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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 14:03

montecore Small  

Le roman se présente comme la biographie du père de l’auteur, que l’on connaîtra sous le nom d’Abbas Khemiri.

Le héros est né en Algérie dans les années 50, et a vécu en Tunisie, rencontré Pernilla, une suédoise, émigré à Stockholm, et vécu une existence de travailleur immigré, père de famille, mal intégré, rêvant de devenir photographe comme Robert Capa ou Robert Frank, et s’y préparant avec obstination, tâche qu’il fait partager à son fils Jonas. La seconde partie sera consacrée au conflit père / fils, que Kadir pourrait éventuellement atténuer.

  

Le récit, ce sont deux voix principales : Jonas fils d’Abbas, et Kadir « le plus vieil ami de ton père ». Le prologue fortement ironique à propos de son père ce héros, est de Jonas, et l’épilogue, fort  contrarié,  de Kadir. Le récit, c’est aussi, accessoirement, quelques lettres d’Abbas traduites par Kadir, donc un troisième narrateur, qui parle à peu près comme Kadir.

Le contraste entre ces deux voix nous est agréable : Kadir s’exprime dans un suédois mâtiné d’arabe, rempli de métaphores inédites et d’inexactitudes linguistiques qui sont autant d’inventions.

«  Ne sois pas un péage sur la large autoroute que l’on appelle amour »

«  Je me suis promené le long de ma vie comme on se promène le long d’un corridor fraîchement coloré »

Jonas s’exprime à la deuxième personne du singulier et nomme son père « les papas », écrit un langage plus vif, au débit plus rapide, violent,  avec de l’ironie, (quand Kadir préfère largement l’humour…). Tout cela pour exprimer le désarroi  d’un petit  garçon qui se rend compte, en fréquentant l’école, que son père est très différent des autres : tempérament méditerranéen, expansif, bavard, bruyant, qui parle un suédois si étrange que Jonas l’appelle «  le Khémirois ,  une langue qui mélange toutes les langues, une langue où il y a de tout, des semi-voyelles et des noms propres composés… une langue faite de gros mots arabes d’interrogatifs espagnols, de déclarations d’amour françaises, de citations de photographes anglaises et de jeux de mots suédois. Une langue où le « g » et le « h » grommèlent tout bas dans le ventre… »

 

Les emails de Kadir sont très variés, exhortations  pour que Jonas s’attelle à la biographie de son père, souvenirs de l’enfance et du jeune âge de Kadir et Abbas en Tunisie,  des conseils pour l’écriture du futur roman de Jonas, et des textes que Kadir veut voir figurer tels quels dans ce récit :

«  Écris ceci : « A Jendouba, se trouvaient des immans et des figues, des femmes moustachues et du houx, des bœufs fatigués et des tempêtes désertiques régulières… »

 

Le texte voulu par Kadir apparaît donc dans le récit final, mais l’injonction n’est pas supprimée, ce qui produit sur le lecteur divers effets (comiques surtout…).

 

Les deux biographes se contredisent, s’accusant mutuellement et avec impétuosité, d’exagérer, voire de mentir, et ce que nous avons comme récit terminé, est également un échange de propos conflictuel, et un récit en construction, dont l’exactitude ( «  la vérité de la réalité » dit Kadir) est loin d’être avérée.

 

Au final, une œuvre  vraiment intéressante, beaucoup d’habileté dans la construction, un récit dynamique et dense, des propos  truculents,  une lecture qui semble facile à première vue, mais est plus complexe qu’il n’y paraît.

 

Un livre conseillé par Keisha, et que j’avais aussitôt noté….

 

Et le tigre, le tigre du titre ??? Eh bien, non, je ne me souviens d’aucun tigre. Les animaux qui jouent un rôle dans l’histoire (et pas des moindres) sont des chiens. Le tigre, je ne vois pas… j’ai dû rater quelque chose!

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 10:27

2011, 396 pages.

Hannah jeune fille de 18 ans, tout au nord de la Suède. Famille pauvre, la mère ne peut plus la garder. La confie à Jonathan Forsman qui a du bien, et ne lui fera pas de mal « car il est converti ». Hannan part pour la ville, devient servante de Joanthan, puis est admise sur un navire en partance pour l’Australie pour y être cuisinière. Forsman possède la chargement, et la protège encore ; de fait, elle ne se fait pas violer, mais rencontre un jeune marin timide et agréable. Ils se marient. Hélas, l’idylle dure peu car il attrape une fièvre mortelle.

Hannah est choquée, elle ne peut plus reste sur la navire, débarque clandestinement au Mozambique, dans le premier port où ‘s’arrête le navire. Elle s’installe dans un hôtel tout près du port. C’est un bordel mais d’abord elle n’en sait rien ! elle est malade, reste longtemps alitée, et là encore, on la protège ( son statut de blanche ainsi que sa forte personnalité …) car le bordel est tenu par un portugais Vaz qui fait travailler des Noires, et qui témoigne un grand respect à cette jeune femme seule qui vient d'arriver...

Ecrit simplement, bien structuré, ce roman ausculte le racisme anti-noir au début du 20eme siècle en Afrique, les tentatives de révolte des populations odieusement soumises, leurs stratégies de défense, les superstitions des blancs et celles des noirs.

Il m’a plu. C’est même le roman de Mankell que j’ai préféré.

L'héroïne a un côté " vierge intouchable" qui n'est peut-être pas tout à fait crédible... on doit imaginer que sa personnalité, quelque chose en elle force le respect... outre le fait qu'elle est blanche.

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:32

le Chinois 

Livre de poche policier

 

 

Dix-neuf personnes âgées ont été retrouvées mortes, sauvagement assassinées dans un petit village au nord de la Suède. L’équipe policière cherche encore à identifier les victimes, que Birgitta (juge de son état, la cinquantaine), vivant à Stockholm, se rend compte que le vieux couple Andrès, du nombre des victimes, furent les parents adoptifs de sa mère, à présent décédée.

Par intérêt pour le village où sa mère a grandi, et la vie qui fut la sienne, dont elle est restée à presque tout ignorer, elle se rend sur les lieux, profitant de quelques jours de liberté dans son emploi du temps.

Là-bas, elle furète dans la maison des Andrès, et y trouve un vieux journal intime, rédigé par un ancêtre de la famille, demeurant aux Etats-Unis.Un siècle et demi plus tôt, Il y était contremaître, et dirigeait des Noirs, des Indiens, et des Chinois, pour construire une voie ferrée.

Sans le vouloir vraiment, Birgitta se met à enquêter, trouve une vraie piste, alors que la police piétine.

 

Dans une seconde partie, le narrateur est un Chinois vivant au 19 eme siècle dans d’épouvantables conditions traité comme une bête. Après d'épouvantables tribulations,  le voilà aux Etas Unis avec un de ses frère, sous la direction de James le contremaître du journal lu par Birgitta...

Ce récit débute bien comme un roman policier, avec une brillante scène de crime, et les trouvailles de Birgitta, sont pleines de promesses.

Ensuite, c’est davantage un roman historique, relaté par le menu. La vie du Chinois, en question, les mauvais traitements, le désir de vengeance, sa fréquentation de deux missionnaires qui lui sauvent la vie, l’instruisent, tout en le frustrant. Après ce très long intermède, pas inintéressant, mais où l’on délaisse l’aspect policier, l’enquête de Birgitta va reprendre, et le lecteur se réveiller d’une certaine somnolence. Mais là encore, le récit historique reprend vite ses droits : on nous détaille cent ans d’histoire de la Chine, avec pour héros, si l’on peut dire, des descendants du Chinois initial, et leurs querelles mortifères, au sein d’un régime corrompu.  La fin tarde à venir. Elle n’est pas mal,mais il faut être patient. Le mobile des crimes n’apparaît pas clairement, la solution ne nous satisfait pas. Le récit historique est très documenté mais raconté de façon ennuyeuse à mon goût.

Mankell n’aurait pas dû vouloir jongler entre Histoire et récit policier.

Ni l’un ni l’autre n’ont ici à y gagner.

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 13:30

Ciel cruel

 

 

Actes sud, 1998. 347 pages.

1ere parution 1986.

 

 

C’est le troisième et dernier livre de l’histoire de Tora. Nous sommes en 1958. La jeune fille ne se remet pas de son accouchement d’un bébé mort, fruit du viol de son beau-père. Le lecteur la plaint tout en l’admirant. Physiquement elle est malade, fiévreuse et saignant trop. Moralement, elle est désespérée et délirante. On a remarqué dès le premier tome qu’elle était sujette aux visions,  ses récentes épreuves ont aggravé la situation. Une poésie sombre se dégage de ses divagations. Et pourtant, elle parvient à dissimuler ce qui lui arrive, à sa logeuse, ses professeurs et ses camarades de classe. Elle parvient même à travailler correctement au cours complémentaire et à obtenir de très bons résultats. 

Tora finit par se confier à sa tante Rakel, venue lui rendre visite à Breiland. Rakel l’entoure d’affection, la sort de son isolement, lui répète qu’elle n’est responsable de rien, et que son épreuve la rendra plus forte.  On  ne peut rien dévoiler par égard pour Ingrid ; Henrik restera impuni, mais Rakel réussit à l’effrayer : les conséquences seront positives non seulement pour Tora qu’il n’approche plus, mais pour Ingrid. Son époux devient sobre et se met à travailler !!

 

Hélas, Rakel n’a plus longtemps à vivre. Elle confie à Tora de singulières pensées : que les êtres humains ne font qu’un et que la conscience d’être une individualité séparée n’est qu’une illusion, de même que la perception du temps. On comprend que Rakel aie voulu s’armer contre l’épreuve ultime avec cette pensée mystique.

D’ailleurs, une atmosphère mystique, de communion avec les éléments naturels, et de communication entre les êtres sans se parler, imprègne l’intégralité du « livre de Tora ».  

 

Mais ici la jeune fille s’enfonce dans les hallucinations, et s’imagine entrer dans la peau des gens qu’elle connaît. Vivre dans la tête de Tora délirante désespère le lecteur et finit même par l’ennuyer… les autres personnages, eux, continuent d’évoluer et de nous intéresser. Dans l’ensemble ce récit est plutôt moins bon que les deux précédents, mais reste de grande qualité.

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 01:21

la chambre silencieuse L500 AA300

 

Suite de «  La Véranda aveugle » lu en 2011.

 

Une petite île en Norvège où l’on vit (souvent fort mal) de la pêche en mer et des occupations professionnelles qui y sont associées.

C’est surtout l’histoire de Tora, enfant illégitime que sa mère a eue d’un soldat allemand pendant la guerre. On l’appelle l’enfant de boche.

Ingrid, sa mère, travaille à fabriquer des filets de pêche à la poissonnerie. Tora n’a pas d’amies, d’autant plus que son beau-père profite de l’absence de sa mère lorsqu’elle travaille en équipe de nuit, pour abuser d’elle. On devine que Ingrid se refuse à son exécrable époux, qui se venge sur Tora. Elle ne peut se confier à personne. Ne peut être celle par qui le scandale arrive.La famille proche  ne veut pas savoir ni avoir à intervenir.

 

A présent, s’étant rendu coupable d’un acte criminel envers l’oncle Simon qu’il jalousait, Henrik l’infâme  beau-père est incarcéré.

Tora est devenue adolescente ; elle jouit d’un peu de liberté tout en sachant que le sale type sortira un  jour, et que ce moment approche. Les  cauchemars de Tora et  ses visions prennent le pas. Une raie blanche semble la hanter. Des malheurs frappent l’île, notamment une tempête qui dévaste tout.

 

On vit avec elle ces moments difficiles avec de petites joies si courtes et si rares. On a peur avec elle.  La vie des différents personnages qui l’entourent dans la petite île forme un récit classique, naturaliste ; on croit lire tantôt Hugo tantôt Zola,  avec les préoccupations et  la liberté de langage d’un siècle et demi plus tard, et surtout le point de vue d’un auteur de sexe féminin.

Tora se prépare à fréquenter le cours complémentaire à Breiland sur le continent. Une nouvelle vie, et une chambre à elle.  Ses malheurs cependant, sont loin d’être finis, bien au contraire.

L’auteur sait éviter le sentimentalisme, ce qui n’est pas simple avec un sujet semblable. On vit avec Tora son insoutenable martyre. On se doute aussi que le troisième tome sera encore pire si possible.

D'après ce que j'ai compris, d'autres récits de Wassmo, notamment " Cent ans", sont plus romanesques, et comportent "des raisons d'espérer". Celui-là est dur, mais plus proche de la vérité. 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 20:30

laverandaaveugleblog

Actes-sud Babel,1987 ( 1ere  publication en 1981), 286 pages.

 

Ce roman est le premier d’une trilogie s’intitulant «  le livre de Tora ».

Tora est un enfant norvégienne, vivant sur une île au climat rude, très froid l’hiver, pas chaud l’été, balayée par de fréquentes tempêtes.  Elle vit avec sa mère Ingrid et son beau-père Henrick dans une demeure délabrée «  la maison des mille » où habitent également une famille de sept enfants et un célibataire. Tous sont pauvres, vivent de la pêche, soit en mer , soit pour procéder au conditionnement. 

Ingrid a eu Tora pendant la guerre avec un soldat allemand, ce qui vaut à le fillette d’être fréquemment traitée de boche.  Mais ce n’est pas le pire.

Le livre débute par le mot « Péril »

« Le péril : elle n’aurait pu dire à quel  moment elle en avait pris conscience. Mais ça avait été longtemps après s’être installée dans la petite arrière-cuisine que sa mère lui avait attribuée pour qu’elle ait sa chambre bien à elle.  Mais une chambre à soi, c’est une pièce que l’on peut fermer à clef lorsqu’on le juge nécessaire.  Et Tora n’a pas de clef. Dès lors, tous les manquements sont permis avec ce monstre qu’est son beau-père.

Tora n’osera jamais en parler, même si le péril augmente, et même pas à sa tante Rakel, qu’elle estime davantage que sa mère, même pas à d’autres rares personnes qui se montrent bienveillantes à son égard.  Elle n’a confiance en personne. Henrik  est trop bien toléré dans le pays, et trop violent aussi.

Il est vraisemblable qu' Ingrid se refuse à son exécrable époux, raison pour laquelle il abuse de Tora. Donc cette situation arrange la mère, qui préfère ne rien voir.

Abandonnée à son terrible sort, Tora s’enferme dans l’imaginaire, a des visions  qu’elle tente de rendre  idylliques…

Le lecteur devine beaucoup de non-dits à travers l’histoire de cette fillette martyre, de ces familles dont les conditions de vie précaires sont décrites par le menu. Des vies entières de labeur exténuant, très mal payé, peu de pauses,  peu de loisirs, une nourriture frustre et rationnée, peu de chauffage, des vêtements usés que l’on retaille sans cesse pour en faire de nouveaux.

L’aspect documentaire de cette fiction, est d’un intérêt remarquable.  Le romanesque est évité. La vision du monde de Tora mi réaliste, mi surnaturelle, est parfois originale ( descriptions de moments de bonheur fugitifs ou d’horreur extrêmement longs) mais le plus souvent désespérante.

Vais-je lire les autres tomes ? Pas sûr... ces lectures sont tout de même éprouvantes, et la suite ne laisse rien présager de nouveau. Mais je suis content d'avoir lu cette auteure.

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 11:29

 

chaussures italiennesLe narrateur, Fredrik Walin, a 66 ans et vit dans une île au nord de la Suède, une île qui lui a été léguée par ses grands-parents. Il y vit seul avec un chien et un chat. Son seul contact est le postier hypocondriaque Jansson qui, en hiver, pilote un hydrocoptère().

Douze ans auparavant, Fredrik, chirurgien, a fait une faute professionnelle énorme, le genre de bêtise que ferait un chirurgien saoul ( ce qu’il n’était pas…). Depuis, il robinsonne, et,  tous les matins creuse un trou dans la glace et s’y plonge, dans un but d’expiation ou d’impossible régénérescence???

Un jour il voit arriver Harriett, une femme âgée et malade, avec qui il a eu une liaison  quarante ans plus tôt. La femme est vraiment très mal en point elle se déplace à l’aide d’un déambulateur sur la glace (ils sont incroyables ces suédois…). Elle se souvient toujours de lui, et l’aime encore. Tu parles d’une chance !

Elle l’entraîne vers un petit lac où il avait promis de l’emmener autrefois. Un lac noir. Fredrik quitte son île ; il va aussi rencontrer sa progéniture qu’il ignorait avoir : Louise, 37 ans, une femme  fantasque : elle vit dans une caravane, n’a pas l’eau courante, mais des souliers faits exprès pour ses pieds par un cordonnier artiste et italien.  Elle a fait de la boxe, et écrit des lettres aux « grands de ce monde » pour dénoncer les exactions dont elle les juge responsables.   Elle est fan du Caravage et s’identifie à lui.  Se déplace dans tous les musées du monde pour voir ses toiles.

Un personnage fait de bric  et de broc, un ensemble de singularités  qui ne se mêlent pas en un ensemble crédible.

Ce personnage qui aurait dû me paraître original m’a fortement déplu et même inquiétée.   Fredrik  lui, est très impressionné…

 

Dans l’ensemble, je n’ai pas été convaincue par ce roman. J’y ai trouvé beaucoup de bizarreries, qui, à mes yeux ne sont ni poétiques , ni  humoristiques , ni chargées de sens,  et par suite ne sont que des invraisemblances.  La partie cohérente du livre raconte tout simplement les retrouvailles romantiques de deux êtres qui se retrouvent longtemps après avoir rompu.

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 10:00

 

  Relecture.

Hedda Gabler, pièce en quatre actes.

Composée en 1890.

 

Hedda vient d’épouser Georges  Tesman professeur d’histoire. De retour chez eux, elle trouve George pantouflard et ne s’intéresse pas à ses  recherches historiques non plus qu’à sa personne.  La tante Julie qui vit ave ceux, ennuie Hedda avec ses  manières envers Georges, raisonnables, maternelles, et puériles.

Son ancien amoureux Lövborg vient d’écrire un très bon livre avec l’aide de Théa Elvsted une amie qui lui sert de secrétaire. Jouer un tel rôle ennuierait Hedda profondément, mais elle est tout de même jalouse de Théa et va s’employer à faire chuter l’idylle entre lui et Lövsborg qui se laisse faire.

Elle le pousse à boire, alors qu’il avait cessé. Il finit par accompagner Georges au bistrot avec le conseiller Brack , envers qui les Tesman ont des dettes et qui a proposé à Hedda de coucher avec lui pour les effacer.

Au cours de cette nuit de beuverie, Lövsborg perd son manuscrit  que Georges récupère et qu’il donne à Hedda. Elle le jette au feu «  je brûle ton enfant Théa ! » . Hedda est enceinte pour de vrai mais cet enfant est de George, et elle n’en veut pas.

Hedda crie tout le temps qu’elle s’ennuie ; elle est vouée à l’ennui…

Elle donne à Lövsborg le pistolet du Général Gabler son défunt père,  pour qu’il se tue. Il se fait tuer…

Ayant tout détruit de Lovsborg et de Théa un peu trop facilement  pour croire vraiment  avoir joué un rôle, elle contemple le résultat : Théa devient la secrétaire de Georges ; ils essaient de réécrire le livre de Lövsborg d’après ses notes.

Hedda subit un nouveau chantage de la part de Brack.  Elle reçoit le conseiller à coups de pistolets, sans le tuer, puis ne voyant plus d’issue, retourne l’arme contre elle-même.  Les derniers mots sont de Brack «  Cela ne se fait pas ».

 

Hedda ressemble à une femme entourée de gens faibles et ennuyeux. Pas à son niveau. A moins que ce ne soit le contraire?

 

Ce n'est pas clair.

 

 

 

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Published by Dominique Poursin - dans théâtre littérature scandinave
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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 19:15

 le cerveau de Kennedy  Seuil, 2008.

 

Louise Cantor est archéologue et dirige un chantier de fouilles en Grèce.  Elle se passionne pour son travail, mais se sent un peu seule.  Son mari Aron  elle n’en a plus de nouvelles depuis longtemps.

Elle envisage de faire un break pour rendre visite à son fils étudiant à Stockholm. Hélas, lorsqu’elle parvient à destination le jeune homme est mort sur son lit.

La police conclut à un suicide. Louise est convaincue qu’Henrik ne s’est pas tué. Pourquoi portait-il un pyjama ? D’ordinaire, il dormait nu, affirme Louise, qui  semble bien connaître son fils !

Mais elle va bientôt comprendre qu’Henrik était pour elle un inconnu…

Des jeunes filles font leur apparition, des amies d’Henrik. Elle ne lui en connaissait pas.

A force de fouiller dans ses papiers, elle trouve des documents où le défunt s’interrogeait sur le cerveau disparu du président assassiné.  Puis avec l’aide de son époux retrouvé, elle se rend à Barcelone, où Henrik vivait dans un appartement dont il n’avait jamais parlé. Là encore, une belle jeune fille sort de l’ombre. Et il y en aurait une autre en Afrique (Mozambique)que Louise voudrait bien interroger. Elle devra s’y rendre seule malgré le danger qu’elle pressent, car Aron disparaît…

 

L’enquête mouvementée de Louise, nous la suivons avec peine. Elle va faire des découvertes rudes tant en ce qui concerne  des pratiques criminelles à l’encontre de certaines populations sans défense, que sur son fils, individu moins recommandable qu’il n’y paraissait au départ, et surtout empêtré dans des contradictions insolubles…

 

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas tellement apprécié ce roman.

Le style pour commencer d’une lourdeur pénible avec de nombreuses redondances. Louise, le personnage principal, monologue en italique. Hélas ses tristes pensées ne font que reprendre le récit principal sans rien y ajouter d’intéressant.

Ensuite, l’intrigue me pose des problèmes. Je n’ai pas compris le pourquoi de certaines actions ( mais je ne peux pas développer sans dévoiler l’intrigue)donc je me contente de dire que si  certaines données sont répétées inutilement jusqu’au ressassement, d’autres faits souffrent d’un manque total d’explication.

Et pour finir, les personnages ne sont pas convaincants. On n’apprend que peu de choses sur les amies d’Henrik, on aurait bien voulu qu’une au moins soit mise particulièrement en valeur, Lucinda  pour ne pas la nommer.

Henrik lui-même est un personnage incohérent, dont on ne voit pas très bien ce qu’il voulait réellement faire. Louise le voit, elle, mais le lecteur reste en deçà des effusions maternelles.

 

Et le cerveau de Kennedy ? Eh bien, je ne sais toujours pas ce qu’il vient faire là-dedans !

En tout cas celui de Mankell ne me semble pas avoir tourné à plein régime…

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 00:11

Challenge ABC " S"

 

Publié aux éditions Les Allusifs.

 

En fait, c'était un professeur agrégé un soupçon soûlographe, dans la cinquantaine, pourvu d'une épouse à l'embonpoint un soupçon trop prononcé, et avec qui il prenait chaque matin son petit déjeuner... »

 

Ce matin, Elias Rukla donne un cours de norvégien à ses élèves de Terminale ; il leur commente pendant deux heures quelques scènes du Canard Sauvage d'Ibsen. Une œuvre classique. Comme à chaque fois, il remarque que les élèves s'ennuient profondément et qu'ils le manifestent par de l'indifférence, des soupirs, une sourde hostilité. Lorsqu'il demande que l'on lise une scène, l'élève s'acquitte de sa tâche de mauvaise grâce, d'une voix atone ou exagérément appliquée...

 

Mais cet ennui se dit-il n'est pas le même que celui qu'il éprouvait lorsque lycéen, il s'attelait lui-même au Canard sauvage ou à d'autres œuvres classique. Autrefois les élèves l'admettaient comme un parcours obligé pour se cultiver et progresser dans la vie, ils adhéraient aux valeurs du professeur.

A présent, ils ont leur propre culture, et considèrent comme un scandale de devoir étudier les œuvres classiques.

 

Le professeur ressent cette exclusion ; en même temps il réfléchit sur le Canard sauvage, qui, loin de lui apparaître une répétition du même cours que l'an passé, lui semble au contraire tout neuf. Il s'intéresse plus que d'ordinaire au Docteur Relling, personnage apparemment secondaire, mais qui pourrait être le porte-parole d'Ibsen, et en qui il se reconnaît lui-même, le professeur.

« Le docteur Relling est l'ennemi de la pièce ; la totalité de ses propos ne suivent qu'un seul et même objectif, détruire, détruire ce drame qu'écrit Ibsen,... » Le docteur Relling est là pour rabaisser tous les personnages, pour en révéler la bassesse et la misère.

 

Ses cogitations sur Relling et ses réflexions sur ses élèves et leur mauvais vouloir prennent un tour  interrogatif. Comment pourrait-il les intéresser à Ibsen ? Serait-ce en leur disant qu'au fond le Canard sauvage est un roman policier avant la lettre ? Présenter chaque auteur classique comme l'ancêtre du roman policier, voilà un cliché auquel ont recours bien des profs avec des fortunes diverses... mais au fait pourquoi les élèves ne sont-ils pas touchés par Hedvig, l'héroïne, une adolescente qui se suicide ? Cela ne devrait-il pas les concerner ?

 

 

 

La matinée s'écoule et le professeur est plus énervé qu'il ne le croit par ce énième cours que les élèves décrient. Parvenu dans la cour du lycée, il veut déployer son parapluie qui lui résiste, et furieux, s'obstine sur l'engin récalcitrant, se blesse, et finit par le mettre en pièces. Bien sûr,  les élèves regardent la scène avec un intérêt qu'ils n'ont pas manifesté pour Ibsen, et,  pris de rage, il se prend à insulter une grande blonde qui le dévisage  d'un peu trop près...

C'est fini pense-t-il en sortant du lycée, je ne reviendrai plus, mais comment vivre à présent, comment annoncer cela à ma femme ?

De fil en aiguille, il remonte à ses années d'étudiants, lorsqu'il a rencontré sa future femme, alors la petite amie de ce « Johan Cornéliussen , son ami à lui, un brillant jeune philosophe, qu'ils admiraient un peu trop...

 

«  les regards qu'elle lui adressait, la manière dont elle le dévisageait, la manière dont elle lui souriait- autant d'expressions qui avaient forcé Elias Rukla à baisser les paupières , ému qu'il puisse être possible d'adresser de tels regards à un simple mortel. A un moment, elle avait épousseté la manche de Johna Corneliussen, enlevant une poussière ou une cendre de cigarette, et ce geste avait fait comprendre à Elias Rukla que la presque invraisemblablement belle Eva Linde était tout entière tombée en adoration devant John Corneliussen, si bien que, une fois encore, il avait dû détourner la tête, ébloui par la solennité de cette réalité ».

 

La dévotion fait bien du mal aux hommes comme aux femmes ! Le roman entier est, même si ce n'est pas ce qui apparaît de prime abord le principal à retenir, une mise ne garde contre la dévotion que l'on est tenté de porter à certaines personnes. Elias Rukla a fichu sa vie en l'air d'avoir mis son ami sur un piédestal, d'être resté toujours dans son ombre, et d'être son remplaçant auprès de sa femme (qu'il affuble de superlatifs ironiques, comme s'il ne pouvait la décrire).

Le Canard sauvage lui apparaît comme une mise en abîme de sa propre vie.

En effet, dans cette pièce, la famille Ekdal est entretenue par les Werlé qui ont causé leur chute et veulent réparer le mal, ne faisant que les entretenir dans l'irresponsabilité. Rukla n'a jamais été libre non plus vis-à-vis de Cornéliussen.

 

Son ami ayant quitté sa famille et abandonné son emploi d'intellectuel pour partir aux USA comme cadre commercial, Elias a épousé sa femme et adopté sa fille, sur son injonction, vit avec elles dans « ce mensonge vital » dénoncé par le docteur Relling et qu'en cette matinée cruciale, il va briser comme ce parapluie...

Si vous enlevez le mensonge vital à un homme ordinaire, vous lui enlevez aussi le bonheur »

Un monologue à la troisième personne, un homme de cinquante ans qui fait un bilan de son passé un bilan d'investigation ; il cherche à comprendre. Pourquoi il est devenu professeur, pourquoi il étudia la littérature, comment il en vint à épouser cette femme...

 

 

 

La narration est tantôt classique, comme une plongée dans l'autobiographie, qui va vers l'enfance, et se déploie dans le récit introspectif, tantôt épouse des formes modernes. Certains passages sont imités du style de Thomas Bernhardt : ressassement de tronçons de phrases somme des leitmotivs qui donnent au récit l'aspect de rengaines visant à montrer l'absurdité de l'existence, le piétinement de la pensée qui se répète et avance difficilement, la répétition significative de certains processus. L'utilisation de la troisième personne permet une distanciation, le récit ne manque pas d'humour noir, et de vivacité malgré le côté introspectif.

 

Il y a aussi de belles descriptions de la ville d'Oslo, un suspense intellectuel indéniable où vont mener les cogitations et déambulations du professeur ?

 

On est surpris toutefois, au début, pas vraiment, à mi-parcours davantage, par des erreurs de syntaxe dans la traduction, ainsi que par des effets de style dont on se demande s'ils sont voulus par l'auteur ? Une lourdeur de style (que vous avez pu observer dans le passage cité plus haut), des allitérations pénibles,  des phrases complexes qui alternent avec d'autres lapidaires, et le vocabulaire soutenu qui se mêle à des formules d'un parlé très usuel.

Ne sachant trop ce qui, dans la forme, est dû à la traduction plutôt qu'aux intentions de l'auteur, je ne suis pas certaine de pouvoir conclure.

 

L'ensemble est toutefois intéressant.

 

 

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