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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 23:05


Laffont, (lot 49), 470 pages.

Titre original : The Echo Maker.


Michael Schluter, jeune homme de 27 ans, technicien de maintenance en informatique, est victime d'un accident. Son camion se déporte et tombe dans un fossé sur une grande route du Nebraska, à proximité de la rivière marécageuse ( célèbre ) où les grues viennent  faire halte en février, lors  de leur retour vers l'Alaska.

Grâce à un appel anonyme, il est transporté à l'hôpital, et sauvé de justesse, sort du coma pour reconnaître à son chevet, sa sœur Karin, mais nier que ce soit vraiment elle. Il développe une interprétation délirante : Ce serait une fausse Karin, un sosie ou une copie de la vraie, envoyée par on ne sait qui, à des fins malveillantes.

Il s'agit du syndrome de Capgras.

Karin est d'autant plus choquée qu'elle s'est toujours occupée de son frère, là où ses propres parents furent gravement défaillants.

Il y aussi, ce billet étrange que Mark a trouvé sur sa table de chevet «  je ne suis personne ; ce soir sur la North Line Dieu me conduit vers toi afin que tu puisses vivre et en ramène d'autres »


Qui a écrit ce texte ? Et quel sens lui donner ?

Pour Mark qui ne se souvient pas de l'accident, ce billet contient un message fort, il enquête pour trouver le rédacteur du billet qu'il appelle son « ange gardien ».

 Le billet  semble avoir un contenu religieux, Qu'avait en tête cet « ange gardien ? » Serait-ce un illuminé ?

L'accident de Mark serait-il un suicide ? Ou y aurait-il eu acte criminel ? La police établit que plusieurs véhicules se seraient trouvés au même moment sur cette route, en principe déserte, à l'heure où l'accident s'est produit...

Karin maintient sa présence auprès de son frère, et fait appel à un neurologue connu du grand public, Gerald Weber. Ce dernier a écrit plusieurs livres décrivant des cas particuliers de patients ayant développé des troubles psychiatriques à la suite de lésions cérébrales.

Il s'intéresse à Mark et vient faire un diagnostic.

Le problème c'est que Mark n'a pas subi de lésions cérébrales décelables. Ses troubles psychotiques relèvent donc d'une psychothérapie. Adepte des sciences cognitives, Weber n'est pas le toubib idéal pour lui, loin s'en faut !

Mark est entouré également de ses collègues de travail et amis, de sa copine, et d'une aide-soignante, Barbara, qui s'intéresse à lui au-delà de ce qui est requis.

Karin devient la tutrice de son frère, abandonne son job, renoue avec son ex-ami, Daniel, défenseur de l'environnement...


Dans ce roman, j'ai aimé le personnage principal, Mark : immédiatement sympathique au lecteur, plein d'énergie, et de curiosité, résolu à percer l'énigme de son accident ( il ne s'en souvient pas), doté d'un grand sens de l'humour(qui fait défaut aux autres personnages) et d'une verve exceptionnelle, où l'on trouve  le meilleur de l'écriture de l'auteur. Il nous fait parfois rire et il est bien le seul ! Son délire n'en fait pas un inquiétant paranoïaque ; il conserve du bon sens, de la joie de vivre, et une intelligence aiguë.

Le docteur Weber est un personnage sinistre, ennuyeux, et dangereux à la limite( il prescrit une thérapie comportementale, la pire des chose ! la psychologie pour les chiens !). Ses problèmes de couple nous ennuient autant que ses atermoiements,  ses interminables monologues, et sa psychologie de bazar.

D'autres personnages sont à la limite de la caricature, tel que Daniel, le défenseur de l'environnement, végétalien, vivant comme un moine, n'allumant jamais le chauffage, profondément inhibé...

Le récit comporte des pages assez belles sur les  grues et leurs déplacements : on nous explique aussi le rôle mythologique de ces animaux, dans la plupart des cultures.

On apprend aussi beaucoup de choses sur le Nebraska, son histoire, son avenir social compromis.

L'intrigue a pour signification un changement profond dans la vie de Mark, qui va mettre de la distance entre sa sœur et lui (c'est le sens de ses symptômes) et se découvrir une relation sérieuse avec une autre femme. Il le paie au prix fort, mais le résultat est à mon avis loin d'être négatif. Elle aussi Karin, change de vie, évolution lente douloureuse, frustrante. Elle s'est toujours occupée de son frère suite à une enfance traumatisante (évoquée de façon correcte) et il leur faut grandir, mener leur vie chacun de leur côté.  De ce point de vue, le récit, comme roman d'apprentissage,  est très réussi.


Nous avons aussi le contexte de l'immédiat après-onze septembre, et son influence sur les gens. C'est un peu la tarte à la crème du moment, et sur ce plan là, on n'apprendra rien que l'on ne sache déjà.

Donc, ce roman est à moitié bon. Non sans intérêt, mais décevant par rapport aux comptes-rendus, lus ici et là...je me serais bien passée du docteur Weber !!


Pour d'autres avis différent, Amanda et Keisha.


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commentaires

K
Il est dans ma pile, celui-là... je suis curieuse de voir ce que j'en penserai, vu que c'est très proche de mon domaine au travail... j'ai tellement aimé "Le temps où nous chantions"!!
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D
Je viens confirmer ta lecture, Powers est certainement un bon écrivain, mais sa volonté d'explorer de façon trop scientifique l'être humain détourne de ses romansSon premier roman est vraiment magnifique : le temps où nous chantions, là nulle prétention scientifique mais une façon de parler de la musique vraiment superbe, et les relations du couple mixte à une époque où cela tenait presque de la provocationmais ses 2 derniers romans se perdent dans les méandres du cerveau de ses héros   dommage
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Ces précisions scientifiques seraient les bien venues si elles s'intégraient bien au roman et enrichissaient réellement le propos. Certains lecteurs ont eu cette impression. Moi je n'y suis guère
sensible!
Je vais sans doute acheter " le Temps où nous chantions " en poche, pour l'emporter en vacances.


P
Contente de lire ton avis. Je ne savais pas trop quoi en penser en lisant des choses ici ou là. Tu fais bien la part des choses, j'ai mon idée maintenant ! :-)
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Mon avis est subjectif. Mais je trouve qu'on surestime ce roman ( qui n'est pas sans qualités, bien sûr).


K
J'espère bien que tu ne regrettes pas ta lecture de ce roman, car je viens de vérifier que tu ne parles pas de Le temps où nous chantions sur ton blog, et je viens t'encourager à lire cet autre livre de Powers, que j'ai préféré. Je t'accorde cependant quelques semaines ou mois pour digérer La chambre aux échos!Cet auteur a un style formidable, pas facile facile, mais reconnaissable et très travaillé, avec beaucoup d'images et bien documenté aussi. J'attends son prochain livre, l'année prochaine, car , enfin, on le traduit un peu plus.
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Rien, je ne regrette rien, ni powers ni stendhal  tout ça m'est bien égal...

Je n'ai pas trouvé son style difficile le moins du monde!

Travaillé, documenté, oui.
Je ne me plains pas du style de Powers,  mais plutôt de ses idées  ( son goût pour les neurosciences, car je ne vois pas qu'il en fasse vraiment la critique)  de certains contenus
sans grand intérêt . Oui j'en lirai un autre un de ces jours.


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