie œsophagienne est hospitalisée,   la mère disjoncte dans le sens du délire, sort de sa prostration pour développer une maladie de persécution. Ida guérit mais pas sa mère.

Un jour, la mère fera avaler des tisanes empoisonnées de somnifères à haute dose à sa famille et les asphyxiera, inconscients, au moyen d’un sac en papier.

La narratrice qui était partie se promener revient à temps pour sauver  son frère. Tous les autres périssent.

Mis tous deux dans un orphelinat, le petit garçon sera adopté mais pas elle qui est trop grande. Elle ne le reverra pas.

On assiste aussi à sa vie d’adulte. Enceinte, elle a un ami qu’elle repousse, ne veut pas connaître le père de l’enfant. Elle en veut toujours à son père. Il connaissait les idées délirantes de sa mère et n’a rien fait, lui, l’adulte responsable, rien, même pas pour lui !

 

La narratrice attribue la défaillance de sa mère à un » déséquilibre endocrinien ».

Voilà qui n’explique pas tout ! La narratrice ne se laisse pas tuer, le petit frère non plus qui avait déjà manifesté sa détresse en se faisant ébouillanter pendant la grossesse de la mère. Ils ont résisté à ce qu’on peut appeler un suicide collectif.

Pourquoi ne se sont-ils pas méfiés de la mère devenue si bizarre ? Le père non plus !

Ils étaient semble t’il trop en symbiose les uns avec les autres, et ne pouvaient prendre la moindre distance critique face à la situation.

Le roman est bien structuré

-         Enfance avant le cinquième

-         Souvenirs que la narratrice égrène de ce que ses parents disaient de leur histoire

-         Développement de la crise depuis la grossesse de la mère avec plusieurs événements

-         Jour du crime

-         Vie de la narratrice et de son petit frère à l’orphelinat

-         Vie adulte de la narratrice dans la maison maudite et aimée qu’elle a rachetée.

-         Echange de la narratrice avec son ami qui n’y comprend rien

-         Explications avec son médecin…

 
 

Toutes ces tranches de vies sont présentées alternées pour l’agrément du lecteur.
On trouvera pas là du métier, une narration bien faite,   pas de recherche d'écriture, ni de littérature à proprement parler.

Ce qui intéresse c'est la façon de s'aveugler.
Même s’il y a le désir de comprendre, on note une certaine naïveté, pas de recherche d’explication psychanalytique. Il s'agit d'une psychose puerpérale non diagnostiquée à temps. C'est avant tout psychique...

 
 
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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 10:35

Fragments-de-la-vie-des-gens-copie-2.jpgRégis Jauffret Fragments de la vie des gens Seuil (Verticales), 2000. 

   Ce sont 59 nouvelles dont les héros (introduits à la troisième personne singulier pluriel, ainsi que le « on »)  ne sont pas nommés, même si l’on pénètre dans leurs intimité. Cette façon de n’utiliser que des pronoms personnels « impersonnels », évoque un groupe anonyme qui n’est surtout pas une communauté.

    Ces personnes sont dépressives, suicidaires, ou simplement vivent mal leur quotidien jugé morne et ennuyeux. 

    C’est la Vie mode d’emploi de personnages qui sentent le grand vide de l’existence comme le Percival Bartlebooth de Pérec, mais qui n’ont pas la volonté l’occasion ou le moyens financiers d’organiser un grand projet à étapes permettant de travailler sans temps mort. 

Ils vont donc s’occuper à de petites besognes que nous connaissons bien : une vieille dame s’occupe en croyant entendre des gémissements à l’étage en dessous : elle tente de les identifier, bâtit des scénarii à propos de fantômes, ou de personnes séquestrées, agonisantes, maltraitées… 

Tous les personnages imaginent des catastrophes la cessation de l’enfer quotidien, une mort violente, un homicide, une fuite, un retour… ou se perdent en hypothèses plus ou moins délirantes sur les pensées de l’autres, ses agissements réels… le tout est exprimé au conditionnel dont RJ fait grand usage.

 

Les images, actes, pensées se succèdent à un rythme d’enfer, Dans leurs imaginations les plus délirantes, quelque détail exagéré vient tempérer le « mélo » et le remettre à sa place, ironiser ou moquer les plaintes sans effacer leur gravité. Le lecteur est  souvent saisi de brefs éclats de rire.

 

On apprécie également les dialogues de sourds, rudes, directs, qui viennent  couper de temps à autre les narrations longues. 

Parfois ces malheurs se produisent effectivement ou ont eu lieu par le passé.

 

 Les premiers chapitres, écrits à la 3eme personne du pluriel concernent les enfants et leurs façons de voir les adultes.  Ces visions du monde sont assez originales, en tout cas correspondent bien au problème enfantin de la réduction à l’effacement au milieu de leurs drames.

« Ils craignaient leurs lits, ces masses molles, mouvantes, où on pouvait disparaître dès qu’on s’endormait. Au plafond, il y avait des fleurs, des raisins, et des pommes de plâtre, ils distinguaient aussi l’ombre des jardiniers prêts à les sarcler comme un coin de potager.

Ils avaient peur, ils serraient des peluches contre leur poitrine. Ils faisaient croire que ces fausses bêtes pouvaient jouer les gardes du corps, alors qu’elles se révolteraient contre eux , appelant à la rescousse le dromadaire en laine, le gorille en chiffon jaune l’éléphant en plastique et même les tabourets, les cheminées, les fenêtres. 

Ils n’aimaient pas ce rôle qu’on leur faisait jouer, ces vêtements, ces coupes de cheveux, et toutes ces pitreries auxquelles ils devaient se soumettre quand on les amenait à l’école. " 

Même si le livre repose sur quelques procédés narratifs et grammaticaux voyants, on ne s’ennuie pas. Après tout cette humanité souffrante, burlesque, absurde, c’est la nôtre, on s’y reconnaît. Ces fragments ont des accents de vérité. 

De  Régis Jauffret, j’ai lu aussi Asile de fous, et Clémence Picot qui m'ont beaucoup intéressée .
Je n’en lirais peut-être pas d’autres.
 
Car, à présent,  Régis Jauffret a tendance à réécrire le même livre avec toujours plus de pages et j'avoue hésiter à me lancer dans ses "Microfictions".

 
 
 
 
 
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19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 10:38

la-Derni--re-m--tamorphose.jpgCe récit est publié en 2007 chez Philippe Picquier, et traduit du japonais par Corinne Atlan.

Dans un long monologue théâtral que l’on hésite à qualifier de roman, un jeune homme met en scène son mal de vivre. 

Suite à des problèmes avec son despote de patron, il a décidé de s’enfermer dans sa chambre et de n’en plus sortir, c'est-à-dire de devenir un hikikomori (reclus volontaire).  En outre, il entretient ses parents car son père est au chômage depuis très longtemps. C’est la dépression disent les autres. Lui, il pense à La métamorphose de Kafka, souhaitant parvenir à se transformer en «  cancrelat ». (Mot écrit en gras et répété).

A défaut de réussir une transformation aussi radicale que  Gregoire Samsa, il réfléchit à la Métamorphose ainsi qu’à d’autres nouvelles de Kafka, et fait sur ces textes des  commentaires sur la condition humaine et les rôles que l’on nous impose,tout au long de la vie, la société, les proches (ceci n’a rien de bien nouveau) mais ce qui est plus fin, c’est que l’auteur réfléchit aussi sur les rôles que l’on joue pour soi… en face de soi, pour se duper soi-même.

Bientôt nous apprenons que la réclusion du narrateur fait suite au dépit qu’il éprouva après avoir tenu un blog « journal intime plus critique de livres » sur le Net, avide qu’il était de reconnaissance par un public plus vaste que ses parents et quelques liaisons sentimentales décevantes. Un site qu’il appelait EARL (le comte dit-il mais il y a aussi Lear dedans). Il envisage d’annoncer son suicide sur tous les sites possibles  croyant intéresser les gens par ce biais :

«  Ça fera un sacré grabuge, c’est sûr ! Le téléphone sonnera sans répit dans tous les commissariats du pays, dans le combiné on entendra des cris désespérés demandant d’empêcher mon suicide ! Ils chercheront tous éperdument à savoir qui est EARL ! … les médias eux aussi, ayant eu vent de ce tumulte, se rueront sur mon site !... » Moi désignera en même temps l’ensemble de tous les anonymes du cyberespace ! Tout le monde sera «  Moi » ! »

Le roman s’achève ainsi dans une progression nette vers la paranoïa, l’auteur ayant voulu montrer semble t’il le développement d’un ressassement qui tourne au délire et à l’explosion de haine contre soi.

Le propos est décousu et volubile, le ton vif et rageur donne tantôt dans la dérision, tantôt dans l’analyse introspective, Quelquefois de l’humour et aussi un peu d’ennui. L’ensemble vaut la peine d’être lu.  

 
 
 
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5 août 2007 7 05 /08 /août /2007 10:38

411G8FKD7QL.-SS500-.jpg«  Les hommes qui se perdent de désirer feraient bien de s’en tenir à leurs besoins. Dans un monde où l’hubris du désir sera muselée pourra naître une organisation sociale neuve, lavée des luttes et des oppressions et des hiérarchies délétères. »

     Renée Michel, gardienne d’immeuble, qui s’annonce rageusement « la concierge », ouvre son histoire avec cette sentence et nous apprend qu’elle cite la onzième thèse sur Feuerbach dans « l’idéologie allemande » de Marx.

   Un Marx que l’on croyait dépassé, usé, mais que le programme de l’agrégation semble relancer avec un certain succès.

Et Mme Michel ajoute «  Qui sème le désir, récolte l’oppression ».

Mais comment  suivre ces conseils de sagesse, Mme Michel?
Oui, comment, M. Marx (puisque c’est lui)? Avez-vous bien réfléchi?
car les hommes ne peuvent s’en tenir à leurs stricts besoins. Ce n’est pas dans leur nature. C’est même cela qui les distingue des animaux.

Les animaux sont parfaits. Nous, pas.

Le bébé qui a déjà assez bu pour satisfaire son besoin de nourriture continue à réclamer le sein. Et parfois, c’est l’inverse, il n’en veut pas, alors que son corps le réclame.

L’homme ne veut pas avoir de relations sexuelles juste pour procréer. Et parfois, il s’en fiche de procréer… l’homme a toujours affaire au désir.

Ça commence mal ! je vais m’engueuler avec ma concierge ! On m’a toujours dit que je n’étais pas conviviale.

 
Heureusement, je ne vais pas avoir affaire à elle....
Renée Michel est la concierge des Riches.

Elle tient la loge d’un immeuble de gens hyper-aisés, dont on sent qu’ils ont pour préoccupation principale d’échapper à l’impôt sur la fortune.

 

    Renée Michel se veut une concierge différente. Depuis 27 ans, elle bouquine, des lectures très sérieuses, elle regarde des DVD de cinéma d’auteur, et malgré cet entraînement intensif, elle réussit à être concierge dans l’escalier, à  feindre d’avoir l’esprit d’escalier,   à faire reluire la rampe, et même à se fabriquer un semblant de vie de concierge à l’ancienne : vilaine mise, soupe aux choux qui mijote, TV allumée toute la journée.

Elle fait le service minimum en ayant l’air d’en assurer le maximum.

« Concierge «  doit se lire comme une métaphore «  Dans la recherche du temps perdu oeuvre d’un certain Marcel, autre concierge notoire, Legrandin est un snob écartelé entre deux mondes, celui qu’il fréquente et celui dans lequel il voulait pénétrer ».

Là je comprends bien ce qu'à voulu faire l'auteur! mais je ne suis pas sûre qu'elle ait réussi.


Mme Michel souffre qu’une virgule soit mal placée : «  Madame Michel, pourriez-vous, réceptionner les paquets » la rend malade pour la journée.

Je tremble, que, Mme Michel, ne lise, mon blog.
 

Heureusement, elle se fait des amies : Paloma, douze ans, pré-adolescente surdouée qui s’ennuie à mourir chez ses riches et stupides parents. Un monsieur japonais, qui, en dépit de son compte en banque affreusement garni, se révèle un miracle de raffinement et de distinction. Et Manuela, l’amie de toujours, qui cuisine des gloutofs.

Les thés chez Mme Michel sont amusants.

C’est bien dommage que les Bons soient d’un côté et les Méchants de l’autre…

Nous, le lecteur, ni bon ni méchant, on pense que l’on ne serait admis ni chez Mme Michel ni chez les Riches.

Où c’est que l’on va aller ?

Patatras !  A peine la jeune Paloma a t’elle  trouvé un but à sa vie «  plus tard je serais concierge » que le récit sombre dans une sorte de mélodrame trop bien connu.

Les aventures de Mme Michel prennent fin dans la rue du Bac.

Son péché c’était donc bien d’avoir étudié sans autorisation.  

Moi je ne l’aurais pas laissée mourir.

Référence : Murielle Barbery " L'Elégance du hérisson" ; Gallimard, 2006.
 
Une autre que l' Hérisson hérisse : Mlle Bille : lisez son billet, vous allez enfin rire un peu.

lisez aussi
Acide critique  sur la question, c'est  pas mal non plus.

 
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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 10:13

v-6-ill-813109-f.jpgNancy Huston Lignes de faille Actes-sud, 2006. 481 pages prix Fémina 2006.

 

Le roman consiste en quatre monologues de quatre enfants de six ans chacun pris à une époque différente et à un moment crucial de sa vie.

 

A 6 ans, en 2004,  Sol est un petit garçon prodige qui vit en Californie une existence couvée par sa mère, qui le déifie ; «  la célébrité est héréditaire dans la famille peu importe par quoi je me distinguerais »

Cependant, au square, il arrive que la mère de Sol réponde à l’appel d’un autre enfant qu’elle confonde sa voix avec celle de son fils. Sol est scandalisé, pourtant cette erreur de la mère prouve qu’ils ne sont pas en parfaite symbiose.

Avec soixante ans de différence, il a bien des points communs avec «  Edwin Mulhouse » le petit héros du roman de Steven Milhauser. Sa mère possède aussi les mêmes caractéristiques.

Parfois, nous sourions de sa grande naïveté paranoïde : 

«  Mon esprit est gigantesque. Du moment que mon corps est propre et que la nourriture y circule comme il faut, je peux traiter toutes les informations. Je m’empiffre de Google et devient le président Bush et Dieu en même temps ».

 

« Maman voudrait avoir un autre enfant un jour… mais quelque soit le nombre d’enfants dans notre famille, je ne redoute pas la concurrence. Jésus avait une flopée de frères lui aussi et on n’en entend jamais parler, il n’y a tout simplement pas de comparaison ».

On aura compris que l’auteur fait parler ce petit américain pour distiller une satire sociale féroce sur la société actuelle (pas seulement américaine) et des méthodes d’éducation consternantes.

Le père de Sol Randall, dirige une usine où l’on teste un procédé pour fabriquer des robots que l’on enverrait en Irak pour remplacer les faillibles soldats. En attendant, il joue pour Sol le rôle du futur héros de guerre. Le petit garçon se plaît à contempler sur Internet, toute sorte d’images de soldats massacrés et de femmes violées, seule désobéissance à l’endroit de sa mère…

Mais Sol le tout puissant va connaître un désagrément particulier à cause de sa tache de naissance dont on veut l’opérer.

La tache de naissance c’est, dans les ouvrages de fiction, ce qui permet de révéler une filiation entre des personnes que rien ne prédisposait à savoir ou à dévoiler qu’ils étaient du même sang.

Sol partage une tache de naissance avec son père sa grand-mère paternelle et son arrière-grand-mère ; elle a eu une grande importance pour chacun d’entre eux. L’enlever sonne comme une sorte de sacrilège.

 

Alors que Sol est parti en famille à Munich, il commence à s’intéresser à sa famille : Son arrière grand-mère vient de retrouver une sœur et elles se disputent pour une vieille poupée…

Commence le second monologue : vingt ans plus tôt, Randall, son père,   vit à New-York avec son père Aron, juif incroyant que sa mère Sadie a épousé précisément pour cette judaïté, en souvenir de l’homme qui lui servit de père. Elle pratique assidûment et fait des recherches sur un mystère familial. Pendant ce temps Aron, dramaturge dans le registre comique, s’occupe du garçon. Mais voilà que Sadie les fait déménager à Haïfa. C’est la guerre entre juifs et arabes.  Randall fait une rencontre perturbante…

En 1962, Sadie, la mère de Randall, vit à Toronto où ses grands parents sévères et ennyeux l’élèvent pendant que sa mère tente de se faire un nom comme chanteuse.

Ce monologue est le plus réussi avec celui de Sol : Sadie vit dans un univers de contraintes et d’obsessions qui sont bien mises en valeur : la torture de la fillette quand elle doit se vêtir avec des porte- jarretelles  à Six ans ! Son penchant à la destruction  autopunitive symbolisé par « l’Ennemi » qui lui commende de se faire souffrir à chaque manquement à la Règle en se cognant la tête cent fois contre le mur…

Alors qu’elle est reprise par sa mère et le compagnon de celle-ci et commence à vivre une existence bohème, agréable, un homme inconnu fait son apparition et se jette dans les bras de sa mère…

En 1944, Kristina, mère de Sadie, vit dans une famille allemande, et, dans la guerre, éprouve de la frayeur au sujet de la mort, de nombreuses interrogations à propos des automates, des pendules, de la façon d’interpréter l’immobilité des êtres et des choses…

Un soir, sa sœur Greta lui fait d’inquiétantes révélations pour se venger du fait que Kristina a joué avec sa poupée…

 

A travers ces monologues d’enfants assez plausiblement imaginés, nous voyons défiler les grands événements qui ont secoué l’Occident pendant soixante ans- les conflits armés et leurs conséquences en particulier. Nous apprécions aussi la manière dont les enfants de six ans se posent d’importantes questions, qu’ils oublient par la suite. 

 
 
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21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 14:29

 

Publié aux éditions  Gaalade en février 2007


 

Le Cluedo : David, quinze ans aujourd’hui, jettera t’il sa gourme ? Son frère aîné Jacob écrivain en panne arrivera t’il encore à créer ? Marian   célibataire esseulée trouvera t’elle une âme frère ? Susan peut- elle aimer encore Jacob ? …
en attendant, ils jouent tristement au cluedo  
les personnages du jeu s’animent pendant la partie : Mlle Rose ne sait si elle veut que le colonel Moutarde la viole ou non, le colonel veut bien mais n’est pas sûr d’éprouver du plaisir, le professeur Olive se demande s’il veut vraiment voir ça, Le docteur Violet se perd dans les passages secrets sous la maison veut revenir en arrière mais poursuit sa route, Mme Pervenche se demande si elle est ou non jalouse de Mme Leblanc qui ne sait pas si elle doit rire ou pleurer ! Beaucoup de questions, rien ne se résout, la partie peut-elle s’achever ?
Le ton est ironique, parfois sentimental, avec quelques belles descriptions et les personnages du cluedo sont plus complexes que les joueurs.

 

Le Rideau : un petit garçon, autorisé à se rendre seul au cinéma, s’aventure dans les coulisses, contemple et détaille avec excitation et un peu d’effroi des personnages de films archétypaux, les suppose vivants, mais comme Saint Thomas, veut toucher …une jolie fille qui arpente sa loge en répétant des phrases tragiques à moitié dites… et s’enfonce dans une substance épaisse, de la chair peut-être , de la peau , sûrement pas… vue par les yeux d’un enfant l’aventure garde un côté insolite, effrayant proche du fantastique et aussi de ce que Freud nomme « l’inquiétante étrangeté » très présente dans ce texte.

Le Musée Barnum : il consiste en une multitude de salles où sont présentées des scènes de foire et des décor de faux semblant : avaleurs de sabres, dragon cracheurs de feu, aquarium avec rochers où nagent des apparences de sirènes, faux et vrais monstres en tous genre.

Bien des gens sont fascinés, ou attirés comme par des aimants dans cet ensemble où l’on se perd volontiers mais où un gardien vous reconduit toujours. Des visiteurs en sont las d’autres persistent à l’aimer. Il ressemble à l’Enfer (plusieurs nouveaux au-dessus et en dessous, des sous-sol qui descendent toujours plus bas l’on ne sait jusqu’où).

Phinéas Barnum est l’inventeur des effets spéciaux et des artifices. 

C’est peut-être aussi une métaphore du monde comme cirque. L’une des meilleures pages de «  La Vie trop brève d’Edwin Mulhouse » est la description d’un champ de foire à peu près vide où deux gamins de 11 ans se rappellent les splendeurs d’antan (de leurs six-huit ans, lorsque la foire battait son plein).  

Borges voyait le monde comme une immense bibliothèque…on peut le voir aussi comme une foire bruyante et tapageuse.

 

 

 

 

Carte postale sépia : Il a quitté Claudia avec qui il s’est querellé et s’est logé dans l’hôtel d’un petite bled battu par de violentes pluies et de fortes bourrasques de vent.

Par désoeuvrement, il achète une carte postale dans une boutique de Souvenirs où l’on vent toute sorte d’objets anciens à prix divers, une accumulation de petits objets dont l’auteur aime à faire des descriptions interminables. Le dessin de la carte qu’il achète l’effraie, les personnages au début indistincts prennent du relief comme tout ce qui commence à vous obséder, les personnages de la carte semblent embarqués dans une querelle grave, la femme est menacée par un homme armé d’un couteau. Indiscrets, ils vont réveiller le dormeur en pleine nuit…

 

Le Huitième voyage de Sindbad

De tous ces récits je crois que c’est mon préféré.

Le récit progresse en trois narrations alternées.

Sindbad, devenu vieux, sentant sa fin prochaine, assis dans son patio en dessous d’un oranger, rêve à ses voyages, se demande s’il les a déjà effectués et de quelle manière, cherche à se rappeler des détails pour répondre valablement à la question.

Le narrateur   effectue un travail de réflexion et d’enquête sur   les Mille et une nuit, comment elles furent popularisées en Europe, ce que l’on peut en penser, et s’interroge aussi sur les procédés d’énonciation dans ces textes et les différents destinataires : Shéhérazade raconte en une vingtaine de nuit à son époux ce que Sindbad a vécu en six jours et qu’il relate lui-même en trois soirées à des marchands et à un ouvrier…

Sindbad conte son dernier voyage à l’imitation des précédents ; le héros arrive dans unne ville –fantôme, après un naufrage, il est peut-être mort, rencontre des navigateurs, des négociants, un roi, et le célèbre oiseau roc…

 

Pluie : un homme qui sort du cinéma est agressé par une pluie violente ; d’abord inquiet pour ses vêtements, puis pour sa conduite, car il n’arrive pas à essuyer ses lunettes, et les essuie-glaces sont insuffisants, il est immobilisé dans une ornière puis dans une cabine téléphonique du centre commercial noyé, qui se dissout tandis que lui-même assiste à sa propre liquéfaction avant de disparaître ;  je dois dire que c’est d’actualité et l’on ne peut rêver récit d’un ton plus  juste.

 

Dans l’ensemble, une écriture toujours  belle sur le thème de l’illusion ;  certains récits sont trop longs (le Musée Barnum), d’autres sont agaçants ( le tout dernier sur  un illusionniste allemand, deux autres que je n’ai pas nommés non lus et dont on peut bien se passer…)

Les deux tiers  du volume se lisent avec plaisir.

 

 

 

 
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18 juillet 2007 3 18 /07 /juillet /2007 14:22
LES-BELLES-ANNEES-DE-MISS-BRODIE.jpgCe roman a été publié sous le titre «  The Prime Of Miss Jean Brodie » en 1961.
La traduction est parue chez Fayard en 1992.
Il se peut qu’il soit disponible en livre de poche.
 

Il représente la quintessence de ce que l’on peut lire en terme de « roman de collège » un genre surtout anglais qui met en scène des enseignants et des élèves, les drames et les jeux de pouvoir entre eux.    

 

Le roman se déroule à Edinburgh de 1930 à 1950 environ. A l’école de filles Maria Blaine, miss Brodie  est une prof « pas comme les autres », féministe à sa manière, terriblement naïve, pas le genre de Simone de Beauvoir…


  Elle  a la charge de deux classes de  filles de 10-12 ans, en tant qu’institutrice.   Très ambitieuse elle veut  susciter «  le plein épanouissement et une vocation parmi ses élèves ».


 Les  six fillettes, pendant les deux années où elle va s’occuper d’elles, vont constituer le clan Brodie lequel restera plus ou moins soudé toutes leurs vies.


A cette époque, elles avaient été reconnaissables au premier coup d'oeil en tant qu'élèves de Mlle Brodie étant largement informées sur quantité de sujets sans rien à voir avec le programme d'études réglementaire, ainsi que disait la directrice, et inutiles à l'école en tant que telle. On constata que ces fillettes avaient entendu parler des buchmanites et de Mussolini, des peintres de la Renaissance italienne, des avantages pour la peau de la crème démaquillante et de l'hamamélis de préférence à l'eau et au savon tout simples, et du mot menarche (Premières règles); la décoration intérieur de la maison londonienne de l'auteur de Winnie l'ourson leur avait été décrite, ainsi que les vies amoureuses de Charlotte Brontë et de Mlle Brodie en personne. Ces fillettes connaissaient l'existence d'Einstein et les arguments de ceux qui considéraient la Bible comme inexacte. Elles connaissaient les rudiments de l'astrologie, mais non point la date de la bataille de Flodden ou le nom de la capitale de la Finlande."


Le style de Muriel Spark est ici très pince-sans-rire, ce n'est pas le moindre de ses charmes.

Les enfants apprennent à ressembler à Miss Brodie qui veut exercer son pouvoir sur elles, et non les instruire.

Sandy est l’élément le plus important du clan, celle à qui est destinée la «  philosophie «  de miss brodie, et qui devrait lui succéder.

Marie est une débile légère qui sert de souffre-douleur, Jenny est jolie, Eunice fait du sport, Rose est séduisante, Joyce-Emily est ardente et combative. ..elles croient toutes avoir été choisies par miss Brodie,  pour leur personnalité…

Mlle Brodie avait déjà choisi ses préférées, ou plutôt celles à qui elle pouvait se fier ; ou plutôt celles aux parents de qui elle pouvait se fier en ceci qu’ils ne porteraient pas plainte à propos des aspects les plus progressistes et les plus séditieux de sa politique éducative, ces parents étant soit trop peu éclairés pour se plaindre, soit trop pénétrés de respect par leur chance de faire éduquer leur fille aux tarifs de la fondation, soit trop confiants pour mettre en doute la valeur de ce qu’apprenait leur fille dans cette école qui jouissait d’une réputation solide.


Pour elle, éducation signifie «  hors de » (ex et duco) extraire ce qui se trouve dans l’âme des élèves et non «  y fourrer quelque chose qui ne s’y trouve pas ». Avec ces belles paroles, elle mène son petit monde… en outre, elle est détestée de la directrice,et des autres professeurs, et cela lui donne du prestige auprès des élèves. Elle se pose en victime et les gamines doivent la défendre…

Les autres enseignantes sont croquées avec autant de férocité que miss Brodie ; la prof de physique, Miss Lockhart possède un baril de poudre, parle de faire sauter toute l’école et s’en vante. Pourtant, elle se marie sagement, et abandonne son métier pour les joies du foyer. 

 En ces années là, l’on n’est pas très regardant sur le sérieux des  institutrices, toutefois l’on se méfie de miss Brodie, qui ne fait jamais de cours mais «  raconte sa vie » comme on dit parfois d’un enseignant. Ici, le terme est parfaitement choisi !  

 Le   discours de miss brodie est un fatras paradoxal de prescriptions psychologisantes à la fois hédoniques et  moralement rigides. Politiquement, elle s’est prise de passion pour le fascisme de Mussolini, puis pour le nazisme et toutes sortes de régimes totalitaires qui la séduisent et qu’elle fait partager à ses élèves.
Méprisant les connaissances théoriques dont elle manque elle-même, elle n’en recommande pas moins aux élèves d’apprendre par cœur ce qui se trouve dans leurs manuels pour «  l’examen de passage ».

Mais la grande affaire de miss Brodie, reste les aventures amoureuses avec deux professeurs de sexe masculin Teddy Lloyd, professeur d’art et Mr Lowther qui enseigne le chant.

Les fillettes du clan Brodie se sentent très importantes d’être mêlées aux intrigues sentimentales de leur prof, car  une fois scolarisées chez les grandes, elles continuent à voir miss brodie et   la demoiselle cherche à provoquer une liaison entre sa favorite la plus délurée et l’enseignant qui lui résiste. 

  Le récit est achronologique,  le narrateur  nous renseigne sur les destins des «  favorites » et ce que leurs vies futures devront  à miss Brodie et à ses discours. Joyce-Emily, victime directe de miss brodie, s’engage dans la lutte armée pour la cause de Franco.  la plus intelligente, Sandy Stranger, la seule qui l’ai véritablement prise au sérieux, perd ses illusions à son sujet et  s’estimant souillée et privée d’idéal après que miss brodie ait chuté de son piédestal, se fait religieuse et écrit un traité de psychologie «  de la transfiguration des lieux communs ».  Cependant, elle reconnaît très vite échouer à se mettre à l’écart de l’influence de miss Brodie,  et de son  prof d’art qui a fâcheusement conditionné sa vie.

 

C’est là un petit roman cruel, et ironique, brillamment écrit, sur la bêtise et l’ignorance dans l’éducation des filles,

sur une interprétation naïve du féminisme mais aussi sur les méfaits de ceux qui ne cherchent, dans l'exercice de leurs fonctions, qu'à manipuler les autres.   

 
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2 juillet 2007 1 02 /07 /juillet /2007 16:40
la-Peur.jpg
Laura Grimaldi «  La Peur » Métailié, 1994.
 

Ce roman décrit admirablement , à l'aide d'un  style précis et concret, la fin de règne d’un tyran domestique, Contaldo Glisensi, à Bergame, au vingtième siècle, probablement de nos jours ou presque, sans que rien des événements politiques, ou des caractéristiques contemporaines  ne vienne filtrer dans le récit  pris en charge par les divers membres d‘une famille traumatisée, cloîtrée et réduite à une survie angoissée en huis clos.

Munda, fille unique de bourgeois aisés, a été mariée très jeune, juste après la guerre à  cet  homme plus âgé qu'elle, Contaldo , un monsieur qui parlait anglais,  avait une bonne place dans une étude notariale, et  qu'elle  avait vu deux trois fois avant la noce, jamais en tête à tête.

 Violent, vulgaire, sexuellement très avide, Il a dégoûté la jeune fille et s’en est  fait détester. Les parents de Munda  étaient  âgés, timides,  et très bien élevés. Elle aussi. Contaldo s’est installé en maître dans leur maison. Il a fait venir de la campagne Concilia, une fille sans ressource,  pour contenter ses appétits. Les parents de Munda  ont feint d’ignorer la situation.

Munda a eu un premier fils, Eugénio, qui, âgé de deux ans, refusait de s’habiller.  Conduit chez le psychiatre, ce dernier  a  stigmatisé Munda : elle n’avait pas désiré l'enfant, elle est une mère «  algide ».

Il a« oublié» de s’enquérir du père…
 

Au moment de la résolution de crise, Eugénio a presque quarante ans. Il est relégué au sous-sol de la maison familiale par Contaldo qui l’appelle « le fou ».  Il se vêt avec du papier, se confectionne des costumes avec des papiers raffinés de toutes sortes dont il aime le bruits  de froissement «  frtt », plus ou moins chantant, refrains qui l’accompagnent dans sa solitude.

Maddalena la sœur cadette  occupe  le premier étage avec Erasmo qui travaille dans l’étude de son père, et dépend de lui. Giovanna la benjamine, mange toute la journée ; elle est devenue obèse jusqu’à la difformité pour échapper à son père qui la tripotait. Les autres souffrent d'anorexie.

Contaldo a décidé de vendre la maison de ses femme et enfants, dont il a exigé des procurations longtemps auparavant. Il compte  placer Génio en institution,  envoyer Maddalena  et Erasmo  vivre  ailleurs , et virer  Concilia sa vieille maîtresse qui ne lui plaît plus.

Munda, ses enfantset son beau-fils, abouliques, terrorisés, songent au suicide ; Concilia, qui s’est consacrée au Maître, ainsi qu’à la famille comme gouvernante, n’a nulle part où aller.   Elle  n’appartient pas à la famille, et veut agir…

 

Autres romans du même auteur : La Faute ( sûrement son chef d'oeuvre); " le Soupçon"  et " Monsieur Bovary" qui a fait un peu parler de lui , livre non réédité que je ne trouve nulle part pour l'instant .... 
 
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30 juin 2007 6 30 /06 /juin /2007 06:31

9782859406134.jpgElizabeth Bowen . "Emmeline" ( To the North 1932)
traduction française “ Emmeline” Phébus  2000.

 
 
«  Nous allons vers le nord »

le magnétisme naissant du pôle glacé commença de se resserrer sur eux à mesure que l’exaspération de Londres s’écoulait rue par rue. La lueur s’éteignit dans le ciel et le Nord posa ses premiers doigts de glace sur les tempes d’Emmeline, rampa le long de son cou, fit se dresser les racines de ses cheveux. »

 

Emmeline et Cécilia deux jeunes femmes, liées par le souvenir de feu  Henry frère d’Emmeline et mari de Cécilia, vivent ensemble à Oudenarde Road   dans le quartier de St John’s Wood (banlieue de bourgeoisie aisée proche de la Cité).

Nous sommes dans les années 30. Emmeline tient une agence de voyage avec Peter pour s’occuper. «  Son agence de voyage ressemblait  à son destin ».

-         Avec tant de prévoyance, vos clients ne sont-ils pas trop en sécurité ?

- Oh, oui ! Physiquement, dit-elle avec quelques mépris. Mais chacun sent que la vie, même en voyageant est en train de perdre son élément d’incertitude ; nous tentons de le restituer. Nous fournissons à nos clients les données, à eux d’user de leur cerveau. Bien sûr , leur disons-nous toujours il est possible que vous n’ayez aucun plaisir… »

 
 

 Elle est très myope et aime voir flou  ( «  regardant passer un dessin brouillé et répété qu’elle croyait être la vie )» ; n’est pas bavarde sauf avec ses clients.

 

Cécilia, plus mondaine, cherche un nouvel attachement, espère une aventure un peu excitante, pense à son jeune époux défunt ( «  homme et femme leur rencontre sembalit encore à venir… parfois il semblait qu’ils n’eussent même pa été amants… » ; Courtisée par Julian 39 ans, elle ne se résigne pas à ce mariage de semi-raison.

Elle a fait connaissance de Mark Linkwater, avocat de son âge. Mais c’est Emmeline, la sérieuse Emmeline, seulement occupée de son agence de voyage, qui tombe amoureuse de Mark. «  Le matin parait divinement jeune ; on dirait une journée glissée entre le lundi et le mardi et qui n’aurait rien de commeun avec le reste de la semaine »

Ce dernier a plusieurs maîtresses, et ne veut pas épouser Emmeline qui en est à ses premiers émois et lui a cédé, au cours d’un voyage d’affaire à Paris, « sans mettre le mariage en balance » ce qui déconcerte son partenaire, car Emmeline n’est pourtant pas une fille facile, et il ne lui a pas laissé ignorer qu’il souhaite une liaison agréable qui ne l’engage pas.

Comment peut évoluer cette liaison ?

Il y a aussi une vieille dame Georgina Waters cancanière, emmerdeuse, rafistoleuse de couples, (« Lady Waters avait pour spécialité de déceler des situations inexistantes… elle enrichissait sa vie de frémissement d’émoi sur le compte de tous ses proches… »)

  Sa victime principale est   Pauline, une nièce, élevée chez les sœurs et mal dégourdie, maiselle s'occupe aussi activement d' un couple en crise, d'une peintresnob et déjantée, d'un chat Benito, d'une robe argentée qui sied à Emmeline, et d'une sténodactylo pendant un été pluvieux.


 To The North le titre original du récit signifie «  vers la mort «  là où tout se gèle et se fige.

 

Emmeline la jeune fille sage, qui porte une robe argentée, a décidé avec les moyens qui sont les siens d’un destin exempt de médiocrité.

Dans l'ensemble, un récit intéressant, non exempt de critique sociale, dans la droite ligne de Jane Austen.

 
 
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23 juin 2007 6 23 /06 /juin /2007 15:45

mal-de-pierre-copie-1.jpgLa triste vie d’une femme Sarde qui a presque quarante ans en 1943 lorsque ses parents la marient de force.

Le Mari est un ouvrier venu d’une ville voisine, qui l’épouse parce qu’il a perdu sa famille dans un bombardement.

Jusqu’ici la malheureuse était impossible à caser : elle avait couru après trop de fiancés en réclamant l’Amour là où, dans ce milieu modeste, il n’a pas sa place.


 Cette femme subit la Guerre dévastatrice, la Mère ignoble, l’Epoux enduré, mais aussi les accusations de folie ( jeune, elle était tout le temps amoureuse et le faisait savoir...).Un symptôme physique douloureux (les coliques néphrétiques) complique l'affaire.

Elle a la chance d’aller en cure connaît une idylle avec le Rescapé, et réussit à mettre au monde le Fils qui devient pianiste, comme le Rescapé, car sa Mère fera des ménages pour qu’il puisse étudier…


Ces thèmes sont tous très intéressants ; mais ils ne sont pas servis par une écriture inventive.

  Le ton employé par la narratrice pour évoquer sa grand-mère, m'a profondément irrité : celui d’une adolescente faussement naïve, qui veut raconter une histoire édifiante avec des personnages exemplaires. Ce qui donne au total, contrairement à ce que j'ai pu lire dans la presse, un roman plutôt conformiste.


Le meilleur des sujets,  servi par un style très travaillé, mais  difficilement supportable.

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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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