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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 12:52

    10/18, 309  pages. ( 1ere publication Sonatine, 2018)

Thad et Aiden sont amis depuis l'enfance, celle-ci ayant été particulièrement difficile pour

eux, marquées par la violence et l'alcool, la drogue, la pauvreté. Ils vivent dans un vieux mobile home, au chômage. Aiden est l’amant d’April la mère de Thad. Elle n’a jamais aimé Thad produit d’un viol et qui a mal tourné. Aiden, orphelin de bonne heure, considère Thad comme son seul ami… Un ami dangereux qui l’entraîne dans des coups de plus en plus foireux.

Ils vivent en Caroline du sud, une petite ville nommée Little Canada, proche de Charleys Creek.
Thad a fait  l'armée, Afghanistan, en est revenu encore plus perturbé.

Après La mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden vont se retrouver avec une grosse somme d'argent et de la drogue à écouler....

C’est  un récit réaliste, bien ancré dans une contrée ( on s'y croirait), avec de belles qualités d'écriture et de narration... et très,  très noir…

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 10:15

Edition : le livre de poche (Point)

J’avais trouvé des qualités aux «  Furies » le premier livre que j’ai lu d’elle, sans être totalement convaincue. Les nouvelles de «  Floride » me plaisent davantage, l’auteure m’apparaît décidément comme un écrivain original, au style savoureux.  Ces récits se déroulent souvent en Floride, mais pas tous, dans une nature inhospitalière, voire dangereuse : serpents, marécages, panthère qui rôde, tempête… le héros , souvent une héroïne, est éloigné de la ville, et doit faire face à des complications particulières, déchaînements d’éléments naturels, accidents, voisinage menaçant…  mais le personnage fait montre de débrouillardise, d’habileté, et d’un optimisme doublé parfois d’un grain de folie ( l’œil du cyclone) et d’humour noir. C’est presque toute une vie qu’on suit, dans le cas de Jude,( Dans les coins imaginaires de la Terre qui est ronde) petit garçon passionné de math, dont le père élève des serpents , dans une maison «  de style cracker » au milieu des marécages,  un père guère plus sympathique que ses reptiles, mais le jeune évolue favorablement je vous laisse découvrir comment. Après cette lecture dont j’ai adoré le personnage principal j’étais prête pour les autres ! Et aucun ne m’a déçue…

Les deux fillettes de « Et le chien devient loup » sont abandonnées dans une île. Si la cadette attend encore une hypothétique «  dame » qui doit les emmener, l’aînée, sept ans, se révèle d’une étonnante habileté et d’un grand sang-froid, pour organiser la survie. L’héroïne d’ » Abysse »seule avec ses deux petits garçons, coupée du monde, doit faire face à un traumatisme crânien consécutif à une chute… une autre femme avec deux autres garçonnets passe l’été en France à « Yport » pour échapper à la chaleur, et pour se documenter sur Maupassant, car elle veut écrire un livre sur lui. Ce village de pêcheur, plutôt froid même en été se révèle très «  floridien »  et Maupassant devient insupportable ! Très originale est aussi la nouvelle «  Au-dessus et en dessous « l’héroïne devient SDF et lit George Eliot mais ne se laisse pas abattre.  

 

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 11:28

Gallmeister, 2019, 311 pages. ( The Wild Inside)

L’ Alaska, de nos jours, mais tout de même assez loin de tout…

Tracy est une jeune fille d’une vingtaine d’années mais elle ne se soucie plus guère de son âge et vit au jour le jour dans la nature sauvage, comme l’indique le titre.

C’est sa vie qu’elle évoque dans le récit, et tout particulièrement l’année qui précéda ses dix-huit ans.

Année riche en événements dramatiques. Il faut dire que Tracy était depuis toujours une fille assez spéciale. Elle chasse les  animaux ( petits et l’habitude aidant un peu plus gros) et les saigne : selon sa conviction , le fait de boire le sang animal lui fait du bien, lui donne de l’énergie, et lui permet de partager les pensées intimes de l’être dont elle s’est ainsi nourrie ; Quand je dis l’être, c’est que, en dépit des interdictions de sa mère, Tracy ne s’est pas limitée aux animaux ! Dès qu’elle a fréquenté l’école elle mordait certains camarades pour goûter leur sang ; son frère Scott , un garçon fort paisible, y est passé aussi… «  Partager ce qu’il y a dans le sang, y’a pas moyen d’être plus proche d’une autre personne ». Sauf qu’elle ne donne son sang à personne, c’est celui d’autrui ( et le sien éventuellement) qu’il lui faut.

 D’où une solitude revendiquée, de Tracy, peu de goût pour la parole, les repas pris en commun, les activités que les humains apprécient  en groupe…

L’autre passion de Tracy , c’était de gagner une course en traîneaux et elle en a couru déjà plusieurs en catégorie « junior » avec de bons résultats. Elle  dresse efficacement les chiens, seuls personnage avec qui elle s’entend bien… sans leur faire de mal…

Un jour que Tracy vagabondait dans la forêt sans permission, ( elle était punie renvoyée de l’école, on sait pourquoi) un homme de forte carrure lui tombe dessus et elle s’évanouit ; Reprenant conscience , elle trouve du sang et son couteau sorti. A-t-elle blessé l’homme ?

A partir de ce fait, les événements vont s’enchaîner…

C’est un premier roman , comme toujours chez cet éditeur, bien écrit, bien traduit, et sans fautes d’orthographe ou de grammaire , ce qui est devenu rare dans l’édition. Certes , il est un peu difficile de se mettre dans la peau du personnage, mais l’intrigue est intéressante, et on apprend les diverses techniques de la course en traîneaux et du dressage de chiens. En principe, je n’ai pas de goût particulier pour toutes les pratiques ici décrites, et pourtant… la narration vive et nerveuse,  la véracité des personnages, l’habileté de l’intrigue  font leur effet.

A l’opposé de ce que dit la quatrième de couverture, il n’y pas ici de « flirt avec le fantastique » ni « facultés hors du commun «  chez l’héroïne. Eh, non,  Tracy n'est pas un vampire!

 

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 22:41

Gallmeister 2019, 227 pages ( « Country Dark »)

Tucker dix-huit ans et déjà vétéran : il revient de la guerre de Corée en 1954 ; il est dans son pays l’Ohio et sauve Rhonda une jeune fille de 15 ans que son oncle cherche à violer.

Tous deux se marient et s’installent dans une maison  en ruines qu’ils rebâtissent eux-mêmes. Tucker trouve un travail : vendre de l’alcool en contrebande. Rhonda et lui ont cinq enfants dont quatre sont handicapés de diverses façons : le premier né est hydrocéphale, , suivent trois autres filles handicapées mentales. Jo âgée de 9 ans à peine , est la seule normale et s’occupe bravement de ses petites sœurs.

Rhonda est encore enceinte. Nous sommes en 1964. Les services sociaux font leurs apparitions : Hattie Johnson, assistante sociale et son chef, le « docteur Miller » : ce dernier veut qu’on place les enfants anormaux. Rhonda et Tucker y sont opposés ; Tucker tient souvent de longs discours à son fils hydrocéphale… L’encore jeune couple est  également horrifié qu’on leur dise d’éviter les rapports sexuels pour ne plus avoir d’enfants.

Tucker va se venger : Marvin Miller ne verra pas le jour suivant se lever ! Et Hattie qu’il courtisait désagréablement est contente d’en être débarrassée et ne parlera pas. Malgré tout, Tucker a des ennuis et doit faire de la prison.

Un roman assez court, sur un couple de gens simples très attachants

qui ont leur propre morale et sauront en dépit de l’adversité se construire une vie qui leur convient.  

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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 13:28

 

J’ai Lu, 476 pages. 2017

Jay Mendelsohn 81 ans, décide d’assister au cours que donne son fils sur l’Odyssée pour des élèves de 1ere année. Jay est un scientifique de haut niveau , tandis que son fils a préféré les Lettres classiques , le grec étant sa terre d’élection. Le père et le fils n’ont pas toujours été en bons termes : Dan  ne comprenait pas les mathématiques et cela énervait son père (entre autres) ; toutefois on comprend que le père jalouse un peu son fils, car il n’a étudié que le latin et seulement jusqu’en première.

Dès le premier cours, le père se montre irrité par le personnage d’Ulysse, qui, selon lui, n’est pas un héros, ce sont les dieux qui le conduisent, lui donnent des idées et l’aident à réaliser ses actes de bravoure (enfin la plupart) . Télémaque l’énerve aussi !

Nous suivons cet enseignement qui dure une année scolaire. Entre deux leçons, Daniel se souvient de son enfance, de scènes avec son père, et d’autres personnes de sa famille, de ses professeures (oui, ce sont des femmes !) qui l’ont aidé à devenir ce qu’il est, et qu’il fréquente toujours,   ainsi que des amis de sa famille. Cela fait beaucoup de monde !

Le père et le fils vont se réconcilier,  en tous cas passer quelques bons moment ensemble, notamment pendant cette croisière «  sur les traces d’Ulysse « (oui, ils étaient sur l’un de ces gros paquebots de tourisme dont  on se plaint tellement  ces derniers temps). Mais une croisière comme celle-là, on a envie de la faire… le passage où ils vont dans la grotte de Gozo sur l’île de Malte,( dans l’Odyssée, c’est l’île de Calypso) est émouvante : cette occasion de rapprochement couronnée de succès serre le cœur.

Pour ce qui est de l’Odyssée elle-même, J’ avais eu de la peine à la lire : il s’agit d’une épopée avec des chants, une forme particulière de récit, c’est long et ce n’est pas facile à lire, de mon point de vue…il existe aussi des versions de l’Odyssée rendues en prose comme un roman… c’est plus abordable, mais on s’éloigne de l’original.

Donc,  j’ai appris certaines choses : je ne me rappelais pas des chapitres intitulée «  Télémachie » , j’avais presque oublié ce pauvre Télémaque !  Et j’ai été gênée comme le papa par l’incessante intervention des dieux. Les explications de texte et commentaires des étudiants rythment le récit, et sont  surtout psychologiques (on parle tout de même du mètre utilisé) .

Un ensemble intéressant : on y réfléchit sur les relations père-fils certes, mais aussi sur ce que signifie  « être un héros » ( dans la littérature grecque et dans les acceptions  modernes c’est très différent…) l’auteur s’est focalisé sur le vécu de son père et le sien, sur ses souvenirs  de famille, mettant en parallèle L’Odyssée et sa propre histoire… et y a trouvé des échos significatifs.  

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 09:58

L’Olivier, 205 pages, 1998

 

Deux récits l’un court et l’autre long ; ce qui les relie : le personnage principal est en voyage , accompagné d’une femme, nous sommes peu avant Noël , et il cherche un cadeau pour une personne chère.

La première nouvelle très courte ( titre : La Frontière) relate le voyage troublé d’un jeune garçon de 17 ans qui part de Dutton une petite ville rurale du Montana pour Seattle ( Washington) où l’attend sa mère. C’est sa tante qui vient le chercher et va l’accompagner : une femme indépendante, plutôt bien de sa personne, portée sur le schnaps. Ils s’arrêtent dans une ville où ils doivent prendre le train, et les voilà dans un bar ; la tante boit une bière avec un inconnu…

La deuxième nouvelle met en scène un écrivain et sa maitresse Hélène venus à Paris pour un court séjour. Le  premier roman (autobiographique) de Larry s’est peu vendu mais vient d’avoir un nouvel espoir de rebondir : une traductrice veut en faire une version française. Il a rendez-vous avec elle  dans 4 jours…

Avec Hélène, ils emménagent dans un hôtel vraiment inconfortable petite chambre  mal chauffée dont la fenêtre donne sur le cimetière Montparnasse. Le couple a peu de temps pour visiter Paris : lui pense à ses lectures ( Joyce, Fitzgzrald, Hemingway, James ) où la capitale de la France joue un rôle, et peine à apprécier ce qu’il voit surtout qu’on est en plein hiver… et qu’ils ne sont pas très fortunés. Hélène veut visiter  les Invalides le tombeau de Napoléon, la tour Eiffel. Lui n’aime pas trop ce programme, ce n’est pas le Paris de ses lectures. En outre Larry est divorcé de sa femme et pense à sa petite fille qu’il voit très peu ; Hélène est en mauvaise santé, et semble plus malade qu’il ne pensait, même si énergique et déterminée à profiter de ce séjour…

Si la première nouvelle est plutôt bonne, la seconde est une réussite totale ! J’ai adoré ce récit… On vit vraiment avec les personnages, on éprouve leurs craintes, désarrois, surprises, joies fugaces, et cette fenêtre qui donne sur le cimetière où Larry semble interroger son avenir et voit un paysage désolé et mystérieux, un vagabond étranges, du brouillard des silhouettes à peine ébauchées… le Paris qu’ils découvrent peu en gageant et ménageant de bonnes et mauvaises surprises est vraiment recréé par l’auteur et ne doit rien à des clichés faciles. Les personnages ont leurs complexités.

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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 23:01

LP, 403 pages Prix Pulitzer 2009

13 chapitres qui sont comme des nouvelles avec  des titres autour du personnage d’Olive, sur une période de 30 ans environ ( 40 à 70 ans) ; cette femme difficile à vivre et pourtant sympathique, est ( et fut) professeur de mathématique du collège de Crosby, petite ville côtière du Maine. Souvent elle est le personnage principal du chapitre, sinon il s’agit d’un de ses proches ( Henry, le mari, Christopher le fils) d’un ou d’une ami ou ennemie , d’une voisine, d’un ancien élève , d’un personne de passage. Avec un style vif et enlevé, où l’humour, les situations cocasses  sont fréquentes qui tempèrent la mélancolie. la vie s’écoule, des drames des joies, des conflits ; la construction est excellente : le changement de personnage central à chaque chapitre relance l’intérêt, le changement de ton aussi !  On attend la suite des problèmes d’Olive, et parfois elle n’est citée que dans un vague souvenir d’un ancien élève engagé dans un processus personnel  qui ne la concerne pas toujours !

On aime ce personnage autoritaire, susceptible, qu’on n’aimerait pas rencontrer mais qui dans la fiction fait merveille : on rit lorsque voulant punir sa belle-fille dont elle a surpris des propos peu flatteurs sur elle, Olive se venge comme une gamine en sabotant une partie de sa garde –robe… elle aura lieu de le regretter d’ailleurs !

Il y a aussi des pages joliment lyriques sur les états d’âme de certains personnages et la mer toute proche…  des situations tragiques comme la jeune anorexique de passage dont Henry ( le mari d’Olive) tombe amoureux, quand ce n’est pas de sa préparatrice en pharmacie…. Le chapitre d’un braquage dans un hôpital ( Une autre route) dont les protagonistes ressortent différents après s’être  lâchés dans tous les sens su terme.

Un régal ! un auteur que je lirai encore…

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 13:02

Gallmeister, 2017.

Un coin isolé du Minnesota entre bois marécageux et lacs gelés à une cinquantaine de kilomètres de Duluth

Linda  une jeune fille de 15 ans  plutôt farouche, livrée à elle-même par des parents négligents, vit d’une façon minimaliste. Elle dort dans un grenier dans  un sac de couchage, fait six kms à pieds  aller et retour «  dans les sumacs « pour aller en classe. La plupart de temps, elle ne semble pas manger à sa  faim. Dans la cabane où vit cette famille, on allume peu la lumière, on a souvent froid.

La vie de cette adolescente tourne autour du bois qu'il faut couper, des poissons pêchés par le père,  qu’il faut vider, du lycée et des devoirs à faire , elle fait un exposé sur les loups et la nature, est attirée par son professeur M Grierson, plus ou moins pédophile. Pas d’amies au lycée : son mode de vie est trop spécial : on dit que ses parents sont d’ »anciens hippies » .  , elle fait des balades en canoë sur le lac, et s’ennuie profondément.
Un jour, une famille qu'elle observait à travers ses jumelles emménage sur la rive opposée du lac ; une très jeune femme , son mari bien plus âgé, un petit enfant.
Une belle maison. La vie aisée de ce couple et de leur enfant dont l'existence semble si différente de la sienne lui fait envie.

Elle devient la Baby- Sitter de Paul, quatre ans ........elle lui fait découvrir le bois , la cabane en liberté

On sait dès le départ, que Paul va mourir  trois ou quatre mois après que Linda l’ait connu.  On découvre progressivement  l’horreur de sa situation : Paul a des problèmes de santé  que Linda a perçu mais qu’elle ne sait pas interpréter ;  Patra et Léo son mari appartiennent à une secte « la science chrétienne » selon leur croyance, l’esprit doit absolument contrôler et dominer le corps : ils font comme si Paul allait bien  et lui interdisent implicitement de se plaindre ; ils se conduisent à peu près comme les Témoins de Jéhovah.  Linda est aussi priée (ostensiblement) de faire comme eux. Linda aurait sans doute parlé à ses parents de ce qu’elle constatait… si ses parents n’avaient pas été eux aussi un peu semblables aux Gardner … d’ailleurs elle-même se souvient lorsqu’elle vivait dans la communauté d’avoir été longtemps malade (au même âge que Paul pense-t-elle) et de n’avoir reçu aucun soin, n’ayant comme compagnie qu’une autre petite file malade elle aussi.   Ce qui explique qu’elle ne puisse pas venir au secours de Paul.  Et n’éprouve pas l’empathie qu’une adolescente élevée dans des conditions normales aurait pu concevoir.

En dehors de ce récit très éprouvant pour le lecteur du calvaire de Paul, que rien ne vient sauver,  Linda raconte sa vie lors de cette fin d’hiver, et ce printemps  si terrible,  mais elle nous relate aussi des bribes de son futur ( à 26 ans, à 37ans l’âge qu’elle a maintenant) et ce récit là  n’est pas intéressant.  La plume de l’auteure : elle s’efforce à l’originalité des métaphores et à un certain onirisme ( le soir et la nuit sur le lac, les bois) et transcrit plutôt bien le calvaire de Paul, et  l’effroi de Linda et Patra recouverts par une sorte de déni forcé. Les pages sur sa vie après «  le drame » sont de trop. Elle aurait dû se contenter d’un épilogue ;

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26 décembre 2018 3 26 /12 /décembre /2018 17:52

1830 : Une famille s’installe dans l’Ohio dans une terre marécageuse  « Black Swamp ».

Sadie et James ne s’entendent pas ; leur désaccord passe par leurs façons opposées de s’occuper de leur pommeraie. Lui aime les arbres «  reinettes dorées «  qui donnent des pommes au goût particulier (petit goût de noisette et d’ananas, rien que çà ! )  en fait ce sont des « Pinsmarston Pineappel » une variété que les ancêtres anglais de James ont plantée en Amérique. Sadie n’apprécie que  les pommiers à cidre parce qu’on peut en faire de l’eau de vie et qu’elle aime boire jusqu’à l’ivresse.

Elle est jalouse de l’intérêt de James pour ses pommiers.

Les deux époux ont une ferme, élèvent une vache un cochon des poules, font pousser des légumes et des céréales.

Mais ils travaillent tout le temps, ont eu dix enfants, dont cinq sont morts de la « fièvre des marais «  causée par un moustique. Cette fièvre, ils l’attrapent tous les ans en août, et une fois sur deux il y a un mort. Leur vie est donc bien dure, et sans aucun divertissement, ( la première ville est à vingt kms et il faut voyager en chariot à bœufs ) la seule distraction est le rassemblement religieux tous les ans  en juin ; on va écouter des prédicateurs divers ( méthodistes, Baptistes…) et on boit et mange avec d’autres infortunés fermiers.

 La famille en profite pour s’approvisionner au magasin en épicerie, sucre, tissu, outils, lorsqu’ils ont de quoi…

James ne vit que pour l’amour obsessionnel qu’il porte à ses pommiers, Sadie , elle n’a rien à quoi se raccrocher et on comprend qu’elle devienne alcoolique.

Des enfants, qui travaillent eux aussi toute la journée et ne vont pas à l’école, deux sont des personnages importants : Le benjamin Robert, à qui le père a inculqué l’amour des arbres, et Martha sa sœur préférée. Martha chante des cantiques et des gospels à longueur de journée ( soyez tranquille ça ne sauvera personne !). Robert est ordonné et  méticuleux.

Après le drame  Robert se sauve : il n’a que dix ans mais il va se débrouiller …. 18 ans plus tard il travaille pour un botaniste William Lobb à se procurer des plans de séquoias en Californie notamment dans la célèbre réserve de Calaveras : des Redwoods et aussi d’autres espèces vraiment gigantesques…

Et voilà que a sœur Martha s'apprête à le rejoindre...

Quelle famille de sauvages malheureux et désespérés, au taux de mortalité très élevé ! Un roman qui laisse un goût amer (comme celui des pommes à cidre je suppose…) 

Un ouvrage très bien documenté et écrit simplement (comme l’auteur sait le faire) .

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 12:13

L’Olivier, 2018. 297 pages.

Ce recueil est constituée d’histoires diverses et subtilement racontées :

les Râleuses qont deux femmes liées par une amitié solide et de longue durée : Della a maintenant 88 ans, et Cathy à peu près 70. Elles ont partagé un grand nombre de choses, des livres notamment et ce «  Cadeau du froid » qui relate l’histoire de deux amérindiennes, survivant dans un paysage enneigé. Ce n’est pas le dernier cadeau de Cathy à son amie, maintenant fragilisée par les âges mais c’est à coup sûr le plus significatif, et celui qui va l’accompagner jusqu’à la fin.

Avec «  par avion », Nous suivons maintenant un jeune homme, Mitchell, qui a quitté la maison familiale pour un grand voyage à travers l’Asie du sud est, et s’immerge dans une salade de spiritualité morbide inspirée par le bouddhisme et la méditation et qui doit le mener à la vie éternelle … Nous suivons le cheminement du garçon suicidaire, dont ses compagnons inquiet de son état ne soupçonnent pourtant pas la gravité. Horreur des lettres que Mitchell envoie à ses parents et qui racontent son délire et son obsession de la mort : description de lépreux, de la crémation d’un corps de femme… une ironie tragique baigne cette nouvelle, qui m’a presque traumatisée…

Mauvaise poire : A 40 ans, Tomasina, une femme libre et indépendante, a collectionné les amants sans se trouver de compagnon ; elle veut avoir un enfant avant que sa fertilité ne soit éteinte. Son idée est d’organiser une fête, où tous les hommes invités et présents (des ex ou non) donneront leur sperme qu’elle s’inséminera. Il y a pourtant un ex, Wally Mars, qui n’est pas tout à fait comme les autres ; il regrette leur liaison et serait partant pour la reprendre avec enfant à la clef. Sauf que Tomasina ne veut pas s’encombrer d’un homme. La semence de Wally fera son office mais il ne verra l’héritier qu’une seul fois » pour lui dire adieu ».

Musique ancienne : Rodney et Rebecca ont  deux jumelles et une grosse dette : la clavicorde, cet instrument ancien, que Rodney a acheté à crédit, et qui va lui être retiré car il ne peut plus payer. Diplômé en musicologie, le couple a failli achever autrefois un doctorat, et Rodney a même été interprète de clavicorde en une série de concerts en Allemagne, période dont il garde une profonde nostalgie. A présent, il est comptable dans une entreprise, et sa femme fabrique des chauff’souris des souris en peluche, le ventre rempli de substance diverses qui sentent bon quand on les place deux minutes au micro-onde… les souris ne rapportent pas assez et Rodney fait ses adieux au clavicorde…c’est aussi un texte ironique que souligne la proximité du clavicorde avec les chauff’souris qui traînent un peu partout dans la maison.

Multipropriété : c’est un homme qui commence à être âgé et à souffrir de problèmes de santé gênants : cependant, il a acheté une série de bungalows à retaper pour les louer en Floride ; il s’est ruiné pour cela, sa femme et son fils avec. Et ça ne fonctionne toujours pas. Récit très ironique.

Les autres nouvelles racontent le ratage de couples divers, et la difficile survie du conjoint divorcé. Elles m’ont moins plu mais se lisent très bien tout de même !

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