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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 21:58

Bob Dylan prix Nobel de littérature : en définitive, c'est arrivé! " For having created new poetic expressions within the Great American tradition".

Des personnes de mauvaise foi se plaignent : les textes des chansons ne sont pas de la littérature, elles ne tiennent pas "toutes seules".

Evidemment que non!

une chanson n'est pleinement réalisée qu'interprétée , et accompagnée musicalement. Ce ne sont pas des textes que l'académie Nobel a voulu récompenser mais la chanson comme mode d'expression ; c'est de la littérature orale. La seule littérature qui soit accessible à tout le monde, même à ceux qui ne lisent pas.

Que l'on méprise cette forme de littérature, et qu'on le crie sur les toits, c'est vraiment bas. Comment une écrivaine telle qu'Annie Ernaux peut-elle s'en offusquer ? N'est-elle pas née dans un milieu populaire? N'est-elle pas en train de snober ses origines? Je comprendrais que des gens ayant bénéficié dès l'enfance d'une éducation très sélective dans un milieu exclusivement intellectuel aient peine à comprendre ce choix. Mais ils n'iraient pas hurler au scandale dans les medias.

D'autres personnes auraient voulu que ce soit Leonard Cohen. Je crois que si Dylan a été choisi c'est qu'il a essayé à peu près tous les styles de chansons significatifs aux USA : le blues ( parlé, chanté...) la ballade ( parlée , chantée) la chanson "Country", la protest song, le rock, et d'autres styles qui ne m'ont pas  plu ( le gospel par exemple ; ça ne lui allait pas à mon sens... la chanson de crooner, pareil)  , bref c'est en raison de cette variété, que justement il correspondait à ce que l'académie Nobel recherchait. 

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Published by Dominique Poursin - dans My Dylan Story
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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 11:40
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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 00:44

1993:
Dans «  L’Age du rock » un documentaire illustré paru chez Gallimard (Découvertes), que j’ai acheté pour me remettre à niveau, je lis l’extrait d’un article paru dans Libé en 1990, à propos de Dylan.  

L’article est signé « Daniel Dobbels » on en donne des extraits :

 

 « Il faudrait quand on pense à Bob Dylan se rappeler ceci (…) :

 

« Oui je suis un voleur de pensées, non pas , je vous prie, un preneur d’âmes…ce n’est pas mon affaire, m’asseoir et méditer à perte et contemplation de temps pour penser des pensées qui ne furent pas du pensé, pour penser des rêves qui ne furent pas rêvés… »

Qui a écrit cela ? je ne le sais toujours pas…

 et ne plus chercher à instruire une sorte de faux recours en grâce où l’image fixe d’un homme se ranimerait au gré d’un souffle ou d’une vague déjà morts.

Dylan est ce voleur de pensées, toujours dans les parages et n’occupant un lieu, avant-scène ou studio, qu’accidentellement, jalousement, juste pour s’entendre sur un point, un seul, et qui, lui, doit être clair : «  Tu te perds toi-même, tu réapparais, tu découvres soudain qu’il n’y a rien à craindre seul debout avec personne autour quand une voix lointaine, tremblante, indistincte, tressaille et t’éveille et te force à écouter… » (It’s Alright Ma)

Ce point là, c’est ce tressaillement, une voix indistincte, qui ne se laisse entendre qu’à ce moment incontrôlable d’une réapparition, réelle comme un rêve et dont sa voix, sa propre voix, doit enregistrer, traduire et produire l’écho. Dylan sait que lorsqu’il chante il est déjà pris entre deux feux qui ne brûlent pas les mêmes matières, les mêmes sens et les mêmes raisons. Il n’a rien à espérer de leurs lumières. Ou elles frappent trop fort, ou elles le noircissent.

 

Sa seule tâche, son unique travail, c’est de faire que cette voix tremblante (qui n’est pas la sienne) ne disparaisse absolument ni ne devienne l’inquiétante intimité de son chant. Il y a toujours dans uns chanson de Dylan interprétée par lui, le double mouvement d’une invocation et d’une révocation.

 

Que cette voix distante soit faible ou forte, rien ne justifiera jamais qu’il lui laisse toute mesure. L’une de ses chansons les plus énigmatiques le répète à l’envi : «  I’m going, I’m going, I’m gone ». Et pourtant au moment même où le texte creuse une séparation irréparable, la voix maintient en elle une présence sans lendemain, sans fuite possible, lancinante. C’est ça qui rend – et uniquement en ce sens- la voix de Dylan inimitable : cette double injonction, ces deux lignes si profondément antagonistes qu’elle ne peuvent au mieux qu’endurer (…) leur malentendu. »

 
  Comme  c’est bien écrit me suis-je dit,  enfin la vérité sur Dylan !

  Ça nous fait un Dylan hégélien pensai-je.  Rien de moins !

A vrai dire ce texte  ressemblait  à ce que j’avais déjà pensé mais en beaucoup mieux. Et je l’ai recopié de ma main car je n’avais pas d’ordinateur et j’étais mauvaise en dactylo. Du coup, je réécoute les chansons citées et je me procure Going going gone, qui figure sur un album qui ne me disait rien qui vaille.

De temps à autre j’écoute un peu de Dylan, mais je ne vais plus aux nouvelles. Daniel Dobbels a eu le dernier mot.

 

Mais voilà, on dit que Dylan est presque mort ; on entend ça un matin de mai, à la fin des années 90, en 1997 à la radio.

Le soleil brille désespérément.

 Je me dis tiens, il vit donc encore ? J’achète Libé le soir : rien. Le lendemain et encore : toujours rien. Après tout me dis-je, il est peut-être tombé dans l’oubli. Sauf pour cette chaîne de radio,  que je cherche en vain. En septembre, au JT, on aperçoit Dylan, tout de blanc vêtu, à côté du pape quelque part dans une cérémonie. Le pape a l’air surpris, on le serait à moins. Un album est sorti «  Times going wrong » des chansons du folklore : assez agréables.

 

Lorsque François Bon préparait son livre sur Dylan, j’ai pensé «  quel dommage que ce ne soit pas Daniel Dobbels qui l’écrive, ce bouquin ! » car le texte de l’article que j’ai recopié plus haut me parle davantage, même si je ne saurais pas l’expliquer (je n’ai jamais eu autre chose que ce fragment).

 

Quant à cette chanson «  I’m not there », dont il parle, c’est à présent le titre d’un film. J’ai vu des extraits de Cate Blanchett interprétant dylan ; C’est elle le clou du spectacle. Les postures dylaniennes ont été minutieusement reproduites et la comédienne (que j’avais vue pour la dernière fois dans un film d’intérêt moyen « Chronique d’un scandale »), fait un travail de mime qui paraît réussi. Une femme pour jouer le Dylan de Blonde On Blonde, voilà qui fait monter la mayonnaise du fantasme.

Il me plaît de penser que cet androgyne là était en 1966, marié de fraîche date et venait d’être père…

 

Jamais, peut-être, n’en aurais-je fini avec dylan ! C’est pour moi, un peu  comme l’Italie pour Stendhal ou la madeleine pour Proust.

Je ne pense pas pouvoir me faire comprendre ; aussi cet article restera t’il « caché », encore que publié,  antidaté.

  8 février 2008.

 

30/09/12 : on reparle du Nobel pour Dylan! Je pense que les gens qui répandent cette rumeur depuis deux-trois ans, sont convaincus,comme moi, que la "poésie orale",comme l'appelait Paul Zumthor, n'est en rien inférieure à la littérature écrite. Et ces convaincus lancent le nom de Dylan tous les ans, pour insinuer le doute et provoquer des réactions de colère chez les snobs et les bien pensants. Et c'est une bonne chose!

Quant au jury du Nobel on peut lui faire confiance pour célébrer un vrai bonnet de nuit comme le Tranströmer de l'an passé.


Tout ce qui relève des productions de la Beat Generation et assimilés, sont de la poésie orale. Celle-ci nous est souvent livrée sous forme écrite, (comme les livres de Kerouac) raison pour laquelle, elle ne me touche pas. Ce qui est essentiellement oral est fait pour être dit ou chanté.


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20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 09:18
C’est une chanson qui annonce la fin du monde.
Un genre en soi très prisé à certaines époques troublées.
Sans vouloir remonter jusqu’à l’apocalypse j’ai trouvé plusieurs poème qui y ressemblent dans l’anthologie de la poésie baroque établie par Jean Rousset. ( voir l’article qui suivra)
 
voir aussi mon article Die Unheimliche Stimme

L’interprétation que j’ai faite admet un sens implicite, sûrement pas voulu par l’auteur et qui ne plaira pas à tout le monde. I don’t give a damn !


Litanies des explosions atomiques et anatomiques

1) D’où viens-tu donc mon fils au regard bleu
D’où viens-tu si tard mon enfant trop curieux ?

J‘ai trébuché sur les flancs de douze monts brumeux
Traversé à toutes jambes six chemins tortueux
Exploré jusqu’au cœur les sept tristes forêts
Vu des océans morts aux vagues pétrifiées
Erré dans un cimetière de mille mètre carrés
(dans la gueule d’un cimetière…)
Et je sens je respire l’odeur de la pluie
Qui va tout emporter.



2) Mon fils qu’a t’il vu ton regard si bleu
Qu’as-tu donc vu mon petit trop curieux ?

J’ai vu des louves sauvages tout près d’un nouveau-né
Un chemin pavé d’or que personne n’empruntait
La sève d’une branche coupée en sang dégouliner
Une salle remplie d’hommes aux pioches ensanglantées
J’ai vu une échelle blanche que l’eau dissimulait
J’ai vu mes amis muets leurs langues on l’a coupée
J’ai vu d’autres enfants armés de fusils et d’épées
Et ces gouttes si lourdes si dures et le temps suspendu.



3) Qu’as-tu entendu mon fils à l’ouïe fine?
Qu’as-tu entendu mon petit sous la bruine?

J’entends le tonnerre annoncer la venue des bombes
J’entends rugir les vagues qui vont noyer le monde
Et les milliers d’appels que nul n’a écoutés
Ceux des cent un tambours leurs mains sont calcinées
L’un d’eux meurt de douleur les autres préfèrent en rire
J’entends le roi agoniser dans son délire
Et moi qui suis son fou devrai-je l’ensevelir
Ces nuages de rage prêts à fondre
Cet orage en moi es-ce un message?


4) Pourquoi ne puis-je croiser mon fils ton regard bleu?
Qui as-tu rencontré mon enfant trop curieux?

J’ai croisé un enfant tout près d’un poney mort
J’ai croisé un blanc qui fouette ses esclaves noirs
J’ai approché une femme les flammes dévorent son corps
J’ai reçu d’une jeune fille un arc-en ciel  d'espoir
J’ai rencontré un homme que l’amour a blessé
J’ai vu aussi son frère que la haine a tué
Et cette pluie qu’il faut cracher
J’en ferais des mots empoisonnés


5) Où vas-tu encore mon fils au regard bleu
Que faire à présent mon petit trop curieux?

Je me cache au plus profond de la forêt la plus dense
Je retourne dans mon rêve avant que l’orage ne commence
Là où sont mes amis et ils ont les mains nues
Où dans le lit du fleuve le poison va couler
Où la maison dans la prairie n’est qu’un cachot immonde
Où je vois mon pays comme un amas de décombres
Où les traits du bourreau sont cachés à la vue
Où règne la colère où les âmes sont toutes vendues
Où noir c’est la couleur où zéro est le nombre
Et les mots me traversent et me font haleter
Debout sur la vague, avant que de sombrer
Saurais-je ce qu’est mon chant, je ne peut que balbutier
Mais toujours
j’aimerais
ce moment
où ma pluie va déferler.

_____________________________________________________________________________________________

Texte original

A Hard Rain's A-Gonna Fall

Oh, where have you been, my blue-eyed son?
Oh, where have you been, my darling young one?
I've stumbled on the side of twelve misty mountains,
I've walked and I've crawled on six crooked highways,
I've stepped in the middle of seven sad forests,
I've been out in front of a dozen dead oceans,
I've been ten thousand miles in the mouth of a graveyard,
And it's a hard, and it's a hard, it's a hard, and it's a hard,
And it's a hard rain's a-gonna fall.

Oh, what did you see, my blue-eyed son?
Oh, what did you see, my darling young one?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it,
I saw a black branch with blood that kept drippin',
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin',
I saw a white ladder all covered with water,
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken,
I saw guns and sharp swords in the hands of young children,
And it's a hard, and it's a hard, it's a hard, it's a hard,
And it's a hard rain's a-gonna fall.

And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin',
Heard the roar of a wave that could drown the whole world,
Heard one hundred drummers whose hands were a-blazin',
Heard ten thousand whisperin' and nobody listenin',
Heard one person starve, I heard many people laughin',
Heard the song of a poet who died in the gutter,
Heard the sound of a clown who cried in the alley,
And it's a hard, and it's a hard, it's a hard, it's a hard,
And it's a hard rain's a-gonna fall.

Oh, who did you meet, my blue-eyed son?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony,
I met a white man who walked a black dog,
I met a young woman whose body was burning,
I met a young girl, she gave me a rainbow,
I met one man who was wounded in love,
I met another man who was wounded with hatred,
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard,
It's a hard rain's a-gonna fall.

Oh, what'll you do now, my blue-eyed son?
Oh, what'll you do now, my darling young one?
I'm a-goin' back out 'fore the rain starts a-fallin',
I'll walk to the depths of the deepest black forest,
Where the people are many and their hands are all empty,
Where the pellets of poison are flooding their waters,
Where the home in the valley meets the damp dirty prison,
Where the executioner's face is always well hidden,
Where hunger is ugly, where souls are forgotten,
Where black is the color, where none is the number,
And I'll tell it and think it and speak it and breathe it,
And reflect it from the mountain so all souls can see it,
Then I'll stand on the ocean until I start sinkin',
But I'll know my song well before I start singin',
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard,
It's a hard rain's a-gonna fall.


Copyright ©1963; renewed 1991 Special Rider Music





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8 octobre 2006 7 08 /10 /octobre /2006 09:41

Chanson de 1963, dernière pièce du disque " The Times They Are A-Changin' "

C'est une élégie.

Toujours ( sans repos) adieu

Tout l’argent que dans ma vie j’ai dépensé
Qu’il ait été bien ou mal acquis
Je l’ai laissé filer entre des mains amies
Pour jouir de l’instant plus violemment
Mais les luttes sont achevées
Nous nous sommes entretués
Et les règles du jeu sont périmées
(Ici le lecteur ardent et enthousiaste ce qui ne lui enlève ni sa concentration ni sa vigilance s’écrie » mais tout cela est faux ! « et grand est son courroux car « We Killed Each one” n’a jamais voulu dire nous nous sommes entretués il faudrait each other. Et que dire de « and the tables ‘full and over flowed rendues par « les règles du jeu sont périmées » ?
Rien, et si ça ne lui plait pas au lecteur je le préviens de ne pas aller plus loin. Car plus loin ce sera encore pire !)
Lorsqu’une voix au loin
Dit l’épisode prend fin
Je fais mes adieux prend la route et suis loin.


Chaque compagne qu’intimement j’ai connue
Nous nous sommes plu sur un malentendu
Chaque compagne que j’ai donc blessée
Me voulait séducteur ou marié
Mais pour rester amis
Il faut prendre le temps
De s’amender
Et d’affabuler
Et comme je suis pressé
Je me détourne du passé
Je dis adieu et reprend mon chemin.


Chaque adversaire que j’ai dû affronter
Ce fut le chaos à organiser
Et chaque cause pour laquelle j’ai lutté
J’y pense sans honte ni regret
Mais la nuit s’enfuit
Les grands voiles sont déchirés
Et mes yeux embrumés
Se sont dessillés
Et si je compte les heures
C’est que trop longtemps je demeure
Alors je dis adieu et la nuit prochaine je m’en vais.


Chaque pensée qui dans mon esprit se noue
Je deviendrais fou si je ne pouvais l’expulser
Mais faut-il s’exposer à une écoute étrangère
Je ne chante que pour m’accompagner
Mais le temps s’écoule
Et de ce flux je dépends
Et personne ne détient
Le mot de la fin.
Et si la ligne est coupée
Je n’ai pas terminé
Je ne fais mes adieux que jusqu’à la prochaine fois.


Une fausse horloge tente de régler ma vie
Elle m’égare me fait honte et me contraint
Des bavardages idiots me font perdre le fil
Et la poussière de la rumeur m’ensevelit
Mais ces propos sont futiles
Et ma flèche est tendue
Elle percera le cœur
Peu importe l’épaisseur.
Et je résisterai
Et tel je resterai
Et quand je dis adieu je n’en ai rien à foutre.

___________________________________________________________________________

Texte anglais:
Oh all the money that in my whole life I did spend,
Be it mine right or wrongfully,
I let it slip gladly past the hands of my friends
To tie up the time most forcefully.
But the bottles are done,
We've killed each one
And the table's full and overflowed.
And the corner sign
Says it's closing time,
So I'll bid farewell and be down the road.

Oh ev'ry girl that ever I've touched,
I did not do it harmfully.
And ev'ry girl that ever I've hurt,
I did not do it knowin'ly.
But to remain as friends and make amends
You need the time and stay behind.
And since my feet are now fast
And point away from the past,
I'll bid farewell and be down the line.

Oh ev'ry foe that ever I faced,
The cause was there before we came.
And ev'ry cause that ever I fought,
I fought it full without regret or shame.
But the dark does die
As the curtain is drawn and somebody's eyes
Must meet the dawn.
And if I see the day
I'd only have to stay,
So I'll bid farewell in the night and be gone.

Oh, ev'ry thought that's strung a knot in my mind,
I might go insane if it couldn't be sprung.
But it's not to stand naked under unknowin' eyes,
It's for myself and my friends my stories are sung.
But the time ain't tall,
Yet on time you depend and no word is possessed
By no special friend.
And though the line is cut,
It ain't quite the end,
I'll just bid farewell till we meet again
Oh a false clock tries to tick out my time
To disgrace, distract, and bother me.
And the dirt of gossip blows into my face,
And the dust of rumors covers me.
But if the arrow is straight
And the point is slick,
It can pierce through dust no matter how thick.
So I'll make my stand
And remain as I am
And bid farewell and not give a damn.

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 16:47
Cette chanson que j'ai découverte en 1991 date de 1963 au plus. Elle figure dans le premier CD des Bootlegs série 1.

Mort d’un vagabond

Au tournant de la rue tout en bas du mur
Un homme est étendu dans une embrasure
Le visage retourné sur le sol froid et dur
Plusieurs nuits l’ont raidi dans la même posture
Rien qu’un vagabond, mort sur un seuil
Personne n’est là pour porter le deuil
Et nul ne peut le ramener chez lui
Et nul ne peut conter ce que fut sa vie.


Deux trois vieux journaux pour couvrir sa tête
Une marche fut son oreiller la rue sa couchette
Le visage sillonné de la route qu’il a faite
Son salaire dans sa main encore pleine de piécettes
C’était un vagabond, encore un de mort
On parle de paresse de malchance et du sort
Personne pour conter ce que fut sa vie
Soit on le plaint soit on le calomnie.


C’est quoi pour un homme de voir sa vie sombrer
D’en bas dans un trou, voir le monde entier
D’attendre l’avenir comme une bête qui va crever
De choir dans le caniveau de mourir ignoré?

C’était un vagabond encore un de mort
On accuse le vin la lâcheté le destin
Personne pour le connaître comme l’un des siens
On éprouve je ne sais quel vague remords.

(From the Bootlegs série 1)
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Texte anglais

As I was out walking on a corner one day,
I spied an old hobo, in a doorway he lay.
His face was all grounded in the cold sidewalk floor
And I guess he'd been there for the whole night or more.

Only a hobo, but one more is gone
Leavin' nobody to sing his sad song
Leavin' nobody to carry him home
Only a hobo, but one more is gone

A blanket of newspaper covered his head,
As the curb was his pillow, the street was his bed.
One look at his face showed the hard road he'd come
And a fistful of coins showed the money he bummed.

Only a hobo, but one more is gone
Leavin' nobody to sing his sad song
Leavin' nobody to carry him home
Only a hobo, but one more is gone

Does it take much of a man to see his whole life go down,
To look up on the world from a hole in the ground,
To wait for your future like a horse that's gone lame,
To lie in the gutter and die with no name?

Only a hobo, but one more is gone
Leavin' nobody to sing his sad song
Leavin' nobody to carry him home
Only a hobo, but one more is gone.

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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 23:20
Les années 80 se terminent : à l’école que fréquentent mes enfants, un petit garçon s’appelle Dylan. Je demande à sa mère si c’est à cause du chanteur qu’elle l’a ainsi nommé.
« Quel chanteur ? » me répond-elle avec stupéfaction.
Je me sens intimidée. Alors lui dis-je, à voix basse, vous avez pensé à Dylan Stark le valeureux soldat sang mêlé pendant la guerre de Sécession, héros que l’infatigable Pierre Pelot reconduit vaillamment sur plusieurs romans historiques ?
Non, celui-là elle ne le connaît pas non plus. Elle m’explique quelque chose à propos d’une bande dessinée...

C’est une époque troublée. Mon fils aîné veut absolument un blouson de 600 fr qu’on ne peut pas payer et sans lequel il ne lui est manifestement plus possible de vivre. Il porte des tee-shirts noirs avec pour décor de sinistres individus qui boivent dans des crânes, ou des signes obscurs. On croit y reconnaître la croix gammée. Il ne porte pas l’uniforme spécifique « hard rock » peut-être le souhaite t’il ? mais un foulard gris sombre semé de têtes de mort. Je l’ai gardé pour m’en couvrir la tête à l’occasion d’une manifestation contre le port du voile islamique. La circonstance a manqué.
Le son qui envahit le premier étage est signé Metallica, Anthrax, Scorpions, les Kinks et Judas Priest (ces derniers ont sans doute pris leur nom dans une chanson de Dylan mais la musique n’a rien de commun). Ceux-là nous paraissent très agressifs mais d’une façon primaire.
Moi je continue à écouter Dylan dans mon coin. Chaque membre de la famille est pourvu d’un walkman, bientôt les lecteurs de CD arrivent.
Un scribouillard excité, dans Télérama, me convainc de me procurer les Bootlegs et c’était un bon legs en effet pour ce qui est du premier disque. Assez de bonnes chansons pour faire un disque de « protest-songs » supplémentaires tout aussi bonnes que les premières. Cela nous ramenait aux débuts. Le même journaliste réussit à me faire acheter dans la foulée Oh Mercy, malgré le titre qui ne me disait rien de bon. Et j’ai regretté cet autre achat.
Tout au plus dans ce « Oh Mercy » me suis-je fait la réflexion à propos d’ « Everything is broken » où le chanteur répète « broken » avec insistance en énumérant une somme considérables de choses qui auraient subi ce dommage, que c’était la voix de Dylan qui était « broken » ; elle l’était de fait et pour la première fois je l’entendais ainsi. L’homme avec qui il avait travaillé pour ce disque avait œuvré pour que cette broken voice soit entourée d’un son et d’une atmosphère qui, sans vraiment masquer la défectuosité, la rendent plausible. Le résultat c’est que le chanteur avait l’air d’enregistrer à cent pieds sous terre dans un caveau avec une voix d’outre-tombe. Lui donner l’esthétique d’une sorte de fantôme, c’était sûrement le pari de Daniel Lanois ( dont Dylan parle beaucoup). Et ce n’était pas une mauvaise idée. Daniel Lanois avait sûrement ressenti le côté unheimlich. Sauf que Dylan gâche l’entreprise parce que ses textes puent la bondieuserie et la morale à bon marché. Et ce sera presque toujours comme cela à l’avenir, quoique les journalistes ou certains fans aveuglés aient pu prétendre.
 
« Good as I Been To You » un album de chansons folkloriques avec juste la guitare. Ce n’est pas mal, sauf que Dylan a perdu sa voix, qui était déjà bien fragile. Il y a des gens que ça émeut, moi pas.
La toute dernière, la comptine « Frog Went-A-Courting » m’enchante. Je me dis aussi que la dernière phrase « If you want any more, then sing it yourself » est le chant du cygne.
 
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24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 21:07



  Lilie Rosemarie et le valet de coeur ( in Blood On The Tracks 1975).


Ce soir c’est relâche au Pallas et les mecs préparent un casse.
Le cabaret est calme encore mais dans le mur le perceuse fore
On a levé le couvre-feu, baissé la roulette de jeu
Et seuls les insensés n’ont pas encore quitté les lieux
Il ya là un drôle de joueur qu’on appelle le valet d’cœur.

Il traverse la salle du cabaret où chaque mur renvoie son reflet
Dit aux gens j’ai tout réglé et chacun se montre satisfait
Il s’avance vers un étranger, lui dit en souriant
A quelle heure ça commence ? J’espère qu’il y a des danses
Puis gagne l’angle avec lenteur, retourné comme le valet d ’cœur.

Dans les coulisses les filles jouent au poker dans l’escalier.
Lilie a deux reines, attend la troisième pour gagner.
Au dehors les rues s’emplissent la fenêtre est grande ouverte
Une brise légère vient à souffler on peut tla sentir naître.
Lilie change de couleur lorsqu’elle tire le valet d’cœur.

Big Jim c’est un tout petit roi, c’est l’homme le plus riche du secteur
Il fait son entrée habituelle si élégant et si charmeur
Avec ses reveolvers sa canne d’argent et pas une mèches rebelle
Il s’empare de tout ce qu’il veut pour vite le fiche à la poubelle
Mais seul un homme d’honneur serait l’rival du valet d’cœur.

Rosemarie c’est la reine on peut dire qu’elle est détrônée
Elle se glisse par la petite porte et se froisse comme une feuille morte.
Ses faux cils clignent elle se repeigne « Pardon chéri j’suis en retard »
Il la frôle sans la r’marquer il a l’air un peu hagard
Reste tout songeur à détailler le valet d’cœur.

Je l’ai déjà vu quelque part , Big Jim cherche à se rappeler
Ce pouvait être à Mexico sur une affiche dans un bistrot
Et la foule qui se pousse au guichet commence à pîétiner
Les lumières du bar à présent sont tamisées.
Un papillon plein d’ardeur se pose sur le valet d’cœur.

Lilie c’est la princesse, elle sort d’un drôle de conte de fesse
Sa peau est tendre comme un enfant ses sourires ont un éclat troublant
Elle a fui un foyer brisé, assume un étrange passé
Des truands à chaque coin d’vie l’ont prise selon leur envie
Mais le seul qui lui donne du bonheur n’est autre que l’valet d’cœur.

Le juge arrive incognito il s’invite à manger boit trop
La perceuse fore toujours le mur mais ici personne n’en a cure
On se passionne pour l’alliance de Jim qui brille au doigt d’Lilie
C’est lui encore la veut qui oserait changer le jeu ?
Personne sauf cet imposteur qu’on appelle le valet d’cœur.

Rosemarie est plus que saoule elle se mire dans la lame d’un couteau
Elle n’en paut plus des commérages, n’en peut plus de son mariage
Elle a fait plusieurs dépressions et tenté de se suicider
Elle voudrait faire une bonne action avant de récidiver
Soudain la voilà pleine de ferveur sa dernière carte c’est l’valet d’cœur.

Lilie se démaquille, enlève sa robe la jette au loin
Ta chance a tourné dit-elle fébrile mais je suis sûre que tu l’savais bien
Surtout ne touche pas le mur il est fraîchement repeint
J’aime que tu sois encore vivant tu as vraiment l’air d’un saint

Dehors on court avec fureur à la recherche du valet d’cœur.

En coulisse le manager qui squrveille tout de son fauteuil
Se dit qu’on joue une drôle de pièce rien n’échappe à son oeil de verre
Il appelle le juge en renfort mais le juge est ivre-mort
Tout comme l’acteur vedette déguisé en moine d’opérette
Ce soir il n’ya pas d’bon acteur exception faite du valet d’cœur.

Lilie enlace l’homme dont elle chérit toutes les caresses
Elle a enfin oublié l’autre celui qui la pourchasse sans cesse
« Tu m’as tellement manqué » ils éprouvent quelque volupté
Mais si près de ce bonheur règnent la jalousie la peur
Encore une nuit toujours la même dans la vie du valet d’cœur.

Nul ne sut rien dire des cicrconstances, ça arriva si vite
La  loge s’ouvre avec violence un révolver fait un déclic
Big Jim est sur le seuil je dirais pas du tout surpris
Rosemarie à ses côtés le regard fixe déterminé
Elle escorte Big Jim mais se penche sur le valet d’cœur.

Deux portes un peu plus loin les mecs traversent la cloison
Ils vident le coffre-fort on dit qu’ils se firent un beau butin
Dans la pénombre près d’la rivière, ils attendent assis à terre
Celui d’entre eux encore en ville qui règle ses affaires
Jamais ils ne commettent l’erreur de partir sans le valet d’cœur.

On dresse la potence le jour suivant, le ciel est noir et menaçant
Tué d’un coup d’couteau dans l’dos Big Jim gît sous une couverture, en sang.
Et Rosemarie qui est dans les fers elle ne cille même pas
Le juge est presque sobre il a un peu la gueule de bois
Sur la scène manque un seul acteur et c’est bien sûr le valet d’cœur.

Le cabaret est fermé pour travaux Une enseigne se balance au vent
Lilie a déjà retiré toute la teinture de sa chevelure
Souvent elle pense à son père qu’elle voit vraiment très peu
Elle pense à Rosemarie, à la loi, à ses rigueurs
Mais c’est le valet d’cœur, qu’elle appelle de tous ses voeux.

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  Texte original

Lily, Rosemary And The Jack Of Hearts

The festival was over, the boys were all plannin' for a fall,
The cabaret was quiet except for the drillin' in the wall.
The curfew had been lifted and the gamblin' wheel shut down,
Anyone with any sense had already left town.
He was standin' in the doorway lookin' like the Jack of Hearts.

He moved across the mirrored room, "Set it up for everyone," he said,
Then everyone commenced to do what they were doin' before he turned their heads.
Then he walked up to a stranger and he asked him with a grin,
"Could you kindly tell me, friend, what time the show begins?"
Then he moved into the corner, face down like the Jack of Hearts.

Backstage the girls were playin' five-card stud by the stairs,
Lily had two queens, she was hopin' for a third to match her pair.
Outside the streets were fillin' up, the window was open wide,
A gentle breeze was blowin', you could feel it from inside.
Lily called another bet and drew up the Jack of Hearts.

Big Jim was no one's fool, he owned the town's only diamond mine,
He made his usual entrance lookin' so dandy and so fine.
With his bodyguards and silver cane and every hair in place,
He took whatever he wanted to and he laid it all to waste.
But his bodyguards and silver cane were no match for the Jack of Hearts.

Rosemary combed her hair and took a carriage into town,
She slipped in through the side door lookin' like a queen without a crown.
She fluttered her false eyelashes and whispered in his ear,
"Sorry, darlin', that I'm late," but he didn't seem to hear.
He was starin' into space over at the Jack of Hearts.

"I know I've seen that face before," Big Jim was thinkin' to himself,
"Maybe down in Mexico or a picture up on somebody's shelf."
But then the crowd began to stamp their feet and the house lights did dim
And in the darkness of the room there was only Jim and him,
Starin' at the butterfly who just drew the Jack of Hearts.

Lily was a princess, she was fair-skinned and precious as a child,
She did whatever she had to do, she had that certain flash every time she smiled.
She'd come away from a broken home, had lots of strange affairs
With men in every walk of life which took her everywhere.
But she'd never met anyone quite like the Jack of Hearts.

The hangin' judge came in unnoticed and was being wined and dined,
The drillin' in the wall kept up but no one seemed to pay it any mind.
It was known all around that Lily had Jim's ring
And nothing would ever come between Lily and the king.
No, nothin' ever would except maybe the Jack of Hearts.

Rosemary started drinkin' hard and seein' her reflection in the knife,
She was tired of the attention, tired of playin' the role of Big Jim's wife.
She had done a lot of bad things, even once tried suicide,
Was lookin' to do just one good deed before she died.
She was gazin' to the future, riding on the Jack of Hearts.

Lily washed her face, took her dress off and buried it away.
"Has your luck run out?" she laughed at him, "Well, I guess you must
have known it would someday.
Be careful not to touch the wall, there's a brand-new coat of paint,
I'm glad to see you're still alive, you're lookin' like a saint."
Down the hallway footsteps were comin' for the Jack of Hearts.

The backstage manager was pacing all around by his chair.
"There's something funny going on," he said, "I can just feel it in the air."
He went to get the hangin' judge, but the hangin' judge was drunk,
As the leading actor hurried by in the costume of a monk.
There was no actor anywhere better than the Jack of Hearts.

Lily's arms were locked around the man that she dearly loved to touch,
She forgot all about the man she couldn't stand who hounded her so much.
"I've missed you so," she said to him, and he felt she was sincere,
But just beyond the door he felt jealousy and fear.
Just another night in the life of the Jack of Hearts.

No one knew the circumstance but they say that it happened pretty quick,
The door to the dressing room burst open and a cold revolver clicked.
And Big Jim was standin' there, ya couldn't say surprised,
Rosemary right beside him, steady in her eyes.
She was with Big Jim but she was leanin' to the Jack of Hearts.

Two doors down the boys finally made it through the wall
And cleaned out the bank safe, it's said that they got off with quite a haul.
In the darkness by the riverbed they waited on the ground
For one more member who had business back in town.
But they couldn't go no further without the Jack of Hearts.

The next day was hangin' day, the sky was overcast and black,
Big Jim lay covered up, killed by a penknife in the back.
And Rosemary on the gallows, she didn't even blink,
The hangin' judge was sober, he hadn't had a drink.
The only person on the scene missin' was the Jack of Hearts.

The cabaret was empty now, a sign said, "Closed for repair,"
Lily had already taken all of the dye out of her hair.
She was thinkin' 'bout her father, who she very rarely saw,
Thinkin' 'bout Rosemary and thinkin' about the law.
But, most of all she was thinkin' 'bout the Jack of Hearts.

Copyright ©1974 Ram's Horn Music

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 21:00

 

  Je ne pouvais cependant m‘empêcher de lire tout ce qui traînait sur Dylan. On en disait beaucoup de mal. Ou des anecdotes. Dylan aurait eu cinq enfants et « on « aurait fait disparaître le cinquième. Il ne s’occupait pas de sa progéniture. (On pense à Rousseau)

Il écrivait ses textes à la machine sur du papier-cul.

Comme le disait Jacques à son Maître « tout est écrit sur le Grand Rouleau ».

On dit des trucs de plus en plus désolants : voilà que Dylan s’est converti au christianisme et qu’il a vu Dieu. Il ne chante plus que du gospel. Le personnage devient de plus en plus conformiste. Je n’ai surtout pas envie d’entendre ces chansons –là : d’ailleurs, je me suis lassée d’écouter les émissions de « jeunes » telles que « Campus » sur Europe 1. Maintenant je préfère France culture, et, à cette époque là, je ne risque pas d’ y entendre Dylan.

On ne veut plus rien en savoir, mais c’est plus fort que nous…

La biographie de Robert Shelton me vient entre les mains, ( No Direction Home : 1985) traduite en partie par Jacques Vassal spécialiste du folk song. Rien de pire que cet ouvrage pour vous dégoûter de Dylan. RS voulant paraître intello fait des tonnes de citations d’auteurs divers en y mêlant des phrases ou des bribes de chansons de Dylan. Puis il le compare à diverses divinités : Orphée tout d’abord, puis Pan parce que sa petite amie de collège s’appelait Echo. L’infortunée nymphe eut aussi à en découdre avec Narcisse. Mais Robert Shelton ne retient pas Narcisse. Voilà qui étonne !

« I can’t see my reflection in the water

I can’t a word to show no pain

I can’t hear the echo of my footsteps

Or remember the sound of my own name”

 

(Tomorrow Is A Long Time( 1963)
Vous pouvez entendre cette chanson  en activant  le compteur Deezer dans la marge de gauche.

Adepte des interprétations sauvages, Robert Shelton tient pour sûre que dans Like A Rolling Stone, c’est de sa mère que Dylan veut parler, laquelle a nom Béatrice Stone. Et, ajoute Shelton, elle a roulé (en voiture) dès l’âge de seize ans.
Après son mariage, (1934) il lui fallut sept ans pour accoucher de notre héros.

 ça ne m'étonne pas !

Sur le Net (depuis un ou deux ans ?) on trouve l’intégralité des interviews effectuées par Shelton auprès des parents de Dylan en 1968.
C’est long et ennuyeux ; quand on aime, décidément on ne recule devant rien car je les ailues ( élu?) toout de même...  on croit saisir que ces braves gens, les Zimmermann, des provinciaux sans histoire, n’ont rien compris de ce qui arrivait, et tentent à la sauvette de faire coller le passé de leur fils (ce dont ils se souviennent) avec cette soudaine célébrité.

Les éléments biographiques continuent de m’ennuyer sans que je puisse éviter de lire n’importe quoi sur Dylan.

La relation que Shelton entretient avec Dylan, faite tantôt de dévotion naïve tantôt d’une sorte de paternalisme, irrite, de sorte qu’on survole l’ouvrage, et l’on ne retient pas toutes les informations, assez nombreuses soit qu’on hésite à les croire soit qu’on n’aime pas la manière dont elle sont présentées.

J’ai juste retenu l’existence de disques tels que « Blood on the tracks » ( aussi bon que ceux des années 60) et « Desire »dans une moindre mesure. Dans ces deux derniers, j’ai surtout aimé les chansons narratives « « Lily Rosemary and the Jack of the Hearts » et « Black Diamond Bay ». Cette dernière chanson est une histoire loufoque, pince sans rire, de gens qui viennent chercher fortune sur une île perdent tout au jeu, l’un d’eux se pend (des pendaisons il y en a beaucoup dans ses chansons, peut-être est-ce simplement une constante du répertoire folklorique) juste avant que l’île n’explose, n’a guère attiré l’attention des critiques. Non plus que « Going Going Gone » étrange petite pièce que j’ai trouvé dans un autre enregistrement ( je n'en ai pas la date) le chanteur n’y fait que dire qu’il s’en va, qu’il est déjà parti avec une voix singulière ( comme toujours) presque désincarnée et d’une forte présence.

Forte présence pour dire l'absence.

 

 

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 12:19

 

Louise et moi étions installées devant le poste. Le petit Jérôme vint nous rejoindre. Jacques voulut l’envoyer au lit.

Louise protesta. 

« Taisez-vous, le film est déjà commencé ! Je n’ai encore jamais vu de western.»


Sur l’écran, un grand type à la mine patibulaire était assis à une table dans un affreux saloon. En face de lui, un blond plus jeune, l’air gai et débordant de vitalité ,buvait son énième whisky. Je suis devenu shérif disait le grand type, je suis plus de ton côté Billy. Maintenant je… il avala le contenu de son verre, je fais régner l’ordre. 

Quoi? fit l’autre. Suivit une bordée de jurons…t’es dingue ?

Non, sérieux, marre de jouer les vanupieds, je chasse tous les hors la loi à présent, tu ferais mieux de rentrer dans le rang, sinon mes hommes te flingueront.

 

Billy haussa les épaules et éclata de rire. J’m’en fous ,hors la loi c’est ma vie ,je veux rien faire d’autre. Pas question de faire partie de ta police. La vie c’est pas fait pour s’ennuyer. 

Tant pis pour toi, dit le grand mec tu fais pas le poids.

 

Je sais ce que j’ai à faire je fais ce que j’aime, dit Bill lui tapant sur l’épaule.

Rit. 

Bravo ! approuva Louise.

Jérôme regardait de tous ses yeux : une bande de cavaliers chapeautés et armés de fusils, foulards rouges autour du cou, arrivaient à toute allure laissant derrière eux une épaisse fumée de sable qui masqua les cactus au premier plan. Un peu plus loin les drôles s’arrêtèrent, s’observèrent, goguenards, mâchouillant des cigarettes jaunes. « Je ne vois plus Billy » s’inquiéta Jérôme. « T’en fais pas il ne mourras pas avant la fin puisque c’est le héros » dis-je. 

- Si tu lui dit tout, c’est pas marrant, je te reconnais bien là.

- On ne sait jamais avec les films de maintenant, dit Louise, c’est tellement tarabiscoté…


  - Un western c’est tout ce qu’il y a de simple, fit Jacques supérieur. Y’a ceux qui ont des flingues et ceux qui n’en ont pas. Les premiers tuent les seconds. Ceux qui ont gagné prennent les femmes.


Les cactus réapparurent. 

Des balles claquent, Jérôme et Louise sursautent.  Se passe-t-il quelque chose ? Une vieille boîte de conserve bondit entre deux cactus. Trois poules blanches filént en caquetant vers un tas de rochers, un essaim de guêpes tombe à terre,  les insectes se répartissent en vrombissant sur l’écran. Un bandit s’inscrit dans le cadre et les chasse en ricanant. « Qui est mort ? « s'inquiète Jérôme.

Trois coquelicots apparurent, gracieux avec leurs fragiles tiges, un individu s’écroula dessus avec cette maladresse que donne la chute non désirée. Les pauvres fleurs furent écrabouillées et l’hémoglobine se mêla à leur couleur. Le bandit ne bougeait plus et les guêpes le prirent d’assaut.

Ce n’est pas Billy, ouf ! dit Jérôme.

Billy fit, dans sa famille, une entrée remarquée, par un clair matin au son d’une musique langoureuse qui contrastait avec sa vigueur. Cinq femmes de treize à soixante-dix ans étaient assises autour de la table et plusieurs hommes ; Billy prit place devant un bol de café au lait. Certains pleuraient, d’autres se fâchaient et Jérôme demandait qu’est-ce qui se passe. 

- Enfin, voyons, dit Jacques c’est un western, c’est pas bien compliqué… 

- Billy fait ses adieux à toute la famille car il est coincé , il sait qu’il n’en a plus pour longtemps.

De fait, c’était triste. Billy embrassa plusieurs femmes d’âges et de couleurs différents et le bébé. Les jeunes enfants pleuraient. Une petite fille tentait de se moucher avec la nappe en toile cirée. 

-Ses enfants, tout ça ? 

Il est trop jeune pour regarder ça, dit Louise. 

-Je lui explique.

Le ciel plonge de nouveau sur l’écran sa bleuité et y précipite les spectateurs. Horizons immenses, et monotones, fourrés, buissons, monticules rocheux. Bill se sauve au galop avec quelques amis. Il n’est plus qu’un point à l’horizon. La chanson du film annonce sa fin prochaine à moins qu’elle ne l’encourage à suivre sa route avec un genre de mélancolie country. 

Une nouvelle scène de violence menaçe : des individus tiennent en joue un jeune cow-boy novice devant un comptoir où le patron, mine de rien, sert des alcools courants. L’intérieur est sombre, le patron chauve  il feint de ne pas voir que les canon pointent en brillant dans la pénombre. Essuie les verres avec un zèle joué. Silence de mort. Les individus forcent le jeune à lire ce qui était écrit sur les boîtes de conserves rangées sur l’étagère. 

- Après il vont le tuer, regrette Jérôme. 

Le jeune sortit une paire de lunettes. Louise s’esclaffa. « C’est la première fois que je vois un type mettre des lunettes dans un western. Comment dirais-tu, Dominique ? Que c’est surréaliste ? » 

- je ne dis rien. J’attends. 

- Qu’en savez-vous Louise, fit Jacques, vous avez dit que c’était votre premier western ? 

- Beans … beans . Beans… 

- Ça veut dire quoi ? 

- Que c’est la fin des haricots s’exclame Louise triomphante. 

- Ce n’est pas ça chuchotai-je.

 

Le rouge du couchant flamboie avec un maximum d'indiscrétion. 

-Idiot, ce film déclara Jacques tu n’aurais jamais dû laisser Jérôme le voir. Encouragement à la violence et à la brutalité. Louise vous auriez pu intervenir… 

Tout à coup Billy poussa la porte d’une salle de bain, et bondit dans une baignoire mousseuse où une femme, déjà, clapotait.

- C’est bientôt la fin, annonce encore Louise, sinistre et encourageante.

- Il fait la bringue, Billy ? demande Jérôme.

- C’est un homme libre ! apprécie louise.

- Louise ! Suppliai-je comment ose-tu dire de pareilles sottises ? Serais-tu contente d’avoir un mari qui a plusieurs femmes et se fait pourchasser par la police ?

- Ta pauvre vieille tante est d’un romanesque usé !

- Qui es-tu étranger ? aske Billy à un mec en face de lui.
Il était de nouveau à boire un coup à une taverne en terrasse. L’étranger à l’air réservé, sourit pourtant.

- Je m’appelle Alias. 

- Alias quoi ? fit Jacques.

- C’est qui ? dit Jérôme.

- Autrefois, on aurait dit un interlude, dit Louise.

- C’est son double, hasardai-je.

- Jamais de psychologie dans un western, informe Jacques connaisseur.
A vrai dire Billy n’a peut-être pas compris, lui non plus. 

Il l’observe avec un sourire intrigué et par monosyllabes cherche à savoir si c’est ami ou ennemi. Sans compter qu'il le connait peut-être? Il conclut qu’il était opportun de trinquer.

Je suis allée chercher du rhum et du coca pour me faire un cuba libre. Louise eut l’air horrifié et se versa de l’eau d’une carafe. Le couchant tombait sur Billy et Alias qui ne se disaient rien. ça rougeoyait avec insistance.

- Il n’est pas taillé pour l’ouest, celui-là fait Louise. 

- Qu’en savez-vous, ma chère, vous avez dit que c’était votre premier… 

Billy est à nouveau en galante compagnie avec une mexicaine dans une chambre d’hôtel minuscule qui contient tout juste un lit et une armoire. Champ de bataille. En bas, la bande du vieux chérif attend. 

-Billy est un homme libre renchérit Louise, il a choisi sa vie. 

- C’est idiot, personne ne choisit sa vie : autrefois les indiens étaient pourchassés, ensuite certains blancs se sont sentis coupables. Ceux qui l’éprouvèrent le plus voulurent se faire tuer pour éprouver la même chose que les indiens et laver dans le sang la faute de leurs ancêtres en versant le leur. Ce n’est pas un choix. Mais plutôt un destin. Et il n’en sait rien. 

J’étais seule à causer ; ils sont déjà tous montés...

 

"There was nothing at the edge of the river

But dry grass and cotton candy

"Alias, Isaid to him. 'Alias,

Sombody there make us want to drink the river

Sombody want to thirst us"

"Kid, he said, " no river

Wants to trap men. There ain't no malice in it. Try

To understand."

We stood there, by that little river and Alias took off his shirt

and I took off my shirt

I was never real. Alias was never real.

Or that big cotton tree or the ground.

Or the little river;"

 

Jack Spicer "Billy The Kid" III , 1975.

 

 

 

 

 

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