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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 17:24

Point-Seuil 2013, 118 pages. ( 1ere publication 1988)

Préface d’Olivier Adam.

Le narrateur se souvient de quelques temps ( une année ou deux ?) vécues à Jouy en Josas près de Versailles dans les années 50 ; ses parents ne pouvaient s’en occuper et l’avaient confié à des amies qui occupaient un maison rue du docteur Dordaine . Une maison plutôt grande et qui abrite, entre autres merveilles,  la tombe du docteur Guillotin et une auto tamponneuse  ; le gamin a une mère actrice en tournée en Afrique du nord ; son père « fait des affaires » du côté de Brazzaville… il fait de temps en temps un apparition et emmène son monde à l’auberge «  Robin de bois » ; il paraît aussi que le château tout au bout de la rue, appartient à  un certain «  Eliot Salter marquis de Caussade » qui y séjourne de temps à autre…

Le narrateur est surnommé «  Patoche «  par les femmes qui s’occupent d lui et de son petit frère. Ces femmes : la petite Hélène, qui boîte un peu et fur autrefois trapéziste avant son accident. Annie qui travaille au «  Carroll’s » un lieu que les enfants n’ont jamais vu mais qu’ils assimilent à un cirque.

Ils voient tous deux leur avenir dans le monde du cirque. La nuit, parfois ils sortent et vont vers le château sans oser aller très loin. Le jour, il leur arrive de se glisser près du moulin à eau dans le bois des Mets ( Metz ?).

La mère d’Annie , Mathilde appelle Patoche «  l’Imbécile heureux «  elle ne semble pas savoir que c’est une insulte. Ou peut-être que si ? Peut-être n’a-t-elle pas toute sa tête ? Elle fait un peu peur eux deux garçons lorsqu’elle dit  «  je suis protestante ». Annie a prétendu être la mère de Patoche lorsqu’elle l’a inscrit à l'école. Mais les enseignants sont méfiants :  Annie, Hélène, et la baby-sitter qu’il appelle Blanche Neige, brune au teint pâle, ne s’habillent pas comme la plupart de femmes des années 50 : elles portent des blousons de cuir, Hélène une culotte de cheval et des bottes, Annie un blue-jean… Patoche se  fait à cet environnement, même s’il trouve cette existence plutôt un peu effrayante.

Le narrateur se transporte également plus tard lorsqu’il écrivait un roman dans une « minuscule chambre mansardée, square de Graisivaudan » (près de la Porte de Champerret à deux pas du Périphérique) . Il y repense à son père, arrêté sous l’Occupation, libéré par un homme qui ensuite l ‘hébergea et lui procura une occupation lucrative ( le Marché noir comme on disait). Son père se cachait doublement  parce que juif , commerçant clandestin, et plus tard agent secret au service des allemands .  Il semble que les femmes ( et quelques hommes ) qui s’occupèrent du narrateur enfant en l’absence des parents étaient de cette même bande d’ »individus peu recommandables » . Peu recommandables mais sympathiques et faisant tout leur possible pour procurer  du bonheur à ces enfants quasi-orphelins.

Dans ses souvenirs, le désir de trouver des points de repère lui fait multiplier les noms de lieux emblématiques, et les prénoms et patronymes de ceux qui se sont occupé de lui et leurs amis.

Ainsi cette liste de noms de garage, parmi lesquels se trouve le point de jonction possible entre « l’endroit où Annie nous emmenait «  et celui où travaillait l’homme avec qui son père autrefois  faisait du trafic mais aussi l’espère t’il bien d’autres choses.

Un récit très émouvant.

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