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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 19:19

(Sandrine’s Case, 2013) Seuil-Policiers, 2014, 385 pages.

Ce roman relate le procès de Samuel Madison, accusé d’avoir tué sa femme Sandrine. Les différentes phases de ce procès, et les pensées et réminiscences de l’accusé nous sont présentées en alternance, ainsi que ses contacts avec plusieurs personnes proches de lui ( son avocat, sa fille, son ex-maîtresse en particulier), pendant ces dix jours de procédure.

Sandrine a été trouvée morte dans son lit. L’autopsie a montré qu’elle avait absorbé des analgésiques puissants mélangés à de la vodka. Un suicide, selon toute vraisemblance. Elle n’avait que 46 ans, mais souffrait d’une grave maladie neurologique, et, quoique encore valide, n’avait plus rien à attendre de l’existence qu’une rapide dégénérescence musculaire menant à la mort quelques années plus tard. Une raison sérieuse de se suicider.

Pourquoi donc Samuel est-il sur le banc des accusés ?

Au cours de ces journées, Sam revit les étapes de sa vie commune avec Sandrine. La nature de leur lien n’est pas tout à fait claire. Et leurs différends, semblent multiples et complexes.

Il y a vingt ans, Sandrine et Sam, alors amants, ont effectué un voyage en Méditerranée « d’Athènes à Albi » : c’est là que Sandrine a demandé Sam en mariage. Elle en était amoureuse, il s’est laissé aimer et persuader qu’il l’aimait en retour. Ils n’avaient pas les mêmes aspirations...

Juste avant son suicide, Sandrine s’était violemment querellé avec Sam et l’avait traité de » sociopathe » entre autres. Le procès fait apparaître qu’elle s’était confiée à plusieurs personnes, disant que son mari la délaissait et souhaitait qu’elle meure rapidement.

Il apparaît que tout le récit repose sur le sentiment de culpabilité. Celui que Samuel devrait ressentir et qu’il se reproche de ne pas éprouver, pour ensuite en être copieusement submergé. Il dit à un moment, se sentir comme dans le Procès de Kafka, ce qui n’est pas faux : il n’y a aucune preuve matérielle qu’il ait tué sa femme, pas davantage qu’elle ait été assassinée, et ce procès, logiquement, ne devrait pas avoir lieu.

A la moitié du récit, j’ai commencé à tiquer, ne voyant pas où l’auteur voulait en venir. Que signifie le fait que Sandrine ait décidé qu’elle aimait sérieusement Sam, parce que « c’était un homme bon » ? Est-ce qu’on est amoureux pour de telles raisons ? A mesure que le procès avance, on voit que Sam est accusé d’avoir perdu « sa bonté, sa tendresse » , de n’avoir pas su se comporter envers sa femme, dépressive à cause de sa maladie, de n’avoir pas su renoncer à ses idéaux d’écriture ( alors qu’elle n’avait pas renoncé non plus à son rêve d’ouvrir une école), d’avoir souhaité qu’elle meure ( ce n’est pas un saint, d’accord !) ; bref, un couple qui ne s’entend plus, qui ne s’est jamais très bien entendu, et qu’une maladie mortelle précipite dans la tragédie.

Je ne vois pas que Sam soit plus coupable que Sandrine ; avant sa maladie même, elle semble avoir été psychorigide comme on dit maintenant (et lui de même !). La fin ne me plaît pas.

Un récit qui au fil de la lecture devient moralisateur, une fin édifiante !

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 20:25

Gall, 366 pages 2014

« j’aimais aussi beaucoup la profondeur de son regard rêveur dont tout à coup de métalliques lueurs d’humilité venaient rapatrier tous les lointains, c’était alors come un assourdissant repentir de tout son être, comme si elle s’en voulait de s’être abandonnée devant témoin aux splendeurs d’illusions pitoyables. »

« La grande cuve du masculin où elle sentit quelle s’enfonçait dans une eau tiède et surpeuplée, profonde, malsaine »

Ces trois extraits nous mettent plus ou moins dans l’ambiance : roman sentimental avec pauvre héroïne esseulée, perdue dans un monde de méchants.

Bénédicte Ombredanne , lectrice des romans de l’auteur ; il l’a rencontrée deux fois : il avait nettement l’impression de vouloir faire sa connaissance. Elle écrivait si bien et lui jetait tellement de fleurs, et si bien tournées !

C’est une femme qui aime profondément la littérature décadente fin 19 eme siècle ( Barbey d’Aurevilly, Villiers de l’Isle Adam, Huysmans…) et a fait une thèse sur cette mouvance particulière, avant de réussir brillamment son agrégation. Il n’y a pas que la littérature, il y a la vie conjugale, hélas !

Elle entretient une relation sadomasochiste avec son mari ; le plus souvent, c’est lui le bourreau, mais parfois c’est elle. Ainsi ce soir là, lorsqu’il lui a plu de se reconnaître dans le portrait du harceleur fait par des femmes qui témoignent sur France-Inter ( le Téléphone sonne ???) et que ça l’a bouleversé. Bénédicte en a profité pour se ruer sur Meetic se trouver un amant. Que le lendemain , elle a rencontré près de la lisière d’une forêt, et alors là, elle s’en est donné à cœur-joie. Et, bien sûr comme elle n’avait pas été discrète le moins du monde, le mari s’est vengé (version bourreau).

Le lecteur se voit infliger lui aussi les harcèlements interminables du mari, et la souffrance de la femme, ceci sur une bonne cinquantaine de pages. Sans compter le récit de la sœur à la fin… Pour avoir osé assister aux ébats de Bénédicte et de son amant d’un jour ?? Lesquels n’avaient rien de saisissant. C’’était de la romance, un peu convenue ; certes on apprend de petits trucs sur le tir à l’arc…

En tout cas, c’est vache de la part de l’auteur !

Disons –le tout de suite, on s’ennuie beaucoup à ces querelles conjugales, on pense que l’un des deux devrait partir, Bénédicte surtout, et que ce ne serait pas impossible : elle a un métier, un salaire correct, une collègue qui l’hébergerait volontiers jusqu’à ce qu’elle ait trouvé une solution ( et on saura plus tard que Bénédicte a aussi une famille, notamment une sœur qui tient à elle…) ; mais Bénédicte ne dit rien de sa situation à personne. Et tant pis pour les enfants, qui sont eux-aussi victimes de la situation diabolique, dont la fin est la plus mélodramatique que l’on puisse imaginer !

Lorsque l’auteur rencontre la sœur de Bénédicte, on espère apprendre quelque chose de plus mais on n’aura rien d’autre qu’un ramassis de clichés. Je ne comprends pas ce que l’on trouve à ce mélo interminable.

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