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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 23:32

Arléa (la Rencontre) 2019.

La narratrice va passer un dimanche dans cette ville résidentielle de la région parisienne.  Elle est venue voir sa seour Claire-Marie qui vit «  à l’ancienne » quasiment femme au foyer , un mari médecin, une fille adolescente, un pavillon de banlieue cossu, près des étangs immortalisés par Corot , et du bois de Fausses-Reposes dont l’énigmatique nom suscite bien des interprétations toutes en rapport avec le mensonge, l’apparence trompeuse, mais aussi la mort…

A Ville-d’Avray, la narratrice est dans un autre monde ; pas seulement parce que la localité vit au ralenti loin de l’agitation et du fourmillement  de la capitale ;c’est un peu un lieu hors du temps. La vie semble s’y être figée. On devrait y être heureux, aisance matérielle, sécurité, beaux paysages, temps libre… et on s’y ennuie…

Claire-Marie doit s’ennuyer pense sa sœur ; enfants, elles s’inventaient une existence aventureuse inspirée de Jane Eyre et d’un Rochester qu’elles adoraient mettre en scène. Claire-Marie est restée une incorrigible rêveuse ; la réalité lui offre sa routine sécurisante et peu d’activités intéressantes.

Cet après-midi à l’approche du crépuscule, Claire-Marie fait une confidence à sa sœur : Autrefois, il y a environ dix ans, elle a fait une rencontre dérangeante, décevante, déconcertante, guère romantique (non rien à voir avec Rochester…) l’histoire est inachevée : la narratrice soupçonne que Claire-Marie lui tait quelque chose. Mais elle n’en saura pas plus.

Et peut-être n’y a-t-il rien d’autre ?

Rien d’autre que le deuil impossible à faire de Rochester ?

«  Qui nous connaît vraiment ? Nous disons si peu de choses, et nous mentons presque sur tout » « une salle d’attente où l’on attendrait  toute sa vie. Aucun bruit de l’autre côté. Aucun signe. « 

Un récit d’atmosphère, où l’on campe un lieu nimbé de mélancolie, de mystère, de clair-obscur, et de leurre aussi. Ce n’est pas seulement les étangs, le bois, l’automne, et le crépuscule qui offrent à Claire-Marie un espace de rêverie supplémentaire : il sera aussi question de rideau de fer, fuite éperdue, activités mystérieuses et contemplations de lieux clos qui ne livrent pas leurs secrets. Cette banale ville de la région parisienne devient, sous la plume de Dominique Babéris, un espace onirique.

Dommage que ce récit soit si bref, plus longue nouvelle que roman ! une auteure que je découvre avec ce titre, et que j’ai eu plaisir à lire.  

 

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