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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 17:55

Richard Russo Retour à Martha’ s Vineyard ***

La Table ronde ( Quai Voltaire) 2019, 377 pages

Titre original : Chances Are…

Le 1er décembre 1969, Teddy, Lincoln et Mickey, étudiants boursiers dans une fac huppée de la côte Est, voient leur destin se jouer en direct à la télévision alors qu'ils assistent, comme des millions d'Américains, au tirage au sort qui déterminera l'ordre d'appel au service militaire de la guerre du Vietnam. Un an et demi plus tard, diplôme en poche, ils passent un dernier week-end ensemble à Martha's Vineyard, dans la maison de vacances de Lincoln, en compagnie de Jacy, le quatrième mousquetaire, l'amie dont ils sont tous les trois fous amoureux.
Septembre 2015. Lincoln s'apprête à vendre la maison, et les trois amis se retrouvent à nouveau sur l'île. A bord du ferry déjà, les souvenirs affluent dans la mémoire de Lincoln, le "beau gosse" devenu agent immobilier et père de famille, dans celle de Teddy, éditeur universitaire toujours en proie à ses crises d'angoisse, et dans celle de Mickey, la forte tête, rockeur invétéré qui débarque sur sa Harley.
Parmi ces souvenirs, celui de Jacy, mystérieusement disparue après leur week-end de 1971.

Martha's Vineyard est une petite île au large de la côte Est des États-Unis, dans le Massachussetts  A l'instar de la presqu'île de Cape Cod et de l'île de Nantucket, toutes proches, elle se situe dans un secteur touristique très prisé.

J’ai relu plusieurs fois les 100 premières pages n’arrivant pas à accrocher. Bien que les personnages soient très différents, ce qui ressort de la traduction est plat et ne les met pas en valeur. On se rend compte que Lincoln est très dépendant de sa famille qu’il a laissée pour ce weekend entre amis. Il téléphone tout le temps à sa femme Anita ( ou c’est elle qui appelle) pour raconter le peu qui vient de se passer, des petits détails sans importance !

Ah ces portables, quel esclavage, parfois.

De temps à autre, souvent, il s’imagine son vieux père (90 ans) commentant ses actes et pensées. C’est lourd ! je le plains…

Lincoln est BCBG, et Mickey apparemment est « un musico » qui vit une existence supposée non-conformiste ; et pourtant lui aussi imagine son père commentant ses faits et gestes plus ou moins négativement… Mickey avait tiré un ticket pour le Vietnam, il s’est enfui au Canada pour y échapper… son défunt père ne cesse de le lui reprocher !

Le seul qui n’évoque pas trop ses parents, c’est Teddy, l’éditeur , mais lui est dépendant d’autres personnes notamment son prof de fac à présent décédé…

Et tous trois n’arrêtent pas de penser à Jacy , leur amie d’université, disparue c weekend de 1971, il y a quarante quatre ans ! Ils n’ont pas tourné la page.

Jacy représentait ( et représente toujours) la liberté qu’ils n’ont pas eue, une liberté dont ils rêvent encore, la femme idéale sous la forme d’une jolie fille qui-ne-porte-pas-de soutien-gorge et accessoirement qui ressemble à Audrey Hepburn, .

Elle était des leurs qu’est-ce qui lui est arrivé ? Ils espéraient tous les trois qu’elle était là pour échapper à son fiancé forcément riche et ennuyeux comme ses parents, et qu’elle allait choisir l’un des trois pour commencer une vie exaltante libre de toute contrainte… mais elle a disparu le matin du départ alors qu’ils dormaient encore en laissant un mot  d’adieu… le fait que ni ses parent ni son  fade fiancé ne l’aient revue non plus n’empêche pas l’amertume.  

Lincoln commence à mener une enquête quasi-policière, Teddy revisite le moment délicieux où ils se sont frottés l’un à l’autre , et Mickey, on ne sait trop ce qu’il pense ; Lincoln comprend qu’il sait quelque chose sur cette disparition, mais il préfère interviewer un vrai flic….

Contrairement à sortilège du Cap Cod j’ai réussi à terminer le bouquin. Quelle patience !

 Les références musicales ne m’ont pas trop parlé ( je n’ai jamais été très rock…) l’atmosphère m’a paru plombante,   les pensées des hommes peu originales, et bien sûr l’histoire est très déprimante.  La dernière partie lorsque l’on apprend  ce qui est arrivé à Jacy est fort longue et très "mélo" ; je suis sûre que cette histoire aurait pu me plaire, racontée autrement... avec de l'humour noir, de l'originalité.

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 12:59

USA, 2020 , Albin Michel, 560 pages.

La petite ville de Saint-Canaan, dans cet état des USA, le « quart nord est » ; on célèbre les funérailles de Rick le fils du chef de la police locale. Il s’était engagé pour la guerre en Irak et y a perdu la vie. On n’a pas retrouvé son corps…

Certains de ses amis de toujours ne sont pas présents ; notamment Bill Ashcraft , le seul du coin à ‘s’être opposé à cette guerre. On l’a renvoyé du Lycée pour ses opinions.

Les jeunes avaient eu 16/ 18 ans en 2001.

Il y a aussi Kaylyn, qui passe pour avoir été la petite amie, voire la fiancée de Rick  elle doit prononcer un genre de discours et n’y parvient pas. Elle se drogue régulièrement et n’est pas plus sobre aujourd’hui que d’ordinaire… De plus , être l’amie de Rick était aussi pour elle une sorte de « couverture » pour se faire bien voir…

Ensuite, le roman met en scène quatre acolytes de Rick, chacun avoisinant la trentaine.qui  se connaissaient depuis l’école voire avant.

 Ils se rencontrent un soir d’été en 2012  à Saint Canaan, se retrouvent ou se croisent, par hasard, ou volontairement. 

Le roman devient «  choral » comme on dit, mais au style indirect libre. Chaque personnage voyage dans le passé en imagination, et revient à la réalité entre deux réminiscences.

Bill Ashcraft , vivant de petits boulots, alcoolique  et souvent défoncé , vient de Louisiane avec un paquet collé dans le dos ; il est payé pour le remettre à Kaylyn. En panne de voiture, il marche, toujours en quête d'un shoot ou d'un alcool fort, rêvant de Lisa qu'il a longtemps cherchée et de ses incursions ratées dans  diverses ONG...

Stacey Moore, a rendez-vous avec la mère de Lisa qui a disparu.

Lisa Han : son ancienne amie dont elle ne reçoit que des mails venus d'on ne sait où...d’origine asiatique, Lisa  s’intéressait aux livres : elle a réussi à faire des lecteurs autour d’elle, même des garçons s’y sont  mis.

Seule à avoir fait des études, Stacey  débute une thèse de lettres ; elle a échappé aux garçons du coin … parce qu’elle préfère les filles… et que ses parents bons catholiques ne l’ont pas condamnée.

Dan a  fait la guerre en Irak, et même en Afghanistan ! IL a trouvé ça horrible, mais y doit aussi les meilleurs moments de son existence… il  a rendez-vous avec son ex-amie Hailey, qui en a eu marre de l’attendre, et en a épousé un autre.

Tina, à présent caissière au Walmart, a rendez-vous avec Todd de qui elle était amoureuse.

Todd était champion de foot (comme les autres, il y a trop de foot dans ce bouquin…) et Tina s’est laissée entraîner dans une soirée où on l’a droguée et tout le monde est passé dessus sans y mettre les formes.

Ce récit, est long, et répétitif, mais plutôt bien structuré ; l’apparent désordre mène vers un but inexorable. Ces jeunes dont plusieurs sont de vrais criminels, font froid dans le dos. Nés dans un petit coin du Middle West, de condition modeste, ou de la classe moyenne, ils ont passé leurs adolescence à jouer au foot ( les garçons) au volley ( les filles) et les filles admiraient les garçons dans leurs exploits sportifs, et les garçons draguaient les filles, et l'on buvait … ceux qui tentaient d'avoir des projets un peu plus pointus ont eu de grosses difficultés parfois insurmontables.

J'ai apprécié  la construction globale , le bon déroulement des intrigues, la narration élastique et certains passages bien décrits.  d'autres sont à lire en diagonale...

 

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 12:54

Joëlle Losfeld, 2005 ,194 pages .

New-York, 1968 ; Sophie la quarantaine bien sonnée se fait mordre par un chat qu’elle souhaitait apprivoiser. Elle a peur des piqûres contre la rage. Elle est déçue par le chat. Elle est déçue par Otto son mari, avocat, qui vient de se séparer de son associé Charlie, l’un et l’autre pètent les plombs ; elle est déçue par son ex-amant Francis, un personnage que le lecteur trouve particulièrement inconsistant et on se demande pour quoi elle pense encore à lui ; Déçue par son métier de traductrice de français. Ils en ont marre Otto et Sophie, et c’est la grosse déprime ; Mais ils ne vont pas se séparer, et le chat ira à la SPA,  ça lui apprendra …

L’auteure sait installer une atmosphère, mais les personnages restent inconsistants, sauf l’héroïne Sophie ( et encore…) mais le chat est très vivant !

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 12:52

    10/18, 309  pages. ( 1ere publication Sonatine, 2018)

Thad et Aiden sont amis depuis l'enfance, celle-ci ayant été particulièrement difficile pour

eux, marquées par la violence et l'alcool, la drogue, la pauvreté. Ils vivent dans un vieux mobile home, au chômage. Aiden est l’amant d’April la mère de Thad. Elle n’a jamais aimé Thad produit d’un viol et qui a mal tourné. Aiden, orphelin de bonne heure, considère Thad comme son seul ami… Un ami dangereux qui l’entraîne dans des coups de plus en plus foireux.

Ils vivent en Caroline du sud, une petite ville nommée Little Canada, proche de Charleys Creek.
Thad a fait  l'armée, Afghanistan, en est revenu encore plus perturbé.

Après La mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden vont se retrouver avec une grosse somme d'argent et de la drogue à écouler....

C’est  un récit réaliste, bien ancré dans une contrée ( on s'y croirait), avec de belles qualités d'écriture et de narration... et très,  très noir…

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 10:15

Edition : le livre de poche (Point)

J’avais trouvé des qualités aux «  Furies » le premier livre que j’ai lu d’elle, sans être totalement convaincue. Les nouvelles de «  Floride » me plaisent davantage, l’auteure m’apparaît décidément comme un écrivain original, au style savoureux.  Ces récits se déroulent souvent en Floride, mais pas tous, dans une nature inhospitalière, voire dangereuse : serpents, marécages, panthère qui rôde, tempête… le héros , souvent une héroïne, est éloigné de la ville, et doit faire face à des complications particulières, déchaînements d’éléments naturels, accidents, voisinage menaçant…  mais le personnage fait montre de débrouillardise, d’habileté, et d’un optimisme doublé parfois d’un grain de folie ( l’œil du cyclone) et d’humour noir. C’est presque toute une vie qu’on suit, dans le cas de Jude,( Dans les coins imaginaires de la Terre qui est ronde) petit garçon passionné de math, dont le père élève des serpents , dans une maison «  de style cracker » au milieu des marécages,  un père guère plus sympathique que ses reptiles, mais le jeune évolue favorablement je vous laisse découvrir comment. Après cette lecture dont j’ai adoré le personnage principal j’étais prête pour les autres ! Et aucun ne m’a déçue…

Les deux fillettes de « Et le chien devient loup » sont abandonnées dans une île. Si la cadette attend encore une hypothétique «  dame » qui doit les emmener, l’aînée, sept ans, se révèle d’une étonnante habileté et d’un grand sang-froid, pour organiser la survie. L’héroïne d’ » Abysse »seule avec ses deux petits garçons, coupée du monde, doit faire face à un traumatisme crânien consécutif à une chute… une autre femme avec deux autres garçonnets passe l’été en France à « Yport » pour échapper à la chaleur, et pour se documenter sur Maupassant, car elle veut écrire un livre sur lui. Ce village de pêcheur, plutôt froid même en été se révèle très «  floridien »  et Maupassant devient insupportable ! Très originale est aussi la nouvelle «  Au-dessus et en dessous « l’héroïne devient SDF et lit George Eliot mais ne se laisse pas abattre.  

 

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 11:28

Gallmeister, 2019, 311 pages. ( The Wild Inside)

L’ Alaska, de nos jours, mais tout de même assez loin de tout…

Tracy est une jeune fille d’une vingtaine d’années mais elle ne se soucie plus guère de son âge et vit au jour le jour dans la nature sauvage, comme l’indique le titre.

C’est sa vie qu’elle évoque dans le récit, et tout particulièrement l’année qui précéda ses dix-huit ans.

Année riche en événements dramatiques. Il faut dire que Tracy était depuis toujours une fille assez spéciale. Elle chasse les  animaux ( petits et l’habitude aidant un peu plus gros) et les saigne : selon sa conviction , le fait de boire le sang animal lui fait du bien, lui donne de l’énergie, et lui permet de partager les pensées intimes de l’être dont elle s’est ainsi nourrie ; Quand je dis l’être, c’est que, en dépit des interdictions de sa mère, Tracy ne s’est pas limitée aux animaux ! Dès qu’elle a fréquenté l’école elle mordait certains camarades pour goûter leur sang ; son frère Scott , un garçon fort paisible, y est passé aussi… «  Partager ce qu’il y a dans le sang, y’a pas moyen d’être plus proche d’une autre personne ». Sauf qu’elle ne donne son sang à personne, c’est celui d’autrui ( et le sien éventuellement) qu’il lui faut.

 D’où une solitude revendiquée, de Tracy, peu de goût pour la parole, les repas pris en commun, les activités que les humains apprécient  en groupe…

L’autre passion de Tracy , c’était de gagner une course en traîneaux et elle en a couru déjà plusieurs en catégorie « junior » avec de bons résultats. Elle  dresse efficacement les chiens, seuls personnage avec qui elle s’entend bien… sans leur faire de mal…

Un jour que Tracy vagabondait dans la forêt sans permission, ( elle était punie renvoyée de l’école, on sait pourquoi) un homme de forte carrure lui tombe dessus et elle s’évanouit ; Reprenant conscience , elle trouve du sang et son couteau sorti. A-t-elle blessé l’homme ?

A partir de ce fait, les événements vont s’enchaîner…

C’est un premier roman , comme toujours chez cet éditeur, bien écrit, bien traduit, et sans fautes d’orthographe ou de grammaire , ce qui est devenu rare dans l’édition. Certes , il est un peu difficile de se mettre dans la peau du personnage, mais l’intrigue est intéressante, et on apprend les diverses techniques de la course en traîneaux et du dressage de chiens. En principe, je n’ai pas de goût particulier pour toutes les pratiques ici décrites, et pourtant… la narration vive et nerveuse,  la véracité des personnages, l’habileté de l’intrigue  font leur effet.

A l’opposé de ce que dit la quatrième de couverture, il n’y pas ici de « flirt avec le fantastique » ni « facultés hors du commun «  chez l’héroïne. Eh, non,  Tracy n'est pas un vampire!

 

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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 22:41

Gallmeister 2019, 227 pages ( « Country Dark »)

Tucker dix-huit ans et déjà vétéran : il revient de la guerre de Corée en 1954 ; il est dans son pays l’Ohio et sauve Rhonda une jeune fille de 15 ans que son oncle cherche à violer.

Tous deux se marient et s’installent dans une maison  en ruines qu’ils rebâtissent eux-mêmes. Tucker trouve un travail : vendre de l’alcool en contrebande. Rhonda et lui ont cinq enfants dont quatre sont handicapés de diverses façons : le premier né est hydrocéphale, , suivent trois autres filles handicapées mentales. Jo âgée de 9 ans à peine , est la seule normale et s’occupe bravement de ses petites sœurs.

Rhonda est encore enceinte. Nous sommes en 1964. Les services sociaux font leurs apparitions : Hattie Johnson, assistante sociale et son chef, le « docteur Miller » : ce dernier veut qu’on place les enfants anormaux. Rhonda et Tucker y sont opposés ; Tucker tient souvent de longs discours à son fils hydrocéphale… L’encore jeune couple est  également horrifié qu’on leur dise d’éviter les rapports sexuels pour ne plus avoir d’enfants.

Tucker va se venger : Marvin Miller ne verra pas le jour suivant se lever ! Et Hattie qu’il courtisait désagréablement est contente d’en être débarrassée et ne parlera pas. Malgré tout, Tucker a des ennuis et doit faire de la prison.

Un roman assez court, sur un couple de gens simples très attachants

qui ont leur propre morale et sauront en dépit de l’adversité se construire une vie qui leur convient.  

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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 13:28

 

J’ai Lu, 476 pages. 2017

Jay Mendelsohn 81 ans, décide d’assister au cours que donne son fils sur l’Odyssée pour des élèves de 1ere année. Jay est un scientifique de haut niveau , tandis que son fils a préféré les Lettres classiques , le grec étant sa terre d’élection. Le père et le fils n’ont pas toujours été en bons termes : Dan  ne comprenait pas les mathématiques et cela énervait son père (entre autres) ; toutefois on comprend que le père jalouse un peu son fils, car il n’a étudié que le latin et seulement jusqu’en première.

Dès le premier cours, le père se montre irrité par le personnage d’Ulysse, qui, selon lui, n’est pas un héros, ce sont les dieux qui le conduisent, lui donnent des idées et l’aident à réaliser ses actes de bravoure (enfin la plupart) . Télémaque l’énerve aussi !

Nous suivons cet enseignement qui dure une année scolaire. Entre deux leçons, Daniel se souvient de son enfance, de scènes avec son père, et d’autres personnes de sa famille, de ses professeures (oui, ce sont des femmes !) qui l’ont aidé à devenir ce qu’il est, et qu’il fréquente toujours,   ainsi que des amis de sa famille. Cela fait beaucoup de monde !

Le père et le fils vont se réconcilier,  en tous cas passer quelques bons moment ensemble, notamment pendant cette croisière «  sur les traces d’Ulysse « (oui, ils étaient sur l’un de ces gros paquebots de tourisme dont  on se plaint tellement  ces derniers temps). Mais une croisière comme celle-là, on a envie de la faire… le passage où ils vont dans la grotte de Gozo sur l’île de Malte,( dans l’Odyssée, c’est l’île de Calypso) est émouvante : cette occasion de rapprochement couronnée de succès serre le cœur.

Pour ce qui est de l’Odyssée elle-même, J’ avais eu de la peine à la lire : il s’agit d’une épopée avec des chants, une forme particulière de récit, c’est long et ce n’est pas facile à lire, de mon point de vue…il existe aussi des versions de l’Odyssée rendues en prose comme un roman… c’est plus abordable, mais on s’éloigne de l’original.

Donc,  j’ai appris certaines choses : je ne me rappelais pas des chapitres intitulée «  Télémachie » , j’avais presque oublié ce pauvre Télémaque !  Et j’ai été gênée comme le papa par l’incessante intervention des dieux. Les explications de texte et commentaires des étudiants rythment le récit, et sont  surtout psychologiques (on parle tout de même du mètre utilisé) .

Un ensemble intéressant : on y réfléchit sur les relations père-fils certes, mais aussi sur ce que signifie  « être un héros » ( dans la littérature grecque et dans les acceptions  modernes c’est très différent…) l’auteur s’est focalisé sur le vécu de son père et le sien, sur ses souvenirs  de famille, mettant en parallèle L’Odyssée et sa propre histoire… et y a trouvé des échos significatifs.  

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 09:58

L’Olivier, 205 pages, 1998

 

Deux récits l’un court et l’autre long ; ce qui les relie : le personnage principal est en voyage , accompagné d’une femme, nous sommes peu avant Noël , et il cherche un cadeau pour une personne chère.

La première nouvelle très courte ( titre : La Frontière) relate le voyage troublé d’un jeune garçon de 17 ans qui part de Dutton une petite ville rurale du Montana pour Seattle ( Washington) où l’attend sa mère. C’est sa tante qui vient le chercher et va l’accompagner : une femme indépendante, plutôt bien de sa personne, portée sur le schnaps. Ils s’arrêtent dans une ville où ils doivent prendre le train, et les voilà dans un bar ; la tante boit une bière avec un inconnu…

La deuxième nouvelle met en scène un écrivain et sa maitresse Hélène venus à Paris pour un court séjour. Le  premier roman (autobiographique) de Larry s’est peu vendu mais vient d’avoir un nouvel espoir de rebondir : une traductrice veut en faire une version française. Il a rendez-vous avec elle  dans 4 jours…

Avec Hélène, ils emménagent dans un hôtel vraiment inconfortable petite chambre  mal chauffée dont la fenêtre donne sur le cimetière Montparnasse. Le couple a peu de temps pour visiter Paris : lui pense à ses lectures ( Joyce, Fitzgzrald, Hemingway, James ) où la capitale de la France joue un rôle, et peine à apprécier ce qu’il voit surtout qu’on est en plein hiver… et qu’ils ne sont pas très fortunés. Hélène veut visiter  les Invalides le tombeau de Napoléon, la tour Eiffel. Lui n’aime pas trop ce programme, ce n’est pas le Paris de ses lectures. En outre Larry est divorcé de sa femme et pense à sa petite fille qu’il voit très peu ; Hélène est en mauvaise santé, et semble plus malade qu’il ne pensait, même si énergique et déterminée à profiter de ce séjour…

Si la première nouvelle est plutôt bonne, la seconde est une réussite totale ! J’ai adoré ce récit… On vit vraiment avec les personnages, on éprouve leurs craintes, désarrois, surprises, joies fugaces, et cette fenêtre qui donne sur le cimetière où Larry semble interroger son avenir et voit un paysage désolé et mystérieux, un vagabond étranges, du brouillard des silhouettes à peine ébauchées… le Paris qu’ils découvrent peu en gageant et ménageant de bonnes et mauvaises surprises est vraiment recréé par l’auteur et ne doit rien à des clichés faciles. Les personnages ont leurs complexités.

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27 avril 2019 6 27 /04 /avril /2019 23:01

LP, 403 pages Prix Pulitzer 2009

13 chapitres qui sont comme des nouvelles avec  des titres autour du personnage d’Olive, sur une période de 30 ans environ ( 40 à 70 ans) ; cette femme difficile à vivre et pourtant sympathique, est ( et fut) professeur de mathématique du collège de Crosby, petite ville côtière du Maine. Souvent elle est le personnage principal du chapitre, sinon il s’agit d’un de ses proches ( Henry, le mari, Christopher le fils) d’un ou d’une ami ou ennemie , d’une voisine, d’un ancien élève , d’un personne de passage. Avec un style vif et enlevé, où l’humour, les situations cocasses  sont fréquentes qui tempèrent la mélancolie. la vie s’écoule, des drames des joies, des conflits ; la construction est excellente : le changement de personnage central à chaque chapitre relance l’intérêt, le changement de ton aussi !  On attend la suite des problèmes d’Olive, et parfois elle n’est citée que dans un vague souvenir d’un ancien élève engagé dans un processus personnel  qui ne la concerne pas toujours !

On aime ce personnage autoritaire, susceptible, qu’on n’aimerait pas rencontrer mais qui dans la fiction fait merveille : on rit lorsque voulant punir sa belle-fille dont elle a surpris des propos peu flatteurs sur elle, Olive se venge comme une gamine en sabotant une partie de sa garde –robe… elle aura lieu de le regretter d’ailleurs !

Il y a aussi des pages joliment lyriques sur les états d’âme de certains personnages et la mer toute proche…  des situations tragiques comme la jeune anorexique de passage dont Henry ( le mari d’Olive) tombe amoureux, quand ce n’est pas de sa préparatrice en pharmacie…. Le chapitre d’un braquage dans un hôpital ( Une autre route) dont les protagonistes ressortent différents après s’être  lâchés dans tous les sens su terme.

Un régal ! un auteur que je lirai encore…

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Présentation

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  • : Comptes rendus de mes lectures avec des aspects critiques + quelques films de fiction Récits de journées et d'expériences particulières Récits de fiction : nouvelles ; roman à épisodes ; parodies. mail de l'auteur : dominique-jeanne@neuf.fr
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