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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 13:02

Me Susane, quarante-deux ans, avocate récemment installée à Bordeaux, reçoit la visite de Gilles Principaux. Elle croit reconnaître en cet homme celui qu’elle a rencontré quand elle avait dix ans, et lui quatorze — mais elle a tout oublié de ce qui s’est réellement passé ce jour-là dans la chambre du jeune garçon. Seule demeure l’évidence éblouissante d’une passion.
Or Gilles Principaux vient voir Me Susane pour qu’elle prenne la défense de sa femme Marlyne, qui a commis un crime atroce…
Qui est, en vérité, Gilles Principaux ?

Bien que le récit soit à la 3 eme personne, il est en focalisation interne, nous ne sortons pas franchement des pensées de Me Susane

Elle est avocate, chargée de défendre la femme de Gilles Principaux.

Dès que cet homme est entré dans son bureau elle croit le reconnaître : il a changé sa vie l'espace d'un après-midi à l’âge de dix ans, ce qui s’est passé ce jour là elle  n’en sait rien , son souvenir globalement flou et précis dans certains détails ( peu éclairants toutefois ) relève du fantasme.

C’était dans « une maison Mauresque «  croit se souvenir Mme Susane , sa mère « un Bois lacté » carrément ! le père lui pense que sa fille a passé un mauvais quart  d’heure…et ne s'en est jamais remise.

  La femme de Principaux a noyé ses trois enfants dans le bain. Pas un seul n’a réussi à s’échapper même l’aîné qui avait six ans. Est-ce qu’elle avait fermé la porte à clé ? me suis-je demandé bêtement, car je me suis imaginé dans la peau de l’enfant qui cherche à sauver sa vie…

et je n’ai pas trop réussi à décoller de cette vision d’horreur. Cette femme, Marlyne, aimait ses enfants et s’en occupait minutieusement, mais « elle aurait préféré ne pas les avoir ». Elle parle de son crime en disant « j’ai posé mon acte » comme si elle devait forcément accomplir cela comme si c’était le destin. Le mari paraît soulagé lui aussi. On devait avoir ces enfants, on devait les tuer, maintenant le pire est arrivé le plus dur est fait… étrange et effrayante famille !

Par ailleurs, Me Susane, (on ne la connaît que sous ce nom bien qu’elle ne soit pas toujours maître ou maîtresse d’elle-même…) s’intéresse à l’avenir de son employée de maison Sharon, venue de l’île Maurice, et sans papiers, dont elle voudrait qu’elle soit régularisée. Elle la paie même si elle ne fait pas le ménage ; les autres employeuses de Sharon sont de méchantes femmes… Me Susane porte  à Sharon un intérêt   qui va au-delà de ce qu’on attendrait d’une  bienfaitrice, et cela gêne la jeune femme.

D’autres personnages font leur apparition, l’ex-compagnon de Me Susane Rudy, et Lila la petite belle fille de Me Susane ; et curieusement Me Susane s’inquiète beaucoup du sort de cette enfant, qu’à vrai dire elle connaît très peu. Elle croit déceler sur son visage son apparence des signes montrant qu’elle est maltraitée (par la méchante mère de Principaux ? qu’elle n’a jamais vue…)

Longtemps après avoir fini la lecture, on ne sait toujours pas quoi penser de ce qu’on a lu. Et pourtant, le talent spécial de Marie N’Diaye  fait qu’on imagine très bien les personnages et les situations et qu’on ressent le mal être physique aussi bien que mental,  les doutes et les frayeurs de Me Susane.  Voire de certains autres personnages… Sans pouvoir en déduire  quoi que ce soit…

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commentaires

C
Effectivement Dominique,

Marie N'Diaye, c'est plutôt abstrait et déconcertant. C'est en fait à nous de continuer à remplir les cases qui nous semblent vides. Donner cours à notre interprétation. Mais c'est aussi l'opacité et l'ambiguïté de la vie et des humains. La vérité, s'il y en a une, n'est jamais simple.

Quoi qu'il en soit, lire Marie N'Diaye, c'est faire l'apprentissage de quelque chose de complétement différent et ça n'est pas aussi ennuyeux que ce que l'on appelait, autrefois, "le nouveau roman".

Bien à vous,

Carmilla
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Bonjour Carmilla,

Je suis bien d'accord avec vous, L'écriture de Marie N'Diaye ne ressemble à aucune autre, abstraite, mais avec des éléments très concrets : on ne saisit pas très bien où elle veut en venir mais on n'oublie pas les personnages les lieux l'ambiance, qu'on nous fait ressentir au plus près.
Je la lis toujours avec intérêt . Pour ce qui est du Nouveau Roman, c'est une génération bien antérieure. Beckett, Duras, Sarraute seraient les grands-parents de Marie N'Diaye... ils écrivaient de façon très différente. Je ne suis pas tellement arrivée à les lire, même si j'y ai fait quelques incursions.
Bonne journée,
Dominique

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